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  1. #181
    Citation Envoyé par Daedaal Voir le message
    D'abord on se fout en grève pour se mettre dans un rapport de force, ensuite on discute.
    Ce qu'il faut pas lire
    La grève c'est un moyen d'établir un rapport de force quand les dirigeants ne veulent pas discuter, si la discussion est possible dès le départ personne ne se met en grève.

  2. #182
    Citation Envoyé par Sahnvour Voir le message
    Ce qu'il faut pas lire
    La grève c'est un moyen d'établir un rapport de force quand les dirigeants ne veulent pas discuter, si la discussion est possible dès le départ personne ne se met en grève.
    Ce qu'il faut pas lire
    La grève, c'est un moyen d'établir un rapport de force quand les dirigeants et les représentants du personnel n'arrivent pas à s'entendre. Ca ne signifie pas que la discussion est impossible, ça signifie que les enjeux de la négotiation sont irréconciliables. Et ça, ça peut certes provenir des dirigeants, mais ça peut tout autant provenir des représentants syndicaux, voire des deux. Mais s'imaginer que l'entreprise et ses dirigeants n'a qu'un seul but qui est d'exploiter ses salariés, c'est un leurre, tout autant que s'imaginer que les salariés n'ont qu'un seul but, c'est de travailler le moins possible pour extorquer le maximum de pognon à l'entreprise. Malheureusement, c'est deux leurres sont particulièrement bien ancrés en France qui tendent à définir les relations sociales - à force de le marteler, ça devient des prophéties auto-réalisatrices.

  3. #183
    Ben ça contredit pas ce que je pointe : la grève n'est pas un prémisse de la discussion comme c'est sous-entendu dans le message de Daedaal.

  4. #184
    Citation Envoyé par Sahnvour Voir le message
    Ben ça contredit pas ce que je pointe : la grève n'est pas un prémisse de la discussion comme c'est sous-entendu dans le message de Daedaal.
    Je pense que la réalité montre qu'elle l'est aussi souvent que des dirigeants qui ne veulent pas discuter

  5. #185
    Bah comme on dit dans le métier : YMMV

  6. #186
    Citation Envoyé par Sahnvour Voir le message
    Bah comme on dit dans le métier : YMMV
    Totalement d'accord avec toi, justement. Je suis juste conscient que mon expérience (et celle, prise individuellement, de la plupart des gens) n'est pas représentative et j'essaie de ne pas en tirer des généralités, même sur ce forum; ce n'est pas toujours facile, et ce que j'écris ici peut parfois être un raccourci extrême...

  7. #187
    Je suis obligé de faire du management désagréable en ce moment... Je déteste en arriver à "je te demande pas tellement ton avis, en fait. La consigne est claire ou pas ?". Heureusement, c'est pas trop mon équipe qui me fait chier, même si j'ai du un peu recentrer le boulot d'une partie d'entre aux. Par contre coté client et coté fournisseur, c'est la fête à la saucisse...
    Suite à une suggestion, je vais utiliser cette signature pour des canards en manque de ranking pro. Ou des quotes idiots.

  8. #188
    Salut à tous !

    Je vais poser ma question ici parce que je la trouve plus à sa place que dans le topic des salaires (même si il parle d'autre chose que de salaires).

    Je suis dans mon entreprise depuis un peu plus d'un an, au poste de Contrôleur de gestion. Notre entreprise a la particularité d'être pas mal éclatée géographiquement (200 personnes en tout, mais répartis sur une vingtaine de sites en France). On a donc un problème assez important de communication entre les sites. Ce n'est pas réellement gênant entre les sites productifs mais ça l'est plus entre eux et nous, le pôle administratif. Enfin... LES pôles administratifs. Oui, parce qu'on réussit à avoir deux pôles séparés par environ 250 km. Cherchez pas, c'est historique et historiquement con. Surtout que la communication entre les deux centres est difficile, voire rompue parfois. Ce qui nous amène à des situations assez chiantes, où le même travail est réalisé plusieurs fois mais avec des données différentes donc des résultats différents, certains qui se voient affectées des tâches qui étaient sous la responsabilité d'un autre, etc...

