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Voir la version complète : INTERDIT A BAH - AAR Espagne 1808 - Vive le roi ! Vive l'empereur !



Bopnc
17/12/2020, 02h27
Bonjour tout le monde !

C'est ici que démarre mon compte rendu d'un fantastique Wargame dont je ne vais pas citer le nom, afin d'éviter qu'un de mes partenaire ne tombe sur le topic après une hypothétique recherche google (étant donné les quatre articles et demi présents sur le net). :p

Vous trouverez le nom du jeu en question, ainsi que quelques explications sur ce post du topic des wargames (http://forum.canardpc.com/threads/103794-JdS-Les-Wargames-Quand-les-Chefs-canards-refont-l-histoire?p=13131649&viewfull=1#post13131649), dont je reprends la partie importante ici :



Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est à ma connaissance le seul wargame opérationnel à vraiment représenter toute la complexité et le chaos des opérations Napoléoniennes.


Le principe ? C'est en gros un jeu de rôle sur carte, avec relation épistolaire (un peu comme "Amirauté", pour ceux qui connaissent).
Chaque joueur incarne le chef des opérations ou un chef de corps, et il va passer sa partie à envoyer (ou recevoir) des lettres à un arbitre, lettres qui sont adressées à ses chefs de divisions (généralement non joueurs), aux autres chefs de corps (joueurs) ou à son chef d'opération (joueur aussi). L'arbitre va dispatcher ces lettres avec des messagers, qui arriveront plus ou moins vite en fonction des distances (avec possibilité d'interception et capture du message par l'ennemi si les lignes de communications sont coupées).


Dans ces lettres des ordres sont donnés, parfois interprétés par les autres joueurs, parfois par l'arbitre (pour les divisions, typiquement). Les armées se mettent en branle sur la carte (avec vitesse et étalement réaliste), les corps se perdent de vue, l'ennemi s'en mêle, le brouillard de guerre devient total, et on assiste à toute la panoplie des évènements napoléoniens : armées qui se ratent de peu, généraux timides qui n'osent pas attaquer alors qu'ils sont à 5 contre un (et que le reste de leur armée se fait écharper à une demie journée de marche), généraux trop téméraires qui perdent toute ligne de communication, ordres mal compris ou interprétés trop tard.


Lire un compte rendu de ce jeu, c'est lire quelque chose qui pourrait sans soucis se retrouver dans un livre d'histoire tant le déroulement est crédible. C'est bien simple, j'ai beau chercher désespérément, je ne trouve rien sur papier (et même quasiment rien sur ordinateur, en fait) qui puisse s'approcher de ça niveau brouillard de guerre.


Mais lire un compte rendu d'une partie de ce jeu, c'est aussi assez rare. Pourquoi ? Bah bien évidemment parce que vu son principe le jeu est très difficile à mettre en place, que les parties durent généralement longtemps, et que raconter la partie à postériori est compliqué vu le brouillard de guerre omniprésent.

Je ne sais pas si cet AAR sera très palpitant à suivre, étant donné le rythme de jeu très lent et la possibilité de ne pas du tout voir d'action. Mais j'essaierais de vous partager les évolutions de la situation, et surtout les échanges épistolaires les plus marquants, pour que vous profitiez un peu de l'ambiance.

Et pour couronner le tout, vous trouverez non loin de ce topic un équivalent rédigé par Bah (http://forum.canardpc.com/threads/129246-INTERDIT-A-BOPNC-Live-AR-Guerre-d%E2%80%99Espagne-1808-%C2%A1-Viva-los-espagnoles-!-Ol%C3%A9-!), qui sera certainement plus agréable et mieux fourni que le mien.
Je vous encourage à aller le voir, je lui ai laissé quelques jours d'avance en espérant qu'il ait super bien expliqué tout ça. :p


Bien entendu, si par miracle vous êtes l'un des nombreux participants à la partie non enregistré sur CPC, merci de battre en retraite immédiatement !


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Madrid - Espagne

https://i.ibb.co/m5F5CqJ/tres-mayo.png (https://imgbb.com/)
3 Mai 1808



Un peu de contexte :

Nous sommes le soir du 3 mai 1808, à Madrid, et la journée a été rude.

Suite à l'abdication de l'incapable roi d'Espagne et son remplacement par le roi Joseph-Napoléon Ier, la population de Madrid a bruyamment manifesté son mécontentement dans les rues de la capitale.

Incapables de réaliser les bienfaits de la révolution et de l'abolition d'une petite partie des privilèges, et sans reconnaissance pour l'aide que nous leur avons apportés dans la conquête du Portugal, une poignée de criminels ont pris les armes contre nos soldats.
Mal leur en a pris : battus le deux mai, ils ont été fusillés le trois.

Hélas, cette preuve de fermeté n'a pas été du gout du reste de la population, et la révolte gronde désormais dans tout le pays !
Cette grogne ne durera sans doute pas, mais autant se préparer au pire.


La situation initiale :

J'incarne le Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey, commandant du IIIème corps et stationné à Madrid.

Napoléon étant occupé avec la Prusse et l'Autriche, mes forces sont sous les ordres du Maréchal Joachim Murat, également stationné dans la capitale.
Murat commande également aux Ier, IIeme, IVeme corps, ainsi qu'à l'armée d'invasion du Portugal, stationnée à Lisbonne.

Le nouveau roi, lui, est encore en France et ne nous rejoindra pas avant plusieurs semaines.

https://i.ibb.co/7gPKpdn/OOB.png


Niveau géographique je vous présenterais la carte sous peu, mais disons que la situation est... ""compliquée"".

Pour résumer :
Le Ier corps est à Tolède, au sud de Madrid.
Bessière et son IIeme corps à Burgos, plus au nord.
Le général Duhèsme est à Barcelone, complètement à l'est, à plusieurs semaines de marche.
Quand à l'armée du Portugal, elle est à Lisbonne : A plus d'un mois de marche du moindre renfort (et à presque 5 jours de messager).

Les rumeurs de quatre soulèvements espagnols se sont propagés : trois dans le nord, un dans le sud. Nous ne savons pas exactement de quoi ces armées sont composées, leur puissance, ni même leur position exacte.
Ce qui complique la situation, c'est que le ravitaillement nous vient majoritairement de Bayonne et de Perpignan. Si ces soulèvements réussissent à couper nos voies de ravitaillement, le maintien des forces en Espagne deviendra très compliqué. Et vu l'hostilité générale de la population, il ne faut pas trop compter vivre sur le terrain !


Pour couronner le tout, l'anglais -toujours avide de sang français et à l'affut de la moindre occasion- profitera certainement de cette occasion pour envoyer une force dans la péninsule. Quand ? Ou ? Quelles forces ? Aucune idée pour le moment !


En bref :

Un pays immense et pauvre, qui nous déteste.
Des forces dispersées, avec beaucoup de terrain a couvrir.
Des "armées" espagnoles dispersées autour de notre dispositif, voire même peut être entre nos corps.
Des routes peu sures, un ravitaillement compliqué, régulièrement intercepté par les partisans.
Des anglais prêts à se joindre à la curée.

La recette idéale, pour construire la gloire de l'armée française ! :ninja:

Tribe
17/12/2020, 02h42
Ça va être tellement bien :popcorn:

Pinkipou
17/12/2020, 10h01
Ca va être très long donc très bopnc.

Bopnc
17/12/2020, 15h12
Allez, un petit point carte.

C'est délicat à présenter car la situation est très éclatée, et que la carte utilisée est extrêmement détaillée. Trop pour pouvoir donner une image claire de la situation générale.

Du coup, j'ai monté un petit module Tabletop Simulator basique que j'ai partagé aux joueurs qui le voulaient. J'utilise des pièces un peu basiques pour représenter les unités, personnellement ce qui m'importe c'est d'avoir les informations visibles et lisibles, pas nécessairement la classe du plateau. Bah m'a dit que de son coté il avait amélioré les pièces, donc nous n'utiliserons pas la même symbologie.

Comme je suis surtout concentré sur ma petite personne, on va essayer de faire un dézoom du détail au général. Si c'est trop difficile à visualiser j'essaierais de mettre ça sur une carte différente.
J'envisage aussi de faire une petite explication en vidéo (vu que le format Tabletop s'y prête). Dites moi si vous êtes intéressés.





Madrid et Tolède :

https://i.ibb.co/3ytBTWb/20201217134330-1.jpg

Je suis donc à Madrid (ville importante, d'où le drapeau) avec mon troisième corps. Murat est avec moi (le roi d'échec). Vous pouvez voir les villes fortifiées des alentours (les tours).
Comme nous sommes présents à Madrid depuis un moment, nous avons établi un dépôt temporaire dans la ville (le pion plus clair).

Mon corps est constitué de :
- La division d'infanterie "Musnier" - 9'700 hommes inexpérimentés, 8 canons.
- La division d'infanterie "Gobert" - 8'400 hommes inexpérimentés, 8 canons.
- La division d'infanterie "Morlot" - 7'100 hommes inexpérimentés, 8 canons.
- La Division de cavalerie "Grouchy" :lol: - 2'900 sabres (dragons, cavalerie légère), 6 canons.
- La Réserve d’artillerie du général de brigade Jérôme Christophe Couin - 24 Canons

Ce sont les différents pions que vous pouvez voir sur la ville (désolé pour ceux qui ne lisent pas la symbologie OTAN). Je pourrais les scinder ultérieurement en brigades ou en escadrons, mais pour le moment tout le monde est regroupé.

Au sud, vous pouvez voir Tolède et le Ier Corps du général de l'Etang, que je laisse pour le moment sous la forme d'un seul pion car je ne sais pas encore ce qu'il va faire de ces unités (ni même s'il va me le dire). La ville est également importante, et dispose d'un dépôt temporaire.




Burgos :

https://i.ibb.co/VCkz0ZG/20201217134117-1.jpg

Plus au nord, à Burgos est stationné le IIeme corps du maréchal Bessière.

Sur l'image, vous pouvez voir une pièce triangulaire jaune. C'est un marqueur que j'utilise pour signaler qu'une levée espagnole est signalée dans la région. Je ne sais pas de quoi elle est constituée, ni ou elle est exactement.
Je suppose qu'elle est à Valladolid, ou qu'elle s'y dirigera rapidement.

Il y en a une autre à l'est, sans doute un soulèvement à Saragosse.

Ces deux armées sont préoccupantes, car elles peuvent couper les lignes de ravitaillement venant de france.





Barcelone :

https://i.ibb.co/BGZp76G/20201217134130-1.jpg

A l'est, à Barcelone, nous avons le IVeme corps du général Duhèsme.

On peut voir au nord les deux dépots principaux des Français : Bayonne et Perpignan. Ainsi qu'une multitude de places fortes et de villes importantes actuellement laissées à l'abandon.





Lisbonne :

https://i.ibb.co/TrKSr9n/20201217134207-1.jpg

Tout à l'ouest, perdue au fond du Portugal, nous avons "l'armée du Portugal", commandée par le général Junot.

Au sud, et au nord ouest, vous pouvez voir les deux derniers soulèvements espagnols qui ont été signalés. Et qui sont pour le moment virtuellement hors d'atteinte.




J'espère que ce point est assez clair, n'hésitez pas à me dire si je peux améliorer quelque chose ou si vous avez des questions. ;)

Pinkipou
17/12/2020, 15h46
Si tu as dans l'idée de conserver le rouge pour les Anglais plus tard, peut-être que passer les insurgés espagnols en orange ou vert les rendraient plus visibles (tout du moins sur la carte parce qu'en jeu ce sera peut-être pas trop le cas avec votre brouillard de guerre à couper au sabre).

Les régions administratives que l'on voit sur la carte ont-elles un impact dans la partie ?

Bopnc
17/12/2020, 16h24
J'envisageais de mettre les anglais en rouge et les portugais en vert (pour le cas ou le Portugal arrive à reformer son armée dissoute).
Je passerais les espagnols en orange pour qu'ils soient plus visibles. Surtout qu'ils seront sans doute mon principal adversaire.


Les régions administratives ne nous servent pas directement non. C'est juste pratique pour certains aspects géographiques (par exemple, on sait qu'une armée espagnole a été levée "en Aragon").
Je ne sais pas si c'était sur la carte d'origine (tirée de Gallica) ou si c'est utile à un autre camp que le mien.

LeLiquid
17/12/2020, 18h43
Merci de nous faire un résumé, c'est super ! J'ai hâte de voir le développement de cette histoire. Vive l'Empereur ! (qui viendra vous tirer les oreilles en personne une fois que vous aurez fait de la merde :ninja:)

Scykhe
17/12/2020, 18h56
Voilà qui est super intéressant, je vais suivre le sujet !

Bopnc
17/12/2020, 19h41
Allez, petite analyse de la situation.

Cette semaine, on est dans une espèce de "phase bonus" avant le démarrage, ou on peut discuter au sein d'un camp sans les délais et risques normaux. Du coup, voici l'analyse globale que j'avais faite pour Murat et les autres généraux.

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-Du Maréchal de Moncey, commandant du troisième corps, posté à Madrid-

Messieurs bonsoir,

Les affaires de ces deux derniers jours semblent plus sérieuses que nous ne le pensions. Nous avons fusillé abondamment aujourd'hui dans Madrid mais la population n'est pas calmée, au contraire.

Je suis convaincu que l'Empereur sait ce qu'il fait et que les choses se tasseront bientôt, mais au cas où ces rumeurs de "levées de masse" se confirmeraient et pour aider aux futurs ordres de marche du Maréchal Murat, voici mon humble vision de la situation.


Objectifs recherchés :

1) Dans le but d'éviter la propagation de l'insurrection :
- Maîtriser les villes importantes d'Espagne
- Détruire rapidement les "armées" espagnoles, ou les empêcher de nuire
- Conserver les lignes de ravitaillement ouvertes

2) Dans le but d'éviter une défaite au Portugal :
- Maintenir une armée au Portugal
- Éliminer les éventuels restes de l'armée portugaise

3) Pour l'avenir, et la gloire :
- Vaincre et humilier l'armée anglaise pour décourager toute intervention directe ultérieure

Il revient au Maréchal Murat et ultérieurement au roi Joseph de déterminer si l'objectif 2 ne risque pas de compromettre la réalisation de l'objectif 1.


Nos forces :

Théoriquement nos forces sont plus performantes que celles de l'adversaire, anglais excepté. La bataille rangée me semble donc devoir être recherchée dès qu'une supériorité, même légère, est établie.
Elles se déplacent également plus vite, avantage qui n'est pas à négliger.

