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  1. #871
    Y'en a qui participe aux 10 mots de la francophonie ? 10 mots autour d'un thème pour un "concours" qui a lieu dans tous les pays francophones ...
    Dernière modification par helldraco ; 23/05/2015 à 17h08.

  2. #872
    Bonjour à vous ! (je déterre le topic, hop)

    Premier post dans ce topic, alors je vais me présenter un peu, j'écris depuis un peu plus de 10 ans (j'en ai 28 aujourd'hui), j'ai publié mon premier livre vers 19 ans, avec véritable éditeur et financé par le conseil général de ma région de l'époque. C'était une expérience intéressante, mais ça a été beaucoup de travail pour pas grand chose à mon goût : j'aime écrire, pas courir derrière les financement, BAT et tout le bordel.

    Après ça, j'ai continué d'écrire, en collaboration ou non, mais sans publier : j'écris essentiellement pour moi, car j'écris ce que j'aimerai lire, c'est ma motivation première. Même si j'ai prêté ici et là des textes pour des concours (comme celui là) où pour dépanner des corpus de textes que des connaissances montaient (comme celui ci).

    Depuis quelques années, et en concordance avec mon goût pour la culture libre, je publie sur Internet, gratuitement. Mon premier projet fut un blog à quatre mains, eneslore.com. En stand-by aujourd'hui et depuis pas mal de temps.. Mais voici un de mes textes que j'aime le plus.

    Et aujourd'hui je recommence un projet via le webzine Metafictions.fr, où je tiens une rubrique de nouvelles orienté Jeux Vidéo.
    Dernière modification par Dross ; 02/08/2016 à 17h24.

  3. #873
    Tiens déterrage pour poster mon petit étron. (j'ai chatté sévère je me souvenais plus du nom du topic, j'ai cliqué en premier sur la page "5" et boum il était dessus !




