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  1. #91


    Je crois qu'on a été servis là. Allez, sauve nous tout ça et deviens le stratège qui sommeille en toi !

    Bon par contre je reconnais que ça part violemment en vrille a toute vitesse. Y a pas un forum où d'autres font de même que toi ? Un endroit où l'arbitre expose tous ses messages ? J'aimerais bien être une petite souris dans la machine.
    « Le rossignol mélodieux cède la place au sombre corbeau, présage inéluctable de la chute d'une humanité décadente. »

  2. #92
    Citation Envoyé par silence Voir le message
    Un endroit où l'arbitre expose tous ses messages ? J'aimerais bien être une petite souris dans la machine.
    "J'ai jeté une brouette de dès. Il a perdu."


  3. #93
    Notez que prendre une branlée le jour de l'anniversaire de Waterloo, c'est thématique.


    Citation Envoyé par silence Voir le message
    Bon par contre je reconnais que ça part violemment en vrille a toute vitesse. Y a pas un forum où d'autres font de même que toi ? Un endroit où l'arbitre expose tous ses messages ? J'aimerais bien être une petite souris dans la machine.
    Alors dans le genre "petite souris" (mais en anglais) il y a la fameuse série de vidéos qui a lancé toute cette affaire, que j'avais présentée sur le topic des wargame et qui a donné envie de Bah. C'est l'arbitre qui présente (sur papier la première vidéo, puis sur Tabletop) la partie au fur et à mesure qu'elle se déroule et je trouve qu'il fait un boulot assez fantastique pour raconter ça comme si c'était tiré d'un livre d'histoire.
    https://www.youtube.com/playlist?lis...TS4cS_wh3KmBeL


    Après, y'a des résumé de parties, comme celui là, sur la campagne de Salamanque (ou on reconnait quelques noms connus, du coup. ) :
    https://didier-rouy.webs.com/Compte%...01812%20VF.pdf

    Si quelqu'un trouve un autre AAR détaillé (qui ne soit pas celui de Bah que je meurs déjà d'envie de lire) qu'il n'hésite pas.

  4. #94
    Alors ça donne quoi ?
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  5. #95
    Y'a eu un petit contretemps suite à un loupé de mails avec le MJ.
    La situation n'a pas bougée, mais là j'ai eu quelques réponses donc j'ai pu faire mes choix et donner mes instructions.




    Nous allons donc faire un petit exercice de ce que Seymos et ses collègues appellent "décider dans l'incertitude", et que mes collègues de jeu appellent "choisir un peu au pif".

    Premier rappel : La bataille est mal engagée. Les troupes Espagnoles ont un corps quasi aussi qualitatif que le mien, et ils sont plus nombreux que prévus. La situation n'est pas désespérée, mais mes chances de l'emporter de façon décisive sont faibles.

    Deuxième rappel : les troupes qui m'arrivent potentiellement dans le dos, et qui pourraient sceller le sort de mon IIIeme corps. Ce sont elles qui m'inquiètent le plus car je n'ai eu aucune alerte de leur arrivée, et de leur force dépends tout le danger de la situation.


    Pour réfléchir à tout ça, voici la situation la plus exacte possible à 10h le 3 juillet (les pions avec des chevaux sont des patrouilles de cavalerie) :





    Passons en revue les possibilités :


    1 - La "patrouille à la con" :

    Depuis le début de la partie, j'affronte régulièrement de petits détachements de 200 cavaliers espagnols qui semblent se balader sur la carte de façon aléatoire. Je ne sais pas s'il s'agit de patrouilles volontairement renforcées par un joueur (normalement les patrouilles font une trentaine de cavaliers), d'une doctrine Espagnole, ou d'une façon de récupérer des infos chez les rebelles, en tout cas j'en ai déjà rencontré trois de ce type (et détruit deux).

    Il ne serait donc pas impossible qu'il s'agisse d'une simple patrouille espagnole en train de rentrer à Merida, ou de vérifier cette route.

    Dans ce cas, la situation n'est pas très grave. Ces cavaliers peuvent faire un peu de dégâts s'ils viennent fouiner sur les arrières de la bataille, surtout au niveau moral, mais ils ne bloqueront pas une éventuelle retraite.