- Notre armée du Portugal, à Lisbonne, me semble la plus exposée. Le général Junot est à plus de vingt jours de marche de nos forces, ne peut sans doute pas quitter le pays sans un fiasco politique, et c'est sans doute lui qui devra affronter l'éventuel renfort anglais. La survie de son armée et son usage me semblent décisifs pour la campagne à venir.
- Les Ier, IIeme et IIIeme corps sont relativement groupés, et en position centrale autour de Madrid. C'est une position favorable car ils peuvent converger efficacement dans n'importe quelle direction. Ou au contraire se disperser pour frapper des cibles différentes.
- Le IVeme corps, à Barcelone, est plus distant et ses possibilités d'actions sont plus prévisibles. Il peut soit descendre vers le sud et tenter de conserver les villes côtières, soit revenir vers l'ouest pour défendre nos lignes de ravitaillement.

Nos corps sont potentiellement séparés par les adversaires, ce qui est une situation qui deviendra vite désastreuse en termes de communication. Si le Maréchal Murat décide de nous conserver en cohésion, il faut impérativement agir pour garantir des lignes de communications rapides et sûres.

A noter que dans mon cas, l'infanterie du IIIème corps est intégralement novice dans les affaires de la guerre.


L'ennemi :

Quatre forces sont identifiées pour le moment.
- Je tiens à rappeler que l'art de la guerre enseigné par notre empereur repose sur la capacité à se déplacer séparément, par des routes distinctes et en se ravitaillant à des endroits différents, mais tout en pouvant se rassembler rapidement pour frapper une partie de l'armée ennemie. A ce titre la levée espagnole d'Aragon me semble particulièrement vulnérable car placée sur le point de rassemblement le plus pratique de nos différents corps si l'on veut couvrir nos voies de ravitaillement.
La première cible de cette force sera certainement Saragosse, si tant est qu'elle n'y soit pas déjà. Elle est ensuite bien placée pour gêner notre ravitaillement en direction de la frontière Française.
Notons que si elle fait l'erreur d'enfermer une force conséquente derrière les murs de Saragosse, que ce soit avant ou après une bataille, nous pourrions assiéger et éliminer cette force assez facilement.

- La force de Castille peut être extrêmement gênante, surtout tant que l'on ne connaît pas sa position exacte, car elle peut avoir des éléments glissés entre nos corps. Je pense que les premières reconnaissances menées devraient essayer d'établir sa position et sa destination.

- La force de Galice peut au choix capturer tout son secteur, se rabattre sur le Portugal, ou aller renforcer ses alliés au centre. Nous n'avons pas de moyens d'action contre elle à court terme.

- La force d'Andalousie est bien placée pour harceler nos forces du Portugal, mais je ne sais pas si elles peuvent franchir la frontière Portugaise sans déclencher un scandale politique. Dans tous les cas, le sud du pays est à elle à court terme.

Prenons garde tout de même, ces quatre "armées" ne sont pas forcément regroupées, ni leurs seules forces à terme. Il est possible que d'autres armées de paysans surgissent à l'improviste, ou que des surprises nous attendent en termes de harcèlement ou d'embuscades. La situation semble très "mouvante".

Par ailleurs, quid de l'armée portugaise ? Est ce que l'on connaît sa position actuelle ?


En ce qui concerne les possibilités d'actions de l'ennemi :

Possibilité la plus dangereuse :
L'adversaire nous fait courir à travers tout le pays, échappe à notre surveillance, arrive à se regrouper sur une de nos armées isolé et la bat. L'efficacité de cette action est décuplée si cela coupe nos lignes de ravitaillement.
Isolée, l'armée du Portugal est battue par le rassemblement des anglais, des espagnols et des portugais.

Possibilité la plus probable :
L'ennemi va tenter de prendre (ou de menacer, a minima) nos lignes de ravitaillement. Ils vont sans doute profiter de leur dispersion pour nous harceler sur les villes importantes tout en se rassemblant pour frapper quand ils voient une belle opportunité. C'est leur habileté à le faire (et notre habileté à les intercepter au bon moment) qui décidera sans doute de la campagne.
Si cela ne provoque pas de scandale diplomatique (à faire confirmer), on peut compter sur l'intervention d'une armée espagnole au Portugal pour aider d'éventuels renforts anglais.

Possibilité la plus favorable (et donc la moins probable):
Un regroupement de la majorité de leurs forces à portée de rassemblement des nôtres. De par notre supériorité militaire, une grande bataille rangée réglerait certainement la question en notre faveur.


Conclusion :

Voici donc ma vision de la situation, pas forcément glorieuse, mais loin d'être désespérée. J'espère pouvoir lire vos contradictions ou vos points de vues pour enrichir ma réflexion, ainsi que l'idée générale d'action du Maréchal Murat.

Dans l'attente, je vous souhaite à tous une bonne soirée,


Bon-Adrien Jeannot de Moncey, Maréchal d'empire

Seymos
17/12/2020, 19h52
Ca me fait toujours rire les expressions "le plus dangereux" "le plus probable".

C'est tiré des modes réflexions tactiques anglo-saxons, mais ça a peu de sens quand on réfléchit un peu. L'ennemi a généralement pour objectif de nous vaincre, et devrait agir en priorité suivant le mode d'action qui nous infligera le plus de dégâts, et donc ce mode d'action devient de facto le plus probable.

En réalité, le distingo doit être fait suivant que l'on réfléchit qu risque qui pèse sur notre mission (et là le mode d'action ennemi le plus dangereux n'est pas forcement le plus probable, l'ennemi ignorant généralement notre mission réelle), le mode d'action le plus probable étant lui celui qui permet à l'ennemi de remplir sa mission à coup sûr (mais encore faut il la connaître...).

Bopnc
17/12/2020, 20h20
Ah ! Seymos ! J'avoue que j'espérais que tu passerais par ici pour commenter ce texte ! Je débute dans ce genre d'exercice (en tout cas à cette échelle), ça m'intéresse beaucoup et j'étais curieux d'avoir tes retours. :)

J'ai pas trop su comment l'exprimer avec l'espèce de ton soutenu que j'ai employé (et à 2h du matin :ninja:) mais en gros dans ma réflexion j'essayais d'anticiper :
- Ce qui nous pourrait nous pourrir la vie (et qu'on va donc chercher à éviter)
- Ce que l'ennemi va certainement faire parce c'est ce qui lui donne de bonnes chances de succès (et qu'on va devoir contrer)
- Ce qui pourrait bien pourri la vie de l'ennemi (et qu'on va donc rechercher s'il fait l'erreur de nous le permettre)

Dans mon esprit, le plus dangereux n'est pas nécessairement le plus probable parce l'action en question peut forcer l'ennemi à prendre de gros risques qu'il n'est pas prêt à prendre. Ou l'action en question peut être incompatible avec certains de ces objectifs.

Tu penses que je devrais plus réfléchir en terme de "mission" ? Qu'est ce qui pourrait gêner ma mission ? Quelle pourrait être sa mission ? Qu'est ce qui pourrait gêner sa mission ?

A noter que dans ce texte j'outrepasse légèrement mon rôle en jeu en faisant cette analyse (en particulier quand j'essaie de dégager nos objectifs) ce qui m'a d'ailleurs valu une remarque amusée de Murat sur la notion de préséance. Je me bornais à faire des constats, j'évitais au maximum de proposer des solutions. :p

Seymos
17/12/2020, 20h30
Je te rassure, ta prise était très claire et parfaitement formulée. Je pinaille parce que le débat le plus probable/le plus dangereux est un grand classique des travaux d'état major, et un bon chausse-trappe. En partie parce que souvent, le plus dangereux est infaisable pour l'ennemi.

Faudrait que je retrouve un article très intéressant qui comparaît les méthodes de réflexion tactique anglo-saxonnes et françaises, notamment sur l'ennemi, et la façon dont elles faconnaient la manière de donner les ordres.

Pour info, à tous les niveaux on utilise une formule simple pour donner des ordres :
0. Articulation de la force
1. Situation - ennemi, ami, population, terrain - appréciation du chef
2. Mission reçue de l'échelon supérieur
3. Exécution - intention, idée de manœuvre, missions des subordonnés et des appuis
4. Logistique
5. Commandement.

Ca marche du chef de groupe au commandant de corps d'armée.

Et pour les comptes-rendus, un "je suis, je vois, je fais, je demande" ça marche bien.

Avec son application concrète : "je suis perdu, je vois rien, je fais pitié, je demande pardon."

Bopnc
17/12/2020, 21h57
Avec son application concrète : "je suis perdu, je vois rien, je fais pitié, je demande pardon."

Ah oui tiens, c'est bien ça. Je garde pour plus tard. :ninja:



Merci pour les tuyaux. ;)

Bopnc
18/12/2020, 15h11
Allez, dernière partie de la préparation après l'évaluation de la situations : les consignes.

Voici le mail du Maréchal Murat, donnant ses objectifs à chaque officier :




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Du Maréchal d’Empire Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne

Aux serviteurs de l’Empire

Le Maréchal d'Empire Jean-Baptiste Bessières,
Le Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey,

Le Général de division Pierre Dupont de l'Étang,
Le Général de division Guillaume Philibert Duhèsme,
Le Général de division Jean-Andoche Junot,

Je vous remercie pour vos observations et vos remarques. Le mot d’ordre de mon plan est de sécuriser la voie de Bayonne à Madrid pour le passage du Roi. Ainsi, il me semble indispensable de mettre fin à la présence espagnole dans la région de l’Aragon.

Pour ce faire, je vous propose de séparer nos zones d’action de la manière suivante :

- Région Est : zone allant de Santander, Madrid et Valence jusqu’aux Pyrénées. La menace est l’armée d’Aragon, qui doit être éliminée au plus vite, afin d’assurer la sécurité du Roi.

- Région Nord : zone allant de Santander, Madrid, Cuidad Rodrigo et qui suit la frontière portugaise jusqu’à l’Atlantique. La menace est l’armée de Galicie, qui sera difficile à déloger de ces régions montagneuses.

- Région Centrale : zone allant de Madrid, Valence, Giudad-Real, Mérida, à Cuidad-Rodrigo.

- Région Ouest : zone correspondant au Portugal. La menace est bien entendu l’armée portugaise et les renforts britanniques, qui sont pour le moment inconnu.

- Région Sud : zone au sud de la ligne Barjos-Valence. La menace est l’armée andalouse et bien entendu la présence britannique à Gibraltar et on peut le supposer à Cadix (si les Espagnols leur ouvrent les portes…).

Je pense affecter chacun d’entre vous à une région (celle-ci représente une idée d’affectation, pas une frontière stricte), à l’exception du sud qui est à mon humble avis une perte de ressources que nous ne pouvons nous permettre pour le moment, point de vue qu’il me semble retrouver dans vos rapports. Je propose donc de laisser le sud aux Espagnols le temps de reprendre le contrôle ailleurs.

Sur vos différentes régions d’affectation, vous devrez découvrir où se cache l’ennemi, mettre en place des routes d’approvisionnement et des places fortes capables de venir s’aider mutuellement (ne vous répandez pas dans tout le pays !) ET SURTOUT empêcher les Espagnols de communiquer entre eux, on ne veut pas qu’ils puissent d’une manière ou d’une autre s’unir dans un combat « national » contre nous.

La région nord sera à la charge du Général Dupont de l'Étang et du Ier corps. Je me permets de vous conseiller de vous installer à Salamanca et d’installer une ligne de défense entre Almeyda-Salamenca-Valladolid et Burgos. Tenter dans la mesure du possible d’améliorer ces places et les voies de ravitaillement. Je vous demande de ne pas engager le combat à moins d’être bien certain de votre supériorité.

La région ouest reste à la charge du Général de division Jean-Andoche Junot et l’armée du Portugal. Lisbonne est une base d’opérations intéressante, mais il est nécessaire d’établir une zone de contrôle plus grande. Notamment en prenant le contrôle d’Elvas et Barjoz. Tentez dans la mesure du possible d’améliorer ces places et les voies de ravitaillement. Je vous demande de ne pas engager le combat à moins d’être bien certain de votre supériorité.

La région centre sera à la charge du Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey et du IIIe corps. Un maintien d’une force à Madrid est nécessaire, afin de maintenir la sécurité dans la capitale royale. De plus, il sera de la responsabilité du Maréchal de maintenir un renseignement dans la région sud et centre, afin de savoir où se trouvent les forces espagnoles et connaitre les possibles incursions britanniques. Tentez dans la mesure du possible d’améliorer ces places et les voies de ravitaillement. Je vous demande de ne pas engager le combat à moins d’être bien certain de votre supériorité.

La région est est pour le moment ma priorité pour assurer la sécurité du cortège royal. Ainsi, je propose une prise en pince des armées espagnoles par le Maréchal d'Empire Jean-Baptiste Bessières et le Général de division Guillaume Philibert Duhèsme. Le train de siège devrait pouvoir rejoindre la force du maréchal à Saragosse et à partir de là nous devrions pouvoir mettre fin à la menace aragonaise. De cette manière, le Général Duhèsme pourra laisser une garnison conséquente à Barcelone et maintenir une présence française. Pendant, la convergence de nos forces, j’attends de vous que vous trouviez où se trouve ces espagnols et que vous les écrasiez, pour l’Empereur et l’Empire.

Pour ma part, je maintiendrai ma présence à Madrid pour maintenir un quartier général plus ou moins centralisé.

Globalement, j’attends de vous une prise d’initiative digne de l’armée impériale, mais également un comportement exemplaire vis-à-vis des civils, car nous ne voulons absolument pas un soulèvement populaire contre nous.

Que pensez-vous de cette ébauche de plan ?


Vive l'Empereur, vive l'Empire.

Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne


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Globalement, en terme d'affectations, ça donne ça (n'hésitez pas à ouvrir l'image dans un nouvel onglet si besoin) :

https://i.ibb.co/pfwh71G/20201218135200-1.jpg


Première constatation : les zones sont grandes. La mienne (le centre), en particulier, est écartelée de l'ouest à l'est de l'Espagne.
Ça implique que je vais devoir soit :
- Rester vers Tolède et réagir avec des informations vieilles de plusieurs jours
- Aller d'un coté et laisser l'autre en quasi autonomie.

Et c'est sans parler de faire basculer des troupes d'un coté à l'autre : Merida - Valence à vol d'oiseau, c'est 530 km ! A raison de 28km par jour sur une marche soutenue, sans même compter les repos qui seront nécessaires, ça nous fait grand minimum 19 jours de marche pour basculer des forces.

Ca semble compliqué.


Mais il y a pire. Voici le centre de ma zone :


https://i.ibb.co/v11VFsX/20201218135305-1.jpg



Petit jeu : partez de Tolède, tout au nord, et allez jusqu'à Cordoue, au sud, par les routes.
Attention, les fleuves (noir épais irréguliers) ne comptent pas ! Et oui, la carte est pas simple à lire. Ça fait partie du jeu. :p

Maintenant, comptez les routes qui permettent de passer de l'est à l'ouest de cette zone.