    Le collectionneur

    -Il a l'air intéressant ce livre que vous lisez là
    -Hein ? Oui en effet il me passionne et justement je voud...
    -C'est amusant je suis un peu dans les écrits moi aussi !
    -Vraiment ? Et bien j'en suis ravi, si vous le permettez je...
    -Je suis un collectionneur, un collectionneur de ponctuations.
    -Pardon ?
    -Je dis que je collectionne les ponctuations.
    -Les ponctuations ?
    -Oui, collectionneur de ponctuation.
    -Je ne saisis pas...
    -De ponctuation quoi, point d'interrogation, guillemets, parenthèse etc.
    -Ah oui évidemment, où avais je la tête, des guillemets... c'est heu... pas banal.
    -Pas vraiment, non c'est même plutôt rare, mais nous sommes une petite communauté malgré tout.
    -J'ai du mal à visualiser, à dire vrai.
    -Vous n'avez jamais vu de ponctuation ?
    -Si bien sûr dans les romans, les journaux, tout ce qui est écrit en sommes, mais je n'imaginais pas que des personnes puissent leur prêter un intérêt assez fort pour les collectionner.
    -La ponctuation ? Aucun intérêt ?
    -Et bien...
    -Monsieur, la ponctuation est strictement indispensable à l'écriture, elle permet de nuancer le propos, de structurer un texte ou tout simplement de le finir.
    -Oui d'accord, mais... En faire collection?
    -Et bien? Certains collectionnent les canards en porcelaine, d'autres les voitures, moi c'est la ponctuation.
    -Bon, admettons, et comment se présente votre collection?
    -J'ai plusieurs étagères, des présentoirs, ainsi qu'une cave où je stocke ce que je ne peux mettre en vitrine.
    -Oui évidemment, en vitrine ça va de soi... Je voyais ça moins... plus... Je ne sais pas...
    -Oui j'avoue que je suis assez fier de ma collection, et je ne rechigne pas à la montrer aux curieux.
    -Ça doit être diablement intéressant, en effet... Je vais d'ailleurs en chercher dans mon livre là...
    -Des années que je suis pris dans l'engrenage, c'est comme qui dirait ma passion.
    -...Vous collectionnez toutes les ponctuations ? C'est pas un peu vaste ?
    -A dire vrai je me suis spécialisé sur les points d'interrogations, du 19eme siècle, mais évidemment avec le temps, j'ai accumulé des petites bricoles de ci de là.
    -Du 19eme siècle ! Forcément ! Pourquoi cette période ? Pourquoi les points d'interrogations ?
    -Et bien tout d'abord la forme, j'ai toujours trouvé le point d'interrogation très esthétique, sa forme arrondie, ses courbes presque féminines sont tout à fait sensuelles n'est-ce-pas ? Et puis c'est facile à ranger.
    -On peut voir ça comme ça en effet...Facile à ranger?
    -Oui j'utilise un système de tringle sur laquelle je suspens ma collection, sauf les pièces vraiment unique évidemment qui ont un traitement spécial !
    -Ah oui forcément, comme des cintres quoi. Et le 19eme siècle?
    -La belle époque du point d'interrogation, la science qui s'invite dans le quotidien de tous, des questions à toutes les échelles de la société... tout ça donne une réelle variété dans les points d'interrogation, certains sont plus précieux que d'autres, plus raffinés, d'autres sont au contraire bien plus « brut », infantile parfois, j'ai d'ailleurs en ma possession un point d'interrogation ayant vraisemblablement terminé un « pourquoi » d'un enfant d'une famille modeste.
    -Wouaw en effet une fort belle pièce... et... comment en êtes vous arrivé à cette conclusion?
    -L'évidence : la courbe est tremblante, mal assurée, le point n'est pas parfaitement aligné la matière est basique, courante, telle qu'on en avait dans les corons.
    -On peut donc expertiser un point d'interrogation, qui l'eut cru ?
    -Oui mon cher, comme qui dirait le point d'interrogation est le miroir de l'âme ! et j'en ai d'autres tout aussi estimable : celui d'Emile Zola est une pièce maîtresse de ma collection, et j'en ai un authentifié comme étant de la main même de Talleyrand !
    - Fascinant...Comment vous procurez vous toutes ces merveilles? Ça doit pas être évident.
    -Je suis plutôt de la race des chineurs, je parcours les brocantes, vide greniers à la recherche de la perle rare, ça fait partie du plaisir, vous en conviendrez, parfois je fais des échanges avec d'autres mordus comme moi, mais c'est rare.
    -Ah oui forcément en brocante...Et c'est facile à trouver?
    -Plutôt, oui, surtout qu'actuellement on assiste à une explosion de la ponctuation, on en met partout à toutes les sauces et les gens ne savent plus quoi en faire et cherchent à s'en débarrasser... C'est d'ailleurs pour ça que je me suis focalisé sur ceux du 19eme siècle, plus rare et prestigieux tout en restant à la porté de mes modestes revenus.
    -Je n'ai jamais entendu parler d'une explosion de la ponctuation...
    -Vraiment ? Avez vous jetez un œil sur internet ? Dans un SMS ? Tout ces émoticônes, de quoi sont-ils composés ? Et oui, de parenthèses, points virgules, de tirets et je ne sais trop quoi encore, il y en a partout, dans tout les sens, entremêlé de manière totalement anarchique.
    -Vous exagérez ce n'est pas du hasard ça compose de petits personnages rigolo !
    -Qui a besoin de ça ? Les incapables du second degré-? Remarquez c'est pas nouveaux, j'ai ouï dire d'une tentative de création d'un point d'ironie, au 19eme justement, heureusement la tentative a été étouffé dans l’œuf. Non, cette explosion de la ponctuation a totalement dévalorisé sa fonction première qui est de rythmer un récit.
    -En tout cas c'est bien intéressant tout ça... Et vous disiez faire des échanges ? Genre deux points d'exclamation contre un point de suspension ?
    -Absolument, comme tout collectionneurs nous nous mettons en relation les uns avec les autres pour nous aider mutuellement dans nos recherche. Par exemple j'ai un amis spécialisé dans les parenthèses, une collection difficile
    -Difficile?
    -Et oui, on trouve souvent l'ouverture, ou la fermeture d'une parenthèse, mais les deux à la fois ce n'est pas une mince affaire, il est donc important pour lui de multiplier les yeux et les achats. Entre nous, il est un peu dérangé, je ne voudrais pas être à sa place, sa maison regorge de demi-parenthèses, et quand bien même il en aurait une paire assortie il lui faudrait un temps fou pour s'en rendre compte et les accoupler. Par contre l'avantage c'est pour le rangement.
    -Le rangement ? Ah oui j'imagine que ça pose comme des livres dans une étagère !
    -Non, pas du tout, comment voulez vous qu'elles tiennent debout ? C'est valable pour les crochets ce que vous décrivez, non, pour les parenthèses il suffit de les empiler, comme des assiettes
    -En effet c'est tout à fait logique... Ah c'est malheureux mais je dois écourter notre passionnante discussion, j'arrive à mon arrêt.
    -Tiens étrange coïncidence je descends ici aussi !
    -Ah décidément je joue de...
    -Quelle chance en effet !
    -Vous m'enlevez les mots de la bouche...
    -Ça vous dirait de jeter un œil à ma collection ?
    -Vous voulez me montrer votre incroyable collection, et bien... bah après tout pourquoi pas j'ai du temps devant moi et vous avez éveillé ma curiosité on va dire.
    -Magnifique suivez moi ma maison est à deux pas.
    -Entrez je vous pris et ne faîtes pas attention au désordre.
    -Ne vous inquiétez pas j'ai l'hab...
    -oui ?
    -...
    -Que se passe-t-il-? On dirait que vous avez vu le diable !
    -Mais ? Vous avez vraiment une collection de...
    -Ahah vous êtes épaté avouez le !
    -A dire vrai je suis estomaqué, je n'imaginais pas une seconde tomber sur une véritable... Je ne pensais pas voir une aussi belle collection.
    -Oui on me le dit souvent mais il faut avouer que c'est moins fréquent que les philatélistes.
    -Oui tiens, d'ailleurs comment vous appelle-t-on?
    -Des poncttophiles, tout simplement. Tenez, regardez celui là il vient d'Asie il n'a pas la forme habituelle, mais c'est justement ce qui m'a intéressé.
    -En effet c'est original et celui là sur son chevalet ?
    -C'est celui de Talleyrand dont nous parlions tantôt, belle pièce non ? Il a du caractère ça crève les yeux, on pourrait dire beaucoup de Talleyrand juste en examinant ce point d'interrogation.
    -Je vois quelques points d'exclamations aussi, de toute les tailles dans tout les styles. Quelques guillemets, mais il manque des pièces.
    -Oui les guillemets sont encore plus dure à trouver, on tombe rarement sur des jeux au complet, imaginez : 4 pièces !
    -Justement, comment se fait-il qu'il ne manque aucun point sous les points d'interrogations-?
    -Et bien je n’achète jamais de points qui ne soit en excellent état tout simplement.
    -Oui mais beaucoup de points doivent se perdre non ? Comme pour les parenthèses !
    -Ah je vois ce que vous voulez dire, en fait pas du tout, les deux parties bien que séparés sont indissociables, si il manque le point c'est qu'il est cassé.
    -Pas d'esperluette ?
    -Non, ce n'est pas vraiment de la ponctuation, c'est un logogramme, je ne veux pas trop me diversifier vous comprenez.
    -Oui effectivement... Ah voici la fameuse tringle, ça a l'air pratique en effet.
    -Attention quand vous les manipulez ce ne sont pas des manteaux...Attendez vous avez fais tomber quelque chose en entrant.
    -Qu'est ce donc ?
    -Vous ne les reconnaissez pas ? Vos points de suspensions quand vous avez vu ma collection !
    -Je les ai perdu à ce moment là ?
    -Sûrement oui, je les garderai bien, si vous le permettez, ils n'ont rien d'exceptionnels, un peu de sarcasme, beaucoup d'hébétude, mais ça fait une pièce plus personnelle.
    -Ma foi ils ne me manqueront pas je suppose.
    -Oh non, je vais les mettre dans ma boîte de tri en attendant de trouver un endroit où les exposer, tenez, passez la moi, la petite, devant vous, mais prenez garde elle est assez lourde.
    -Celle-ci ? Je vous passe çaaaaaa...merde !
    -Oh nooon...
    -Le fond s'est décollé je suis désolé.
    -Oh-la-la il y en a partout. C'est une catastrophe.
    -Bon sang tout ces points de suspensions, je vais vous aider à les ramasser.
    -Je vous remercie, mais je crois que je préfère m'en charger.
    -Je crois que je vais m'en aller.
    -Je vais en avoir pour des heures à reclasser et organiser tout ça...
    -Vous savez, je regrette de ne pas vous avoir cru
    -Comment ça ?
    -Et bien l'idée de collectionner des points d'interrogation me paraissait tellement incongrus que je pensais avoir affaire à un manipulateur ou un fou.
    -Merci, c'est très aimable cette façon de voir les choses, je suppose que vous n'avez pas de passe-temps ?
    -Détrompez-vous, au contraire, je suis moi même collectionneur dans l'âme.
    -Oh, monsieur collectionne les papillons, les petites voitures ?
    -Les expressions imagées.
    -Les... quoi ?
    -Les expressions imagées.
    -Vous me prenez pour un idiot c'est ça ?
    -Pas du tout je suis d'ailleurs spécialisé dans les expressions imagées météorologiques
    -Météorol...
    -Et je vous invite samedi prochain à venir manger chez moi. Je dois justement recevoir une pluie de chiens et de chats cette semaine, cadeau d'un ami anglais !
    Dernière modification par cailloux ; 16/04/2021 à 20h49.
    Ya pas de quoi casser des briques sur un canard...