    2 - Un contournement multi-armes de l'adversaire :

    Je l'avais initialement négligé, mais c'était une sous-estimation de ma part, et je suis obligé de revoir ma copie : Il est possible que l'adversaire ait volontairement envoyé des troupes me contourner par l'ouest, comme le suggérait LeLiquid.





    Du coup, quelques calculs :
    - Après mesure, cette trajectoire fait grosso modo 45km, avec un franchissement de rivière avant Aljucen.
    - Je pars du principe que Merida a eu l'information de ma présence à 15h00 le 2 juillet, 30mn après que j'ai enfoncé la patrouille espagnole.
    - Nous sommes désormais le 3, à 10h00. Il s'est donc passé 19h00 entre ces deux actions.

    Si les espagnols, terriblement surs d'eux, avaient immédiatement envoyés des forces faire ce contournement, et qu'ils avaient demandé aux troupes de faire une marche désespérée, une colonne ennemie pourrait se trouver sur mes arrières après une marche de 16h sur 19h.

    45km en aussi peu de temps, c'est violent, surtout vu la canicule du 2 juillet, mais pas impossible. Ca c'est vu historiquement, par exemple à Austerlitz ou Davout fait faire 110 km à ses soldats en 48 heures (36 heures de marche !) pour rejoindre le champ de bataille à temps. Et c'est cet aspect de marche forcé que j'avais sous estimé.

    Si une force avait effectivement effectué cette marche, elle pourrait frapper mon armée dans le dos avec des effets désastreux. Elle pourrait également bloquer mon armée en retrait, même fatiguée, et je devrais prendre plusieurs heures pour l'enfoncer ce qui permettrait à mes poursuivants de me rattraper.

    Problème ici : mon piquet de cavalerie à Nava n'a rien signalé. Il y a toujours la possibilité que la cavalerie Espagnole l'ait neutralisé avant qu'il envoie un messager, mais ce serait quand même pas de bol.



    3 - Un contournement de cavalerie de l'adversaire :

    Même réflexion que précédemment, mais avec uniquement de la cavalerie qui pourrait faire cette marche en seulement 12h.

    Je pense qu'elle serait trop fatiguée pour bloquer le passage de mon armée en retraite, mais elle pourrait suffisamment me ralentir pour que mes poursuivants me rattrapent, et ça, ça ferait du dégât.



    4 - Un troisième corps en route pour Merida :

    Ce serait l'hypothèse la plus catastrophique.
    On peut imaginer qu'un quatrième corps soit en route pour Merida et que, suivant les traces du précédent, il me débarque dans le dos sans vraiment l'avoir planifié, en ayant éventuellement forcé le pas au son du canon.



    Dans ce cas, mon IIIeme corps serait tout bonnement perdu. Ma meilleure chance serait de forcer l'offensive dans la bataille, de l'emporter, puis de fuir en avant vers Merida, qu'il faudrait ensuite que je passe avant d'être rattrapé. Inutile de rêver.

    Notez qu'ici aussi j'ai un piquet de cavalerie en place sur la trajectoire. Mais même problème qu'a Nava : il aurait pu être neutralisé par surprise.



    Conclusion :

    Je vous la fait courte, après réflexion, j'en ai conclu que :
    - Les options 1 et 3 me semblent les plus probable. Fort heureusement, ce sont aussi les moins graves.
    - Dans les quatre cas, l'arrivée sur l'arrière de la bataille viendrait me faire perdre un affrontement déjà compliqué.
    - Donc dans dans tous les cas, il faut que je décroche immédiatement pour sauver un maximum d'hommes, et bousculer le plus efficacement ce qui se trouvera sur mon chemin.

    Il me faut donc décrocher !


    Le choix suivant est donc de savoir si je charge Grouchy du combat d'arrière garde, ou si je donne ce rôle à de l'infanterie. Gros dilemme là aussi, car les cavaliers de Grouchy sont inestimables et je risque d'en perdre près d'un millier dans l'affaire.
    Mais si je n'engage pas Grouchy, je risque de ne pas réussir à décrocher, et donc laisser le temps à la force de renfort de me frapper dans le dos.

    Ce coup-ci, je décide de prendre le risque. J'ai trop besoin de Grouchy pour l'éclairage et neutraliser les éclaireurs adverse.


    Je donne donc l'ordre à 10H de rompre le combat !