Alors, sympa non ? :ninja:

Bopnc
19/12/2020, 12h55
Bilan : Comme ceux qui ont tenté l'exercice ont pu le constater, il n'y a AUCUNE route valable sur toute la ligne Tolède - Cordoue qui permette une transition de force de l'est à l'ouest !

Ce qui veut dire que non seulement ma zone est immense, mais qu'elle est coupée en deux, et qu'il faut remonter sur Tolède pour le moindre échange, que ce soit de troupes ou de messagers. :mellow:

Du coup, hop, première pleurnicherie au chef :

--------------------

-Du Maréchal de Moncey, commandant du troisième corps, posté à Madrid-
-À destination du Maréchal Murat, avec copie aux autres généraux-

Maréchal,

J'ai bien reçu vos instructions et j'en ai commencé l'analyse pour préparation de mon ordre de marche.
J'entrevois cependant un risque que je souhaite remonter à votre attention.

Ma zone d'action entre Merida et Valence fait à vol d'oiseau près de 520 km de long, soit plus d'un mois de trajet et 10 jours de messager aller retour. La surveillance de cette zone à elle seule est déjà une tâche ardue si je dois réagir aux actions espagnoles.

Mais il se trouve que cette zone est coupée en deux par une série de chaînes montagneuses et de fleuves, coupant toute communication entre la partie est et la partie ouest. En effet, un examen de la carte vous confirmera qu'il est extrêmement difficile pour une armée (ou un courrier) de passer de l'est à l'ouest de la ligne Tolède / Cordoue sans remonter ou descendre jusqu'à une de ces deux villes !

Dans ces conditions, je ne peux pas m'engager à surveiller et contrôler les deux côtés de cet obstacle simultanément.
Je préconise la sécurisation de Madrid et Tolède pour former un point d'ancrage et permettre la bascule d'un côté à l'autre, la création éventuelle d'avant postes d'alerte à Ciudad-Real, Cuenca ou Truxillo, puis l'envoi de forces conséquentes du côté que vous jugerez le plus opportun (Valence ou Merida).

Bien sûr, si vous maintenez votre ordre formel, j'obéirai en soldat et ferai au mieux.

De façon annexe j'ai quelques autres questions moins pressantes, qui arriveront par le prochain courrier.

Avec mes respects,

Bon-Adrien Jeannot de Moncey, Maréchal d'empire


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Pour référence, je vous met le secteur dont je parle, et dont le contrôle me semble le plus réaliste en attendant de savoir que quel coté je dois aller distribuer mes claques.

https://i.ibb.co/mcn8Zp8/20201219112605-1.jpg

Ciudad-Real, au sud, me semble être un poste important. Il n'est pas incontournable, mais canalise toutes les routes venant du sud-ouest et peut ralentir une armée qui devrait le dépasser, en plus de servir de sonnette d'alarme.

A l'ouest, Truxillo n'est pas fortifié, donc je ne pourrais pas raisonnablement envoyer une force armée. Par contre c'est un carrefour stratégique et je vais certainement y poster un piquet pour m'avertir le "plus vite possible" (250km de route quand même, donc deux jours de trajet pour le messager) d'une approche espagnole.

A l'est, j'enverrais peut être du monde à Cuenca, mais les routes sont tellement nombreuses dans le coin que ça ne bloquera pas grand chose. Ca me permettra simplement d'envoyer des patrouilles pour voir arriver quelque chose.

De façon générale le gros problème que j'ai ici, ce sont les distances qui sont gigantesques. J'ai beaucoup de mal à estimer à partir de quelle distance deux places fortes ne pourront plus du tout se soutenir.

Avec ces contraintes, la zone qui me semble plus plus raisonnable à tenir fermement est le rectangle de fortifications autour de Madrid.
Mais je dois rester prudent tout de même : entre Madrid et Tolède il y a quand même 75km soit deux jours de marche si on ne veut pas arriver épuisé.



En tout cas le maréchal Murat semble partager mon analyse, puisque voici sa réponse :

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Du Maréchal d’Empire Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne

Au Maréchal de Moncey, commandant du troisième corps, avec copie aux autres commandants.

Maréchal,

Je vous remercie pour votre réponse aussi prompte que pertinente.
Je me suis peut-être mal exprimé, il ne s'agit pour le moment que d'une mission de surveillance dans la zone centrale. Votre point d'ancrage est et reste Madrid. La mise en place d'une zone contrôlée entre Eseurial-Guadalaxara-Aranjuez-Tolède me semble une tactique pertinente, mais je laisse ceci à votre appréciation.
Mon message pouvait paraitre péremptoire, mais il s'agit de l'élaboration d'une stratégie globale où la tactique est laissée entre vos mains. J'exige trois choses de votre part messieurs:

- Savoir où vous êtes.

- Savoir ce que vous faites.

- Savoir ce que vous décidez au niveau tactique, afin de pouvoir réorienter la stratégie globale ou votre tactique en fonction de la situation globale.
Le reste est de votre ressort.

Vive l'Empereur, vive l'Empire.

Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne

LeLiquid
19/12/2020, 13h41
Cette mentalité d'assiégé. :tired:

Bopnc
19/12/2020, 13h56
Oui bah je préfèrerais aussi qu'on me dise "Prends toutes tes troupes et démolis moi l'armée ennemie rassemblée à Merida, puis va au sud prendre Gibraltar à ces salauds d'anglais !". Mais ça a pas l'air d'être l'ambiance locale. :emo:


Et c'est un objectif que donne Murat que je n'avais pas identifié à partir de mes infos, mais il faudrait effectivement éviter que le roi n'ait plus de capitale lors de son arrivée (ou pire qu'il se fasse intercepter et que la capitale n'ait plus de roi :ninja:).

Perso je voyais son arrivée comme un renfort avec un accompagnement de troupes. A priori j'ai été naïf. :p

Da-Soth
19/12/2020, 14h12
Et pour les comptes-rendus, un "je suis, je vois, je fais, je demande" ça marche bien.

Avec son application concrète : "je suis perdu, je vois rien, je fais pitié, je demande pardon."

^_^

Bopnc
23/12/2020, 16h12
Bon, petit point de situation.

On est dans la première semaine d'ordres. Tous les joueurs ont en gros jusqu'à dimanche soir pour passer leurs premiers ordres à l'arbitre. Ensuite, la partie démarre et on devrait avoir deux échanges de mail d'avancement/ordres par semaine.

La mauvaise nouvelle pour vous, c'est que mes consignes sont confirmées. Je vais donc rester l'arme au pied dans le secteur pour défendre la capitale. Espérons que le sang chaud hispanique les pousse à directement venir frapper Madrid. ^_^


De mon coté, je suis un peu embêté parce qu'une analyse plus poussée m'a fait réaliser que j'avais fait une erreur d'interprétation dans les règles. J'avais compris qu'une semaine d'occupation d'une "ville d'importance" permettait d'y générer un dépôt de ravitaillement temporaire (qui fournit la moitié des besoins quotidiens) et donc d'y survivre tant bien que mal sur le long terme, l'autre moitié des besoins étant récupérés "sur le terrain" (on reste l'armée française, quand même).

Mais en fait, je m'étais planté sur la définition de "ville d'importance". Il s'avère que ce sont uniquement les 15 villes définies dans le briefing : Badajoz, Barcelona, Burgos, Cartagena, Cordova, Granada, León, Madrid, Salamanca, Segovia, Seville, Toledo, Valencia, Valladolid et Zargagoza.

Qu'est ce que ça veut dire ? Bah qu'au delà de bouffer nos chevaux sur cette campagne, on va aussi devoir bouffer nos semelles. :p



Prenons un rapide exemple :

https://i.ibb.co/mcn8Zp8/20201219112605-1.jpg

Postulat : Je veux envoyer une division de Madrid à Ciudad-Real, au sud, et y tenir les fortifications pour bloquer cet axe.

Je consomme 10% de mes stocks de vivres par jour.
Il y a 205km de route. A raison de 8h de marche par jour (histoire de pouvoir fourrager et rester groupé) et à 3,5km/h ça fait dans les 8 jours de marche.
En fourrageant, je récupère 50% de mes besoins quotidiens en nourriture et fourrage (mais pas en munitions), donc sur ce trajet je ne consomme "que" 40% de mes vivres.

Arrivé à Ciudad, il me reste donc 60% de mes vivres, donc 12 jours en fourrageant.
Une fois sur place, je prends possession de la ville et des fortifications.

De là, j'ai deux choix :
- Je reste en formation de combat, et je ne peux occuper la ville que quatre jours avant de devoir entamer la marche inverse sous peine de voir mes hommes dépérir.
- Je me déploie en formation d'occupation (je disperse mes gars dans les environs), ce qui me permet de fourrager 100% de mon ravitaillement et de conserver mes stocks. Mais en sachant que si l'ennemi me tombe dessus à l'improviste, je prends cher.

Dans les deux cas, si l'ennemi surgit et que je me replie dans la forteresse et appelle à l'aide :
- Je n'ai de la poudre que pour deux grosses journées de combat, et pas moyen d'en récupérer en dehors d'un dépôt.
- Une fois assiégé, je ne peux plus fourrager (enfin, je suppose), donc je n'ai plus que 6 jours de vivre dans le meilleur des cas
- Si mes troupes assiégées tombent à cours de vivres en l'absence de dépôt, elles se rendent.
- Il faudra trois jours au messager pour atteindre Madrid et me signaler l'invasion.
- Il me faudra ensuite cinq jours pour que les renforts arrivent à marche forcée (et donc fatigués et dispersés) sur le secteur.

Je suis pas très bon en math, mais j'ai l'impression que ça pue un peu comme affaire. Surtout en sachant que les renforts auront eux aussi leurs propres problèmes de ravitaillement. :p

Initialement, je pensais tenir le secteur une semaine le temps d'y constituer un dépôt, ce qui m'aurait permis d'y tenir dans la durée, m'aurait donné de bien meilleures chances de tenir en siège, en plus de permettre du ravitaillement sur cet axe pour les troupes en manœuvre. Ce plan tombe à l'eau, et de façon générale j'en viens également à douter de l'intérêt d'occuper les places fortes de Guadalaxara et R. Tajo malgré leur proximité avec Madrid.

Cette histoire signifie également que tout déplacement lointain vers une ville au statut inconnu est extrêmement risqué. Si une fois sur place on se retrouve devant des murailles occupées, la famine guette rapidement.


Du coup je pense que je vais me concentrer sur Madrid et Tolède pour y améliorer les dépôts, et surtout organiser des patrouilles en direction du sud, histoire de voir ce qui se passe.

Bopnc
23/12/2020, 23h36
Je me suis repenché sur la carte, et j'ai ré-évalué la situation en observant particulièrement la position des villes importantes.

Dans mon secteur, les deux villes majeures sont clairement Madrid et Tolède. Elles restent mes objectifs prioritaires, et ne doivent être perdues à aucun prix.

Il y en a quatre autre qui encadrent mon secteur :
- Loin au sud, Cordoue, qui est de l'autre coté de la chaine montagneuse et semble inaccessible pour l'instant.
- Loin à l'est, sur la cote méditerranéenne, Valence, qui ne peut pas être prise sans un gros trajet et un déplacement complet de mon corps.
- Loin à l'ouest, à la frontière du Portugal, il y a Badajoz qui est déjà un objectif de l'armée du Portugal.
- Au nord, à moins de 100km de l'autre coté d'une chaine montagneuse, il y a Segovia.


C'est cette dernière ville fortifiée (entourée en rouge ici) qui m'intéresse particulièrement.

https://i.ibb.co/KWYwYWm/20201223220806-1.jpg

Elle est dans le secteur nord, normalement à la charge du premier corps, actuellement à Tolède.
Sauf que ce premier corps à reçu l'instruction de se baser à Salamanca pour sécuriser le nord, et que quand j'ai demandé au Général de l'Etang quelle route il emprunterait (pour éviter les bouchons) je n'ai pas eu de réponse.
Je ne suis pas certain qu'il ait prévu d'y passer, et encore moins d'y laisser des hommes pour préparer un dépôt.

Plus au nord, il y a le deuxième corps. Qui lui a ordre de partir vers l'est.

Et au milieu de tout ça ? Les rumeurs d'une levée espagnole (zone "castille"), qui pourrait très bien être à coté de Segovie, voire déjà l'occuper.

Du coup hop, ni une ni deux, je profite d'être dans la même ville que mon supérieur (avec autorisation de l'arbitre) pour aller proposer une prise rapide de la ville.


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Les chevaux stoppèrent devant l'auberge. Le remue-ménage fit sortir un aide de camp qui jaugea la situation. Il eut à peine le temps de retourner à l'intérieur annoncer la venue du Maréchal de Moncey que ce dernier faisait irruption dans la salle commune, l'air passablement inquiet.

Maréchal Murat !

Navré de vous déranger à cette heure tardive, mais je viens d'avoir des informations qui changent radicalement ma façon de voir la campagne et mon dispositif. Je tenais à en discuter avec vous.

Mes patrouilles des villes environnantes me rapportent que l'hostilité de la population va grandissante, et que l'acquisition de vivres et de matériel chez les professionnels est plus compliquée que prévue. Par conséquent, il s'avère que nous ne pourrons pas spontanément construire de dépôt temporaire dans les villes environnantes contrairement à ce que je pensais ! Seules les très grandes villes* vont pouvoir le permettre. Pour toutes les autres, il nous faudra le support des convois de Bayonne et Perpignan.

Cette information va compliquer lourdement notre ravitaillement, et rend certaines positions comme Ciudad-Real très délicates à défendre. Même les positions relativement proches de Guadalaxara ou R; Tajo seront finalement compliquées à tenir à long terme sans dépôt.

Ce qui m'amène à la raison de ma venue. A la vue de ces informations, les villes importantes* deviennent vraiment cruciales.
Du coup, est ce qu'il ne serait pas judicieux de donner un coup de sonde sur la ville de Segovia (au nord ouest de Madrid) et d'y envoyer directement une division pour à la fois nous réserver cette position stratégique au débouché des montagnes, pour y construire et y améliorer un dépôt, pour y calmer la population, mais aussi empêcher l'ennemi de l'utiliser contre nous ?

Je sais que cette ville est dans le secteur du général de l'Étang, mais en l'absence de nouvelles de sa part et d'informations sur son trajet je ne sais pas s'il compte y passer, ni s'il va y laisser une division pour y monter un dépôt.
En attendant qu'il soit contacté, ma division Musnier peut y être avant lui avec un petit éclairage de cavalerie, et précédée d'une patrouille : il me suffit de votre autorisation.

Si nous partons de cette hypothèse, je pense envoyer une division à Tolède pour occuper les murs et relayer le 1er corps, et laisser la dernière à Madrid avec le gros de la cavalerie et l'artillerie de réserve. Le reste de mes mouvements sera composé de patrouilles vers le sud, et de piquets d'alerte dans le secteur centre.