  4. #874
    Bon je me permets de raviver ce topic d'entre les morts, après le chouette texte de Caillou. En attendant d'avoir peut-être un OP remis à jour (voire un changement de section dans Canard Café ?)
    Bref. je vais parler de mon expérience perso en matière d'écriture. Rien de fabuleux, j'ai toujours pas réussi à publier un truc, mais quelques pas ont été faits malgré tout.
    Quand j'ai répondu pour la première fois ici, en 2008, j'étais jeune et plein d'illusions. Je bossais sur un projet de roman (qui n'a pas encore vu le jour, et qui ne le verra peut-être jamais !) depuis 2-3 ans. J'avais écris quelques petits textes pour m'amuser, mais dont j'étais assez fier. J'étais d'ailleurs suffisamment fier de mon ébauche de roman pour la partager avec mes proches. Bon avec le recul, tout était incroyablement mauvais, MAIS il y avait des idées intéressantes, et c'est finalement l'élément clef. Si vous savez écrire, mais que vous n'avez rien à dire, ben ça sert à rien.
    J'ai mis du temps à prendre conscience de mon manque d'expérience. Eh oui, on n'apprend pas à écrire tout seul dans son coin, sauf à être un génie, et encore... Après plusieurs années à tourner en rond sur mon brouillon de roman, j'ai décidé de le laisser de côté. Je n'en pouvais plus de subir cette œuvre inachevée. Alors je me suis lancé dans l'écriture de nouvelles. L'exercice reste ardu, car court ne veut pas dire simple, mais c'est à partir de ce moment-là que j'ai réellement commencé à progresser. Mes premiers textes étaient bien entendu imparfaits, mais portés par une idée intéressante. Je les ai retravaillés au fur et à mesure que je m'améliorais, en écrivant plus, en suivant des ateliers, des concours... Jusqu'à ce qu'une idée prenne un peu plus d'ampleur que les autres. En un peu plus d'un an et demi, j'ai pondu mon premier roman court, que j'ai fais relire par un professionnel. Je l'ai corrigé et recorrigé (jusqu'à en avoir marre de ma propre histoire) pour finalement envoyer le manuscrit à une maison d'édition. Pas de réponse pour le moment, je n'en espère pas grand chose de toute façon, c'était plus pour franchir le pas qu'autre chose. Je pense quand même insister auprès d'autres éditeurs.
    Aujourd'hui j'ai plusieurs textes en cours, et bien plus d'idées qu'à l'époque où je me bornais à loucher sur mon roman. J'ai appris pas mal de chose sur mon écriture et l'écriture en général, même si il reste encore beaucoup de travail. Le style et la technique, ça s'améliore, il suffit de bosser.

    Enfin, j'ai quelques textes que j'ose publier sur internet (deux pour le moment, d'autres devraient suivre tôt ou tard), à lire ici :
    http://welovewords.com/search?utf8=%...3&q=musaraigne
    https://www.wattpad.com/user/Musaraigne34

    Ce serait intéressant de voir les expériences de ceux qui avaient participé ici il y a plus de dix ans...
    Dernière modification par Akodo ; 25/06/2020 à 16h14.

  5. #875
    Allez un autre texte, j'ai retrouvé un début sur un vieux fichier, je sais plus trop où je voulais aller, mais ça devrait être pas trop mal.

    La mise en page est foireuse, désolé. c'était pas si mal sur mon notepa

    PS : c'est surement confus comme texte.

    Spoiler Alert!
    FROM : CRM 27/02/2033
    >To : Durant, Pierre, Kévin : Réception de votre nouveau sujet de recherche
    >> Section informatique, sous-section Intelligence Artificielle.
    >>> Méta-analyse
    >>>>Sujet : « la génération de donné par le CRM, le cas croisé du N125 et des balles calibres 4,16 »
    >>>>> Pièce jointe : Liste des mails envoyés par le CRM dans le cadre de cette étude.


    * * *

    Depuis le temps que j'essaye de comprendre comment le CRM produit autant de donnés, je suis pas mécontent d'avoir enfin accès a ces informations ! Je suis impatient d'en savoir plus ! Voyons voir ces archives !

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    [ARCHIVES]

    From : CRM 20/04/2029
    > To : Bonnet, Arthur,Loïc : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section biographie.
    >>> Analyse des résultats.
    >>>> Sujet : « Mirois Christophe, Pierre, Antoine. (13/01/1962-08/02/1997) »

    * * *

    Je prends ! J'ai besoin d'un peu d'argent pour me payer ma journée. Bon, voyons ça, j'ouvre le fichier joint... blablabla les précautions d'usages et le fameux "La recherche au centre" la devise du centre de recherche mondial.

    Allons-y. l'IA a déjà fait le gros du boulot, Christophe (Pierre, Antoine) Mirois, né en 1962 mort en 1997. Un mariage (11/04/1987) avec Laurette (Anaïs) Entille (Déjà biographé), divorcé (17/02/1991) Pas d'enfant, né d'une famille du Sud de la France. Profession : commercial dans les enduits. Mort d'une maladie des reins.
    Je jette un œil rapide à son arbre généalogique, il remonte jusqu'au 18eme siècle, pas si mal si on considère le peu de sources disponibles pour cette période, surtout pour un lambda comme ce Christophe Mirois. Pas de racine noble, pas vraiment d'ancêtre de grande importance (un grand oncle Colonel dans les colonies quand même, et un cousin éloigné ayant publié 3 romans)
    Bon, comme d'habitude, je vois l’hôpital de naissance tout ses numéros associés (carte grise, permis de conduire, numéro de sécurité sociale, carte de pêche, bref tout ce qui est archivé dans les services publics). Tout ses chiffres sont bien jolies, mais ils n'indiquent pas vraiment qui est ce cher Christophe.
    Voyons les archives personnelles... Rien de rien, pas de dépôt, quelques traces sur un obscur forum internet, quelques achats en ligne (tiens il aime la bande dessinée manifestement). A cette époque tout n'était pas sauvegardé et personne ne pensait à stocker ses données (numérique ou non) pour les historiens du futur !
    Heureusement il reste les archives commerciales pour affiner son profil. Comme d'habitude à cette époque, un compte facebook, utilisation quasi systématique de google et de quelques autres logiciels recueillant ses infos personnelles. Son profil croisés en métadonnée : Homme, classe moyenne, cercle social, familial, divorcé, . Bande dessinée, sneakers, musique rock, plante verte, santé des reins. Porno. Quelques échanges facebook avec sa famille et des collègues (tiens il y en a un dont la biographie n'est pas encore validé, ça commence à devenir rare, ça sera peut être mon prochain travail qui sait ?)

    * * *

    Bon et bien, je ne vois rien de particulier à noter, cher Christophe, vous avez un profil parfaitement banal, je ne vous vois mentionné dans aucune revue (à part dans un journal local, rubrique nécrologique), aucun jeu concours... C'est pas aujourd'hui que je ferai la biographie d'une personne ayant vraiment compté dans l'histoire.

    Je valide le travail de l'IA, le mien consiste juste à relire et détecter d'éventuelles incohérences (j'en ai jamais vu, pourtant ça fait 11 ans que je suis au service biographie du centre de recherche mondiale humaine... Enfin si j'en ai détecté une mais tellement grossière que ça devait être un test pour vérifier si je faisais bien le taf). Finalement mon boulot est cool. Lire des biographies générés c'est pas si mal, un train-train quotidien quoi, ça me prend pas beaucoup de temps, je suis payé à la tâche en plus, donc je suis libre de travailler quand ça me chante. Il faut pas saloper le boulot non plus, sans quoi finit les contrats.
    J'aimerai bien tomber un jour sur un profil vraiment différent, mais pour l'instant c'est le néant.

