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  1. #1
    Bonjour tout le monde !

    C'est ici que démarre mon compte rendu d'un fantastique Wargame dont je ne vais pas citer le nom, afin d'éviter qu'un de mes partenaire ne tombe sur le topic après une hypothétique recherche google (étant donné les quatre articles et demi présents sur le net).

    Vous trouverez le nom du jeu en question, ainsi que quelques explications sur ce post du topic des wargames, dont je reprends la partie importante ici :

    Citation Envoyé par Bopnc Voir le message
    Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est à ma connaissance le seul wargame opérationnel à vraiment représenter toute la complexité et le chaos des opérations Napoléoniennes.


    Le principe ? C'est en gros un jeu de rôle sur carte, avec relation épistolaire (un peu comme "Amirauté", pour ceux qui connaissent).
    Chaque joueur incarne le chef des opérations ou un chef de corps, et il va passer sa partie à envoyer (ou recevoir) des lettres à un arbitre, lettres qui sont adressées à ses chefs de divisions (généralement non joueurs), aux autres chefs de corps (joueurs) ou à son chef d'opération (joueur aussi). L'arbitre va dispatcher ces lettres avec des messagers, qui arriveront plus ou moins vite en fonction des distances (avec possibilité d'interception et capture du message par l'ennemi si les lignes de communications sont coupées).


    Dans ces lettres des ordres sont donnés, parfois interprétés par les autres joueurs, parfois par l'arbitre (pour les divisions, typiquement). Les armées se mettent en branle sur la carte (avec vitesse et étalement réaliste), les corps se perdent de vue, l'ennemi s'en mêle, le brouillard de guerre devient total, et on assiste à toute la panoplie des évènements napoléoniens : armées qui se ratent de peu, généraux timides qui n'osent pas attaquer alors qu'ils sont à 5 contre un (et que le reste de leur armée se fait écharper à une demie journée de marche), généraux trop téméraires qui perdent toute ligne de communication, ordres mal compris ou interprétés trop tard.


    Lire un compte rendu de ce jeu, c'est lire quelque chose qui pourrait sans soucis se retrouver dans un livre d'histoire tant le déroulement est crédible. C'est bien simple, j'ai beau chercher désespérément, je ne trouve rien sur papier (et même quasiment rien sur ordinateur, en fait) qui puisse s'approcher de ça niveau brouillard de guerre.


    Mais lire un compte rendu d'une partie de ce jeu, c'est aussi assez rare. Pourquoi ? Bah bien évidemment parce que vu son principe le jeu est très difficile à mettre en place, que les parties durent généralement longtemps, et que raconter la partie à postériori est compliqué vu le brouillard de guerre omniprésent.
    Je ne sais pas si cet AAR sera très palpitant à suivre, étant donné le rythme de jeu très lent et la possibilité de ne pas du tout voir d'action. Mais j'essaierais de vous partager les évolutions de la situation, et surtout les échanges épistolaires les plus marquants, pour que vous profitiez un peu de l'ambiance.

    Et pour couronner le tout, vous trouverez non loin de ce topic un équivalent rédigé par Bah, qui sera certainement plus agréable et mieux fourni que le mien.
    Je vous encourage à aller le voir, je lui ai laissé quelques jours d'avance en espérant qu'il ait super bien expliqué tout ça.


    Bien entendu, si par miracle vous êtes l'un des nombreux participants à la partie non enregistré sur CPC, merci de battre en retraite immédiatement !


    ---------------------------------------------
    Madrid - Espagne


    3 Mai 1808


    Un peu de contexte :

    Nous sommes le soir du 3 mai 1808, à Madrid, et la journée a été rude.

    Suite à l'abdication de l'incapable roi d'Espagne et son remplacement par le roi Joseph-Napoléon Ier, la population de Madrid a bruyamment manifesté son mécontentement dans les rues de la capitale.

    Incapables de réaliser les bienfaits de la révolution et de l'abolition d'une petite partie des privilèges, et sans reconnaissance pour l'aide que nous leur avons apportés dans la conquête du Portugal, une poignée de criminels ont pris les armes contre nos soldats.
    Mal leur en a pris : battus le deux mai, ils ont été fusillés le trois.

    Hélas, cette preuve de fermeté n'a pas été du gout du reste de la population, et la révolte gronde désormais dans tout le pays !
    Cette grogne ne durera sans doute pas, mais autant se préparer au pire.


    La situation initiale :

    J'incarne le Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey, commandant du IIIème corps et stationné à Madrid.

    Napoléon étant occupé avec la Prusse et l'Autriche, mes forces sont sous les ordres du Maréchal
    Joachim Murat, également stationné dans la capitale.
    Murat commande également aux Ier, IIeme, IVeme corps, ainsi qu'à l'armée d'invasion du Portugal, stationnée à Lisbonne.

    Le nouveau roi, lui, est encore en France et ne nous rejoindra pas avant plusieurs semaines.




    Niveau géographique je vous présenterais la carte sous peu, mais disons que la situation est... ""compliquée"".

    Pour résumer :
    Le Ier corps est à Tolède, au sud de Madrid.
    Bessière et son IIeme corps à Burgos, plus au nord.
    Le général Duhèsme est à Barcelone, complètement à l'est, à plusieurs semaines de marche.
    Quand à l'armée du Portugal, elle est à Lisbonne : A plus d'un mois de marche du moindre renfort (et à presque 5 jours de messager).

    Les rumeurs de quatre soulèvements espagnols se sont propagés : trois dans le nord, un dans le sud. Nous ne savons pas exactement de quoi ces armées sont composées, leur puissance, ni même leur position exacte.
    Ce qui complique la situation, c'est que le ravitaillement nous vient majoritairement de Bayonne et de Perpignan. Si ces soulèvements réussissent à couper nos voies de ravitaillement, le maintien des forces en Espagne deviendra très compliqué. Et vu l'hostilité générale de la population, il ne faut pas trop compter vivre sur le terrain !


    Pour couronner le tout, l'anglais -toujours avide de sang français et à l'affut de la moindre occasion- profitera certainement de cette occasion pour envoyer une force dans la péninsule. Quand ? Ou ? Quelles forces ? Aucune idée pour le moment !


    En bref :

    Un pays immense et pauvre, qui nous déteste.
    Des forces dispersées, avec beaucoup de terrain a couvrir.
    Des "armées" espagnoles dispersées autour de notre dispositif, voire même peut être entre nos corps.
    Des routes peu sures, un ravitaillement compliqué, régulièrement intercepté par les partisans.
    Des anglais prêts à se joindre à la curée.

    La recette idéale, pour construire la gloire de l'armée française !
    Dernière modification par Bopnc ; 16/10/2021 à 02h05.

  2. #2

  3. #3
    Ca va être très long donc très bopnc.

  4. #4
    Allez, un petit point carte.

    C'est délicat à présenter car la situation est très éclatée, et que la carte utilisée est extrêmement détaillée. Trop pour pouvoir donner une image claire de la situation générale.

    Du coup, j'ai monté un petit module Tabletop Simulator basique que j'ai partagé aux joueurs qui le voulaient. J'utilise des pièces un peu basiques pour représenter les unités, personnellement ce qui m'importe c'est d'avoir les informations visibles et lisibles, pas nécessairement la classe du plateau. Bah m'a dit que de son coté il avait amélioré les pièces, donc nous n'utiliserons pas la même symbologie.

    Comme je suis surtout concentré sur ma petite personne, on va essayer de faire un dézoom du détail au général. Si c'est trop difficile à visualiser j'essaierais de mettre ça sur une carte différente.
    J'envisage aussi de faire une petite explication en vidéo (vu que le format Tabletop s'y prête). Dites moi si vous êtes intéressés.





    Madrid et Tolède :



    Je suis donc à Madrid (ville importante, d'où le drapeau) avec mon troisième corps. Murat est avec moi (le roi d'échec). Vous pouvez voir les villes fortifiées des alentours (les tours).
    Comme nous sommes présents à Madrid depuis un moment, nous avons établi un dépôt temporaire dans la ville (le pion plus clair).

    Mon corps est constitué de :
    - La division d'infanterie "Musnier" - 9'700 hommes inexpérimentés, 8 canons.
    - La division d'infanterie "Gobert" - 8'400 hommes inexpérimentés, 8 canons.
    - La division d'infanterie "Morlot" - 7'100 hommes inexpérimentés, 8 canons.
    - La Division de cavalerie "Grouchy" - 2'900 sabres (dragons, cavalerie légère), 6 canons.
    - La Réserve d’artillerie du général de brigade Jérôme Christophe Couin - 24 Canons

    Ce sont les différents pions que vous pouvez voir sur la ville (désolé pour ceux qui ne lisent pas la symbologie OTAN). Je pourrais les scinder ultérieurement en brigades ou en escadrons, mais pour le moment tout le monde est regroupé.