    Vous imaginez donc que les tensions sont palpables.

    Moi, j'ai eu la chance pendant mon année de travailler à temps égal sur les deux sites. J'ai des affinités avec plusieurs personnes qui font qu'on arrive à se voir en-dehors du travail et à passer de bons moments ensemble. Donc c'est cool et à la fois chiant d'être au milieu de tout ça.

    A cela, il faut ajouter qu'il y a également des tensions entre les employés de chaque site. Enfin, tensions est peut-être exagéré mais là où je suis actuellement, c'est un peu chacun dans son coin et pas plus. Evidemment, ce n'est pas mon type de caractère et je ne me vois pas partager autre chose qu'un simple bonjour avec les personnes qui sont à côté de moi 10h par jour. Donc perso, quand j'arrive le matin, je fais le tour des bureaux pour dire bonjour, parler 5 minutes et ensuite seulement je rejoins mon propre bureau. Puis vient le moment du café ou du chocolat. Et là, j'ai découvert à mon arrivée que les gens ne prenaient pas leur café ensemble ! C'est con mais ça me semble incompréhensible. Du coup je me retrouvais à faire le tour pour inviter tout le monde, parfois ramener quelques gourmandises pour les attirer. Et ça a plutôt bien marché puisqu'aujourd'hui, on est un petit groupe à toujours se retrouver pour ce moment. Je me fais même engueuler quand je rate le rendez-vous parce que j'étais au téléphone. Bref. C'est beaucoup plus agréable à mon sens. Même histoire pour le repas de midi.

    Cela n'a pas échappé à nos responsables, qui m'en ont félicité. Même les collègues ont clairement dit qu'avant moi, cela ne se faisait pas. Ca m'a fait tout chaud au caleçon cœur.

    Ca, c'est pour poser le contexte.

    La question qui arrive : il est venu, dans les discussions récentes avec mes responsables, que justement ce serait bien de formaliser un peu plus tout cela. Ce qui est sous-entendu, c'est d'attribuer un budget à une sorte de "Qualité de Vie au Travail". Je mets entre guillemets car l'objectif, c'est surtout de permettre de créer une meilleure entente entre tout le monde, intra et inter-sites. Faire des activités communes par exemple, une sortie au restaurant, etc. Rien n'est officiel mais au cas où, la question que je me pose : est-ce que je peux/dois demander quelque chose en échange ?

    Je n'ai aucune idée du temps que ça prendrait (cela va dépendre du nombre de sites impliqués) ni des objectifs attendus. Si cela me prend beaucoup de temps, ce serait peut-être normal de demander une petite compensation non ? Je me pose la question car finalement, ça serait aussi dans mon intérêt que cela se passe au mieux donc je n'ai pas envie de braquer les décisionnaires. J'ai pas mal d'idées de choses facilement réalisables, pas chères (voire gratuites pour certaines) et qui seraient un bon début.



    Entre aussi en ligne de compte que aujourd'hui, je me pose grandement la question de quitter mon entreprise. Mais comme il n'y a aucune urgence, je me dis aussi que ça pourrait être sympa de laisser ce genre de trace dans ma société.



    Bref. Si vous avez déjà été confrontés à ce genre de cas ou si vous avez des conseils, je suis preneur. Car je suis très intéressé par l'idée d'améliorer cet aspect de nos boulots mais j'ai un peu de mal à l'idée de bénévolat (les HS non-payées non-compensées aujourd'hui me suffisent).
    Merci.
    Citation Envoyé par Teocali Voir le message
    Les qualités qui comptent pour être élus ne sont pas les même que pour gouverner. Et c'est tout le défi d'une démocratie dans notre société moderne : réussir a résoudre ce dilemme.