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    From : CRM 10/05/2032
    > To : Xiong, Loua, Harvey : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section physique, sous-section : Balistique.
    >>>Analyse théorique.
    >>>>Sujet : «Impact de balles calibre 4,16 sur un corps humain »

    * * *

    Pour un éminent professeur de physique et résistances des matériaux c'est le sujet idéal, je prends ! Le 4,16 c'est le nouveau calibre des armes de services de la police planétaire si je me souviens bien.

    * * *

    Bon j'ai rendu ma copie, mes calculs sont bons, tout cela est très théorique, forcément, on manque de données comparative, mais je pense qu'ils seront content de moi au CRM.


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    From : CRM 11/05/2032
    > To : Bonnet, Arthur,Loïc : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section biographie.
    >>> Analyse des résultats.
    >>>> « Sujet : XXX (2010-...) »

    * * *

    Ah ? Tiens, une biographie d'une personne encore vivante, et anonyme, ça ne m'était jamais arrivé en 5 ans ! Je me suis toujours demandé pourquoi ce genre de cas était proposé, peut être qu'il s'agit de quelqu'un d'important ?
    Voyons voir, il s'agit manifestement d'une femme, vivant en ménage, pas d'enfant. Chercheuse free-lance en psychologie. Son arbre généalogique est bien entendu censuré. Les archives également. Par contre j'ai accès à ses données de consommation. L'IA en a déduit qu'elle aurait des tendances écologistes, vérifiable par ses achats de produits bio.
    C'est étrange il y a des trous dans sa biographie, des moments où elle ne consomme rien, d'autres où elle n'est pas sur le réseau, il semblerait que cette demoiselle ai une vie secrète c'est très intéressant, l'IA n'est pas assez puissante pour reconstituer toute seule les parties manquantes, je vais pouvoir faire mon travail de biographe.
    Voyons toutes ces données, il doit bien y avoir des indices.

    * * *

    C'est dingue en recoupant tout ce que j'avais sous la main j'ai réussis à savoir de qui il s'agit, c'est curieux, je pensais que les IA faisaient en sorte que ce ne soit pas possible, c'est curieux mais c'est surtout grave, ça veut dire que même avec la censure je peux connaître la vie de quelqu'un vivant, c'est complètement non-éthique.
    Peut être que je me trompe je devrai quand même vérifier avant de me monter le bourrichon. Elle s'appelle Stéphanie Seydu, elle habite dans le quartier, c'est fou. Ah elle fréquente le Havana Bar les samedis... c'est dans 5 jours, j'y serais.
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    From : CRM 16/05/2032
    >To : Seydu, Stéphanie, Elodie : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section psychologie.
    >>> Analyse des résultats.
    >>>> Sujet : « l'attrait de la nouveauté, une étude de cas : XXX(2007-...) »

    * * *

    Ouf il était temps ! Je galère tellement en ce moment, une mission de relecture fera du bien à mes comptes, mon mec me dit toujours de prendre d'autres sujets que la psychologie, qu'il n'y a pas assez de demande (ou trop de relecteur), mais j'ai quand même validé une maîtrise de psychologie au centre de recherche mondial. "la science au centre" comme ils disent. L'intitulé me parle, j'aime bien ces micro-sujets sans prétention, en plus c'est pas mal payé pour une fois. Je m'y colle et j'aurai assez de cash pour finir ma soirée au Havana Bar !
    Évidemment je n'ai pas beaucoup d'information sur lui vu qu'il est toujours vivant, tiens c'est amusant c'est un relecteur également, section biographie. Décortiquons tout ça...

    * * *

    Un changement est manifestement apparut dans sa vie depuis 5 jours, il a modifié ses habitudes alimentaires, sa consommation de réseau a chuté, je serai curieuse de savoir ce qui a provoqué ça.
    Allez je file à moi le Havana !

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    From : CRM 11/05/2032
    > To : Ross, Antoine, Gaël : Recueil de données.
    >> Section sociologie.
    >>> Étude in situ.
    >>>> Sujet : « La musique cubaine et les rencontres, cas du Havana Bar »
    >>>>> Pièce jointe: colis R/N145 877 541 58B à retirer à l'adresse suivante.

    * * *

    Ah ! Ça, ça me plaît, ce n'est pas la première fois qu'on me propose ce genre de boulot, c'est bien payé et ça consiste en gros à être présent lors d'un événement et à enregistrer ce qui s'y passe sans se faire repérer, c'est facile, et dans le cas d'un bar et de musique cubaine ça sera même un plaisir !
    Bon j'admets qu'on provoque parfois un peu les choses si c'est demandé, on verra ce que contient ce colis. Je me souviens encore de « l'effet du bruit d'un pétard lors d'une réunion d'ancien combattant », c'était plutôt marrant.

    * * *

    Me voilà au Havana, j'ai récupéré un spray, il est indiqué de l'utiliser sur un couple. L'IA me propose des jeunes qui ont l'air en grande discussion, ça a l'air de chauffer pour tout dire.

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    From : CRM 11/05/2032
    > To : Fadalès Evora, Santiaga, Maria : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section biologie.
    >>> Analyse des résultats.
    >>>> « Sujet : Les phéromones artificielles N125 étude de cas : Bonnet, Arthur,Loïc. (11/04/2007-...) et Seydu, Stéphanie, Elodie (08/06/2010-...) »

    * * *

    Voyons ça, les phéromones N125 je connais c'est une phéromone qui rend les utilisateurs plus ouvert aux nouvelles idées et personnes.
    Testé sur deux sujets le 11/05/2032, Bonnet Arthur, Loïc et Seydu Stéphanie, Elodie, tout deux relecteurs, lui en biographie, elle en psychologie. Tiens, il s'agit d'une étude classé R, c'est à dire fait à l’insu des sujets, hors laboratoire donc.
    D'après les chiffres après avoir inhalé le N125 ils auraient baissés grandement leurs consommation, et l'utilisation du réseau, c'est intéressant. L'IA a bien vu tout ça, rien à signaler de particulier, à part un détail peut être, rien n'indique comment ils se sont procuré le N125, dommage.

    * * *

    Après analyse je recommande de vérifier la possibilité d'effets secondaires de la molécule, un peu de paranoïa à l'air de se manifester dans certaines conditions.

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    From : CRM 11/08/2033
    >To : Ben Arfick, Djamal : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section sociologie.
    >>> Analyse des résultats.
    >>>> Sujet : « La rébellion dans l'entreprise étude de cas : Bonnet, Arthur,Loïc. (11/04/2007- 26/01/2033) et Seydu, Stéphanie, Elodie (08/06/2010-26/01/2033) »

    * * *

    Des données croisées de deux personnes, qui se sont rencontrées le 11/05/2032, une vie normale avant mais les choses ont changé à ce moment là, pour une raison inconnu. A cette date ils ont plus ou moins disparus des serveurs, ils réapparaissent ensuite le 23/01/2033 tentent un acte terroriste contre un bâtiment du CRM, échouent et, après une cavale de 3 jours, sont finalement abattus par la police...
    Et bien, ça promet d'être joyeux comme sujet.

    * * *

    OK, j'ai fini, des amoureux se rencontrent, échangent et finissent par vouloir sortir du système. Tout de même c'est fou d'en arriver à un tel niveau de haine contre un système.