    Au sud, vous pouvez voir Tolède et le Ier Corps du général de l'Etang, que je laisse pour le moment sous la forme d'un seul pion car je ne sais pas encore ce qu'il va faire de ces unités (ni même s'il va me le dire). La ville est également importante, et dispose d'un dépôt temporaire.




    Burgos :



    Plus au nord, à Burgos est stationné le IIeme corps du maréchal Bessière.

    Sur l'image, vous pouvez voir une pièce triangulaire jaune. C'est un marqueur que j'utilise pour signaler qu'une levée espagnole est signalée dans la région. Je ne sais pas de quoi elle est constituée, ni ou elle est exactement.
    Je suppose qu'elle est à Valladolid, ou qu'elle s'y dirigera rapidement.

    Il y en a une autre à l'est, sans doute un soulèvement à Saragosse.

    Ces deux armées sont préoccupantes, car elles peuvent couper les lignes de ravitaillement venant de france.





    Barcelone :



    A l'est, à Barcelone, nous avons le IVeme corps du général Duhèsme.

    On peut voir au nord les deux dépots principaux des Français : Bayonne et Perpignan. Ainsi qu'une multitude de places fortes et de villes importantes actuellement laissées à l'abandon.





    Lisbonne :



    Tout à l'ouest, perdue au fond du Portugal, nous avons "l'armée du Portugal", commandée par le général Junot.

    Au sud, et au nord ouest, vous pouvez voir les deux derniers soulèvements espagnols qui ont été signalés. Et qui sont pour le moment virtuellement hors d'atteinte.




    J'espère que ce point est assez clair, n'hésitez pas à me dire si je peux améliorer quelque chose ou si vous avez des questions.
    Dernière modification par Bopnc ; 18/12/2020 à 15h18.

  5. #5
    Si tu as dans l'idée de conserver le rouge pour les Anglais plus tard, peut-être que passer les insurgés espagnols en orange ou vert les rendraient plus visibles (tout du moins sur la carte parce qu'en jeu ce sera peut-être pas trop le cas avec votre brouillard de guerre à couper au sabre).

    Les régions administratives que l'on voit sur la carte ont-elles un impact dans la partie ?

  6. #6
    J'envisageais de mettre les anglais en rouge et les portugais en vert (pour le cas ou le Portugal arrive à reformer son armée dissoute).
    Je passerais les espagnols en orange pour qu'ils soient plus visibles. Surtout qu'ils seront sans doute mon principal adversaire.


    Les régions administratives ne nous servent pas directement non. C'est juste pratique pour certains aspects géographiques (par exemple, on sait qu'une armée espagnole a été levée "en Aragon").
    Je ne sais pas si c'était sur la carte d'origine (tirée de Gallica) ou si c'est utile à un autre camp que le mien.

  7. #7
    Merci de nous faire un résumé, c'est super ! J'ai hâte de voir le développement de cette histoire. Vive l'Empereur ! (qui viendra vous tirer les oreilles en personne une fois que vous aurez fait de la merde )
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  8. #8
    Voilà qui est super intéressant, je vais suivre le sujet !

  9. #9
    Allez, petite analyse de la situation.

    Cette semaine, on est dans une espèce de "phase bonus" avant le démarrage, ou on peut discuter au sein d'un camp sans les délais et risques normaux. Du coup, voici l'analyse globale que j'avais faite pour Murat et les autres généraux.

    ----------------------

    -Du Maréchal de Moncey, commandant du troisième corps, posté à Madrid-

    Messieurs bonsoir,

    Les affaires de ces deux derniers jours semblent plus sérieuses que nous ne le pensions. Nous avons fusillé abondamment aujourd'hui dans Madrid mais la population n'est pas calmée, au contraire.

    Je suis convaincu que l'Empereur sait ce qu'il fait et que les choses se tasseront bientôt, mais au cas où ces rumeurs de "levées de masse" se confirmeraient et pour aider aux futurs ordres de marche du Maréchal Murat, voici mon humble vision de la situation.


    Objectifs recherchés :

    1) Dans le but d'éviter la propagation de l'insurrection :
    - Maîtriser les villes importantes d'Espagne
    - Détruire rapidement les "armées" espagnoles, ou les empêcher de nuire
    - Conserver les lignes de ravitaillement ouvertes

    2) Dans le but d'éviter une défaite au Portugal :
    - Maintenir une armée au Portugal
    - Éliminer les éventuels restes de l'armée portugaise

    3) Pour l'avenir, et la gloire :
    - Vaincre et humilier l'armée anglaise pour décourager toute intervention directe ultérieure

    Il revient au Maréchal Murat et ultérieurement au roi Joseph de déterminer si l'objectif 2 ne risque pas de compromettre la réalisation de l'objectif 1.


    Nos forces :

    Théoriquement nos forces sont plus performantes que celles de l'adversaire, anglais excepté. La bataille rangée me semble donc devoir être recherchée dès qu'une supériorité, même légère, est établie.
    Elles se déplacent également plus vite, avantage qui n'est pas à négliger.

    - Notre armée du Portugal, à Lisbonne, me semble la plus exposée. Le général Junot est à plus de vingt jours de marche de nos forces, ne peut sans doute pas quitter le pays sans un fiasco politique, et c'est sans doute lui qui devra affronter l'éventuel renfort anglais. La survie de son armée et son usage me semblent décisifs pour la campagne à venir.
    - Les Ier, IIeme et IIIeme corps sont relativement groupés, et en position centrale autour de Madrid. C'est une position favorable car ils peuvent converger efficacement dans n'importe quelle direction. Ou au contraire se disperser pour frapper des cibles différentes.
    - Le IVeme corps, à Barcelone, est plus distant et ses possibilités d'actions sont plus prévisibles. Il peut soit descendre vers le sud et tenter de conserver les villes côtières, soit revenir vers l'ouest pour défendre nos lignes de ravitaillement.

    Nos corps sont potentiellement séparés par les adversaires, ce qui est une situation qui deviendra vite désastreuse en termes de communication. Si le Maréchal Murat décide de nous conserver en cohésion, il faut impérativement agir pour garantir des lignes de communications rapides et sûres.

    A noter que dans mon cas, l'infanterie du IIIème corps est intégralement novice dans les affaires de la guerre.


    L'ennemi :

    Quatre forces sont identifiées pour le moment.
    - Je tiens à rappeler que l'art de la guerre enseigné par notre empereur repose sur la capacité à se déplacer séparément, par des routes distinctes et en se ravitaillant à des endroits différents, mais tout en pouvant se rassembler rapidement pour frapper une partie de l'armée ennemie. A ce titre la levée espagnole d'Aragon me semble particulièrement vulnérable car placée sur le point de rassemblement le plus pratique de nos différents corps si l'on veut couvrir nos voies de ravitaillement.
    La première cible de cette force sera certainement Saragosse, si tant est qu'elle n'y soit pas déjà. Elle est ensuite bien placée pour gêner notre ravitaillement en direction de la frontière Française.
    Notons que si elle fait l'erreur d'enfermer une force conséquente derrière les murs de Saragosse, que ce soit avant ou après une bataille, nous pourrions assiéger et éliminer cette force assez facilement.

    - La force de Castille peut être extrêmement gênante, surtout tant que l'on ne connaît pas sa position exacte, car elle peut avoir des éléments glissés entre nos corps. Je pense que les premières reconnaissances menées devraient essayer d'établir sa position et sa destination.

    - La force de Galice peut au choix capturer tout son secteur, se rabattre sur le Portugal, ou aller renforcer ses alliés au centre. Nous n'avons pas de moyens d'action contre elle à court terme.

    - La force d'Andalousie est bien placée pour harceler nos forces du Portugal, mais je ne sais pas si elles peuvent franchir la frontière Portugaise sans déclencher un scandale politique. Dans tous les cas, le sud du pays est à elle à court terme.

    Prenons garde tout de même, ces quatre "armées" ne sont pas forcément regroupées, ni leurs seules forces à terme. Il est possible que d'autres armées de paysans surgissent à l'improviste, ou que des surprises nous attendent en termes de harcèlement ou d'embuscades. La situation semble très "mouvante".

    Par ailleurs, quid de l'armée portugaise ? Est ce que l'on connaît sa position actuelle ?


    En ce qui concerne les possibilités d'actions de l'ennemi :

    Possibilité la plus dangereuse :
    L'adversaire nous fait courir à travers tout le pays, échappe à notre surveillance, arrive à se regrouper sur une de nos armées isolé et la bat. L'efficacité de cette action est décuplée si cela coupe nos lignes de ravitaillement.
    Isolée, l'armée du Portugal est battue par le rassemblement des anglais, des espagnols et des portugais.