Quel est votre avis sur la question ?
Est ce que vous avez des informations qui me manquent ?



* Badajoz, Barcelona, Burgos, Cartagena, Cordova, Granada, León, Madrid, Salamanca, Segovia, Seville, Toledo, Valencia, Valladolid, Zargagoza

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On va voir ce qu'il en dit, mais on aura peut être droit à une échappée et un peu de frittage ! :lol:

Ou à une embuscade dans les cols de montagne par des irréguliers espagnols et un massacre de mes troupes, je sais pas encore trop. :ninja:

Bopnc
28/12/2020, 14h25
Le commandant Murat est en train de rédiger une lettre pour l'empereur lorsque le Maréchal Moncey arrive dans la salle.

Maréchal,

Pas d'inquiétude pour l'heure. La révolution a transformé la France en terre de liberté; la charge de commandant transforme le sommeil en luxe, de plus comme le dit notre empereur, le vrai courage, c'est celui de trois heures du matin.

J’entends parfaitement vos arguments, notre plan initial avait clairement délaissé la ville de Segovia.

Je pensais décaler le dispositif du général de l’Étang vers l’est en nous focalisant sur Burgos, Valladolid et surtout Léon, qui est un ilot imprenable au milieu des montagnes. Votre proposition de prendre position à Segovia permettrait de rendre notre position cohérente dans le secteur. Cela me semble une excellente idée !

Que la division Musnier parte à l’aube, avec comme instruction de verrouiller ce col, comme s’il s’agissait des Thermopyles.

Alors que le Maréchal Moncey sort aussi brusquement qu'il est arrivé, le commandant le retient d'une voix douce
"Prenez le temps de vous reposer mon ami, les estafettes ne partiront que demain pour prévenir de l'Étang".


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C'est donc décidé, je partirais à l'aube et à marche intensive (10h de marche par jour) vers Segovie avec une partie de mon armée, en espérant arriver avant l'insurrection.

La zone d'opération non annotée, pour ceux qui veulent voir les routes :

https://i.ibb.co/23yt8Kg/20201228124410-1.jpg

J'ai quatre inconnues à ce niveau :
- Est ce que le col de montagne est libre ?
- Est-ce que Segovia est déjà occupée ?
- Est-ce que l'insurrection est à Vallalolid ?
- Si l'ennemi marche lui aussi sur Segovie, ça sera par quelle route ?

L'idée de la marche est de partir avec une force "suffisante" (estimée au doigt très mouillé) pour enfoncer/résister à un contact avec les insurgés tout en laissant assez de monde à Madrid et Tolède pour les pacifier et bâtir des dépôts.
J'emmène donc avec moi la division Musnier (9700 Hommes, 9 canons) et la deuxième brigade de la division Grouchy (1400 sabres).

Comme je ne sais absolument pas ou je met les pieds, je joue la prudence. La cavalerie est là pour faire tampon en cas de contact, mais aussi et surtout pour me donner une capacité de patrouille sur le trajet.
Elle marchera au pas de l'infanterie pour que tout le monde puisse se soutenir, mais lancera des éclaireurs en permanence 20km devant la marche.
J'envoie aussi des patrouilles de cavalerie investiguer Segovie, qui ont l'ordre -si Segovie est libre- de se poster sur les trois axes les plus probables d'arrivée d'un ennemi qui marcherait sur la ville (les petites étoiles rouges).

Si tout est dégagé, je serais à Segovie dans trois ou quatre jours.

https://i.ibb.co/c6JnTJB/20201228124410-1annot-e.jpg


Au niveau stratégique. La situation alliée est pour le moment assez claire.
Le Ier corps va remonter vers le nord ouest pour former une ligne défensive Burgos - Valladolid, puis prendre Léon. Il en a pour deux bonnes semaines de marche.
Le IIeme corps de Bessière a l'ordre de fournir une escorte au train de siège et à un convoi de ravitaillement actuellement stationné à Bayonne, et d'utiliser ces deux éléments pour mener une campagne contre Saragosse (nord est). Je ne sais pas exactement comment il va procéder. Je doute qu'il fasse faire le détour à toute son armée, donc il va sans doute détacher quelques unités pour l'escorte. J'espère qu'il a du monde sous ses ordres, parce qu'il a pas mal de places fortes à conserver en plus de ses autres tâches.
Le IVeme corps actuellement à Barcelone est censé partir vers l'ouest, et mener la même campagne. L'objectif étant de dégager nos lignes intérieures.

Comme mes ordres sont aussi de maintenir du renseignement dans la région centre, la cavalerie de Grouchy restée à Madrid a été lourdement mise à contribution pour fournir des patrouilles et des piquets d'alerte : On parle de près de 400 hommes envoyés sur les divers axes d'entrée de la région centre (les étoiles rouges, ici aussi). Si quelque chose vient menacer Madrid, j'ai de bonnes chances d'en être informé à l'avance.

https://i.ibb.co/vP7D3Kp/20201228122604-1.jpg


La dernière grosse inconnue, c'est à quel point la population hostile va jouer contre nous. On sait déjà que le ravitaillement ne peut pas circuler sans escorte, mais il est possible qu'il y ait d'autres effets plus pervers.
J'espère en particulier que mes patrouilles ne vont pas spontanément disparaitre dans la campagne espagnole (bon, un groupe de 30 chasseurs à cheval ça doit être difficile à digérer pour une milice, quand même).
Je me demande aussi à quel point les espagnols vont être informés de nos mouvements par la population. Je n'exclus pas la possibilité que mes zones de patrouilles et mes axes de déplacements arrivent à leurs oreilles rapidement, mais il n'y a pas grand chose que je puisse faire à ce niveau.

Bopnc
02/01/2021, 16h02
Hop, me revoila !

J'avais pris de quoi jouer pour le réveillon, mais pas de quoi faire des screens. Du coup je vais essayer de rattraper les évènements petit à petit dans la journée et en essayant de vous ménager le même suspens que moi. ;)




05 Mai 1808 - 12H30

Ma première marche de trois jours est un succès.
Le passage du col s'est effectué sans incidents. Segovia était libre, et la cavalerie a pu y entrer sans soucis. Les derniers hommes de la division Musnier suivent derrière, et finiront d'arriver vers 14h.

J'envoie immédiatement un courrier au Maréchal Murat pour lui faire part de cet évènement, et l'informe que je resterais un peu sur la ville le temps de sonder la ville de Valladolid, plus au nord.
Si cette ville importante est libre, Segovia est en sécurité (mais on a une armée Espagnole dans la nature). Si elle est occupée, alors je peux me considérer comme étant sur une ligne de front.

Une patrouille part donc le 05 vers 13h en direction de la ville (flèche bleue), elle doit dépasser un de mes piquet de cavalerie posté au croisement des deux routes principales, puis remonter au nord.


https://i.ibb.co/LNV1RFN/20210102142008-1.jpg





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06 Mai 1808 - 21H00

Il pleut. :|

Un six mai.

En Espagne.

Et la météo n'est pas clémente pour les jours à venir.

Ce pays est décidément abandonné des hommes et des dieux. :tired:



A 21h, je reçoit un courrier de Murat, écrit le matin même à Madrid.
Murat se félicite de ma décision de sonder Valladolid, et m'informe que le Général de l'Etang et son premier corps sont en route pour Madrid, et non pas pour Salamanca au nord ouest comme je le croyais.

D'après le courrier, le premier corps va faire étape à Madrid pour se ravitailler, puis remonter sur Segovia qui deviendrait le point de départ de l'offensive vers la région de Léon.

La division "Frère" (c'est le nom de l'officier) du premier corps, déjà arrivée à Madrid, est reposée et devrait partir le matin du sept.

J'ai ordre en fonction de mes renseignements de la retenir à Segovia, ou au contraire de lui laisser le passage jusqu'à Valladolid.
Le reste du corps doit arriver derrière.


Si je corrige mon schéma précédent, ça donne donc plutôt :
https://i.ibb.co/Wyx3Jcq/20201228122604-1-Copie.jpg


J'ai une petite pensée émue pour les hommes du premier corps qui se tapent la marche sous la flotte. :p

Autre pensée amusante, le chemin le plus court entre Tolède et Madrid est celui par le quel j'ai envoyé ma Division destinée à occuper Tolède.
Comme une troupe en marche occupe la totalité de la route, il y a du y avoir un beau bordel quand elle a croisé l'ensemble du premier corps qui venait en sens inverse. Bordel qui explique sans doute pourquoi ils ne sont pas encore à Madrid. :lol:

Bopnc
02/01/2021, 22h40
07 Mai 1808 - 13H00



CONTAAAAAAACT !!!

Mon piquet du croisement ouest vient de revenir à Segovia. Il ramène avec lui la patrouille à destination de Valladolid rencontrée sur la route.

Les cavaliers m'informent qu'ils ont été bousculés la veille, vers midi, par ce qui semble être un escadron de cavalerie Espagnole de plus d'une centaine de sabres. Il y a eu une rapide escarmouche, et mes hommes ont du abandonner le terrain.
Dix de mes cavaliers manquent à l'appel sur la trentaine composant le piquet.

D'après les rescapés, les espagnols semblaient venir du nord et ont tourné derrière eux vers Segovia.


Je me penche immédiatement sur les cartes pour reconstituer la situation du 06 vers midi (puis la situation probable actuelle, différente vu les délais), et je commence à cogiter :

https://i.ibb.co/JrGtbxB/20210102152551-1.jpg

https://i.ibb.co/w4Mzc1B/20210102152401-1.jpg


Deux possibilités à ce niveau :
- Il s'agit d'un écran de cavalerie pour une colonne en marche, qui se dirigerait vers Segovia.
- Il s'agit d'une patrouille renforcée (normalement une patrouille fait seulement 30 hommes) qui vient investiguer la route vers Segovia et la ville elle même. A première vue, je ne vois pas trop l'intérêt de risquer plus d'hommes que nécessaire pour cette tâche, mais vu qu'ils ont facilement pu bousculer mon piquet je suppose que ça n'est pas si idiot que ça.


Le principal constat, c'est que je n'ai aucun moyen de savoir ce qui arrive derrière cet écran. Et c'est bien dommage, parce qu'a ce moment je suis assez confiant dans ma supériorité. J'ai 1400 cavaliers et une division fraiche de 9000 hommes à Ségovie derrière des fortifications. Avec la division Frère qui arrive par le sud (suivie de tout le 1er corps), il y aurait de belles actions à tenter comme une bifurcation des renforts vers l'ouest pour arriver au même croisement, repiquer vers Segovia et coincer la colonne en marche entre deux divisions.

J'hésite donc un moment à envoyer ma cavalerie dégager la route pour avoir le cœur net, quitte à dévoiler ma force.

J'hésite aussi un moment à envoyer ma propre cavalerie au nord par les petites routes pour bloquer toute retraite aux unités en marche, qui pourraient ensuite être repoussée par les renforts, puis écrasées dans leur retraite.

Mais à l'aveugle, tout cela est encore bien trop risqué vis à vis des ordres que j'ai reçu. Et l'alcool ingurgité (nous sommes le 31 au soir quand je réfléchis à tout ça :ninja:) n'aide pas à la réflexion.



Je me fixe alors sur un élément rationnel : le temps joue pour moi.
Plus j'attends avant de frapper, plus une éventuelle colonne espagnole s'éloigne de ses bases arrières pour se rapprocher de Segovia.
Plus j'attends, plus les renforts du 1er corps seront proches quand ça pètera.

Je décide donc de piéger l'écran de cavalerie (les hommes de la deuxième brigade crient vengeance !) pour masquer ma force réelle à Segovia, en postant ma cavalerie juste au nord de la ville avec ordre de maintenir les reconnaissances locales et de charger le premier truc qui arrive du moment que ça semble en infériorité.
L'infanterie, quand à elle, reste au chaud derrière les murs au cas ou l'ennemi se regrouperait avant de frapper.

J'envoie enfin un courrier au maréchal Murat et au général de l'Etang, en leur détaillant la situation et leur expliquant que je suis prêt à livrer bataille !


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Du Maréchal De moncey, IIIeme corps, à Segovia, le 07/05/1808 - 13:00
Au Maréchal Murat à Madrid
Avec Copie au Général de l'Etang, à chercher à Madrid, puis sur la route de Tolède

Maréchal, Général,

Notre affaire commence !
Je vous informe qu'un de mes piquets de cavalerie posté au croisement des deux grandes routes au nord ouest de Segovia (croisement au nord ouest de San Garcia) a été bousculé par une force de cavaliers de plus d'une centaine de sabres venant du nord, probablement de Valladolid. Cette force a également avorté ma tentative de patrouille en direction de cette dernière ville.
Les cavaliers espagnols ont tourné vers Segovia. L'escarmouche ayant eu lieu le 6, vers midi, il est probable que les cavaliers ne soient qu'à quelques kilomètres de la ville à l'heure ou j'écris.

Je ne sais pas encore s'il s'agit d'une patrouille renforcée ou d'un écran de cavalerie masquant la progression d'une colonne. Dans le doute, je vais partir de l'hypothèse la plus pessimiste et considérer qu'une force est en marche.

Bien que l'envie de dégager la route par la force soit grande, chaque heure passée rapproche les troupes du 1er corps et éloigne l'adversaire de ses bases, j'ai donc tout avantage à temporiser en simulant la faiblesse. J'ai pour le moment laissé mon infanterie dans ses fortifications et déployé un écran de cavalerie pour empêcher leur reconnaissance de la ville.

Mes forces sont opérationnelles, les fortifications sont entre nos mains, et vous m'avez informé que les renforts sont en route. Je suis confiant et tout à fait disposé à livrer bataille si le besoin s'en faisait sentir.

Votre serviteur,

Maréchal de Moncey

Bopnc
04/01/2021, 23h19
08 Mai 1808

Il pleut à nouveau, et vers 8h l'ennemi est arrivé au contact de la ville !

Ma cavalerie était prête, conformément à mes ordres. La centaine de cavaliers espagnols a été glorieusement prise à partie par mes 1300 chasseurs à cheval.
Sans surprise, la victoire a été écrasante. :ninja:


D'après les témoignages il n'y a aucun rescapé en face, mais je me méfie de la vantardise des soldats. Un groupe de fuyards ou un courrier rapide ont très bien pu quitter la patrouille avant l'extermination. Je considère désormais que l'ennemi est au courant de ma présence.

Rien n'arrivant derrière au cours de la matinée, je finis par considérer que ce n'était pas un écran pour une armée plus conséquente, mais simplement un groupe d'éclaireurs. Je renvoie donc mon piquet en direction du croisement, et ma patrouille en direction de Valladolid.





09 Mai 1808

Il fait beau, et ce coup-ci ça devrait durer.