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    From : CRM 27/01/2033
    > To : Tartick, Andreï : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section physique, sous-section : Balistique.
    >>>Analyse comparative théorique et pratique.
    >>>>Sujet : « Impact de balle calibre 4,16 sur un crâne humain, étude de cas»
    >>>>> Pièce jointe : Autopsie de Bonnet, Arthur,Loïc. (11/04/2007-26/01/2033)
    >>>>> Pièce jointe : Calcul théorique du Pr Xiong, Loua, Harvey,

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    From : CRM 27/01/2033
    > To :Tartick, Andreï : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section physique, sous-section : Balistique.
    >>> Analyse comparative théorique et pratique
    >>>>Sujet : « Impact de 3 balles calibre 4,16 sur une poitrine, étude de cas»
    >>>>> Pièce jointe : Autopsie de Seydu, Stéphanie, Elodie (08/06/2010- 26/01/2033)
    >>>>> Pièce jointe : Calcul théorique du Pr Xiong, Loua, Harvey.


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    From : CRM 27/01/2033
    >To : Wolf, Gunther, Hans : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section Biographie.
    >>>Analyse des résultats.
    >>>>Sujet : « Seydu, Stéphanie, Elodie (08/06/2010-26/01/2033) »

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    From : CRM 27/01/2033
    >To : Hakinagi, Kali, Souyo : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >> Section Biographie.
    >>>Analyse des résultats.
    >>>>Sujet : « Seydu, Stéphanie, Elodie (08/06/2010-26/01/2033) »

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    [/ARCHIVE]

    * * *

    C'est pas possible ! Le CRM crée lui même les données en fonction de la demande des chercheurs, et de lui même ? Mais c'est complètement fou. On doit l’empêcher d'agir ou ça pourrait tourner mal !

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    From CRM 28/02/2033
    >To : Durant, Isabelle, Amélie : Réception de votre nouveau sujet de recherche.
    >>section psychologie
    >>>Analyse des résultats.
    >>>>Sujet : "Phobie des IA, origines, étude de cas : XXX(1982-...)

    * * *

    Chérie ! j'ai reçu une étude psychologique d'une personne née la même année que toi !
    Dernière modification par cailloux ; 28/12/2020 à 17h50.
    Ya pas de quoi casser des briques sur un canard...

  6. #876
    Ce début est assez intriguant en tous cas Et le format façon rapport est plutôt bien trouvé pour le contexte, j'aime bien
    Un écrivain qui se livre, c'est un peu comme un canard qui se confie.

  7. #877
    Citation Envoyé par Cassin Voir le message
    Ce début est assez intriguant en tous cas Et le format façon rapport est plutôt bien trouvé pour le contexte, j'aime bien
    En fait tout est là.
    Ya pas de quoi casser des briques sur un canard...

  8. #878
    Un truc sur lequel je suis en train de bosser. Y'a juste le début et c'est le premier exercice que je tente d'un récit à la première personne et sans dialogues, pas sûr d'être bien à l'aise avec le style ^^

    Spoiler Alert!
    Bonjour. Installez-vous. Pas que je sois chez moi, mais on va faire comme si. Excusez-moi, c’est difficile de serrer la main lorsqu’on est menotté. J’espère que je ne vous intimide pas. C’est la première fois pour vous ? Parce que c’est la première fois pour moi, pardonnez-moi si je suis un peu nerveux. On ne rencontre pas souvent de journaliste d’une publication nationale. Du moins pas moi. Même si j’ai fait la une de la presse ces derniers mois. Ça vient avec le fait d’être le plus grand tueur en série à avoir jamais sévi dans tout le pays. Si j’en suis fier ? Non. Je dirais même que je ne m’étais jamais qualifié ainsi avant de l’entendre à la télé. Pourquoi l’ai-je fait alors ? Vaste question. Pour l’appât du gain ? Non. Pour le plaisir ? Certainement pas. Je n’ai que du regret pour chaque personne que j’ai tué. Au début, c’était même pour les aider, presque autant que pour mon propre bénéfice. Comment tout cela a commencé ? Je ne sais pas. J’ignore pourquoi je suis comme ça. Ce qui fait de moi quelqu’un de spécial. Non vraiment, je ne sais pas. Oui, vous avez raison. Autant commencer par le commencement.

    Comment tout a débuté ? Avec mon père je dirais. Il était mécanicien auto. Un bon. Il tenait son propre garage. Oui, le cliché du petit garagiste de village. Ça ne le rendait pas riche mais ça lui permettait de vivre, d’acheter des vieilles bagnoles et de les retaper. Enfin en théorie. En pratique il stockait les carcasses pourries « parce que ça pourrait servir un jour ». C’est à peine s’il restait de la place dans son atelier pour entreposer les voitures des clients.
    Lui et moi, on ne s’est jamais très bien entendu. Quand j’étais gamin, il a voulu m’apprendre la mécanique, mais… c’était pas mon truc. Pas moyen de m’y mettre, ça ne m’intéressait pas. Puis mes parents ont divorcé, et on est partis vivre avec ma mère, mon frère et moi. Oui, j’ai un frère. Mais rien à voir avec moi. Lui c’est un intello. ‘l’a fait de grandes études et il possède son propre cabinet notarial maintenant. Non, vraiment rien à voir avec moi. J’étais plus le looser de la famille, celui qui n’a jamais fait plus que le strict minimum à l’école. Pas que je n’en avais pas les capacités, juste que j’en avais rien à foutre. Ça ne m’intéressait pas. Y’a pas grand-chose qui m’intéressait d’ailleurs. C’est pour ça que mon père a tant insisté pour m’apprendre la mécanique. Histoire que je sache faire quelque chose de mes dix doigts, que je puisse trouver un boulot. Mais ça n’a juste pas marché. Après être parti avec ma mère, je ne l’ai plus vraiment revu. Oh, je passais bien de temps en temps, mais même pas tous les ans. Et c’était… gênant. On prenait un verre vite fait, on parlait de la pluie et du beau temps, de rien de précis, parce qu’on savait qu’on ne voulait pas aborder les sujets sensibles. Jusqu’à l’année dernière du moins. La dernière fois que je suis passé dans le coin et qu’on s’est vus, il m’a avoué qu’il était atteint d’un cancer en phase terminale et qu’il n’en avait plus pour longtemps. Ça m’est tombé dessus comme un coup de massue. Je veux dire, merde, quoi ! Il n’avait même pas encore l’âge de prendre sa retraite ! Il en avait bavé toute sa vie ! En partie à cause de moi, en plus. Ça m’a détruit. J’ai décidé de rester. Je vivais sans attache, sans personne dans ma vie, en faisant des petits boulots temporaires. Je suis revenu m’installer avec lui. Jusqu’au bout. Pour lui, c’était un grand soulagement de m’avoir, de me retrouver. Pour moi, il était juste trop tard. Mais je l’ai fait malgré tout. C’était le moins que je puisse faire.