    Possibilité la plus probable :
    L'ennemi va tenter de prendre (ou de menacer, a minima) nos lignes de ravitaillement. Ils vont sans doute profiter de leur dispersion pour nous harceler sur les villes importantes tout en se rassemblant pour frapper quand ils voient une belle opportunité. C'est leur habileté à le faire (et notre habileté à les intercepter au bon moment) qui décidera sans doute de la campagne.
    Si cela ne provoque pas de scandale diplomatique (à faire confirmer), on peut compter sur l'intervention d'une armée espagnole au Portugal pour aider d'éventuels renforts anglais.

    Possibilité la plus favorable (et donc la moins probable):
    Un regroupement de la majorité de leurs forces à portée de rassemblement des nôtres. De par notre supériorité militaire, une grande bataille rangée réglerait certainement la question en notre faveur.


    Conclusion :

    Voici donc ma vision de la situation, pas forcément glorieuse, mais loin d'être désespérée. J'espère pouvoir lire vos contradictions ou vos points de vues pour enrichir ma réflexion, ainsi que l'idée générale d'action du Maréchal Murat.

    Dans l'attente, je vous souhaite à tous une bonne soirée,


    Bon-Adrien Jeannot de Moncey, Maréchal d'empire

  10. #10
    Ca me fait toujours rire les expressions "le plus dangereux" "le plus probable".

    C'est tiré des modes réflexions tactiques anglo-saxons, mais ça a peu de sens quand on réfléchit un peu. L'ennemi a généralement pour objectif de nous vaincre, et devrait agir en priorité suivant le mode d'action qui nous infligera le plus de dégâts, et donc ce mode d'action devient de facto le plus probable.

    En réalité, le distingo doit être fait suivant que l'on réfléchit qu risque qui pèse sur notre mission (et là le mode d'action ennemi le plus dangereux n'est pas forcement le plus probable, l'ennemi ignorant généralement notre mission réelle), le mode d'action le plus probable étant lui celui qui permet à l'ennemi de remplir sa mission à coup sûr (mais encore faut il la connaître...).

  11. #11
    Ah ! Seymos ! J'avoue que j'espérais que tu passerais par ici pour commenter ce texte ! Je débute dans ce genre d'exercice (en tout cas à cette échelle), ça m'intéresse beaucoup et j'étais curieux d'avoir tes retours.

    J'ai pas trop su comment l'exprimer avec l'espèce de ton soutenu que j'ai employé (et à 2h du matin ) mais en gros dans ma réflexion j'essayais d'anticiper :
    - Ce qui nous pourrait nous pourrir la vie (et qu'on va donc chercher à éviter)
    - Ce que l'ennemi va certainement faire parce c'est ce qui lui donne de bonnes chances de succès (et qu'on va devoir contrer)
    - Ce qui pourrait bien pourri la vie de l'ennemi (et qu'on va donc rechercher s'il fait l'erreur de nous le permettre)

    Dans mon esprit, le plus dangereux n'est pas nécessairement le plus probable parce l'action en question peut forcer l'ennemi à prendre de gros risques qu'il n'est pas prêt à prendre. Ou l'action en question peut être incompatible avec certains de ces objectifs.

    Tu penses que je devrais plus réfléchir en terme de "mission" ? Qu'est ce qui pourrait gêner ma mission ? Quelle pourrait être sa mission ? Qu'est ce qui pourrait gêner sa mission ?

    A noter que dans ce texte j'outrepasse légèrement mon rôle en jeu en faisant cette analyse (en particulier quand j'essaie de dégager nos objectifs) ce qui m'a d'ailleurs valu une remarque amusée de Murat sur la notion de préséance. Je me bornais à faire des constats, j'évitais au maximum de proposer des solutions.

  12. #12
    Je te rassure, ta prise était très claire et parfaitement formulée. Je pinaille parce que le débat le plus probable/le plus dangereux est un grand classique des travaux d'état major, et un bon chausse-trappe. En partie parce que souvent, le plus dangereux est infaisable pour l'ennemi.

    Faudrait que je retrouve un article très intéressant qui comparaît les méthodes de réflexion tactique anglo-saxonnes et françaises, notamment sur l'ennemi, et la façon dont elles faconnaient la manière de donner les ordres.

    Pour info, à tous les niveaux on utilise une formule simple pour donner des ordres :
    0. Articulation de la force
    1. Situation - ennemi, ami, population, terrain - appréciation du chef
    2. Mission reçue de l'échelon supérieur
    3. Exécution - intention, idée de manœuvre, missions des subordonnés et des appuis
    4. Logistique
    5. Commandement.

    Ca marche du chef de groupe au commandant de corps d'armée.

    Et pour les comptes-rendus, un "je suis, je vois, je fais, je demande" ça marche bien.

    Avec son application concrète : "je suis perdu, je vois rien, je fais pitié, je demande pardon."

  13. #13
    Citation Envoyé par Seymos Voir le message
    Avec son application concrète : "je suis perdu, je vois rien, je fais pitié, je demande pardon."
    Ah oui tiens, c'est bien ça. Je garde pour plus tard.



    Merci pour les tuyaux.

  14. #14
    Allez, dernière partie de la préparation après l'évaluation de la situations : les consignes.

    Voici le mail du Maréchal Murat, donnant ses objectifs à chaque officier :




    -------------------------------

    Du Maréchal d’Empire Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne

    Aux serviteurs de l’Empire

    Le Maréchal d'Empire Jean-Baptiste Bessières,
    Le Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey,

    Le Général de division Pierre Dupont de l'Étang,
    Le Général de division Guillaume Philibert Duhèsme,
    Le Général de division Jean-Andoche Junot,

    Je vous remercie pour vos observations et vos remarques. Le mot d’ordre de mon plan est de sécuriser la voie de Bayonne à Madrid pour le passage du Roi. Ainsi, il me semble indispensable de mettre fin à la présence espagnole dans la région de l’Aragon.

    Pour ce faire, je vous propose de séparer nos zones d’action de la manière suivante :

    - Région Est : zone allant de Santander, Madrid et Valence jusqu’aux Pyrénées. La menace est l’armée d’Aragon, qui doit être éliminée au plus vite, afin d’assurer la sécurité du Roi.

    - Région Nord : zone allant de Santander, Madrid, Cuidad Rodrigo et qui suit la frontière portugaise jusqu’à l’Atlantique. La menace est l’armée de Galicie, qui sera difficile à déloger de ces régions montagneuses.

    - Région Centrale : zone allant de Madrid, Valence, Giudad-Real, Mérida, à Cuidad-Rodrigo.

    - Région Ouest : zone correspondant au Portugal. La menace est bien entendu l’armée portugaise et les renforts britanniques, qui sont pour le moment inconnu.

    - Région Sud : zone au sud de la ligne Barjos-Valence. La menace est l’armée andalouse et bien entendu la présence britannique à Gibraltar et on peut le supposer à Cadix (si les Espagnols leur ouvrent les portes…).

    Je pense affecter chacun d’entre vous à une région (celle-ci représente une idée d’affectation, pas une frontière stricte), à l’exception du sud qui est à mon humble avis une perte de ressources que nous ne pouvons nous permettre pour le moment, point de vue qu’il me semble retrouver dans vos rapports. Je propose donc de laisser le sud aux Espagnols le temps de reprendre le contrôle ailleurs.

    Sur vos différentes régions d’affectation, vous devrez découvrir où se cache l’ennemi, mettre en place des routes d’approvisionnement et des places fortes capables de venir s’aider mutuellement (ne vous répandez pas dans tout le pays !) ET SURTOUT empêcher les Espagnols de communiquer entre eux, on ne veut pas qu’ils puissent d’une manière ou d’une autre s’unir dans un combat « national » contre nous.

    La région nord sera à la charge du Général Dupont de l'Étang et du Ier corps. Je me permets de vous conseiller de vous installer à Salamanca et d’installer une ligne de défense entre Almeyda-Salamenca-Valladolid et Burgos. Tenter dans la mesure du possible d’améliorer ces places et les voies de ravitaillement. Je vous demande de ne pas engager le combat à moins d’être bien certain de votre supériorité.

    La région ouest reste à la charge du Général de division Jean-Andoche Junot et l’armée du Portugal. Lisbonne est une base d’opérations intéressante, mais il est nécessaire d’établir une zone de contrôle plus grande. Notamment en prenant le contrôle d’Elvas et Barjoz. Tentez dans la mesure du possible d’améliorer ces places et les voies de ravitaillement. Je vous demande de ne pas engager le combat à moins d’être bien certain de votre supériorité.