Je reçois divers courriers de l'Etang et de Murat. Je comprends que le IIeme corps -au nord de ma position- n'a en fait pas quitté sa position de départ, et attendrait un ordre de Murat pour marcher à l'est vers Saragosse. Je ne sais pas exactement s'il y a eu incompréhension, ou s'il y a eu échange de courrier dans les premiers jours. Je suppose que c'est la deuxième option.

Dans tous les cas, Murat me confirme que le plan est de se servir de Segovia comme base arrière pour une offensive dans la région. Il me demande de profiter du répit pour tenter de trouver l'adversaire. J'envoie donc également une patrouille à Salamanca, à l'ouest, pour voir si la ville est occupée.

Elément amusant, le général de l'Etang n'a ni daté, ni localisé sa missive. Je n'ai donc aucune idée de sa position exacte, ou du temps que le messager à mis à me joindre.
C'est un détail inoffensif dans la situation actuelle, mais je réalise à quel point ce genre d'oubli peut être désastreux dans une situation plus confuse.






10 Mai 1808

La division Frère, du nom de son général de division "Bernard Georges François Frère" (les mecs aiment rester simple), est arrivée à Segovia en avance du IIeme corps. Comme je n'ai pour l'instant aucune nouvelle de mes patrouilles, je la met au repos dans la ville.

Normalement l'organisation du dépôt devrait être terminée dans deux jours, et commencer à ravitailler tout ce petit monde. Ca sera pas du luxe avec tout un corps qui arrive derrière.



La situation théorique au 10 mai, à 10h :

https://i.ibb.co/hFZx9kY/20210104220809-1.jpg

LeLiquid
05/01/2021, 15h13
C'était l'escadron "Ray Charles" les 100 cavaliers espagnols ? Ou bien tu as des cavaliers arboricoles ? Ils se planquant dans la cime des arbres pour tomber sur les pauvres malheureux qui passent en dessous sans les avoir repérer ? :p

Bopnc
05/01/2021, 16h12
Ce sont les cavaliers de Grouchy ! C'est un expert en disparition de troupes ! :ninja:


Mais je trouve aussi le bilan un peu étonnant, c'est pour ça que je m'en méfie.

Il y a normalement un jet de dés pour déterminer le destin d'une patrouille ou d'un piquet, il y a une petite possibilité pour que la patrouille disparaisse complètement sans avoir le temps de prévenir qui-que-ce-soit. Mais c'est un coup de bol, genre les mecs ont été repérés à l'avance et sont tombés sur une contre-patrouille au détour d'un buisson.

Il y a aussi la possibilité que l'arbitre n'ait pas considéré l'élément comme une patrouille (plus de 100 cavaliers, ça fait gros, c'est quasi un escadron).
Comme je savais ce qui arrivait et que j'ai expressément mis ma cavalerie en alerte en leur demandant de les détruire, l'arbitre a peut être considéré qu'il y avait embuscade et accrochage entre deux unités. En cas d'accrochage à 10 VS 1, l'unité en infériorité est immédiatement détruite.
Il s'avère aussi que ma cavalerie est plus rapide en marche que la cavalerie espagnole (https://img-comment-fun.9cache.com/media/aEzE6po/aqx390J7_700w_0.jpg), donc la fuite avec une telle infériorité numérique n'était pas une option.

Bref, je sais pas trop. Je m'attendais plutôt à en démolir une partie, en voir s'échapper la moitié et à faire pas mal de prisonniers. Le jeu ne gère peut être pas aussi finement le sujet (le maitre de jeu a déjà énormément de trucs à gérer). Je vais en parler à l'arbitre.



Mais j'avoue que ça m'inquiète un peu pour mes propres patrouilles. J'aimerais bien avoir de leurs nouvelles s'ils tombent sur de la cavalerie. :p

LeLiquid
06/01/2021, 20h49
Sois inventif, fais des formations disruptives, genre un cavalier tous les 500 m, avec une estafette entre chaque qui dit tous les quarts d'heure que tout va bien devant. :p

Bopnc
08/01/2021, 13h01
Figure toi que c'est en partie ce que j'avais fait pour mes patrouilles distantes. :p

En gros comme je flippe de les voir se faire écharper sans avoir de leur nouvelle (et comme je pense qu'en vrai tu laisse pas des mecs des mois entier au loin sans supervision), j'ai proposé un système de rotation des effectifs, ce qui impose d'avoir de leur nouvelle régulièrement.
Bon après, je sais pas si l'arbitre le prendra en compte. ^_^

Sinon rien de plus coté partie pour le moment, les journées du 11 et 12 mai sont en train d'être gérées là. Visiblement il se passe pas grand chose sur mon secteur.

Bopnc
16/01/2021, 15h52
11 Mai 1808

La nouvelle patrouille vers Valladolid est un échec !

Mes hommes viennent de revenir, ils ont été repoussés le 9 à Olmeda (au sud de Valladolid) par un nouveau groupe d'une centaine de cavaliers espagnols se dirigeant vers le sud !

https://i.ibb.co/Pj45pNP/20210112230708-1.jpg


Vu l'heure et la position de l'affrontement, il est matériellement impossible que ces cavaliers aient été envoyés suite aux nouvelles de l'affrontement du 8 à Segovie. On peut donc supposer qu'ils ont une autre cible. Mais laquelle ?

Vu l'axe, ce n'est pas Salamanca, à l'ouest. Donc c'est soit une patrouille destinée à renforcer celle de Segovia (peu probable), soit une patrouille en direction de Madrid, soit un piquet destiné à tenir un croisement.

Je retiens surtout cette troisième possibilité. Il y a deux croisements intéressants pour un piquet du genre. Et celui du sud est même particulièrement pertinent. Je m'en veut de ne pas avoir surveillé la position, mais elle devrait être franchie sous peu par le Ier corps qui pourra dégager la voie.

https://i.ibb.co/pbQJQKt/20210112233932-1.jpg

Je met tout de même ma cavalerie en alerte à Segovia, au cas ou la patrouille pourrait être piégée. Et j'attends l'arrivée du Ier corps par la route de Madrid.



12 Mai 1808

C'est le bordel !!!

Un courrier est arrivé de Madrid. Il m'annonce deux nouvelles plutôt désagréables :

- Le général de l'Etang, commandant du Ier corps, est décédé dans des circonstances inconnues. C'est le général Fresia (un inconnu pour moi) qui prends sa place.
- Un de mes piquet initialement envoyé à l'est a rencontré une colonne d'infanterie espagnole en marche dans un endroit ou il ne devait y avoir personne. Ce contact a eu lieu le 6 (!!) près de Cuenca et la colonne se dirigeait droit sur Madrid. Heureusement ma patrouille a pris soin d'informer le Marechal Murat au passage, qui a pu réagir plusieurs jours avant moi.

https://i.ibb.co/4S4ZSW9/20210112233412-1.jpg

Conséquence de ces deux nouvelles : l'ordre de bataille est remanié, et les responsabilités changent.

Le général Fresia a reçu l'ordre de défendre le centre et de s'occuper des troupes qui menacent Madrid. Il réquisitionne pour cela mes divisions Gaubert (Madrid), Morlot (Tolède) et le gros de ma cavalerie (Madrid).

En échange, il me donne le commandement de la division Frère (qui est déjà à Segovia), et de la division laissée à Burgos (tout au nord) par le IIeme corps. Avec ça, il me demande de prendre la responsabilité du secteur nord ouest et de m'emparer de Valladolid, si c'est possible.


Après évaluation de cette nouvelle situation, le bilan est très clair : Je me fais enfler ! :lol:
- La division frère est à 4800 hommes contre les 8000 de la division Gaubert.
- Je perds les 7000 hommes de la division Morlot qui était à Tolède.
- L'hypothétique division laissée à Burgos que je gagne à la place est à plusieurs jours de marche, isolée dans une situation dangereuse, et je n'ai aucune idée de son statut. A vrai dire, la ville pourrait tout aussi bien être assiégée que je n'en aurais aucune idée.
- Je perds plus de la moitié de ma cavalerie, et l'officier qui la commande (Grouchyyyyy ! :cry:).
- Mon artillerie de réserve se retrouve isolée à Madrid, sans unités sous mon commandement pour l'escorter sur le trajet.



Ces constatation peu professionnelles étant faites, il est temps pour une petite analyse stratégique de mon nouveau secteur et de mes nouveaux moyens.

Une version vierge de la zone, pour les amoureux des cartes :

https://i.ibb.co/YT2nPzT/20210116115308-1.jpg

Et la même avec les annotations des éléments les plus importants : villes et routes principales.
https://i.ibb.co/ZxrKYhx/20210116115308-1annot-e.jpg

Pour l'instant, je considère Valladolid comme occupée vu les patrouilles qui en partent. Je n'ai aucune information concernant Salamanca et Léon, mais je serais très étonné que l'insurrection n'y soit pas présente.


Quelques points ressortent :
- Je suis en partie dispersé : le gros du corps est à Segovia, l'artillerie à Madrid, j'ai une division à Burgos.
- De ma position à Segovia, je ne peux pas vraiment tenir la route de Madrid. Si une colonne force le passage mes patrouilles se feront facilement repousser par la cavalerie adverse, et le temps que je réagisse l'ennemi sera passé. Je représente par contre une menace sérieuse sur les arrières s'ils tentaient ce genre de mouvements.
- Burgos est extrêmement vulnérable. Une division complète est censée y être, donc ça ne tombera pas facilement, mais aucune armée ne pourra aller efficacement au secours de la ville si elle est attaquée, et sa prise ouvrirait la voie vers nos lignes de ravitaillements à l'est.
- Valladolid est un point central, qui peut menacer toutes les villes du secteur et fait la jonction entre Burgos et Segovia.


Je vois en gros deux options :

A - Jouer la montre.
Je pourrais prendre le temps de me réorganiser pour rendre la position plus cohérente. Faire un aller-retour vers Madrid pour rapatrier mon artillerie de réserve, peut être ramener une partie de la division de Burgos par l'est. Concentrer tout le monde pour être prêt à réagir.
C'est l'option la plus naturelle pour moi qui suis de nature plus encline à la défense. C'est aussi sans doute la plus prudente pour l'intégrité de mon corps.
Mais quelque chose me chiffonne. Ca fait maintenant 7 jours que je suis à Ségovie, et j'ai l'impression d'avoir atteint les limites de ce que je pouvais y faire. La ville est entre nos mains, le dépôt a été construit. Mais je n'ai toujours aucune idée de ce qui se passe dans la région, ni de la position de mon adversaire, sans même parler de ses effectifs et de sa composition.

Nous sommes face à une insurrection, et laisser du temps et de l'initiative à une insurrection, ça me plait moyennement.


B - Prendre l'initiative avec ce que j'ai sous la main.

Mes patrouilles ne donneront rien avec la cavalerie adverse dans le coin. Si je veux savoir ce qu'il se passe, il faut que je lance une reconnaissance en force.
La deuxième option serait donc de sortir avec tout ce que j'ai, et de remonter sur Valladolid. Soit la ville est occupée, et j'aurais enfin l'occasion de savoir par quoi, soit elle est peu défendue et elle tombe. Sa chute permettrait d'avoir la position centrale de la ligne Segovia-Burgos, et de libérer la division de cette dernière ville.

Le principal risque, c'est que l'adversaire ait eu le temps de ramener son armée du nord ouest de l'Espagne et se soit lui-même concentré à Valladolid. Je me retrouverais donc face à deux forces avec 60% des miennes. Mais même dans cette hypothèse je pense avoir de bonnes chances de repérer l'ennemi et de me replier avant contact grâce à la vitesse de déplacement Française™.

Cette solution me permet aussi de forcer l'ennemi à réagir et de "créer de l'incertitude" comme dit un copain militaire. ^_^




Après une soirée complète à me creuser le crâne, je finis par choisir de prendre l'initiative et d'effectuer ma reconnaissance en force !

Mes troupes se ravitailleront donc au tout récent dépôt de Segovie le 13, puis quitteront la ville le 14, reposées et équipées, pour marcher sur Valladolid !

LeLiquid
16/01/2021, 20h09
L'option B. Tu régales !

Hâte de voir ce qui va se passer. Merci pour le CR en tout cas, c'est top !

Par contre le changement d'OOB semble chelou nan ? C'est quoi le but ? A part foutre le boxon ?

Bopnc
17/01/2021, 00h30
Heureux de voir que ça plait à quelqu'un. :lol:


C'est le maréchal Murat qui a pris la décision de modifier l'OOB, et comme il est mon supérieur, j'ai pas grand chose à dire. :p
J'ai quand même tenté de négocier pour récupérer Grouchy, en jouant sur le fait que la cavalerie espagnole était face à moi, et que j'aurais besoin de ses cavaliers pour la contrer.
Comme le Ier corps a déjà sa propre cavalerie, ça me parait pas déconnant.

Mais sa décision est plutôt logique. A la base, je devais tenir le centre, et le Ier corps devait monter au nord ouest.

Il se trouve qu'au moment ou on se fait attaquer au centre, c'est moi qui suis au nord ouest (parce que j'avais fait mon expédition à Segovia en dehors de ma zone pour couper l'herbe sous le pied de l'espagnol) tandis que le QG du Ier corps est à Madrid (ou il reposait le reste de ses troupes avant de monter sur Segovia).
Du coup, Murat lui a refilé quasi tout ce qui était au centre, et m'attribue ce qui était au nord. Y compris la division de Burgos, laissée là par le IIeme corps qui doit désormais être trop loin pour la gérer efficacement.

En gros il change nos secteurs de responsabilités, et nous affecte les forces qui y sont. En sois c'est plutôt cohérent, c'est juste que j'y laisse des plumes au passage. :emo:


Notez que si la vraie menace est de mon coté, et que l'avancée sur Madrid est un simple coup de sonde, on pourrait le payer cher.

LeLiquid
18/01/2021, 13h28
Bon il fout quoi l'arbitre ? Il en met du temps pour traiter le tour, ça m'a l'air d'être un sacré branleur, y'a quoi 15 ? 30 ordres à traiter ?

:ninja:

Bopnc
18/01/2021, 19h04
Va pas falloir être pressé. Entre le ravitaillement, mon départ et la distance à parcourir il va bien se passer 5-6 jours en jeu avant que j'atteigne Valladolid, donc une dizaine de jours IRL.
En plus vu l'avancement de ces derniers jours je suppose que ça pète dans d'autres secteurs que le mien. Du coup, ça ralentis l'action pour tout le monde.


L'arbitre ? Il est justement occupé à faire un sondage pour savoir si on continue à ce rythme ou pas. :p

A priori il avait légèrement assoupli les règles pour coller à la carte qu'il a choisie (plus détaillée que celle du jeu de base). Il a autorisé certains trucs normalement limités par les règles et qui étaient destinées à gagner du temps (impossibilité de séparer les unités, limitation du nombre de patrouilles...).
En plus de ça, certains joueurs tentent des trucs un peu rôleplay, sont créatifs avec les estafettes ou la gestion de la population.
C'est fun, mais ça ralentis la partie d'un jeu déjà lent.