  9. #189
    Alors ca vaut ce que ca vaut, mais a mon humble avis et vu le contexte que tu decris, ca me parait difficile de demander une augmentation de salaire pour ca. En revanche, c'est tout a fait le genre de trucs qui meriterait une prime et ca me paraitrait nature de la demander (le principe mais aussi une idee du montant). Si jamais ca se perennise, alors tu pourras discuter d'une augmentation.

  10. #190
    Ah oui oui, je le voyais plutôt comme ça aussi. Une petite prime en fin d'année selon ce qu'on aurait réussi à faire.

    Le problème étant aussi que vis-à-vis des autres collègues, je crains qu'on se dise que je fais ça uniquement pour l'argent, que eux aussi pourraient le faire si ils étaient payés, etc.
    C'est con, mais finalement ça amènerait le résultat opposé à l'objectif initial puisque les gens seraient plus méfiants qu'autre chose.

    Du coup, je me dis que le mieux serait peut-être de continuer à faire ça pour le plaisir, de ne rien demander. Si on vient me donner quelque chose, tant mieux. Ca voudra dire que je l'ai mérité. Ca génère un autre symbole que de demander avant de faire.


    Bon, finalement de tout écrire, ça aide à poser sa pensée.
    Citation Envoyé par Teocali Voir le message
    Les qualités qui comptent pour être élus ne sont pas les même que pour gouverner. Et c'est tout le défi d'une démocratie dans notre société moderne : réussir a résoudre ce dilemme.

  11. #191
    J'imagine que tu n'imputes pas tes heures? Sinon tu aurais pu demander innocemment sur quoi imputer le temps passer à organiser tout ça
    Liste d'ignorés: LeLiquid Logan Maximelene Ruvon

  12. #192
    Ton CE est sensé être là pour organiser ce genre de truc. Quand tu es membre du CE tu as 3 jours par mois destiné à tout ce qui y est lié.

  13. #193
    Oui c'est vrai qu'au delà de 50 personnes, il doit y avoir un CE. Ensuite s'ils ont plusieurs sites ou autres, possibles qu'il y ait suffisamment d'entités toutes inférieures à 50 salariés, afin d'éviter cette obligation. cela s'est déjà vu
    Et un temps pour chaque chose sous le ciel...

  14. #194
    Non non, on a bien un CE. Les personnes qui y siègent n'en ont rien à foutre mais il y en a un. L'éclatement en multi-sites fait qu'il est compliqué de savoir ce qui se passe réellement chez le voisin. D'ailleurs, nous avons des élections prochainement car un poste est vacant au niveau ETAM. Une solution pourrait être de m'y présenter pour essayer d'apporter mon grain de sel depuis là. Mais mettre les mains dans ce rouage, j'ai peur que ça ralentisse toute l'idée plutôt qu'autre chose. Et comme dit, je ne suis pas sûr de rester à long terme dans cette entreprise donc ce serait problématique.

    Non mais je crois que je vais continuer à faire ça dans mon coin, au gré des envies de chacun. Là, j'ai déjà un collègue avec une belle maison dans le Sud qui m'a proposé qu'on fasse un barbecue chez lui un soir. Il peut héberger ceux qui viennent d'un peu plus loin. On va voir si l'idée prend.

    Merci pour vos réponses en tout cas. C'est pas mal d'avoir le point de vue de l'autre côté de la barrière (côté "responsables" et non pas "exécutants").
    Citation Envoyé par Teocali Voir le message
    Les qualités qui comptent pour être élus ne sont pas les même que pour gouverner. Et c'est tout le défi d'une démocratie dans notre société moderne : réussir a résoudre ce dilemme.

  15. #195
    Team Building... C'est un métier en soit.
    Suite à une suggestion, je vais utiliser cette signature pour des canards en manque de ranking pro. Ou des quotes idiots.

  16. #196
    Ah oui ? Je pensais plutôt à une compétence managériale. Mais genre ça peut se qualifier via des diplômes ou c'est uniquement par expérience ?
    Citation Envoyé par Teocali Voir le message
    Les qualités qui comptent pour être élus ne sont pas les même que pour gouverner. Et c'est tout le défi d'une démocratie dans notre société moderne : réussir a résoudre ce dilemme.