    La région centre sera à la charge du Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey et du IIIe corps. Un maintien d’une force à Madrid est nécessaire, afin de maintenir la sécurité dans la capitale royale. De plus, il sera de la responsabilité du Maréchal de maintenir un renseignement dans la région sud et centre, afin de savoir où se trouvent les forces espagnoles et connaitre les possibles incursions britanniques. Tentez dans la mesure du possible d’améliorer ces places et les voies de ravitaillement. Je vous demande de ne pas engager le combat à moins d’être bien certain de votre supériorité.

    La région est est pour le moment ma priorité pour assurer la sécurité du cortège royal. Ainsi, je propose une prise en pince des armées espagnoles par le Maréchal d'Empire Jean-Baptiste Bessières et le Général de division Guillaume Philibert Duhèsme. Le train de siège devrait pouvoir rejoindre la force du maréchal à Saragosse et à partir de là nous devrions pouvoir mettre fin à la menace aragonaise. De cette manière, le Général Duhèsme pourra laisser une garnison conséquente à Barcelone et maintenir une présence française. Pendant, la convergence de nos forces, j’attends de vous que vous trouviez où se trouve ces espagnols et que vous les écrasiez, pour l’Empereur et l’Empire.

    Pour ma part, je maintiendrai ma présence à Madrid pour maintenir un quartier général plus ou moins centralisé.

    Globalement, j’attends de vous une prise d’initiative digne de l’armée impériale, mais également un comportement exemplaire vis-à-vis des civils, car nous ne voulons absolument pas un soulèvement populaire contre nous.

    Que pensez-vous de cette ébauche de plan ?


    Vive l'Empereur, vive l'Empire.

    Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne



    -------------------------------





    Globalement, en terme d'affectations, ça donne ça (n'hésitez pas à ouvrir l'image dans un nouvel onglet si besoin) :




    Première constatation : les zones sont grandes. La mienne (le centre), en particulier, est écartelée de l'ouest à l'est de l'Espagne.
    Ça implique que je vais devoir soit :
    - Rester vers Tolède et réagir avec des informations vieilles de plusieurs jours
    - Aller d'un coté et laisser l'autre en quasi autonomie.

    Et c'est sans parler de faire basculer des troupes d'un coté à l'autre : Merida - Valence à vol d'oiseau, c'est 530 km ! A raison de 28km par jour sur une marche soutenue, sans même compter les repos qui seront nécessaires, ça nous fait grand minimum 19 jours de marche pour basculer des forces.

    Ca semble compliqué.


    Mais il y a pire. Voici le centre de ma zone :






    Petit jeu : partez de Tolède, tout au nord, et allez jusqu'à Cordoue, au sud, par les routes.
    Attention, les fleuves (noir épais irréguliers) ne comptent pas ! Et oui, la carte est pas simple à lire. Ça fait partie du jeu.

    Maintenant, comptez les routes qui permettent de passer de l'est à l'ouest de cette zone.


    Alors, sympa non ?
    Dernière modification par Bopnc ; 18/12/2020 à 23h09.

  15. #15
    Bilan : Comme ceux qui ont tenté l'exercice ont pu le constater, il n'y a AUCUNE route valable sur toute la ligne Tolède - Cordoue qui permette une transition de force de l'est à l'ouest !

    Ce qui veut dire que non seulement ma zone est immense, mais qu'elle est coupée en deux, et qu'il faut remonter sur Tolède pour le moindre échange, que ce soit de troupes ou de messagers.

    Du coup, hop, première pleurnicherie au chef :

    --------------------

    -Du Maréchal de Moncey, commandant du troisième corps, posté à Madrid-
    -À destination du Maréchal Murat, avec copie aux autres généraux-

    Maréchal,

    J'ai bien reçu vos instructions et j'en ai commencé l'analyse pour préparation de mon ordre de marche.
    J'entrevois cependant un risque que je souhaite remonter à votre attention.

    Ma zone d'action entre Merida et Valence fait à vol d'oiseau près de 520 km de long, soit plus d'un mois de trajet et 10 jours de messager aller retour. La surveillance de cette zone à elle seule est déjà une tâche ardue si je dois réagir aux actions espagnoles.

    Mais il se trouve que cette zone est coupée en deux par une série de chaînes montagneuses et de fleuves, coupant toute communication entre la partie est et la partie ouest. En effet, un examen de la carte vous confirmera qu'il est extrêmement difficile pour une armée (ou un courrier) de passer de l'est à l'ouest de la ligne Tolède / Cordoue sans remonter ou descendre jusqu'à une de ces deux villes !

    Dans ces conditions, je ne peux pas m'engager à surveiller et contrôler les deux côtés de cet obstacle simultanément.
    Je préconise la sécurisation de Madrid et Tolède pour former un point d'ancrage et permettre la bascule d'un côté à l'autre, la création éventuelle d'avant postes d'alerte à Ciudad-Real, Cuenca ou Truxillo, puis l'envoi de forces conséquentes du côté que vous jugerez le plus opportun (Valence ou Merida).

    Bien sûr, si vous maintenez votre ordre formel, j'obéirai en soldat et ferai au mieux.

    De façon annexe j'ai quelques autres questions moins pressantes, qui arriveront par le prochain courrier.

    Avec mes respects,

    Bon-Adrien Jeannot de Moncey, Maréchal d'empire



    --------------------

    Pour référence, je vous met le secteur dont je parle, et dont le contrôle me semble le plus réaliste en attendant de savoir que quel coté je dois aller distribuer mes claques.



    Ciudad-Real, au sud, me semble être un poste important. Il n'est pas incontournable, mais canalise toutes les routes venant du sud-ouest et peut ralentir une armée qui devrait le dépasser, en plus de servir de sonnette d'alarme.

    A l'ouest, Truxillo n'est pas fortifié, donc je ne pourrais pas raisonnablement envoyer une force armée. Par contre c'est un carrefour stratégique et je vais certainement y poster un piquet pour m'avertir le "plus vite possible" (250km de route quand même, donc deux jours de trajet pour le messager) d'une approche espagnole.

    A l'est, j'enverrais peut être du monde à Cuenca, mais les routes sont tellement nombreuses dans le coin que ça ne bloquera pas grand chose. Ca me permettra simplement d'envoyer des patrouilles pour voir arriver quelque chose.

    De façon générale le gros problème que j'ai ici, ce sont les distances qui sont gigantesques. J'ai beaucoup de mal à estimer à partir de quelle distance deux places fortes ne pourront plus du tout se soutenir.

    Avec ces contraintes, la zone qui me semble plus plus raisonnable à tenir fermement est le rectangle de fortifications autour de Madrid.
    Mais je dois rester prudent tout de même : entre Madrid et Tolède il y a quand même 75km soit deux jours de marche si on ne veut pas arriver épuisé.



    En tout cas le maréchal Murat semble partager mon analyse, puisque voici sa réponse :

    --------------------

    Du Maréchal d’Empire Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne

    Au Maréchal de Moncey, commandant du troisième corps, avec copie aux autres commandants.

    Maréchal,

    Je vous remercie pour votre réponse aussi prompte que pertinente.
    Je me suis peut-être mal exprimé, il ne s'agit pour le moment que d'une mission de surveillance dans la zone centrale. Votre point d'ancrage est et reste Madrid. La mise en place d'une zone contrôlée entre Eseurial-Guadalaxara-Aranjuez-Tolède me semble une tactique pertinente, mais je laisse ceci à votre appréciation.
    Mon message pouvait paraitre péremptoire, mais il s'agit de l'élaboration d'une stratégie globale où la tactique est laissée entre vos mains. J'exige trois choses de votre part messieurs:

    - Savoir où vous êtes.

    - Savoir ce que vous faites.

    - Savoir ce que vous décidez au niveau tactique, afin de pouvoir réorienter la stratégie globale ou votre tactique en fonction de la situation globale.
    Le reste est de votre ressort.

    Vive l'Empereur, vive l'Empire.

    Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne

  16. #16
    Cette mentalité d'assiégé.
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  17. #17
    Oui bah je préfèrerais aussi qu'on me dise "Prends toutes tes troupes et démolis moi l'armée ennemie rassemblée à Merida, puis va au sud prendre Gibraltar à ces salauds d'anglais !". Mais ça a pas l'air d'être l'ambiance locale.


    Et c'est un objectif que donne Murat que je n'avais pas identifié à partir de mes infos, mais il faudrait effectivement éviter que le roi n'ait plus de capitale lors de son arrivée (ou pire qu'il se fasse intercepter et que la capitale n'ait plus de roi ).

    Perso je voyais son arrivée comme un renfort avec un accompagnement de troupes. A priori j'ai été naïf.

  18. #18
    Citation Envoyé par Seymos Voir le message
    Et pour les comptes-rendus, un "je suis, je vois, je fais, je demande" ça marche bien.

    Avec son application concrète : "je suis perdu, je vois rien, je fais pitié, je demande pardon."

  19. #19
    Bon, petit point de situation.