Du coup il nous demande si on préfère rester sur ce rythme quitte à ce que ça dure 9 mois, ou si on reviens aux règles de base pour que ça en dure 4.
Pour le moment l'unanimité est aux règles détaillées. ^_^


Pour donner un ordre d'idée de son boulot : il y a quelques jours, avant la phase de séparation et de refonte de l'OOB, l'arbitre annonçait qu'il avait 147 pions différents à gérer heure par heure en fonction des ordres donnés. :splash:

LeLiquid
19/01/2021, 11h47
Je sais pas qui va gagner, mais je sais déjà qui a perdu. :p

Bopnc
23/01/2021, 13h11
13 Mai 1808

Le dépôt est devenu fonctionnel la veille au soir. Tout le monde se ravitaille en vue de l'expédition de Valladolid.

La division Musnier et la deuxième brigade de cavalerie de Grouchy seront à pleine capacité dans la soirée.

La division frère devrait être complétée à son tour dans la matinée du quatorze. Le départ est prévu pour midi.


https://i.ibb.co/4fj5Y7C/20210123113641-1.jpg



14 Mai 1808

La division Frère a été ravitaillée. Il lui manque encore une centaine de trainards de sa dernière marche, mais tant pis. Il est temps de partir !

L'après midi est consacré au ravitaillement des 4000 hommes de la garnison. Les autres prennent la route !



15 Mai 1808

Il fait beau, nous marchons.
Le croisement des deux grandes routes a été reconnu par la cavalerie. Pas de piquet ennemi sur place, la route est libre.



16 Mai 1808

♫♪ Cent kilomètres à pieds, ça use, ça use... ♪♫



17 Mai 1808

Toujours aucun contact. Les premières patrouilles reviennent de Valladolid avec le sentiment que la ville n'est pas occupée.



18 Mai 1808

La ville est libre. A mon grand étonnement, les troupes y entrent sans rencontrer aucune résistance...
Pas de contact, pas de patrouille, pas de piquet, rien !

Il va falloir cogiter sur le sujet.

En attendant, mes hommes s'installent dans la ville et la forteresse.


Je reçois le même jour un message de la division stationnée à Burgos (au nord est de Valladolid), qui est désormais sous mon commandement.
J'y apprends que le maréchal Bessière du IIeme corps est parti le 3 en direction de l'est, avec comme objectif de récupérer le ravitaillement de Bayonne.
Plus fun, il s'avère que le maréchal est parti avec la quasi totalité de ses troupes, ne laissant à Burgos qu'une garnison de 2000 soldats sans canon ! :lol: :mellow: :cry:

Heureusement, ces derniers n'ont eu aucun contact avec l'ennemi. Ils reçoivent par contre des rumeurs venant de l'est sur le rassemblement d'une armée entre Viana et Tudea (à l'est de Burgos). Ca me fait donc un nouveau pavé à prendre en compte. Peut être les forces de Saragosse qui tentent de revenir à l'ouest ?


https://i.ibb.co/6tC7zTc/20210123114055-1.jpg


Dans tous les cas, cette absence totale de contact avec l'ennemi me laisse très dubitatif.

Les hypothèses en cours d'étude sont les suivantes :
A - Je me suis complètement planté dans mon positionnement de l'adversaire, et celui-ci est beaucoup plus à l'est ou à l'ouest que prévu. C'est possible, mais dans ce cas d'où sortaient les patrouilles ? Peut être des groupes de cavalerie dispersés en cours de rassemblement ?
B - J'ai raté mon adversaire, et celui-ci est déjà au contact à Madrid. Dans ce cas j'aurais rapidement du avoir des nouvelles de ma patrouille sud, et ce n'est pas le cas pour le moment.
C - L'adversaire est directement parti en campagne au sud, contre l'armée isolée du Portugal. Ca ne serait pas complètement idiot parce que ça leur permettrait de détruire une armée isolée, sans véritable possibilité de renforts. Puis d'accueillir les armés anglais et portugaises en toute sécurité pour la reconquête du territoire.
D - Il est aussi possible que l'adversaire ait beaucoup plus de facilités à se ravitailler que moi, et qu'il évite les villes principales parce qu'elles ne lui sont pas indispensables et qu'il sait qu'il va nous y trouver.


Pour le moment, la priorité est de fabriquer un dépôt sur Valladolid pour que la ville puisse faire office de relais entre Ségovie et Burgos. J'envoie aussi des piquets de cavalerie vérifier la forteresse de Palencia et les croisements plus à l'ouest. Si l'ennemi reste invisible, il faudra peut être envisager de profiter de son absence pour prendre Salamanca et Léon.

LeLiquid
23/01/2021, 15h41
Vous avez que cette carte pour jouer ? Elle est très jolie mais je trouve que ça manque de lisibilité. Après peut être que vous vous y retrouvez plus facilement puisque vous l'utilisez tout le temps.

Bopnc
23/01/2021, 17h33
Elle est super jolie (et d'époque), mais il faut vraiment s'habituer à la lire, oui.

Au début je galérais et j'avais l'impression qu'il y avait des routes partout et qu'on n'allait pas s'y retrouver. Puis finalement à force de passer du temps sur un même secteur, on finit par la connaitre et bien connaitre les axes principaux et les zones difficile à atteindre. Le réseau routier n'est pas si omniprésent que ça en fait, mais ça ne se voit pas directement.
C'est en bossant le secteur centre par exemple que j'ai réalisé qu'il n'y avait quasi aucun axe est-ouest sur ma zone. C'est quelque chose qui ne saute pas du tout aux yeux quand on regarde la carte.


Sur les secteurs que je n'ai pas bossé par contre, c'est le blackout. Je serais bien incapable de te dire par quelles routes est parti le Maréchal Bessière par exemple. Je n'ai vraiment pas étudié son terrain.


La lisibilité de la carte me faisais flipper pour l'AAR d'ailleurs, parce que je ne savais pas vraiment comment rendre visuellement les situations. C'est pour ça que j'essaie de faire des flèches un peu partout. ^_^
Si jeu peux améliorer les choses, n'hésitez pas à faire des remarques. Je peux peut être essayer de faire plus de zooms ?


Et pour ton autre question : C'est la seule carte qu'on utilise en jeu parce que c'est celle utilisée par l'arbitre. Je pourrais représenter tout ça sur une carte plus simple, mais je ne sais pas si ça aurait du sens pour affiner mes réflexions du coup (s'il manque les 2/3 des routes).
J'ai déployé la carte "officielle" du jeu sur ma table de wargame (sous un plexiglass :fouras:), pour le plaisir d'y jeter un œil et d'y réfléchir 5 minutes quand je vais au fond du salon, mais dans les faits les cartes sont trop différentes. Celle de base est beaucoup plus simple avec quasiment une seule route entre deux villes.

Je pourrais faire une photo à l'occase si vous voulez la voir. ;)

LeLiquid
23/01/2021, 20h06
Mais du coup pourquoi vous n'avez pas pris celle de base ? L'arbitre est complétement maso ? :p


Pour la lisibilité, ça va, j'ai juste un peu de mal à reperer le nom des villes mais en agrandissant je m'y retrouve perso. Et les flèches c'est la vie, continues. :p

Bopnc
23/01/2021, 20h32
Mais du coup pourquoi vous n'avez pas pris celle de base ? L'arbitre est complétement maso ? :p


Bah...euh...oui... :p

Je pensais qu'à ce stade, plus personne n'avait de doute a ce sujet. :ninja:


Pour sa défense, la carte de base est plus simple niveau gameplay, mais elle est aussi vachement plus triste.
Et pas forcément super lisible non plus au premier abord. ^_^

silence
25/01/2021, 21h02
Par curiosité, t'aurais un screen de cette carte qu'on se fasse une idée ?

En tout cas bravo, c'est assez génial à suivre. Ca doit être intense pour l'arbitre mais il profite de tout, doit y avoir un sentiment assez particulier à vous voir vous agiter dans le brouillard ! :lol:
Même avec Bah en complètement j'ai aucune idée de quel plan se déroule sans accrocs. Aucun surement. :ninja:

Bopnc
25/01/2021, 22h50
Merci pour les encouragements. :)


Blagues à part, je pense que l'arbitre s'éclate bien, oui. Il doit voir en direct les gens galérer, les drames se nouer, et les occasions se rater. C'est beaucoup de boulot, mais ça doit être une sacrée expérience de son coté aussi.



Je vous ait fait deux photos de la carte sous plexiglass. C'est pas idéal (les reflets, la mise au point, etc) mais ça donne une idée.

La carte complète (qui est en deux parties à photocopier, découper et assembler) :
https://i.ibb.co/5hp1Mjj/IMG-20210124-181608.jpg

Un gros plan sur le secteur (plutôt chargé) de Valladolid :
https://i.ibb.co/6PMRr1M/IMG-20210124-181557.jpg


La carte paye pas de mine au premier abord, mais en voyant les photos finalement je me dis que ça aurait eu de la gueule aussi une fois sous Tabletop.

Schtormy
26/01/2021, 23h44
Sans en demander plus coté narration, tu peux nous dire la à quel date vous êtes dans le jeu ?
Vos 2 AAR croisés sont passionnants et l'approche très cohérente avec vision stratégique et macro de la guerre est incroyable à suivre !
En fait j'aurais aimé les Logs de l'arbitre en plus des AARs de tous les participants tellement c'est génial comme concept !

Bopnc
27/01/2021, 00h57
Là pour moi on est le 21 mai 1808.
Il ne s'est pas passé pas grand chose depuis le 18, j'ai envoyé quelques patrouilles et eu quelques rapports. Je ferais un point à l'occase.

Chataigne
30/01/2021, 13h03
Juste un petit messages sur vos 2 AAR pour vous dire que c'est putain de génial et passionnant ;).

Bopnc
01/02/2021, 22h58
Merci pour les encouragements. :)


19 Mai 1808

Toujours statique sur Valladolid. A priori je vais rester sur place au moins jusqu'au 25, le temps de rassembler les ressources pour un dépôt et de m'y ravitailler.

La patrouille que j'ai envoyée à Madrid revient sans rien avoir détecté. Les 100 cavaliers croisés le 09 mai se sont volatilisés !
Au moins, la route vers la capitale est libre.



20 Mai 1808

Certains piquets de cavalerie du nord de Segovia rentrent rejoindre leur brigade après que je les ai rappelés.
Ils couvraient les routes entre Valladolid et Segovia, et vu ma nouvelle position leur garde était devenue inutile.


21 Mai 1808

Les piquets au nord est de Segovie donnent signe de vie, ils n'ont rien à signaler.

Je reçoit un courrier du maréchal Murat.
Celui-ci me rassure sur les forces Espagnoles dont la garnison de Burgos avait entendu parler (à l'est de la ville). D'après lui la route de Bessières et de son IIeme corps passait dans la région. Si les rumeurs étaient fondées, il aurait certainement repoussé l'ennemi.
Je ne sais pas à quel point Murat est renseigné sur les actions de Bessières, j'espère que ses renseignements sont bons.

Vu la date, mes piquets ont du arriver aux deux croisements à vérifier (les deux pions bleus à Medina et Toro). Je n'ai pas de nouvelles, donc à priori ils n'ont rien rencontré.
J'ai aussi vérifié la forteresse de Palencia, au nord de Valladolid, qui est vide.

Reste à vérifier Léon, au nord, et surtout Salamanca, au sud ouest, ou une de mes patrouille aurait déjà du arriver. Comme j'ai donné l'ordre de m'envoyer un messager avec le statut de la ville dès qu'elle serait atteinte, je crains qu'elle n'ait été détruite.

La situation, avec les pions du deuxième corps de Bessières et de "la rumeur" au nord est :


https://i.ibb.co/GcNSCjJ/20210201205931-1.jpg



22 Mai 1808

Rien à signaler le 22. L'absence complète de l'ennemi est quand même inquiétante.



23 Mai 1808

Je reçoit un courrier de Murat. Il m'informe que le général Fresia et son Ier corps ont mis en déroute une armée espagnole au col de Cuenca. Pour rappel, c'est la force Espagnole qui avait été détectée le 6 par une de mes première patrouille à l'est de Madrid, et pour laquelle le maréchal Murat avait été poussé à changer l'ordre de bataille.



https://i.ibb.co/JsBXDbp/20210201205722-1.jpg



Il m'informe qu'après cette victoire, le général Fresia et son corps vont continuer à l'est pour attaquer Valence, et -je cite- "relâcher relâcher de la pression sur Barcelone et Duhèsme".
Pour rappel, Duhèsme commande le IVeme corps, au nord est, et j'en déduis qu'il a des ennuis.

Si je reprends ce que je sais (très approximativement !!!) des objectifs de mes camarades, ça doit donc donner quelques chose comme ça.



https://i.ibb.co/2dDnh0M/20210201213347-1.jpg



Notez que je n'ai pas le début d'une foutue idée de la position exacte des IVeme et IIeme corps.

Je n'ai pas non plus la moindre nouvelle de l'armée de Portugal, sévèrement isolée à Lisbonne (et que je n'affiche jamais sur mes images).
Je ne peut qu'espérer le mieux pour elle, et elle va en avoir besoin parce qu'a la place de l'adversaire ce serait la première à laquelle je serais allé coller des beignes.


Dans sa missive, le maréchal me demande également si j'ai trouvé l'adversaire, et le cas échéant si j'ai besoin des renforts de Bessières et de son IIeme corps (parti au nord est, donc).
Voici ma réponse, qui résume assez bien mes réflexions :


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Du Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey, à Valladolid, le 23 mai à 13h
Au Maréchal d’Empire Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne, à Madrid

Maréchal,

La victoire du général Fresia est une bonne nouvelle, vous lui transmettrez toutes mes félicitations !

Je n'ai de mon côté eu aucun contact avec l'adversaire depuis ma dernière missive. J'ai depuis vérifié la place forte de Palencia, les villes de Medina de Rioseco, de Toro et la route vers Burgos.

Au niveau des grandes villes, je n'ai pas encore de nouvelles de ma patrouille de Léon, et aucune nouvelle non plus de celle de Salamanca, ce qui me semble plus inquiétant. Je comptais relancer de ce côté là.

Concernant mes besoin, je ferais simplement remonter a votre attention que j'ai désormais trois villes à tenir sur un secteur de 300km et que je n'ai sous mes ordres que l'équivalent d'une division et demie d'infanterie et une simple brigade de cavalerie : La division Frère a des effectifs réduits et le maréchal Bessières n'a laissé que le minimum au nord.