  17. #197
    De toute façon, en management, je suis moyen moins, j'ai pas de mocassins à glands :crosstopic:
    Suite à une suggestion, je vais utiliser cette signature pour des canards en manque de ranking pro. Ou des quotes idiots.

  18. #198
    Citation Envoyé par Neo_13 Voir le message
    De toute façon, en management, je suis moyen moins, j'ai pas de mocassins à glands :crosstopic:
    Aujd j'ai des converses, je propose qu'on me demette de mes fonctions.

    Sinon, pour l'histoire du stagiaire, dans 4 semaines il n'est plus là...

  19. #199
    Citation Envoyé par Naity Voir le message
    Aujd j'ai des converses, je propose qu'on me demette de mes fonctions.

    Sinon, pour l'histoire du stagiaire, dans 4 semaines il n'est plus là...


    Et vu les emmerdes en cours avec l'IT, j'ai envie de rage quit... dans mes pompes peuvent le justifier.
    Suite à une suggestion, je vais utiliser cette signature pour des canards en manque de ranking pro. Ou des quotes idiots.

  20. #200
    Ah tiens je decouvre le sujet... c'est toujours interessant a lire.
    J'ai un profil particulier car j'encadre des equipes (de 20 a 50 pers - techs a inges) de mise en route sur des projets Oil and Gas : Ca ne dure jamais plus de 2-3 ans, et c'est du multi-culturel.
    J'ai eu un peu de tout sous la main, et ce n'est pas toujours rose.
    Globalement, je n'ai jamais eu a montrer les dents. Le seul truc a montrer c'est qu'on ira au carton pour ses equipes. Et dieu sait qu'on est bourrin dans le milieu.
    Personne n'engueule mes gars. C'est a moi qu'on se plaint, et c'est moi que l'on detruit. Apres, je redistribue si besoin. Notre environnement n'est pas simple, et je dois simplement les mettre dans les meilleures conditions. Leur chance, c'est que j'ai ete a leur place un jour, et je sais exactement ce qu'ils veulent ou comprennent. Une fois le lien de confiance etabli, ca va tout seul.

    Enfin il ya quand meme des configurations moins simples que d'autres : Du 90% musulman sur une plateforme en plein ramadan, c'est pas simple, comme une coloration russe-ukraine-kazak ca cree des tensions.
    Mais je le repete, on est dans le particulier, sur des projets a duree determinee, et un mode de fonctionnement (freelance) qui permet d'eliminer les problemes.

  21. #201
    Intéressant (et un peu flippant) de découvrir ce sujet, de mon point de vue.

    Je suis dans un milieu assez particulier (universitaire: enseignant-chercheur). Le standard chez nous, à peu près à tous les niveaux (mais pas dans tous les domaines non plus), c'est que les "chefs" (chef d'équipe, directeur de labo ou de département d'enseignement, directeur de sous-composante, président d'université, et j'en passe) sont issus des rangs, et a priori sélectionnés avant tout sur leurs compétences scientifiques (ou élus). Et ce, de manière assez indépendante de leurs capacités de gestion d'équipe... et parfois, indépendamment de leur intérêt pour la chose.

    Et comme un enseignant-chercheur c'est un crack bardé de diplômes, et souvent de l'égo qui va avec, il ne saurait être question de le former pour quoi que ce soit (j'exagère, mais pas tant que ça - il semble quand que le CNRS mette en place des formations pour les gens qui deviennent directeurs de labos, et disons que les choses évoluent... à leur rythme)

    Ensuite, les rapports hiérarchiques, dans le milieu, c'est aussi tout un poème.