    On est dans la première semaine d'ordres. Tous les joueurs ont en gros jusqu'à dimanche soir pour passer leurs premiers ordres à l'arbitre. Ensuite, la partie démarre et on devrait avoir deux échanges de mail d'avancement/ordres par semaine.

    La mauvaise nouvelle pour vous, c'est que mes consignes sont confirmées. Je vais donc rester l'arme au pied dans le secteur pour défendre la capitale. Espérons que le sang chaud hispanique les pousse à directement venir frapper Madrid.


    De mon coté, je suis un peu embêté parce qu'une analyse plus poussée m'a fait réaliser que j'avais fait une erreur d'interprétation dans les règles. J'avais compris qu'une semaine d'occupation d'une "ville d'importance" permettait d'y générer un dépôt de ravitaillement temporaire (qui fournit la moitié des besoins quotidiens) et donc d'y survivre tant bien que mal sur le long terme, l'autre moitié des besoins étant récupérés "sur le terrain" (on reste l'armée française, quand même).

    Mais en fait, je m'étais planté sur la définition de "ville d'importance". Il s'avère que ce sont uniquement les 15 villes définies dans le briefing : Badajoz, Barcelona, Burgos, Cartagena, Cordova, Granada, León, Madrid, Salamanca, Segovia, Seville, Toledo, Valencia, Valladolid et Zargagoza.

    Qu'est ce que ça veut dire ? Bah qu'au delà de bouffer nos chevaux sur cette campagne, on va aussi devoir bouffer nos semelles.



    Prenons un rapide exemple :



    Postulat : Je veux envoyer une division de Madrid à Ciudad-Real, au sud, et y tenir les fortifications pour bloquer cet axe.

    Je consomme 10% de mes stocks de vivres par jour.
    Il y a 205km de route. A raison de 8h de marche par jour (histoire de pouvoir fourrager et rester groupé) et à 3,5km/h ça fait dans les 8 jours de marche.
    En fourrageant, je récupère 50% de mes besoins quotidiens en nourriture et fourrage (mais pas en munitions), donc sur ce trajet je ne consomme "que" 40% de mes vivres.

    Arrivé à Ciudad, il me reste donc 60% de mes vivres, donc 12 jours en fourrageant.
    Une fois sur place, je prends possession de la ville et des fortifications.

    De là, j'ai deux choix :
    - Je reste en formation de combat, et je ne peux occuper la ville que quatre jours avant de devoir entamer la marche inverse sous peine de voir mes hommes dépérir.
    - Je me déploie en formation d'occupation (je disperse mes gars dans les environs), ce qui me permet de fourrager 100% de mon ravitaillement et de conserver mes stocks. Mais en sachant que si l'ennemi me tombe dessus à l'improviste, je prends cher.

    Dans les deux cas, si l'ennemi surgit et que je me replie dans la forteresse et appelle à l'aide :
    - Je n'ai de la poudre que pour deux grosses journées de combat, et pas moyen d'en récupérer en dehors d'un dépôt.
    - Une fois assiégé, je ne peux plus fourrager (enfin, je suppose), donc je n'ai plus que 6 jours de vivre dans le meilleur des cas
    - Si mes troupes assiégées tombent à cours de vivres en l'absence de dépôt, elles se rendent.
    - Il faudra trois jours au messager pour atteindre Madrid et me signaler l'invasion.
    - Il me faudra ensuite cinq jours pour que les renforts arrivent à marche forcée (et donc fatigués et dispersés) sur le secteur.

    Je suis pas très bon en math, mais j'ai l'impression que ça pue un peu comme affaire. Surtout en sachant que les renforts auront eux aussi leurs propres problèmes de ravitaillement.

    Initialement, je pensais tenir le secteur une semaine le temps d'y constituer un dépôt, ce qui m'aurait permis d'y tenir dans la durée, m'aurait donné de bien meilleures chances de tenir en siège, en plus de permettre du ravitaillement sur cet axe pour les troupes en manœuvre. Ce plan tombe à l'eau, et de façon générale j'en viens également à douter de l'intérêt d'occuper les places fortes de Guadalaxara et R. Tajo malgré leur proximité avec Madrid.

    Cette histoire signifie également que tout déplacement lointain vers une ville au statut inconnu est extrêmement risqué. Si une fois sur place on se retrouve devant des murailles occupées, la famine guette rapidement.


    Du coup je pense que je vais me concentrer sur Madrid et Tolède pour y améliorer les dépôts, et surtout organiser des patrouilles en direction du sud, histoire de voir ce qui se passe.

  20. #20
    Je me suis repenché sur la carte, et j'ai ré-évalué la situation en observant particulièrement la position des villes importantes.

    Dans mon secteur, les deux villes majeures sont clairement Madrid et Tolède. Elles restent mes objectifs prioritaires, et ne doivent être perdues à aucun prix.

    Il y en a quatre autre qui encadrent mon secteur :
    - Loin au sud, Cordoue, qui est de l'autre coté de la chaine montagneuse et semble inaccessible pour l'instant.
    - Loin à l'est, sur la cote méditerranéenne, Valence, qui ne peut pas être prise sans un gros trajet et un déplacement complet de mon corps.
    - Loin à l'ouest, à la frontière du Portugal, il y a Badajoz qui est déjà un objectif de l'armée du Portugal.
    - Au nord, à moins de 100km de l'autre coté d'une chaine montagneuse, il y a Segovia.


    C'est cette dernière ville fortifiée (entourée en rouge ici) qui m'intéresse particulièrement.



    Elle est dans le secteur nord, normalement à la charge du premier corps, actuellement à Tolède.
    Sauf que ce premier corps à reçu l'instruction de se baser à Salamanca pour sécuriser le nord, et que quand j'ai demandé au Général de l'Etang quelle route il emprunterait (pour éviter les bouchons) je n'ai pas eu de réponse.
    Je ne suis pas certain qu'il ait prévu d'y passer, et encore moins d'y laisser des hommes pour préparer un dépôt.

    Plus au nord, il y a le deuxième corps. Qui lui a ordre de partir vers l'est.

    Et au milieu de tout ça ? Les rumeurs d'une levée espagnole (zone "castille"), qui pourrait très bien être à coté de Segovie, voire déjà l'occuper.

    Du coup hop, ni une ni deux, je profite d'être dans la même ville que mon supérieur (avec autorisation de l'arbitre) pour aller proposer une prise rapide de la ville.


    --------------------------------------

    Les chevaux stoppèrent devant l'auberge. Le remue-ménage fit sortir un aide de camp qui jaugea la situation. Il eut à peine le temps de retourner à l'intérieur annoncer la venue du Maréchal de Moncey que ce dernier faisait irruption dans la salle commune, l'air passablement inquiet.

    Maréchal Murat !

    Navré de vous déranger à cette heure tardive, mais je viens d'avoir des informations qui changent radicalement ma façon de voir la campagne et mon dispositif. Je tenais à en discuter avec vous.

    Mes patrouilles des villes environnantes me rapportent que l'hostilité de la population va grandissante, et que l'acquisition de vivres et de matériel chez les professionnels est plus compliquée que prévue. Par conséquent, il s'avère que nous ne pourrons pas spontanément construire de dépôt temporaire dans les villes environnantes contrairement à ce que je pensais ! Seules les très grandes villes* vont pouvoir le permettre. Pour toutes les autres, il nous faudra le support des convois de Bayonne et Perpignan.

    Cette information va compliquer lourdement notre ravitaillement, et rend certaines positions comme Ciudad-Real très délicates à défendre. Même les positions relativement proches de Guadalaxara ou R; Tajo seront finalement compliquées à tenir à long terme sans dépôt.

    Ce qui m'amène à la raison de ma venue. A la vue de ces informations, les villes importantes* deviennent vraiment cruciales.
    Du coup, est ce qu'il ne serait pas judicieux de donner un coup de sonde sur la ville de Segovia (au nord ouest de Madrid) et d'y envoyer directement une division pour à la fois nous réserver cette position stratégique au débouché des montagnes, pour y construire et y améliorer un dépôt, pour y calmer la population, mais aussi empêcher l'ennemi de l'utiliser contre nous ?

    Je sais que cette ville est dans le secteur du général de l'Étang, mais en l'absence de nouvelles de sa part et d'informations sur son trajet je ne sais pas s'il compte y passer, ni s'il va y laisser une division pour y monter un dépôt.
    En attendant qu'il soit contacté, ma division Musnier peut y être avant lui avec un petit éclairage de cavalerie, et précédée d'une patrouille : il me suffit de votre autorisation.

    Si nous partons de cette hypothèse, je pense envoyer une division à Tolède pour occuper les murs et relayer le 1er corps, et laisser la dernière à Madrid avec le gros de la cavalerie et l'artillerie de réserve. Le reste de mes mouvements sera composé de patrouilles vers le sud, et de piquets d'alerte dans le secteur centre.