Sur ces effectifs, la moitié est déjà immobilisée pour des tâches de garnison, avec un focus sur Segovia qui est à la porte de Madrid.

Ces effectifs sont suffisants pour des tâches de garnison et de contrôle de la région, mais me rendent peu mobile. Je peux techniquement occuper une ou deux villes de plus si la zone s'avère totalement libre d'ennemis, mais je serais dans ce cas totalement statique, vulnérable et totalement dépendant d'un renfort en cas de siège.

Je termine pour l'instant de bâtir un dépôt à Valladolid, tente de trouver l'adversaire et reste en attente de vos ordres.

Nota Bene : Si d'aventure vous m'envoyiez du renfort, merci de veiller à lui adjoindre l'artillerie de réserve restée à Madrid.

Vive la France ! Vive l'Empereur !


Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey

--------------


Le jour même, j'envoie une nouvelle patrouille vers Salamanca, histoire de voir ce qui est arrivé à ma première tentative.
Si je retrouve les mecs en train de picoler dans une taverne du coin, ça va chier !

LeLiquid
02/02/2021, 01h46
Si tu perds des bonhommes, ils reviennent automatiquement au bout d'un moment ? Ça se passe comment l'arrivée de renforts ?

Bopnc
02/02/2021, 23h27
Je ne crois pas qu'il y ait de renforcements de prévus pour nos divisions actuelles, ou en tout cas rien de sensible au delà de quelques retours de blessés (de mémoire).

Le contexte espagnol rends difficile l'envoi de nouvelles recrues au compte goutte, et Napoléon est occupé ailleurs pour des affaires autrement plus importantes avec des troupes durement mises a l'épreuve.
Les hommes tombés au combat sont donc majoritairement perdus.

C'est la raison pour laquelle je suis un peu frileux a laisser des garnisons trop isolées. On peut facilement perdre 2000 hommes pour rien, et une perte de ce genre est irremplaçable.

Personnellement j'espère toujours que le roi arrivera en Espagne avec des divisions fraîches, mai c'est peut être illusoire. :p


Les pertes dues aux marches (traînard, malades, épuisés...) se récupèrent bien, elles. Il suffit de faire se reposer la division, et elle récupère petit a petit ses effectif au fur et à mesure que les retardataires rejoignent leurs compagnies.
Heureusement d'ailleurs, parce que -pour donner un ordre d'idée- la marche de trois jours de Ségovie a Valladolid a semé près de 10% de mes hommes sur la route (à raison de 8h de marche par jour).

LeLiquid
03/02/2021, 14h20
Mais du coup, la cav, si elle disparait lors de piquet ou de reco, elle revient au bout d'un moment ? C'était surtout pour elle que je posais la question. Savoir si tu dois en prendre soin ou pas.^^

Bopnc
03/02/2021, 14h35
Si un piquet disparait ou se fait complètement détruire, je perds les hommes définitivement, oui. Mais théoriquement, la destruction d'une patrouille sans aucune alerte doit être assez rare.
Après contact ou rappel, la patrouille rejoint sa division, et je regagne les survivants.

Mes piquets et patrouilles font environ 30 hommes. Je dois en avoir un peu plus de 300 en vadrouille actuellement sur les 2500 de la Division Grouchy (dont une bonne partie issue de la brigade que je ne contrôle plus).
J'en ai perdu une dizaine pour le moment sur les accrochages entre patrouilles, plus les 60 dont je n'ai plus de nouvelles.

Je dois donc en prendre un peu soin, mais en même temps ils sont là pour ça et ils me sont indispensable pour savoir ce qui se passe.
Donc en attendant la livraison de mes drones Predators j'évite de les ménager. :ninja:

Seymos
03/02/2021, 15h27
La reconnaissance par la destruction, mission première de la cavalerie légère.

Bopnc
16/02/2021, 18h37
Bon, ça a du chauffer méchamment quelque part, parce que les 24 et 25 Mai ont mis super longtemps à être joués. Mais c'est reparti là. Donc il est temps de refaire un petit point. :lol:


24 Mai 1808

Rien de nouveau le 24.

Pour rappel nous étions donc installés à Valladolid, en léger sous effectifs, en train de rassembler un dépôt et de chercher un adversaire qui se dérobe.

Le dépôt est censé se terminer le 26 au soir. Donc théoriquement je devrais pouvoir passer le 27 à ravitailler, puis partir le 28 vers une cible soigneusement sélectionnée. Reste à sélectionner cette cible.

Je n'ai toujours aucune nouvelle de mes hommes envoyés à Léon (au nord ouest) ou Salamanca (au sud ouest).

https://i.ibb.co/GcNSCjJ/20210201205931-1.jpg




25 Mai 1808

Rien de nouveau.



26 Mai 1808

Enfin des nouvelles de mes éclaireurs !
La patrouille de Léon a atteint la ville et m'a envoyé un messager : La ville est occupée, mais par moins d'un millier d'homme et sans cavalerie. Ca en fait une cible de choix ! Hélas c'est aussi une cible très excentrée, qui m'éloigne encore de mon chef.
Je calcule rapidement que mon dernier message du 23 (ou j'explique à Murat ma situation tendue niveau troupes) a dû arriver à Madrid, mais la réponse doit encore être en route. Je décide d'attendre le 28 au matin pour tout mouvement : entre temps je serais ravitaillé, je devrais recevoir mes ordres, et peut être des nouvelles de Salamanca !

La bonne nouvelle, c'est que l'ennemi ne menace pas ma patrouille, sans doute de par son faible nombre et son absence de cavalerie. Du coup, mes cavaliers établissent un piquet à proximité de Léon : je pourrais être informé des futurs changements aux alentours de la ville.

J'envoie immédiatement un courrier à Madrid pour donner l'information.





27 Mai 1808

Je reçois deux messages successifs de ma patrouille à Salamanca !
Le premier, reçu à 10h30, m'informe que la ville est bien tenue par l'espagnol, mais qu'ils n'arrivent pas à estimer la taille de la garnison. Ils peuvent simplement m'informer de l'absence de cavalerie.
J'ai donc une nouvelle cible plus intéressante à viser, parce que si l'ennemi est parti au Portugal comme je le soupçonne, Salamanca sera son point d'accroche à son retour.

Autre bonne nouvelle : comme à Léon les hommes décident de rester sur place pour surveiller la ville.

Mais 11h plus tard, je reçoit un deuxième message un peu moins enthousiasmant : Une force de plusieurs milliers d'hommes est arrivée à Salamanca en provenance du sud ouest ! Ils sont entrés en ville, et les effectifs désormais à proximité ont rendu mes cavaliers nerveux. Ces derniers ont quitté la position et rentrent, conformément à leurs ordres.


La situation est donc globalement la suivante (La patrouille en train de rentrer n'apparait pas sur cette image, et j'explique les traits rouges plus loin) :

https://i.ibb.co/4F4TTBH/20210215213452-1.jpg


Il me faut décider quoi faire.

Si plusieurs milliers d'hommes sont à Salamanca, je pars du principe qu'au moins une division doit désormais être sur place. Je suppose qu'elle va y stopper pour se ravitailler, se regrouper et se reposer.

Mon soucis, c'est que si je fais l'inventaire de mes forces mobiles, je n'ai pas plus d'une division à lui opposer ! J'ai bien l'appui de la deuxième brigade de Cavalerie de Grouchy, mais c'est une unité qui ne servira pas directement en cas de siège, et que je ne compte de toute façon pas engager dans un combat. Je veux qu'elle reste fraiche pour pouvoir faire ce qu'elle fait de mieux : massacrer l'ennemi en cas de victoire, ou couvrir mon décrochage en cas de défaite.

Mon premier réflexe -qui était de marcher immédiatement sur la ville- est donc en fait plutôt risqué : ça reviendrait à m'engager avec une division qui arrivera fatiguée et dispersée face à une force vraisemblablement équivalente, reposée et ravitaillée, derrière des fortifications.
Comme j'ai ordre de ne pas chercher l'affrontement à moins d'être certain de ma supériorité, je dois oublier cette possibilité pour l'instant.

Par contre s'il quitte la ville je suis dans une position idéale pour menacer son déplacement. S'il bouge, ça sera certainement pour aller sur Léon (nord), Valladolid (nord est), Ségovie (est) ou Madrid (est-sud-est). Dans les quatre cas je peux lui tomber sur le râble à partir de Valladolid, du moment que je suis informé suffisamment tôt.

J'envoie donc immédiatement trois nouvelles patrouilles pour surveiller les axes de départ de la ville, elles ont ordre de se poster au niveau des traits rouges sur la carte précédente.
J'envoie également une patrouille sur la route de Madrid, parce que le maréchal Murat ne m'a toujours pas répondu, et que j'ai la hantise de trop en dire dans mes courriers et de me les faire intercepter.




28 Mai 1808

Mes hommes sont ravitaillées, parés à partir, et je reçoit des messages de mes différentes patrouilles pour signaler que tout va bien.



29 Mai 1808

Enfin une réponse !

Ce dernier s'excuse du temps mis à répondre, et m'indique que le général Junot (commandant de l'armée du Portugal) n'a "pour l'instant" pas croisé de force conséquente. Je met "pour l'instant entre guillemets, parce que vu la distance les dernières nouvelles de Murat datent du 19 mai ! :p

Il me dit que le nord est est également libre de toute présence espagnole. Le IVeme corps de Duhèsme (Dans le secteur de Barcelone) et le Ier corps de Fresia (Parti à l'est vers se coordonnent pour descendre au sud est.
Quand au maréchal Bessières, il ne semble plus donner signe de vie. Murat m'informe qu'il redirigera son IIeme corps vers mon secteur à la première occasion.

Enfin, il m'annonce que je récupère la moitié de ma division Gobert (restée à Madrid et réquisitionnée au dernier changement) ainsi que ma division Grouchy !!! :lol:

Du coup, pour donner un ordre d'idée trèèèèèès imprécis de la situation (position des différents corps fiable à 400km près :ninja:) avec des flèches dégueulasses, ça donne :

https://i.ibb.co/HpPRrzF/20210216172915-1.jpg


Je n'ai pas encore envoyé mes consignes pour le 29.
Je vais devoir organiser le rapatriement de ces forces sur mon secteur, et rester vigilant pour intercepter entre temps tout mouvement adverse.

J'hésite toujours à profiter du créneau pour marcher sur Léon, au nord. Je vais y réfléchir. :ninja:

Bopnc
16/02/2021, 20h13
La reconnaissance par la destruction, mission première de la cavalerie légère.

Ah, oui, j'avais oublié de réagir a ton commentaire !

La "reconnaissance par la destruction" ça veut dire qu'on envoie des cavaliers partout, et que quand certains reviennent avec le pif en sang et le bide troué c'est une bonne nouvelle parce qu'on a trouvé l'ennemi ? C'est ça ? :ninja:

Y'a des subtilités qui m'ont échappé ? :p

Seymos
17/02/2021, 00h25
C'est ça.

En fait, la vraie phrase, c'est le compte-rendu par la destruction.

En gros tu envoies l'unité en avant, et quand elle arrête de rendre compte c'est qu'elle est détruite, donc à priori elle a rencontré l'ennemi. :ninja:

LeLiquid
23/02/2021, 21h04
J'hésite toujours à profiter du créneau pour marcher sur Léon, au nord. Je vais y réfléchir. :ninja:

Tu sais qui a écouté son instinct ?


:ninja:

Bopnc
24/02/2021, 20h22
C'est ça.

En fait, la vraie phrase, c'est le compte-rendu par la destruction.

En gros tu envoies l'unité en avant, et quand elle arrête de rendre compte c'est qu'elle est détruite, donc à priori elle a rencontré l'ennemi. :ninja:

C'est exactement ce qui est arrivé à ma première patrouille à Salamanca en fait. Mais je ne sais pas pourquoi à cause des délais et du flou de la situation je n'ai pas immédiatement envisagé qu'elle pouvait avoir été détruite par l'ennemi. Au final je n'aurais pas perdu beaucoup de temps parce que j'aurais de toute façon attendu la fin du ravitaillement, mais il ne faut pas que je me laisse piéger à nouveau. Dès que je n'ai plus de nouvelle, je double la patrouille !



Tu sais qui a écouté son instinct ?


:ninja:

Napoléon ? :ninja:

LeLiquid
26/02/2021, 14h03
Oui.




:ninja:

Bopnc
20/03/2021, 00h38
Hey ! Bonjour !

Vous êtes toujours là ? :ninja:

La partie avance toujours à son petit rythme, mais comme j'ai été pas mal chargé IRL et que rien de bien palpitant ne se passait dans mon secteur, j'attendais d'avoir assez de contenu pour poster.

Ca a juste pris plus de temps que ce que je pensais, et maintenant, j'en ai presque trop. :p



29 Mai 1808 (bis)

C'est repartit donc ! J'étais resté au 29 mai 1808, en train de stabiliser ma situation à Valladolid.
Au nord-ouest, la ville de Léon semblait très peu défendue, et faisait une proie idéale.
Au sud-ouest, la ville de Salamanca venait de voir débarquer au moins une division espagnole, peut-être plus.
Et moi, au milieu, en sous effectifs, qui venait de récupérer le commandement d'une partie de mes troupes situées à Madrid, et me demandais s'il était judicieux d'étirer encore mes lignes pour prendre Léon. N'ayant aucune connaissance de ce qui arrivait au sud.

https://i.ibb.co/HpPRrzF/20210216172915-1.jpg

Mes premiers ordres pour cette journée ont été d'organiser la marche de mes forces à Madrid (dont Murat venait de me rendre le commandement) jusqu'à Valladolid. Je vous passe les détails logistiques, l'important était qu'il allait falloir une petite semaine de marche aux divisions Gobert et Grouchy, ainsi qu'à la réserve d'artillerie, pour rejoindre Valladolid et me redonner une force conséquente.

En écrivant les ordres pour rapatrier la cavalerie de Grouchy, je réalise que Murat va rester sans aucun éclairage de la capitale, qui me semble quand même très vulnérable sur son ouest-sud-ouest. Hors c'est justement la direction dont proviennent les forces Espagnoles de mon secteur. Je prends donc l'initiative de lui laisser un détachement de cavalerie à Madrid, pour qu'il puisse continuer à recevoir les informations de mes piquets, et éventuellement en envoyer d'autres.
J'envoie également un nouveau piquet à l'ouest de Madrid pour couvrir la grande route qui n'était absolument pas surveillée.


Au nord, après une hésitation déchirante, je décide finalement de ne pas marcher sur Léon. Ma priorité est de défendre Madrid contre toute marche adverse, tout en attendant l'arrivée du Maréchal Bessières (actuellement loin au nord-est). Une fois ces renforts arrivés, nous serons en large supériorité et ces villes pourront être prises sans risques.



30 Mai 1808

Rien de particulier à signaler, je gère des patrouilles.