  22. #202
    C'est partout pareil. On confond compétences techniques et manageriales, alors que ça n'a rien à voir et l'un n'implique pas l'autre.
    Liste d'ignorés: LeLiquid Logan Maximelene Ruvon

  23. #203
    Citation Envoyé par Shosuro Phil Voir le message
    Ensuite, les rapports hiérarchiques, dans le milieu, c'est aussi tout un poème.
    Ca tombe bien, je suis grand amateur de poésie. Racontes nous

    - - - Mise à jour - - -

    Citation Envoyé par Aigle4 Voir le message
    Ah tiens je decouvre le sujet... c'est toujours interessant a lire.
    J'ai un profil particulier car j'encadre des equipes (de 20 a 50 pers - techs a inges) de mise en route sur des projets Oil and Gas : Ca ne dure jamais plus de 2-3 ans, et c'est du multi-culturel.
    J'ai eu un peu de tout sous la main, et ce n'est pas toujours rose.
    Globalement, je n'ai jamais eu a montrer les dents. Le seul truc a montrer c'est qu'on ira au carton pour ses equipes. Et dieu sait qu'on est bourrin dans le milieu.
    Personne n'engueule mes gars. C'est a moi qu'on se plaint, et c'est moi que l'on detruit. Apres, je redistribue si besoin. Notre environnement n'est pas simple, et je dois simplement les mettre dans les meilleures conditions. Leur chance, c'est que j'ai ete a leur place un jour, et je sais exactement ce qu'ils veulent ou comprennent. Une fois le lien de confiance etabli, ca va tout seul.

    Enfin il ya quand meme des configurations moins simples que d'autres : Du 90% musulman sur une plateforme en plein ramadan, c'est pas simple, comme une coloration russe-ukraine-kazak ca cree des tensions.
    Mais je le repete, on est dans le particulier, sur des projets a duree determinee, et un mode de fonctionnement (freelance) qui permet d'eliminer les problemes.
    Salut Aigle4,

    J'ai assez peu entendu parler des conditions de taff sur les plateformes (et d'une manière générale, dans les environement "clos" à durée determinée) et ce que j'en ai entendu me parrait d'une être loin des standards des bureaucrates dans mon genre () et nécessiter un set de compétences différent.

    Aprés, le but reste le même partout: avoir la confiance de son équipe et de sa hiérarchie pour avoir la latitude nécessaire pour prendre les bonnes décisions. La grosse différence vient de la manière dont tu obtiens cette confiance.

  24. #204
    Citation Envoyé par Naity Voir le message
    Ca tombe bien, je suis grand amateur de poésie. Racontes nous
    (Attention, pave... amateurs de poésie, j’espère que vous aimez la prose)

    Hmm... je vais commencer par un peu de background. Il y a longtemps (avant mon époque; je dirais, avant 68, même), le milieu était très "mandarinal": le professeur d’université, c’était quelqu'un d'important, et un petit roi dans son royaume. Il avait tendance a s'entourer de jeunes qui lui étaient souvent redevables de quelque chose (leur thèse, leur poste, leur carrière). Bref, la hiérarchie, c’était super important. Le patron décidait un peu de tout pour tout le monde, en gros.

    Cette situation, d’après ce que je comprends, perdure dans certaines disciplines, mais dans la mienne (l'informatique, donc discipline jeune au moins a l’échelle dont je parle), ça a pas mal disparu. Et, au moins en apparence, la hiérarchie, chez nous, ça ne compte pas. On ne donnera pas la priorité a un professeur chevronne sur un jeune maitre de conférences pour un cours magistral; si le jeune est compétent et demandeur, on lui confiera sans problème le cours en question.