    Quel est votre avis sur la question ?
    Est ce que vous avez des informations qui me manquent ?



    * Badajoz, Barcelona, Burgos, Cartagena, Cordova, Granada, León, Madrid, Salamanca, Segovia, Seville, Toledo, Valencia, Valladolid, Zargagoza


    --------------------------------------

    On va voir ce qu'il en dit, mais on aura peut être droit à une échappée et un peu de frittage !

    Ou à une embuscade dans les cols de montagne par des irréguliers espagnols et un massacre de mes troupes, je sais pas encore trop.

  21. #21
    Le commandant Murat est en train de rédiger une lettre pour l'empereur lorsque le Maréchal Moncey arrive dans la salle.

    Maréchal,

    Pas d'inquiétude pour l'heure. La révolution a transformé la France en terre de liberté; la charge de commandant transforme le sommeil en luxe, de plus comme le dit notre empereur, le vrai courage, c'est celui de trois heures du matin.

    J’entends parfaitement vos arguments, notre plan initial avait clairement délaissé la ville de Segovia.

    Je pensais décaler le dispositif du général de l’Étang vers l’est en nous focalisant sur Burgos, Valladolid et surtout Léon, qui est un ilot imprenable au milieu des montagnes. Votre proposition de prendre position à Segovia permettrait de rendre notre position cohérente dans le secteur. Cela me semble une excellente idée !

    Que la division Musnier parte à l’aube, avec comme instruction de verrouiller ce col, comme s’il s’agissait des Thermopyles.

    Alors que le Maréchal Moncey sort aussi brusquement qu'il est arrivé, le commandant le retient d'une voix douce
    "Prenez le temps de vous reposer mon ami, les estafettes ne partiront que demain pour prévenir de l'Étang".



    ---------------------------

    C'est donc décidé, je partirais à l'aube et à marche intensive (10h de marche par jour) vers Segovie avec une partie de mon armée, en espérant arriver avant l'insurrection.

    La zone d'opération non annotée, pour ceux qui veulent voir les routes :



    J'ai quatre inconnues à ce niveau :
    - Est ce que le col de montagne est libre ?
    - Est-ce que Segovia est déjà occupée ?
    - Est-ce que l'insurrection est à Vallalolid ?
    - Si l'ennemi marche lui aussi sur Segovie, ça sera par quelle route ?

    L'idée de la marche est de partir avec une force "suffisante" (estimée au doigt très mouillé) pour enfoncer/résister à un contact avec les insurgés tout en laissant assez de monde à Madrid et Tolède pour les pacifier et bâtir des dépôts.
    J'emmène donc avec moi la division Musnier (9700 Hommes, 9 canons) et la deuxième brigade de la division Grouchy (1400 sabres).

    Comme je ne sais absolument pas ou je met les pieds, je joue la prudence. La cavalerie est là pour faire tampon en cas de contact, mais aussi et surtout pour me donner une capacité de patrouille sur le trajet.
    Elle marchera au pas de l'infanterie pour que tout le monde puisse se soutenir, mais lancera des éclaireurs en permanence 20km devant la marche.
    J'envoie aussi des patrouilles de cavalerie investiguer Segovie, qui ont l'ordre -si Segovie est libre- de se poster sur les trois axes les plus probables d'arrivée d'un ennemi qui marcherait sur la ville (les petites étoiles rouges).

    Si tout est dégagé, je serais à Segovie dans trois ou quatre jours.




    Au niveau stratégique. La situation alliée est pour le moment assez claire.
    Le Ier corps va remonter vers le nord ouest pour former une ligne défensive Burgos - Valladolid, puis prendre Léon. Il en a pour deux bonnes semaines de marche.
    Le IIeme corps de Bessière a l'ordre de fournir une escorte au train de siège et à un convoi de ravitaillement actuellement stationné à Bayonne, et d'utiliser ces deux éléments pour mener une campagne contre Saragosse (nord est). Je ne sais pas exactement comment il va procéder. Je doute qu'il fasse faire le détour à toute son armée, donc il va sans doute détacher quelques unités pour l'escorte. J'espère qu'il a du monde sous ses ordres, parce qu'il a pas mal de places fortes à conserver en plus de ses autres tâches.
    Le IVeme corps actuellement à Barcelone est censé partir vers l'ouest, et mener la même campagne. L'objectif étant de dégager nos lignes intérieures.

    Comme mes ordres sont aussi de maintenir du renseignement dans la région centre, la cavalerie de Grouchy restée à Madrid a été lourdement mise à contribution pour fournir des patrouilles et des piquets d'alerte : On parle de près de 400 hommes envoyés sur les divers axes d'entrée de la région centre (les étoiles rouges, ici aussi). Si quelque chose vient menacer Madrid, j'ai de bonnes chances d'en être informé à l'avance.




    La dernière grosse inconnue, c'est à quel point la population hostile va jouer contre nous. On sait déjà que le ravitaillement ne peut pas circuler sans escorte, mais il est possible qu'il y ait d'autres effets plus pervers.
    J'espère en particulier que mes patrouilles ne vont pas spontanément disparaitre dans la campagne espagnole (bon, un groupe de 30 chasseurs à cheval ça doit être difficile à digérer pour une milice, quand même).
    Je me demande aussi à quel point les espagnols vont être informés de nos mouvements par la population. Je n'exclus pas la possibilité que mes zones de patrouilles et mes axes de déplacements arrivent à leurs oreilles rapidement, mais il n'y a pas grand chose que je puisse faire à ce niveau.
    Dernière modification par Bopnc ; 28/12/2020 à 14h37.

  22. #22
    Hop, me revoila !

    J'avais pris de quoi jouer pour le réveillon, mais pas de quoi faire des screens. Du coup je vais essayer de rattraper les évènements petit à petit dans la journée et en essayant de vous ménager le même suspens que moi.




    05 Mai 1808 - 12H30


    Ma première marche de trois jours est un succès.
    Le passage du col s'est effectué sans incidents. Segovia était libre, et la cavalerie a pu y entrer sans soucis. Les derniers hommes de la division Musnier suivent derrière, et finiront d'arriver vers 14h.

    J'envoie immédiatement un courrier au Maréchal Murat pour lui faire part de cet évènement, et l'informe que je resterais un peu sur la ville le temps de sonder la ville de Valladolid, plus au nord.
    Si cette ville importante est libre, Segovia est en sécurité (mais on a une armée Espagnole dans la nature). Si elle est occupée, alors je peux me considérer comme étant sur une ligne de front.

    Une patrouille part donc le 05 vers 13h en direction de la ville (flèche bleue), elle doit dépasser un de mes piquet de cavalerie posté au croisement des deux routes principales, puis remonter au nord.








    ----------------------------------------



    06 Mai 1808 - 21H00


    Il pleut.

    Un six mai.

    En Espagne.

    Et la météo n'est pas clémente pour les jours à venir.

    Ce pays est décidément abandonné des hommes et des dieux.



    A 21h, je reçoit un courrier de Murat, écrit le matin même à Madrid.
    Murat se félicite de ma décision de sonder Valladolid, et m'informe que le Général de l'Etang et son premier corps sont en route pour Madrid, et non pas pour Salamanca au nord ouest comme je le croyais.

    D'après le courrier, le premier corps va faire étape à Madrid pour se ravitailler, puis remonter sur Segovia qui deviendrait le point de départ de l'offensive vers la région de Léon.

    La division "Frère" (c'est le nom de l'officier) du premier corps, déjà arrivée à Madrid, est reposée et devrait partir le matin du sept.

    J'ai ordre en fonction de mes renseignements de la retenir à Segovia, ou au contraire de lui laisser le passage jusqu'à Valladolid.
    Le reste du corps doit arriver derrière.


    Si je corrige mon schéma précédent, ça donne donc plutôt :



    J'ai une petite pensée émue pour les hommes du premier corps qui se tapent la marche sous la flotte.

    Autre pensée amusante, le chemin le plus court entre Tolède et Madrid est celui par le quel j'ai envoyé ma Division destinée à occuper Tolède.
    Comme une troupe en marche occupe la totalité de la route, il y a du y avoir un beau bordel quand elle a croisé l'ensemble du premier corps qui venait en sens inverse. Bordel qui explique sans doute pourquoi ils ne sont pas encore à Madrid.

  23. #23

    07 Mai 1808 - 13H00




    CONTAAAAAAACT !!!

    Mon piquet du croisement ouest vient de revenir à Segovia. Il ramène avec lui la patrouille à destination de Valladolid rencontrée sur la route.

    Les cavaliers m'informent qu'ils ont été bousculés la veille, vers midi, par ce qui semble être un escadron de cavalerie Espagnole de plus d'une centaine de sabres. Il y a eu une rapide escarmouche, et mes hommes ont du abandonner le terrain.
    Dix de mes cavaliers manquent à l'appel sur la trentaine composant le piquet.