    La nuit où c’est arrivé, j’étais à ses côtés. Il était entré à l’hôpital la semaine précédente, de force. Il ne voulait pas y aller. Il voulait crever chez lui. Mais en rentrant le soir je l’avais trouvé par terre. J’ai paniqué, j’ai appelé les secours, ils l’ont emmenés à l’hosto évidemment. Oui c’est une réaction normale. Mais ce n’était pas ce qu’il voulait. Il ne voulait pas finir avec des tuyaux partout.
    Je ne me suis même pas aperçu qu’il était parti. Je m’étais endormi dans un fauteuil à côté de son lit. J’ai été réveillé par les infirmières qui m’ont dit que c’était terminé. Je suis entré comme dans un état second. Je ne sais pas si j’ai signé des papiers, ou si je suis parti sans rien dire. Je ne sais même plus comment je suis rentré, si j’ai pris ma voiture, ou un bus, ou appelé un taxi. J’ai… « repris conscience » si on peut dire seulement le lendemain matin, j’étais dans son garage, et je venais semble-t-il de remonter un bloc moteur qui était, quelques jours avant, éparpillé sur les différents établis de l’atelier.
    J’avais l’intention de mettre les bouts dès les funérailles terminées. Je ne voulais rien avoir à faire avec les notaires, les droits de succession, tout ça. L’administration et moi, ça a toujours fait deux. J’avais empaqueté mes maigres possessions et était prêt à décoller lorsque ma voiture, une vieille guimbarde du siècle précédent, a décidé de me lâcher.
    Si j’ai interprété ça comme un signe ? Ha ! Non. Un signe de quoi ? Je n’ai jamais cru à ces bondieuseries. Du Destin, avec un D majuscule ? Non plus. Il n’avait jamais rien fait pour moi jusque-là, après tout, donc je n’avais pas de raison d’y croire non plus.
    Toujours est-il que j’étais bloqué. J’ai fini par pousser ma voiture dans le garage et à l’inspecter. Je ne sais même pas pourquoi, étant donné que je n’y connaissais rien, mais on le fait tous n’est-ce pas ? On regarde dans le moteur en espérant trouver le truc évident, genre un fil de débranché qu’il suffirait de remettre pour que ça reparte, comme dans les films, même si on sait que dans la réalité ça ne marche pas comme ça. Et puis je me suis dit que ça venait peut-être du vilebrequin. Bordel, je ne savais même pas à quoi servait un vilebrequin et encore moins à quoi ça ressemblait ! Mais j’ai commencé à démonter tout ce fatras. J’ai changé des pièces. Je ne saurais même pas dire lesquelles. J’ai tout remonté. Il n’y avait même pas une vis en trop qui me restait à la fin. Je me suis assis derrière le volant, j’ai tourné la clef. Le moteur a démarré.

    C’est là que j’ai commencé à me poser des questions.

    Durant ce week-end-là, j’ai regardé les dossiers des deux ou trois clients qui restaient au garage. J’ai changé une ligne de pot d’échappement et purgé un circuit de freinage sans une seule hésitation. J’ai dû me rendre à l’évidence que je savais ce que je faisais. Ou plutôt non. Je ne savais absolument pas ce que je faisais. Mon subconscient, lui, savait. Mes mains agissaient sans réfléchir. Littéralement. Dès que j’essayais de penser à ce que j’étais en train de faire, ça bloquait. Il fallait que je me laisse guider inconsciemment pour que ça fonctionne.
    Le lundi matin j’ai appelé les clients, ils sont venus récupérer leurs bagnoles et m’ont présenté leurs condoléances. Ça aurait pu s’arrêter-là. J’aurais pu reprendre le garage et terminer ma vie comme mécano.
    Mais si je savais désormais le faire, même sans pouvoir me l’expliquer, je n’avais toujours pas envie de le faire. Je m’étais détourné de cette branche dans ma jeunesse, ce n’était pas pour y revenir plus de trente ans après.

    Quand j’avais décidé de rester auprès de mon père, j’avais trouvé un petit boulot dans la maison de retraite locale. Pas grand-chose. J’étais homme à tout faire. Un truc à réparer dans un coin. Un coup de peinture à passer. Un peu de ménage de temps en temps. Descendre un brancard à la morgue en attendant les pompes funèbres. Le genre de boulot dont personne ne veut, à part les losers dans mon genre. On fait ça parce qu’on n’a pas fait d’études pour faire autre chose, pas parce qu’on aime ça. Ou du moins c’est ce que je pensais.
    Le fait est, j’avais commencé à m’attacher à mes petits vieux. Le job n’était pas demandant. La paie n’était pas grosse mais ça me suffisait. Il semblait qu’après des années à parcourir les routes de job miteux en boulot minable dans mon épave roulante avec tous mes biens terrestres dans le coffre que mon esprit avait enfin choisi de se poser, de souffler un peu. J’avais envie de stabilité, pour peut-être la première fois de ma vie.
    Le temps a continué à s’écouler, les semaines sont devenues des mois, et j’ai même pris sur moi de m’occuper de l’héritage du pater. Il m’avait légué sa maison et le garage. Tout d’un coup je passais de semi-vagabond sans réel domicile fixe à propriétaire. Même si, pour moi, je n’habitais pas chez moi, mais chez mon père. Ce serait toujours chez lui. J’ai revendu le garage. C’est devenu aujourd’hui une succursale d’une enseigne connue. Les carcasses de moteur et les pièces éparses ne sont plus là. Tout est propre et bien rangé. Je ne reconnais plus les lieux. Le garage a perdu son âme. Il est mort en même temps que mon père.

    A la maison de retraite il y avait ce petit vieux, la joie de vivre incarnée. Il avait une guitare, et il en jouait souvent dans la salle commune pour les autres pensionnaires. J’aimais beaucoup l’écouter jouer aussi. Moi qui n’est jamais réussi à souffler trois notes justes dans un pipeau, j’ai toujours été fasciné par les mains des musiciens qui bougent avec tant d’aisance sur leur instrument que ça en parait facile.
    Un jour où j’étais en train de laver le sol, il est arrivé avec sa guitare. Je l’ai prévenu de faire attention parce que ça glissait, il s’est juste retourné et m’a fait un clin d’œil en disant « t’inquiète pas mon gars », et il est tombé. Dans un réflexe idiot il a préféré éviter de fracasser sa guitare que d’essayer d’amortir sa chute. Je me souviens encore du bruit de son crâne heurtant le sol. Je me suis précipité mais il était trop tard, il était déjà mort.
    Je m’en suis voulu… à mort, si vous me permettez l’ironie de l’expression. Pour moi, j’étais coupable. Mais le patron a tout fait pour me dédouaner. Les autres locataires ont assuré que j’avais prévenu que le sol glissait, que c’était juste un accident. Un bête accident. Ça arrive. Quelques jours plus tard j’ai insisté pour débarrasser sa chambre et remettre ses affaires à sa famille. J’ai pris sa guitare, je me suis assis sur le lit et j’ai commencé à jouer. Là aussi, c’était un acte tout à fait inconscient. J’étais ailleurs, à me morfondre, et lorsque je me suis rendu compte de ce que je faisais, les couacs ont commencé. J’étais aussi surpris que devant mes nouveaux talents de mécano dans le garage de mon père. Je me suis forcé à respirer, à faire le vide, et j’ai recommencé à jouer. Ce n’est pas demain que j’imiterai Jimmy Hendricks, mais ça sonne plutôt bien. Le petit-fils du vieil homme est entré à ce moment-là. Il m’a entendu. Il m’a demandé de garder la guitare de son papy. Je l’ai toujours.
    Un écrivain qui se livre, c'est un peu comme un canard qui se confie.