    Les gens en position d’autorité (directeur de département d'enseignement, chef d’équipe de recherche, directeur de labo) sont souvent des gens reconnus avant tout scientifiquement, mais ils exercent une responsabilité, ils n'ont pas vocation a rester dans une telle position jusqu’à la fin de leur carrière; un ancien directeur de labo, souvent, une fois son mandat termine, il redevient un membre du labo comme un autre. Il y a bien sur des exceptions (le directeur de labo qui, une fois son mandat termine, se fait élire vice-président de l’université, puis président, etc; il y a clairement des gens qui font une assez longue fin de carrière uniquement a des postes de responsabilité). Mais grosso modo, ce sont des mandats électifs pour la plupart, et dans pas mal de situations, les gens qui exercent ces responsabilités le font parce qu'il faut bien quelqu'un pour le faire, ce n'est pas ce pour quoi ils ont choisi ce boulot [pour être enseignant-chercheur, il faut un doctorat, soit Bac+8 dont les 3 dernières années a faire de la recherche; les gens ne s'engagent pas dans cette voie parce que, peut-être, 15 ou 20 ans plus tard, ils pourront faire président d’université].

    Donc, en apparence, pas vraiment de liens hiérarchiques. Il y a un directeur de département qui est notre supérieur hiérarchique direct, mais il n'a que peu de pouvoir sur nous: notre statut est celui d'un fonctionnaire, notre grille de salaires est complètement fixée, avec un avancement quasi exclusivement a l’ancienneté, et les enseignants-chercheurs sont très autonomes dans leur boulot (choix des thématiques de recherche, par exemple). Sauf que, quand on commence a regarder de plus près, le statut est en fait assez important. Il y a deux grades dans le statut d'enseignant-chercheur titulaire: maitre de conférences, et professeur (le plus élevé étant le professeur). Statutairement, c'est le même métier; il est bien écrit que les maitres de conférences "ont vocation" a faire leur enseignement surtout sous forme de travaux diriges, et les professeurs sous forme de cours magistraux, mais cette distinction est largement dépassée de ce point de vue. Par contre, il y a tout un tas de situations ou le fait d’être maitre de conférences plutôt que professeur, fera que la personne est moins écoutée, moins considérée, etc.

    Petites anecdotes qui peut illustrer ce que je disais sur le mandarinat. Au moment de la constitution des listes de candidatures pour les conseils centraux d'une université (pas la mienne, ce sont des collègues qui m'ont raconte), des collègues (un peu "dissidents" par rapport a la présidence) voulaient présenter une liste. Ils avaient trouve un médecin qui était prêt a figurer sur leur liste... sauf que son chef de labo le lui a "interdit" (le mot est peut-être un peu fort, mais c’était manifestement l’idée), et que passer outre était pour lui impensable.

    Version vécue: pour des élections dans des conseils de mon université, la directrice du département d'enseignement convoque une AG. La encore, il se préparait deux listes, la "présidentielle" (soutenant la présidence en place) et la "dissidente". Notre directrice commence quasiment a établir deux colonnes, une pour les gens qu'on allait envoyer sur la liste A et une pour ceux qu'on allait mettre sur la liste B - jusqu’à ce que je lui dise que vraiment, non, elle avait beau être directrice elle ne pouvait pas décider a la place des gens s'ils allaient être candidats ici ou la.

    Bref, en apparence, c'est un milieu peu hiérarchise, très démocratique, ou ce qui compte c'est avant tout la compétence et l’activité scientifique. Dans la pratique, et comme j'imagine dans n'importe quelle organisation, il y a quand même des enjeux de pouvoir, mais avec en plus l'effet pervers que le critère qui va faire qu'une personne sera mise en position d’autorité n'a a peu près rien a voir avec les compétences qui lui seraient utile pour la fonction a exercer...

  25. #205
    Citation Envoyé par Praetor Voir le message
    C'est partout pareil. On confond compétences techniques et manageriales, alors que ça n'a rien à voir et l'un n'implique pas l'autre.
    Pour bosser en entreprise en R&D mais en côtoyant quotidiennement des labos, c'est vraiment un autre monde la recherche académique.

    Comme Shosuro Phil le détaille, les gens ne sont pas là pour leurs qualités managériales ou relationnelles et surtout le mode de fonctionnement des labos n'encourage en aucune façon une progression là dessus avec le temps.
    On peut également parler de tout ce système des publications scientifiques (qui est un peu la base du fonctionnement de la recherche) qui encourage à se faire une réputation de cador de son domaine, c'est logique mais ça encourage aussi à développer des égos très importants et ça augmente les risques de tensions entre "collègues" de façon drastique.