    D'après les rescapés, les espagnols semblaient venir du nord et ont tourné derrière eux vers Segovia.


    Je me penche immédiatement sur les cartes pour reconstituer la situation du 06 vers midi (puis la situation probable actuelle, différente vu les délais), et je commence à cogiter :






    Deux possibilités à ce niveau :
    - Il s'agit d'un écran de cavalerie pour une colonne en marche, qui se dirigerait vers Segovia.
    - Il s'agit d'une patrouille renforcée (normalement une patrouille fait seulement 30 hommes) qui vient investiguer la route vers Segovia et la ville elle même. A première vue, je ne vois pas trop l'intérêt de risquer plus d'hommes que nécessaire pour cette tâche, mais vu qu'ils ont facilement pu bousculer mon piquet je suppose que ça n'est pas si idiot que ça.


    Le principal constat, c'est que je n'ai aucun moyen de savoir ce qui arrive derrière cet écran. Et c'est bien dommage, parce qu'a ce moment je suis assez confiant dans ma supériorité. J'ai 1400 cavaliers et une division fraiche de 9000 hommes à Ségovie derrière des fortifications. Avec la division Frère qui arrive par le sud (suivie de tout le 1er corps), il y aurait de belles actions à tenter comme une bifurcation des renforts vers l'ouest pour arriver au même croisement, repiquer vers Segovia et coincer la colonne en marche entre deux divisions.

    J'hésite donc un moment à envoyer ma cavalerie dégager la route pour avoir le cœur net, quitte à dévoiler ma force.

    J'hésite aussi un moment à envoyer ma propre cavalerie au nord par les petites routes pour bloquer toute retraite aux unités en marche, qui pourraient ensuite être repoussée par les renforts, puis écrasées dans leur retraite.

    Mais à l'aveugle, tout cela est encore bien trop risqué vis à vis des ordres que j'ai reçu. Et l'alcool ingurgité (nous sommes le 31 au soir quand je réfléchis à tout ça ) n'aide pas à la réflexion.



    Je me fixe alors sur un élément rationnel : le temps joue pour moi.
    Plus j'attends avant de frapper, plus une éventuelle colonne espagnole s'éloigne de ses bases arrières pour se rapprocher de Segovia.
    Plus j'attends, plus les renforts du 1er corps seront proches quand ça pètera.

    Je décide donc de piéger l'écran de cavalerie (les hommes de la deuxième brigade crient vengeance !) pour masquer ma force réelle à Segovia, en postant ma cavalerie juste au nord de la ville avec ordre de maintenir les reconnaissances locales et de charger le premier truc qui arrive du moment que ça semble en infériorité.
    L'infanterie, quand à elle, reste au chaud derrière les murs au cas ou l'ennemi se regrouperait avant de frapper.

    J'envoie enfin un courrier au maréchal Murat et au général de l'Etang, en leur détaillant la situation et leur expliquant que je suis prêt à livrer bataille !


    -------------

    Du Maréchal De moncey, IIIeme corps, à Segovia, le 07/05/1808 - 13:00
    Au Maréchal Murat à Madrid
    Avec Copie au Général de l'Etang, à chercher à Madrid, puis sur la route de Tolède


    Maréchal, Général,

    Notre affaire commence !
    Je vous informe qu'un de mes piquets de cavalerie posté au croisement des deux grandes routes au nord ouest de Segovia (croisement au nord ouest de San Garcia) a été bousculé par une force de cavaliers de plus d'une centaine de sabres venant du nord, probablement de Valladolid. Cette force a également avorté ma tentative de patrouille en direction de cette dernière ville.
    Les cavaliers espagnols ont tourné vers Segovia. L'escarmouche ayant eu lieu le 6, vers midi, il est probable que les cavaliers ne soient qu'à quelques kilomètres de la ville à l'heure ou j'écris.

    Je ne sais pas encore s'il s'agit d'une patrouille renforcée ou d'un écran de cavalerie masquant la progression d'une colonne. Dans le doute, je vais partir de l'hypothèse la plus pessimiste et considérer qu'une force est en marche.

    Bien que l'envie de dégager la route par la force soit grande, chaque heure passée rapproche les troupes du 1er corps et éloigne l'adversaire de ses bases, j'ai donc tout avantage à temporiser en simulant la faiblesse. J'ai pour le moment laissé mon infanterie dans ses fortifications et déployé un écran de cavalerie pour empêcher leur reconnaissance de la ville.

    Mes forces sont opérationnelles, les fortifications sont entre nos mains, et vous m'avez informé que les renforts sont en route. Je suis confiant et tout à fait disposé à livrer bataille si le besoin s'en faisait sentir.

    Votre serviteur,

    Maréchal de Moncey

  24. #24

    08 Mai 1808


    Il pleut à nouveau, et vers 8h l'ennemi est arrivé au contact de la ville !

    Ma cavalerie était prête, conformément à mes ordres. La centaine de cavaliers espagnols a été glorieusement prise à partie par mes 1300 chasseurs à cheval.
    Sans surprise, la victoire a été écrasante.


    D'après les témoignages il n'y a aucun rescapé en face, mais je me méfie de la vantardise des soldats. Un groupe de fuyards ou un courrier rapide ont très bien pu quitter la patrouille avant l'extermination. Je considère désormais que l'ennemi est au courant de ma présence.

    Rien n'arrivant derrière au cours de la matinée, je finis par considérer que ce n'était pas un écran pour une armée plus conséquente, mais simplement un groupe d'éclaireurs. Je renvoie donc mon piquet en direction du croisement, et ma patrouille en direction de Valladolid.





    09 Mai 1808


    Il fait beau, et ce coup-ci ça devrait durer.

    Je reçois divers courriers de l'Etang et de Murat. Je comprends que le IIeme corps -au nord de ma position- n'a en fait pas quitté sa position de départ, et attendrait un ordre de Murat pour marcher à l'est vers Saragosse. Je ne sais pas exactement s'il y a eu incompréhension, ou s'il y a eu échange de courrier dans les premiers jours. Je suppose que c'est la deuxième option.

    Dans tous les cas, Murat me confirme que le plan est de se servir de Segovia comme base arrière pour une offensive dans la région. Il me demande de profiter du répit pour tenter de trouver l'adversaire. J'envoie donc également une patrouille à Salamanca, à l'ouest, pour voir si la ville est occupée.

    Elément amusant, le général de l'Etang n'a ni daté, ni localisé sa missive. Je n'ai donc aucune idée de sa position exacte, ou du temps que le messager à mis à me joindre.
    C'est un détail inoffensif dans la situation actuelle, mais je réalise à quel point ce genre d'oubli peut être désastreux dans une situation plus confuse.






    10 Mai 1808


    La division Frère, du nom de son général de division "Bernard Georges François Frère" (les mecs aiment rester simple), est arrivée à Segovia en avance du IIeme corps. Comme je n'ai pour l'instant aucune nouvelle de mes patrouilles, je la met au repos dans la ville.

    Normalement l'organisation du dépôt devrait être terminée dans deux jours, et commencer à ravitailler tout ce petit monde. Ca sera pas du luxe avec tout un corps qui arrive derrière.



    La situation théorique au 10 mai, à 10h :


  25. #25
    C'était l'escadron "Ray Charles" les 100 cavaliers espagnols ? Ou bien tu as des cavaliers arboricoles ? Ils se planquant dans la cime des arbres pour tomber sur les pauvres malheureux qui passent en dessous sans les avoir repérer ?
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  26. #26
    Ce sont les cavaliers de Grouchy ! C'est un expert en disparition de troupes !


    Mais je trouve aussi le bilan un peu étonnant, c'est pour ça que je m'en méfie.

    Il y a normalement un jet de dés pour déterminer le destin d'une patrouille ou d'un piquet, il y a une petite possibilité pour que la patrouille disparaisse complètement sans avoir le temps de prévenir qui-que-ce-soit. Mais c'est un coup de bol, genre les mecs ont été repérés à l'avance et sont tombés sur une contre-patrouille au détour d'un buisson.

    Il y a aussi la possibilité que l'arbitre n'ait pas considéré l'élément comme une patrouille (plus de 100 cavaliers, ça fait gros, c'est quasi un escadron).
    Comme je savais ce qui arrivait et que j'ai expressément mis ma cavalerie en alerte en leur demandant de les détruire, l'arbitre a peut être considéré qu'il y avait embuscade et accrochage entre deux unités. En cas d'accrochage à 10 VS 1, l'unité en infériorité est immédiatement détruite.
    Il s'avère aussi que ma cavalerie est plus rapide en marche que la cavalerie espagnole, donc la fuite avec une telle infériorité numérique n'était pas une option.