  9. #879
    Salut les canards à plumes,

    @cailloux: Le dialogue sur le collectionneur de ponctuations
    @Cassin: j'aime bien le style du premier paragraphe avec adresse à un interlocuteur muet (c'est un peu trop évident que le lecteur est le réel destinataire, par contre.) Et le tueur en série au ton ingénu et un peu perdu, c'est intéressant.

    Bon courage à ceux qui cherchent un éditeur, même Gallimard ne prend plus les manuscrits en ce moment!
    http://www.gallimard.fr/Footer/Nous-contacter

  10. #880
    J'imagine qu'ils ont été ensevelis des manuscrits des wannabes des différents confinements.

  11. #881
    Oui, et qui manifestement ne sont pas des lecteurs.
    une balle, un imp (Newstuff #491, Edge, Duke it out in Doom, John Romero, DoomeD again)
    Canard zizique : q 4, c, d, c, g, n , t-s, l, d, s, r, t, d, s, c, jv, c, g, b, p, b, m, c, 8 b, a, a-g, b, BOF, BOJV, c, c, c, c, e, e 80, e b, é, e, f, f, f, h r, i, J, j, m-u, m, m s, n, o, p, p-r, p, r, r r, r, r p, s, s d, t, t
    Canard lecture

  12. #882
    Citation Envoyé par Dross Voir le message
    J'imagine qu'ils ont été ensevelis des manuscrits des wannabes des différents confinements.
    Oui, sans doute. Service des manuscrits fermé chez gallimard, chez actusf, chez l'atalante, chez la reine blanche etc. Le bélial y pense aussi si j'en crois leur forum, où des éditeurs d'autres maisons disent être aussi débordés.
    Si vous avez un manuscrit sous le coude, mieux vaut le garder au chaud car je ne pense pas que les services encore ouverts consacrent beaucoup de temps à chaque texte qu'ils reçoivent.

  13. #883
    C'est pas nouveau, si t'est un inconnu tu a intérêt à ce que tes 2-3 premières pages soient bonnes sinon tu risque d'être dégagé dès la lecture de celles-ci.

  14. #884
    Citation Envoyé par Dross Voir le message
    C'est pas nouveau, si t'est un inconnu tu a intérêt à ce que tes 2-3 premières pages soient bonnes sinon tu risque d'être dégagé dès la lecture de celles-ci.
    De toute façon, le meilleur moyen de "trouver" un éditeur, c'est de le connaître personnellement.

  15. #885
    Petite nouvelle de mon cru, ambiance Gamergate. Dites moi si elle vous plait.

    Raid mascu

    « Ok… Ok… répéta Razor comme un mantra. »
    Il ramena le fusil contre sa poitrine et passa une tête au coin du Claire’s accessories. L’allée était déserte jusqu’au Darjeeling. L’obscurité empêchait de voir au-delà. La lumière venait de la fosse, située dans son dos.
    Pas bon, ça.
    Il trottina, plié en deux, jusqu’à une poubelle débordant de papiers gras. Il s’accroupit vivement pour se mettre à couvert.
    Il avait gagné quinze mètres.
    « Les terros ? Où sont les terros ? haleta-t-il sur le canal.
    — C’est toi, l’hétéro : oublie jamais ça, ironisa Ninefrag.
    — Lol, commenta 8_TaNk_8.
    — Medic, tu es où ? demanda StolenElection.
    — Je sais pas, fit Razor.
    — Regarde la mini-map.
    — Noob, soupira Ninefrag. »
    Razor n’arrivait plus à visualiser la carte du briefing. Sa position ne lui disait rien.
    « Je suis en place, annonça 8_TaNk_8.
    — Medic ?
    — Je sais pas !
    — Magne !
    — Fucktard. »
    Razor se redressa, fusil à l’épaule. Le canon de son arme balaya l’espace d’un mouvement saccadé.
    Il avança en zig-zags jusqu’à l’endroit où l’allée faisait un coude. Adossé à une vitrine, il expira deux fois puis, de nouveau, passa une tête : la perspective du couloir se perdait dans les ténèbres.
    « Merde, jura-t-il entre ses dents. »
    Ses yeux inquiets, qui roulaient dans leurs orbites, s’arrêtèrent sur l’enseigne du Darty.
    Ah.
    Il savait où il était.
    C’était une allée parallèle à l’artère principale. En continuant tout droit, il déboucherait sur l’UGC où les terros étaient retranchées.
    Un soupir de soulagement sortit de ses lèvres tremblantes.
    « Je suis à 400 mètres, annonça-t-il sur le canal. »
    Deux silhouettes se dessinèrent à la périphérie de son champ de vision.
    Il se retourna et arrosa le Darjeeling en criant.
    La rafale de gros calibre fracassa la vitrine et fit mouche. Elle perfora la cage thoracique de la première, réduisit son bras gauche en bouillie cartilagineuse et l’envoya bouler dans les rayonnages. Elle frappa la seconde en pleine tête, la décapitant avec une facilité déconcertante dans un concert de tintements cristallins.
    « Deux frags ! Headshot !
    — Ah ouais ? Et pourquoi on n’a rien au scoreboard ? demanda StolenElection. »
    Razor s’approcha du carnage. Il venait d’abattre deux mannequins, l’un en tanga et soutien-gorge balconnet, l’autre en nuisette de satin noir.
    « Bravo, le génie ! Quand t’auras fini ta chasse aux pigeons, tu nous feras signe, hein ? ricanna Ninefrag.
    — J’ai cru que c’étaient les terros !
    — Fais pas ton cuck ! Tu chies dans ton froc, ou quoi ? C’est rien que des gouines et des shemales !
    — Il y a des shemales ? souffla Razor avec effroi.
    — Noob.
    — Noobody, noobody, noob… chantonna 8_TaNk_8. J’ai un visuel, s’interrompit-il. Elles ont dû entendre l’autre attardé.
    — On rush sans l’attendre, décida Ninefrag.
    — Eh ! Je suis pas stuffé pour push sans medic, moi, objecta StolenElection.
    — On s’en fout. Go, go, go !
    — Ramène ton cul, Razor, putain !
    — C’est le moment de faire parler le skill! commenta 8_TaNk_8.
    — Yolo ! »
    Bruits de course feutrée et cliquetis d’armes sur le canal.
    Puis, la fusillade, énorme, brutale ; saturation totale de l’espace sonore ; Razor, tétanisé.
    « Arrête de spammer le comptoir, bordel !
    — Là ! Là ! »
    Feux croisés. Nouvelle explosion sonore, cri déchirant.
    « Salle 5 ! Couvre-moi ! »
    Le plop d’un fumigène qu’on dégoupille puis la détonation des armes, le boucan d’enfer d’objets pulvérisés qui frappent les murs et se répandent au sol. Un grognement inarticulé.
    « TaNk ? TaNk ? »
    Razor se donna une gifle.
    Ne pas penser. Courir.
    Il s’élança.
    « Prends la droite ! s’exclama StolenElection.
    — Go, go, go ! »
    Une porte qu’on ouvre à la volée. La fusillade, encore ; l’impact des balles sur le bois, la bourre, la chair ; les matières qui giclent alentours avec un bruit écœurant de geyser composite ; un cri et le fracas d’une chute.
    « Lâche-moi, salope ! Lâche-m… »
    Grésillement confus d’un micro qu’on prend à pleine main.
    Arrivé à l’entrée du cinéma, Razor s’abrita entre deux caisses automatiques.
    « Stolen ? »
    Silence sur le canal. Rien qu’un désagréable retour micro.
    « Ninefrag? TaNk ? Répondez, les mecs ! »
    La peur, dans un brusque ressac, découvrit à Razor l’évidence du danger. Il bondit hors de sa cache et pointa son arme sur les salons d’attente.
    On n’y voyait rien. Pas le choix. Il alluma la lampe tactique intégrée à la lunette du fusil puis s’avança à pas prudents.
    Cadavre au sol, à onze heures. En tunique et pantalon corsaire. Une terro.
    Razor traversa la flaque de sang avec précaution et s’enfonça dans le multiplexe.
    Il les sentait. Elles étaient tapies là, quelque part dans ce silence faux.
    Les murs étaient habillés de longues bandes blanches qui réverbéraient la lumière.
    Elles portaient des inscriptions.
    Razor en suivit une de sa torche :