    Et je dis ça alors que je viens du monde de la presta, dans des boites pas vraiment renommées pour leur management (c'est peu de le dire). Mais il y a un fossé énorme entre un mauvais management d'entreprise et une population académique béotienne à ce niveau, lâchée dans un système qui ne forme ni n'encourage en aucune manière à la gestion des personnes. J'hallucine de voir qu'entre directeurs de recherche, des mecs qui ont 30 ans de carrière, c'est souvent vraiment au niveau d'une cours de récré.
    Dernière modification par Groufac ; 20/05/2017 à 00h55.
    Some days, some nights, some live, some die in the way of the samurai
    Some fight, some bleed, sun up to sun down, the sons of a battlecry

  26. #206
    Citation Envoyé par Shosuro Phil Voir le message
    Bref, en apparence, c'est un milieu peu hiérarchise, très démocratique, ou ce qui compte c'est avant tout la compétence et l’activité scientifique. Dans la pratique, et comme j'imagine dans n'importe quelle organisation, il y a quand même des enjeux de pouvoir, mais avec en plus l'effet pervers que le critère qui va faire qu'une personne sera mise en position d’autorité n'a a peu près rien a voir avec les compétences qui lui seraient utile pour la fonction a exercer...
    Il y a aussi le fait que comme tu le dis, il n'y a pas réellement de lien hiérarchique au niveau équipe, labo, ou UFR. Un directeur de labo n'est pas perçu comme quelqu'un qui manage une équipe, mais plus comme un gestionnaire et un représentant à l'extérieur : il a les responsabilités sans avoir le pouvoir. Et ça vaut mieux comme ça, une équipe de recherche n'a pas vocation à s'organiser autour d'un planning commun pour développer un produit dans un délai prédéfini, la direction d'une équipe de recherche n'est pas comparable à du management d'une équipe de production.

    Mais c'est en train de changer. Avec l'autonomie des universités, l'évolution des instituts, le cadrage de plus en plus formel du contrat doctoral, etc, il y a progressivement création de liens hiérarchiques formels. Donc le management devient de plus en plus nécessaire, sans pour autant que le système soit remis en cause.

  27. #207
    Citation Envoyé par Møgluglu Voir le message
    Il y a aussi le fait que comme tu le dis, il n'y a pas réellement de lien hiérarchique au niveau équipe, labo, ou UFR. Un directeur de labo n'est pas perçu comme quelqu'un qui manage une équipe, mais plus comme un gestionnaire et un représentant à l'extérieur : il a les responsabilités sans avoir le pouvoir. Et ça vaut mieux comme ça, une équipe de recherche n'a pas vocation à s'organiser autour d'un planning commun pour développer un produit dans un délai prédéfini, la direction d'une équipe de recherche n'est pas comparable à du management d'une équipe de production.

    Mais c'est en train de changer. Avec l'autonomie des universités, l'évolution des instituts, le cadrage de plus en plus formel du contrat doctoral, etc, il y a progressivement création de liens hiérarchiques formels. Donc le management devient de plus en plus nécessaire, sans pour autant que le système soit remis en cause.
    Après apparait directement, souvent, le mal français : le "meilleur" chercheur est-il le mieux à même de manager un laboratoire ? Et comme on France on ne distingue que peu, par "culture" le chef de l'expert, c'est un vrai soucis.

    Et je le mesure tous les jours. Je suis bi-classé expert-manager. Sauf qu'actuellement je manage des équipes et des clients dans des domaines dans lesquels je suis pas expert. Et il n'est pas souhaitable que je le devienne. Alors que sur 2 des 3 domaines, j'ai probablement plus d'XP que mes clients ne change rien : les vrais experts, ce sont les gens de mon équipe. Moi je n'apporte que la position de management et l'arbitrage. Ah si et c'est moi qui mène les bras de fer avec les clients récalcitrants une fois que mes experts ont parlé et n'ont pas été entendus. Je perds parfois, je gagne parfois.