    La division Grouchy partira en tète, avec ordre d'enfoncer sans sommation ni délicatesse tout ce qu'elle rencontrera sur la route. Les deux divisions Musnier et Gobert, un peu amochées, utiliseront le terrain défensif dans lequel elles se trouvent pour décrocher sans que cela ne soit détecté trop facilement par l'ennemi et suivront la cavalerie. Partirons ensuite les canons et les débris de la division Frère. La division Morlot, la plus en forme, sera la dernière à quitter le terrain, et aura la lourde tâche de décourager les poursuivants.

    Que le sort des armes nous soit favorable !

  6. #96
    3 juillet 1808 (toujours)

    Les ordres de replis sont donnés, et ils mettent quelques temps à se mettre en place.
    Au bout d'une demie heure les premiers signes se font sentir : la fumée se fait moins dense, les tirs plus épars.

    Grouchy, désengagé, part rapidement vers le nord. L'infanterie se replie derrière lui à contrecœur, laissant morts et blessés aux mains de l'ennemi et subissant une dernière fois le feu ennemi sans pouvoir riposter.


    L'espagnol est lent à réagir. Sa cavalerie, fatiguée suite à son lourd engagement sur le flanc droit, ne se révèle pas en état de poursuivre efficacement.
    L'avantage français joue alors à plein : plus mobile, plus rapide, ne s'encombrant pas de charriots (qui de toute façon auraient été vides. ) mon corps romps le contact et entame sa marche vers le nord !

    C'est au moins ça de fait !



    Deux heures plus tard, plus au nord, Grouchy arrive au niveau d'Aljucen. Les cavaliers sont toujours là.

    Conformément aux ordres, Grouchy n'attends pas, et lance sa cavalerie sans ménagement. En face, l'espagnol, lui, ne s'y attends pas.

    L'affrontement est bref, sanglant. Quand le bruit des sabres et des sabots se tait, cent cinquante cavaliers espagnols ont été tués ou dispersés. Il n'y en avait pas plus à cet endroit.

    Grouchy lance rapidement ses hommes sur la route derrière. L'attente est interminable, mais un messager finit par revenir au galop.


    La route est libre ! Le IIIeme corps vivra !

  7. #97
    Ça va, tu ne regrettes pas trop d'avoir fuis ?
    « Le rossignol mélodieux cède la place au sombre corbeau, présage inéluctable de la chute d'une humanité décadente. »

  8. #98
    Imagine t'on le général Napoléon fuire une bataille ?

  9. #99
    C’est passionnant à lire, merci!
    (Mais effectivement, on aurait préféré une bataille avec un plan génial et inattendu permettant une victoire surprise).

  10. #100
    Du coup niveau bouffe ça suffira jusqu'à la prochaine ville / Dépot ?

  11. #101
    A quoi bon se poser la question quand on a aucune alternative ?
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  12. #102
    Citation Envoyé par Mouflon Voir le message
    (Mais effectivement, on aurait préféré une bataille avec un plan génial et inattendu permettant une victoire surprise).
    Citation Envoyé par LeLiquid Voir le message
    Imagine t'on le général Napoléon fuire une bataille ?

    Oui bah ça va hein. Je fais ce que je peux avec mes compétences !

    Et Napoléon, lui, il a fuit un pays entier sous prétexte que les mecs en cramaient les villes. Alors pouet pouet !
    Qu'il vienne rétablir la situation en Espagne s'il est si fort que ça !



    Citation Envoyé par silence Voir le message
    Ça va, tu ne regrettes pas trop d'avoir fuis ?
    Pas vraiment de regrets parce que je ne pouvais pas prendre le risque d'être pris à revers.
    Une victoire ici aurait eu une portée assez limitée de toute façon. Je n'aurais pas eu les moyens de poursuivre au delà de Merida.

    Par contre, je suis évidemment curieux de savoir si j'aurais pu l'emporter.

    Et je suis aussi très curieux de savoir si ces cavaliers se sont retrouvés là volontairement (pour me faire flipper, avertir d'un éventuel renfort, ou gêner les messagers), ou si c'était un gros coup de bol de leur part.



    Citation Envoyé par Chataigne Voir le message
    Du coup niveau bouffe ça suffira jusqu'à la prochaine ville / Dépot ?
    Ca va être le gros sujet des prochains jours. Mon corps est tiré d'affaire dans l'immédiat, mais ma situation est toujours un peu pourrie.