    PAPA, ÇA VEUT DIRE QUOI, CONSENTEMENT ?

    Une goutte de sueur perla à son front tandis que le faisceau poursuivait sa course :

    NOUS SOMMES LA VOIX DE CELLES QUI N’EN ONT PLUS

    Il élargit la focale :

    C’ETAIT MON AMI : IL M’A VIOLEE ALORS QUE J’ETAIS IVRE
    FEMINICIDES : STOP AU TERRORISME PATRIARCHAL
    LE SEXISME EST PARTOUT, NOUS AUSSI
    LE SANG DE NOS REGLES VOUS DERANGE PLUS QUE LE SANG DES FEMMES BATTUES
    ELLE LE QUITTE, IL LA TUE


    Chaque collage semblait s’adresser directement à lui. Les majuscules noires scrutaient sa mémoire ; les mots la fouillaient à tâtons ; les phrases soulevaient l’indicible vers la clarté de l’expression.
    Razor avait couché avec une fille, une fois, au lycée. Elle l’avait repoussé, pourtant.
    Une fois, deux fois, trois fois.
    Ils étaient devenus amis.
    Les collages tapissaient désormais sol et plafond, transformant le passage en grotte fibreuse de rubans mouchetés. Les messages se faisaient cryptiques :

    NE FETICHISE PAS NOS CORPS RACISES
    L’ECOLE EST CISGENRE. PAS NOUS
    DES SISTERS PAS DES CISTERFS


    Il était son amoureux transi, il était son confident, celui qui l’empêchait de faire des bêtises ; un bêta parmi les bêtas qui orbitaient autour d’elle.
    Mais ils avaient couché ensemble. Elle était ivre, cette nuit-là. Ils étaient ivres.
    C’était le souvenir sexuel de Razor ; celui qu’il convoquait, le soir, dans son lit.
    Il ne l’avait pas violée. Elle était d’accord.
    Ses phalanges, crispées sur l’arme, se firent douloureuses.
    La torche éclaira un drapeau arc-en-ciel qui servait de rideau d’entrée à la salle 5. Sa partie basse était lacérée et brunie par l’impact des balles.
    Razor l’écarta de la pointe de son fusil.
    La salle était éclairée. Il progressa à pas de loup sur un tapis d’échardes et de gravats.
    Sa prudence lui permit de sentir le fil tendu à hauteur de cheville avant que son poids ne l’emporte en avant.
    Ninefrag et StolenElection avaient dû se prendre les pieds dedans. Derrière, il y avait l’escalier qui desservait les rangées de sièges.
    Razor enjamba le fil.
    La salle était vide, à l’exception du premier rang.
    Les trois membres de son squad y étaient assis, visage tourné vers l’écran.
    L’angoisse essora l’estomac de Razor.
    « Putain… gémit-il. »
    Il descendit, flageolant, haletant ; envoûté par le spectacle sinistre de ses teammates inanimés.
    Ils n’avaient jamais pu en discuter. Deux jours après, elle s’était mise avec le mâle alpha débile dont elle était amoureuse. Elle n’était plus jamais seule.
    Ninefrag, 8_TaNk_8 et StolenElection étaient vivants. Assommés. Ligotés.
    Les liens de Ninefrag lui maintenaient les jambes écartées. On distinguait son sexe rétracté par le trou découpé dans son treillis. Autour de son cou, une pancarte s’interrogeait :

    MANSPREADING : EST-CE VRAIMENT NECESSAIRE ?

    8_TaNk_8 mordait une gag ball en caoutchouc. Des filets de bave en dégoulinaient sur un second écriteau :

    MANSPLAINING : LA SOLUTION

    « Putain ! Putain ! fit Razor. »
    StolenElection, bâillonné au scotch brun, releva la tête d’un coup.
    Il s’agita, yeux exorbités, et poussa un cri étouffé.
    « Lâche ton flingue, intima une voix flutée dans le dos de Razor.
    — Pas de blagues, ajouta une autre, plus grave. »
    Razor tremblait. Il se baissa lentement pour déposer son arme. StolenElection secoua frénétiquement la tête.
    « Bouge pas ! s’exclama la fille qui vint ramasser le fusil. »
    StolenElection meugla une injonction incompréhensible.
    Razor pleurait, mains levées.
    Il avait songé à la tuer ; à se tuer. Oui. Mais il ne l’avait pas fait.
    « Alors, le mascu’, on a les miquettes ? demanda une nouvelle voix féminine.
    — On n’avait pas d’armes, expliqua la fille qui s’était reculée, fusil en main. »
    La tête de StolenElection était retombée sur sa poitrine.
    « Ils ont tué Sabrina et Gloria. Butons-les.
    — Ça sert à rien, répondit la fille armée.
    — On l’émascule et on lui colle les couilles dans la bouche.
    — Pas de violence. »
    Ça n’avait pas duré 5 minutes. Elle n’avait pas dit non. Elle n’avait pas dit non. Elle n’était pas… consciente.
    « On l’attache, la tête à l’envers : #EduquezVosFils.
    — Oh. Bien.
    — On le prend en train de chialer : #LaPeurAChangéDeCamp.
    — Oh ! Mieux !
    — Elle était d’accord ! cria Razor.
    — Planquez-vous ! »
    Il hurlait encore à pleins poumons quand la grenade lui explosa dans la main.

    Sur le chat :
    « Razor ?
    — Laisse. Elles lui ont hacké le cerveau.
    — Osef.
    — Respawn ?
    — Go. »

  16. #886
    Le début résume tellement bien pourquoi je ne fous jamais les pieds en multi

    La suite est plus glauque, mais ça reste bien écrit, j'aime bien
    Un écrivain qui se livre, c'est un peu comme un canard qui se confie.

  17. #887
    Citation Envoyé par Cassin Voir le message
    Le début résume tellement bien pourquoi je ne fous jamais les pieds en multi

    La suite est plus glauque, mais ça reste bien écrit, j'aime bien
    Merci!

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