    Bref, je sais pas trop. Je m'attendais plutôt à en démolir une partie, en voir s'échapper la moitié et à faire pas mal de prisonniers. Le jeu ne gère peut être pas aussi finement le sujet (le maitre de jeu a déjà énormément de trucs à gérer). Je vais en parler à l'arbitre.



    Mais j'avoue que ça m'inquiète un peu pour mes propres patrouilles. J'aimerais bien avoir de leurs nouvelles s'ils tombent sur de la cavalerie.

  27. #27
    Sois inventif, fais des formations disruptives, genre un cavalier tous les 500 m, avec une estafette entre chaque qui dit tous les quarts d'heure que tout va bien devant.
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  28. #28
    Figure toi que c'est en partie ce que j'avais fait pour mes patrouilles distantes.

    En gros comme je flippe de les voir se faire écharper sans avoir de leur nouvelle (et comme je pense qu'en vrai tu laisse pas des mecs des mois entier au loin sans supervision), j'ai proposé un système de rotation des effectifs, ce qui impose d'avoir de leur nouvelle régulièrement.
    Bon après, je sais pas si l'arbitre le prendra en compte.

    Sinon rien de plus coté partie pour le moment, les journées du 11 et 12 mai sont en train d'être gérées là. Visiblement il se passe pas grand chose sur mon secteur.

  29. #29

    11 Mai 1808


    La nouvelle patrouille vers Valladolid est un échec !

    Mes hommes viennent de revenir, ils ont été repoussés le 9 à Olmeda (au sud de Valladolid) par un nouveau groupe d'une centaine de cavaliers espagnols se dirigeant vers le sud !




    Vu l'heure et la position de l'affrontement, il est matériellement impossible que ces cavaliers aient été envoyés suite aux nouvelles de l'affrontement du 8 à Segovie. On peut donc supposer qu'ils ont une autre cible. Mais laquelle ?

    Vu l'axe, ce n'est pas Salamanca, à l'ouest. Donc c'est soit une patrouille destinée à renforcer celle de Segovia (peu probable), soit une patrouille en direction de Madrid, soit un piquet destiné à tenir un croisement.

    Je retiens surtout cette troisième possibilité. Il y a deux croisements intéressants pour un piquet du genre. Et celui du sud est même particulièrement pertinent. Je m'en veut de ne pas avoir surveillé la position, mais elle devrait être franchie sous peu par le Ier corps qui pourra dégager la voie.



    Je met tout de même ma cavalerie en alerte à Segovia, au cas ou la patrouille pourrait être piégée. Et j'attends l'arrivée du Ier corps par la route de Madrid.



    12 Mai 1808


    C'est le bordel !!!

    Un courrier est arrivé de Madrid. Il m'annonce deux nouvelles plutôt désagréables :

    - Le général de l'Etang, commandant du Ier corps, est décédé dans des circonstances inconnues. C'est le général Fresia (un inconnu pour moi) qui prends sa place.
    - Un de mes piquet initialement envoyé à l'est a rencontré une colonne d'infanterie espagnole en marche dans un endroit ou il ne devait y avoir personne. Ce contact a eu lieu le 6 (!!) près de Cuenca et la colonne se dirigeait droit sur Madrid. Heureusement ma patrouille a pris soin d'informer le Marechal Murat au passage, qui a pu réagir plusieurs jours avant moi.



    Conséquence de ces deux nouvelles : l'ordre de bataille est remanié, et les responsabilités changent.

    Le général Fresia a reçu l'ordre de défendre le centre et de s'occuper des troupes qui menacent Madrid. Il réquisitionne pour cela mes divisions Gaubert (Madrid), Morlot (Tolède) et le gros de ma cavalerie (Madrid).

    En échange, il me donne le commandement de la division Frère (qui est déjà à Segovia), et de la division laissée à Burgos (tout au nord) par le IIeme corps. Avec ça, il me demande de prendre la responsabilité du secteur nord ouest et de m'emparer de Valladolid, si c'est possible.


    Après évaluation de cette nouvelle situation, le bilan est très clair : Je me fais enfler !
    - La division frère est à 4800 hommes contre les 8000 de la division Gaubert.
    - Je perds les 7000 hommes de la division Morlot qui était à Tolède.
    - L'hypothétique division laissée à Burgos que je gagne à la place est à plusieurs jours de marche, isolée dans une situation dangereuse, et je n'ai aucune idée de son statut. A vrai dire, la ville pourrait tout aussi bien être assiégée que je n'en aurais aucune idée.
    - Je perds plus de la moitié de ma cavalerie, et l'officier qui la commande (Grouchyyyyy ! ).
    - Mon artillerie de réserve se retrouve isolée à Madrid, sans unités sous mon commandement pour l'escorter sur le trajet.



    Ces constatation peu professionnelles étant faites, il est temps pour une petite analyse stratégique de mon nouveau secteur et de mes nouveaux moyens.

    Une version vierge de la zone, pour les amoureux des cartes :



    Et la même avec les annotations des éléments les plus importants : villes et routes principales.


    Pour l'instant, je considère Valladolid comme occupée vu les patrouilles qui en partent. Je n'ai aucune information concernant Salamanca et Léon, mais je serais très étonné que l'insurrection n'y soit pas présente.


    Quelques points ressortent :
    - Je suis en partie dispersé : le gros du corps est à Segovia, l'artillerie à Madrid, j'ai une division à Burgos.
    - De ma position à Segovia, je ne peux pas vraiment tenir la route de Madrid. Si une colonne force le passage mes patrouilles se feront facilement repousser par la cavalerie adverse, et le temps que je réagisse l'ennemi sera passé. Je représente par contre une menace sérieuse sur les arrières s'ils tentaient ce genre de mouvements.
    - Burgos est extrêmement vulnérable. Une division complète est censée y être, donc ça ne tombera pas facilement, mais aucune armée ne pourra aller efficacement au secours de la ville si elle est attaquée, et sa prise ouvrirait la voie vers nos lignes de ravitaillements à l'est.
    - Valladolid est un point central, qui peut menacer toutes les villes du secteur et fait la jonction entre Burgos et Segovia.


    Je vois en gros deux options :

    A - Jouer la montre.
    Je pourrais prendre le temps de me réorganiser pour rendre la position plus cohérente. Faire un aller-retour vers Madrid pour rapatrier mon artillerie de réserve, peut être ramener une partie de la division de Burgos par l'est. Concentrer tout le monde pour être prêt à réagir.
    C'est l'option la plus naturelle pour moi qui suis de nature plus encline à la défense. C'est aussi sans doute la plus prudente pour l'intégrité de mon corps.
    Mais quelque chose me chiffonne. Ca fait maintenant 7 jours que je suis à Ségovie, et j'ai l'impression d'avoir atteint les limites de ce que je pouvais y faire. La ville est entre nos mains, le dépôt a été construit. Mais je n'ai toujours aucune idée de ce qui se passe dans la région, ni de la position de mon adversaire, sans même parler de ses effectifs et de sa composition.

    Nous sommes face à une insurrection, et laisser du temps et de l'initiative à une insurrection, ça me plait moyennement.


    B - Prendre l'initiative avec ce que j'ai sous la main.

    Mes patrouilles ne donneront rien avec la cavalerie adverse dans le coin. Si je veux savoir ce qu'il se passe, il faut que je lance une reconnaissance en force.
    La deuxième option serait donc de sortir avec tout ce que j'ai, et de remonter sur Valladolid. Soit la ville est occupée, et j'aurais enfin l'occasion de savoir par quoi, soit elle est peu défendue et elle tombe. Sa chute permettrait d'avoir la position centrale de la ligne Segovia-Burgos, et de libérer la division de cette dernière ville.

    Le principal risque, c'est que l'adversaire ait eu le temps de ramener son armée du nord ouest de l'Espagne et se soit lui-même concentré à Valladolid. Je me retrouverais donc face à deux forces avec 60% des miennes. Mais même dans cette hypothèse je pense avoir de bonnes chances de repérer l'ennemi et de me replier avant contact grâce à la vitesse de déplacement Française™.

    Cette solution me permet aussi de forcer l'ennemi à réagir et de "créer de l'incertitude" comme dit un copain militaire.




    Après une soirée complète à me creuser le crâne, je finis par choisir de prendre l'initiative et d'effectuer ma reconnaissance en force !

    Mes troupes se ravitailleront donc au tout récent dépôt de Segovie le 13, puis quitteront la ville le 14, reposées et équipées, pour marcher sur Valladolid !

  30. #30
    L'option B. Tu régales !

    Hâte de voir ce qui va se passer. Merci pour le CR en tout cas, c'est top !

    Par contre le changement d'OOB semble chelou nan ? C'est quoi le but ? A part foutre le boxon ?
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

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