    Et sur d'autres sujets, je suis l'expert, mais à ce moment là, c'est une autre vision. C'est pas bien de mélanger les choses.
    Suite à une suggestion, je vais utiliser cette signature pour des canards en manque de ranking pro. Ou des quotes idiots.

  28. #208
    Dans le milieu académique ce n'est pas spécifiquement français, c'est même plutôt le contraire.

    Aux US, une équipe de recherche, c'est un prof et les étudiants qu'il encadre. Tous les profs sont chefs d'équipe, et plus t'es scientifiquement important, plus t'as une grosse équipe. Dans les grandes équipes, le prof travaille à plein temps à chercher des financements et chapeauter une hiérarchie de post-docs, doctorants et masters, et c'est comme ça qu'il peut produire 100 papiers par an.

    C'est difficile de leur expliquer le système français, où tu peux avoir une renommée internationale et n'être même pas chef d'équipe. Aux chercheurs étrangers, je dis toujours que je suis dans l'équipe de Professor Untel, où Untel est le nom du chercheur sénior de l'équipe que tout le monde connaît. Alors que le vrai chef d'équipe, en général c'est pas lui, c'est celui qui en a besoin pour son CV, i.e. quelqu'un plus jeune et moins connu.

  29. #209
    Citation Envoyé par Møgluglu Voir le message
    Dans le milieu académique ce n'est pas spécifiquement français, c'est même plutôt le contraire.

    Aux US, une équipe de recherche, c'est un prof et les étudiants qu'il encadre. Tous les profs sont chefs d'équipe, et plus t'es scientifiquement important, plus t'as une grosse équipe. Dans les grandes équipes, le prof travaille à plein temps à chercher des financements et chapeauter une hiérarchie de post-docs, doctorants et masters, et c'est comme ça qu'il peut produire 100 papiers par an.

    C'est difficile de leur expliquer le système français, où tu peux avoir une renommée internationale et n'être même pas chef d'équipe. Aux chercheurs étrangers, je dis toujours que je suis dans l'équipe de Professor Untel, où Untel est le nom du chercheur sénior de l'équipe que tout le monde connaît. Alors que le vrai chef d'équipe, en général c'est pas lui, c'est celui qui en a besoin pour son CV, i.e. quelqu'un plus jeune et moins connu.
    C'est exactement ça; j'ajouterais juste que parfois, le chef d’équipe, c'est celui qui ne s'y est pas encore colle, pour éviter que les "stars" ne passent trop de temps a des taches de management (donc c'est pas forcement pour la ligne dans le CV). Il y a dans mon labo plusieurs chercheurs (et chercheuses) qu'on peut largement qualifier de "renommée internationale", et actuellement, je ne pense pas qu'aucun d'entre eux soit chef d’équipe (mais la plupart l'ont été a un moment ou a un autre).

    Moi-même je suis chef de sous-équipe (et je serais pas surpris de me retrouver chef d’équipe un de ces jours), et je ne suis ni particulièrement jeune, ni une star internationale

  30. #210
    Tiens, juste parce que je suis passé dans le bureau du maitre d’œuvre d'ITER (la patron du consortium [...]) et que j'y ai vu une idée remarquable (parce que simple et sympa) : il a une série de mug avec des photos du chantier de plus en plus avancé. Je lui dis "ils sont sympa tes mugs!" "Ce ne sont pas seulement des mugs, c'est le tableau de bord du projet [...]"

    Et je trouve vachement cool pour un projet sur plus de 10 ans, de faire une photo sur des mugs pour toute l'équipe, une fois par an. C'est visible, sans équivoque, simple, "permanent", ...
    Suite à une suggestion, je vais utiliser cette signature pour des canards en manque de ranking pro. Ou des quotes idiots.

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