    Pour rappel, le ravitaillement en nourriture marche de façon un peu particulière : Une armée à 0% en vivres ne perds pas d'hommes, ni même vraiment de moral.
    A la place, le jeu considère que les hommes ne sont plus nourris par l'armée, mais qu'il se débrouillent : Ils chassent, récoltent, volent et mangent ce qu'ils trouvent sur le terrain (ce qu'ils font déjà à 50% sur le terrain Espagnol pour rappel, puisque je tiens 20 jours avec 10 jours de vivres).
    Le gros soucis, c'est que ces hommes sont du coup bien moins organisés, bien moins combattif et bien moins efficaces que s'ils étaient nourris officiellement. Leur capacité de combat est donc désastreuse.

    Donc pour résumer : Je peux encore me balader sans ravitaillement pour aller chercher un dépôt. Par contre il ne faut pas que je rencontre d'ennemi sur le passage.


    Et c'est là que ça se corse.

    Actuellement, il me reste 8 jours de vivres (en comptant le fait de fourrager). Le temps d'atteindre Plasenzuela, à l'ouest de Truxillo, puis d'y passer deux jours pour reposer et rassembler les hommes, j'en serais à 4 jours de ravitaillement. A ce stade, autant dire que je n'en ai plus, et ne plus chercher l'affrontement. Il me faut donc ensuite foncer sur un dépôt.

    A - Le plus proche est celui de Badajoz. Mais l'ennemi en tient les accès sous sa menace. Et même si j'arrivais à l'atteindre, je risquerais de me faire enfermer dedans, ce qui n'arrangerait pas nos affaires.

    B - Le dépôt le plus sûr est celui de Tolède. Mais il est à 7 jours de marche (donc 17 aller retour + repos). L'avantage est que je pourrais y récupérer les 4000 hommes que j'avais laissé en garnison dans le coin, ainsi que les 400 cavaliers de Grouchy que j'avais laissé à Murat.

    C - Il existe une troisième possibilité, ceci dit. Plus risquée, mais plus conforme aux ordres de Murat.
    C'est de foncer sur Lisbonne en passant dans les lignes ennemies (mais au large de l'adversaire), et d'y rejoindre le général Junot et son armée du Portugal. Là bas, je pourrais me ravitailler, et joindre (enfin) mes forces à un autre corps pour pénaliser l'éventuel débarquement anglais. Par contre, le voyage sera pas de tout repos.


    Quelques cartes pour se faire une idée :







    Pourquoi cette troisième solution ne sera pas de tout repos ? Et pourquoi c'est envisageable de passer par les lignes ennemies ?

    Et bien parce que le Portugal a une particularité que j'ignorais complètement. Cette particularité, c'est ce fleuve, le Tage, qui coupe le pays en deux par son centre.

    Vous savez combien il y a de ponts sur le Tage au Portugal en 1808 ?

    Allez, devinez pour rire.

    Et bien, il y a en a très exactement Zéro !!!!! Nada ! Peau d'balle ! Queud !
    Sérieusement, qui m'a filé une nation qui laissé géographiquement son foutu pays coupé en deux ! Hein ?

    Blague à part, le Portugal -nation maritime- utilisait lourdement le large fleuve comme voie fluviale. Les traversées se font donc par bac ou par bateau, et c'est d'ailleurs comme ça que le Général Junot a fait traverser ses hommes de Badajoz. Il a réquisitionné les bateaux de la ville, et les a utilisés comme pont fluvial pour traverser l'embouchure du Tage.

    Le premier pont accessible est en fait en Espagne, à Alcantara. La ville dont venaient les Portugais et un des corps espagnol, qui devient du coup une cible majeure.



    Du coup, même si joindre Lisbonne est inenvisageable par la rive nord, la joindre par la rive sud reste une possibilité.

    Comme il n'y a pas grand chose au sud, et que ce sont des positions derrière deux de nos forteresses, il y a la possibilité qu'il n'y ait pas d'ennemi en force là bas. Ils n'ont pas grand chose à y faire.


    C'est donc l'idée qui me trotte dans la tète pour le moment. Je vais y réfléchir, et voir si Murat me donne des ordres.

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