31 Mai 1808

Nouveau courrier de Murat. Il confirme mes ordres : Menacer l'adversaire sans prendre aucun risque, et attendre le IIeme corps de Bessières pour attaquer.
Une phrase en particulier définit clairement mes instructions : "Le territoire peut se reprendre, pas les hommes ! Harcelez-les, mettez leurs nerfs à vif, mais n’engagez que si vous êtes certain de remporter la bataille, il ne faut pas leur donner la moindre victoire symbolique et/ou unificatrice."

En matière de harcèlement, ça va être compliqué vu les distances en jeu et le peu de zones de ravitaillements. Ça me conforte donc dans l'idée de rester sur ma position centrale et de me concentrer sur l'éclairage, dans le but d'avoir l'image la plus fidèle possible des positions adverses au moment de l'arrivée du IIeme corps.



1er Juin 1808

Rien à signaler.



2 Juin 1808

Une patrouille envoyée à la forteresse de Zamora, à l'ouest, me signale la présence d'une garnison de taille réduite. Sans cavalerie.
Comme à Léon, ma patrouille reste au contact de la ville pour observer l'adversaire, et me rapporter ses mouvements.

https://i.ibb.co/t3cmrFv/20210319222322-1.jpg




3 Juin 1808

Ma patrouille de Badillo, au nord-est de Salamanca, me signale que des cavaliers espagnols ont tenté une reconnaissance en provenance du sud. Ils ont été repoussés et sont repartis vers Salamanca (voir screen du 6 juin).




4 Juin 1808

Nouveau courrier de Murat. Il m'informe que Bessières et son deuxième corps sont en route, et qu'ils devraient arriver à Burgos (au nord-est de Valladolid) vers le 14 Juin. Il me demande de prendre contact avec lui à son arrivée, et de nous coordonner pour mettre fin à la présence espagnole dans la zone.



5 Juin 1808

Rien à signaler.



6 Juin 1808

Mon piquet qui couvre la forteresse de Zamora me signale à son tour une reconnaissance de la cavalerie espagnole. Comme au nord de Salamanca, ces cavaliers ont fait demi-tour au premier contact avec mon piquet.


https://i.ibb.co/GVBMSdj/20210319225119-1.jpg


Mes renforts de Madrid ne sont toujours pas là. Je m'impatiente un peu. Mon éclairage est bon, et j'ai désormais une bonne idée des positions ennemies (enfin, si j'ose dire. Disons que je ne suis plus qu'à 70% aveugle). Il faudrait que je bouge !




7 Juin 1808

Une autre de mes patrouilles m'informe avoir atteint Salamanca. Elle estime elle aussi la présence ennemie en ville à plusieurs milliers d'hommes.
N'étant pas menacée par de la cavalerie adverse, elle est restée sur place.

Je réalise dans la matinée que mon piquet de Badillo, qui avait intercepté la première patrouille le 3, ne m'a pas fait son compte rendu hebdomadaire. Je le considère comme détruit par l'ennemi.
Heureusement, la patrouille désormais aux portes de Salamanca couvre la même route.



Et vers la fin de matinée, ça y est !
Les divisions Gobert, Grouchy et mon artillerie de réserve arrivent enfin à Valladolid ! Les cavaliers de tête arrivent vers 11h, et l'entrée dans la ville se poursuit jusqu'au début de l'après-midi. Je leur donne immédiatement l'ordre de ravitailler.

Dès confirmation de l'arrivée des renforts, je décide de ne plus tergiverser et de lancer l'opération contre Léon. Certes mes ordres sont de ne pas prendre de risques et d'attendre Bessières, mais il ne faut pas non plus laisser l'initiative à l'adversaire, et cette ville majeure sera toujours un objectif de plus à reprendre pour l'adversaire.

Pour cette marche, je décide d'envoyer les 5200 hommes de la division Frère, ainsi que les 1100 sabres de la deuxième brigade de Cavalerie de Grouchy.
C'est un peu exagéré pour écraser quelques centaines de fantassins, mais ces derniers sont quand même derrière des murailles et je maîtrise mal les sièges. J'avoue qu'à raison de six jours de marche aller et six jours de marche retour, j'ai moyennement envie que mes hommes ne soient pas assez nombreux pour forcer la position une fois sur place.
Je préfère envoyer de la cavalerie avec pour faire l'éclairage, et permettre un décrochage en cas de renforts inopportun.

Après hésitations, je décide de ne pas partir avec eux, et de maintenir mon QG sur Valladolid. L'action principale reste ma surveillance de Salamanca et ma défense de la région, et en particulier de la route de Madrid.
J'écris donc des ordres complets au général Frère, pour qu'il puisse agir en autonomie. Je donne clairement l'intention de l'action : prendre la ville, mais éviter tout engagement majeur et décrocher si nécessaire.

Ces hommes sont déjà reposés, ravitaillés et prêts à partir. Ils quittent la ville immédiatement !


https://i.ibb.co/yB2v5gM/20210319232551-1.jpg

Bopnc
20/03/2021, 01h41
Je profite du passage de cette fin de premier mois de guerre pour faire un petit bilan de la situation. Exercice toujours périlleux (et sans doute assez hilarant de votre point de vue) étant donné le flou complet dans lequel nous sommes plongés. :p



Coté renseignement :

De notre côté, le manque d'information a été (et est toujours) cataclysmique.

Sur les quatre insurrections signalées au premier jour, nous n'en avons trouvé aucune !
Je ne sais toujours pas combien ils ont d'armée, ni même combien d'hommes ils peuvent aligner, ni leur niveau d'entraînement ou d'équipement.
C'est un manque important, car sans cette information je ne peux pas estimer à quel point je peux être offensif sans contrevenir aux ordres de prudence de Murat : Si ça se trouve il y a quinze pelés en face, mais je ne peux pas le savoir, donc je ne peux pas prendre le risque.

Sur ce point, je pense que je suis plus mal loti que mon alter égo historique. Je pense qu'en vrai, les mecs avaient un état major qui cravachait jour et nuit pour estimer ce que les gens d'en face pouvaient lever comme troupes, et ou ils pouvaient les lever.

Peut être que Murat a ce genre d'infos, ceci dit. Mais dans ce cas, il ne les a pas partagées avec moi.


Seule avancée : je sais désormais qu'ils ont de la cavalerie, au moins en petit nombre, mais suis toujours incapable de savoir s'ils peuvent en aligner des masses comme nous, et si leur éclairage (sans doute assisté par la population locale qui leur est favorable) est meilleur ou plus mauvais que le notre.



Coté territorial :

Là par contre, la situation nous est plutôt favorable.

Au final, nous avons tenu Madrid et sécurisé le nord-est.
Nos lignes de ravitaillement vers la France ont été sécurisées et le train de siège de Bayonne a certainement pu être récupéré.
Le premier corps a repoussé l'ennemi à l'est, et pour ma part j'ai récupéré une bonne partie du nord-ouest sans rencontrer d'opposition.

En gros, nos objectifs initiaux sont remplis :
- Tenir Madrid.
- Sécuriser nos lignes de ravitaillement au nord-est.
- Ne pas subir de défaite majeure ou perdre bêtement des hommes.


Ca donne -très grosso modo et avec mes informations parcellaires- ça :

https://i.ibb.co/41wjn3P/20210319235916-1.jpg

(Vous aussi vous trouvez que Madrid n'est pas franchement bien protégée ? Ou c'est que moi ? :p)




Coté adverse :

Le gros souci, de mon point de vue, c'est que ces objectifs semblent n'avoir été remplis que parce qu'on n'a pas franchement rencontré l'ennemi.

Vu qu'il n'a été repoussé qu'à l'est, et que je n'ai pas eu d'écho d'une grande bataille où que ce soit d'autre, ça veut dire que son plan doit lui aussi se dérouler sans trop d'accrocs.


A ce stade, et à moins que Murat ait oublié de me mentionner des événements majeurs, je ne vois toujours pas des masses de possibilités :

1 - L'adversaire est plus faible, plus discret et plus facile à ravitailler que ce qu'on pense, et il nous fuit dans l'attente des renforts anglais.
Mais dans ce cas, son insurrection n'est pour le moment pas bien méchante, et nous laisser le terrain sans même nous menacer me semble assez illogique.

2 - Notre renseignement est complètement à la ramasse. Nous avons raté une ou plusieurs armées espagnoles quelque part, qui font ce qu'elles veulent sur certaines villes majeures, et pourraient même peut-être se poster sur nos lignes de ravitaillement.

3 - L'adversaire commençait très dispersé, et il a fait le choix d'abandonner dans un premier temps le terrain dans le but de regrouper ses armées. Ca expliquerait pourquoi on ne croise personne, et pourquoi il ne reste que quelques unités isolées de mon côté pour donner le change.
Cela impliquerait que leurs divisions se rassemblent à deux, peut-être même un seul point du pays, dans le but de former une force capable de battre sans soucis une partie isolée de la notre.

4 - L'adversaire est encore plus à la ramasse que nous, aveugle, et a fait des conneries qu'il met du temps à compenser. C'est amusant à envisager, mais on ne va pas trop compter là dessus. :p

5 - L'insurrection est un hoax monté de toutes pièces par Murat pour se faire mousser et prendre de l'avancement tout en entraînant ses hommes grâce à un exercice géant. Il n'y a en fait pas d'adversaire, ni de guerre. :ninja:


L'option 3 est la plus probable de mon point de vue. C'est ce que je ferais si j'étais le chef d'en face : regrouper les armées au moins par deux pour leur donner du punch, et attaquer une cible valable en position de force.

Niveau cible potentielle, nos lignes de ravitaillement semblent désormais sécurisées. je n'en voit donc que deux :
- Madrid capitale du pays qu'ils doivent penser bien défendue (les naïfs :p)
- L'armée du Portugal, très isolée, et sur le dos de laquelle les anglais peuvent débarquer.


Aux dernières nouvelles, Junot et son armée du Portugal allaient bien (mais ça commence à dater). Et Murat n'a pas l'air très inquiet à Madrid.
Donc si c'est bien le plan de l'adversaire, il met du temps à le mettre en place.

Bopnc
24/03/2021, 23h34
08 Juin 1808



Les ravitaillements des troupes ont été vérifiés. Tout est ok et l'expédition de Léon est partie la veille dans l'après midi en direction du nord !

C'est un soulagement. Après 10 jours un peu attentistes, j'avais vraiment peur que l'adversaire ne prenne l'initiative.

Maintenant, le plus important, c'est de ne surtout pas... Ah ? Tiens ? Il y a un courrier de Murat qui vient d'arriver :



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Madrid, le 6 juin, 16h30
Du Maréchal d’Empire Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne
Au Maréchal d’Empire Moncey, en résidence à Valladolid

Maréchal,

La situation est préoccupante au sud. Une force de 14'000 espagnols assiège actuellement 3000 français dans la ville de Badajoz.

Le général Junot est incapable d’envoyer une force de secours suffisante. Vous êtes mon officier le plus proche dans la région. L’autre possibilité est que j’y aille personnellement, bien que mon sabre trépigne dans mon fourreau, je ne peux abandonner le siège royal pour le moment.

Ainsi, je vous demande de prendre la route pour le sud avec le maximum d’hommes possibles, tout en laissant une garnison capable de tenir 2 semaines jusqu’à l’arrivée de Bessières.
J’envoie 2000 hommes prendre position à Tolède, ainsi la division Morlot est entièrement disponible en plus de vos autres forces.

En parallèle, nous allons prendre en tenaille les forces espagnoles avec une petite force en provenance de Lisbonne et d’Elvas.

Une fois sur place, veillez à aider le général à mater les espagnols et la potentielle armée portugaise.

Tenez moi au courant de votre avancée dans ce sens

Vive l’Empereur, Vive la France et vive l’Empire.

Joachim Murat, commandant en chef de l’Armée d’Espagne




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https://i.ibb.co/Y3yLTfr/napoleon-sad.jpg



Bon...

Un petit passage sur la carte s'impose. :p



https://i.ibb.co/jRzJ9XS/20210324211004-1.jpg



La ville de Badajoz est une ville importante a la frontière du Portugal. Elle est bien fortifiée (c'est une fortification partiellement modernisée à la Vauban), et est une des voies d'accès majeure vers Lisbonne.

Premier constat : c'est loin ! Quatre cent kilomètres à vol d'oiseau. Au moins vingt jours de marche rapide, au bas mot.

Cette distance règle une question : Si j'y vais, c'est avec la totalité de mes forces ! Hors de question de me retrouver à nouveau écartelé sur des centaines de kilomètres et de me faire piquer des divisions par mes collègues.

De cette décision découle le fait que l'expédition de Léon est caduque. L'appel de Murat n'est pas si pressant que ça, mais je ne pense pas pour autant pouvoir retarder mon départ quinze jours sans risquer la cours martiale. A contre cœur (et un peu blasé, j'avoue :p) je rappelle immédiatement la division Frère et la deuxième brigade de Grouchy sur Valladolid.



Deuxième constat, j'ai deux options pour y aller.
- Je peux prendre la route "directe" et partir directement au sud-ouest. Cette route me fait passer directement par les territoires espagnols, ce qui me permet de leur rentrer dedans avec toutes mes forces concentrées. Par contre, elle me force à prendre ou à contourner la forteresse de Salamanca, puis celles de Cuidad Rodrigo et d'Alcantara. C'est donc une option intéressante si je veux la jouer offensif, par contre l'ennemi va clairement me voir arriver et je risque de laisser du monde sur mes arrières.
L'autre très gros soucis de cette voie, c'est que je n'y ai aucun dépôt connu. Je suis donc totalement dépendant de la capture de dépôts Espagnols pour mon ravitaillement.

- Je peux prendre la route "intérieure", et repasser par la région centre. Cette option est de très loin la plus sure et la plus discrète, puisque je me déplace par des routes sécurisées par ma cavalerie, sans que personne ne puisse détecter mon départ (sympathisants espagnols mis à part, bien sur).
Elle me permet surtout de stopper à Tolède pour ravitailler et récupérer la division Morlot, avant de basculer à l'ouest vers Truxillo (ou j'ai un gros piquet de cavalerie) puis Badajoz.
Il n'y a qu'une seule forteresse sur cette route : celle de Merida, à cinquante kilomètres de Badajoz, qui sera peut être occupée par l'ennemi.
Accessoirement, cette option revient à dire de faire demi-tour aux milliers d'hommes qui sont arrivés la veille, éreintés par une marche de sept jour. Genre "bon, on repars en sens inverse, mais au moins maintenant vous connaissez la route, hein ?" :p



https://i.ibb.co/b7jVM52/20210324211117-1.jpg



Le soucis pour choisir, c'est que je n'ai pas clairement saisi l'intention du maréchal Murat.
- Est ce qu'il veut que j'amorce un mouvement vers le Portugal, en axant moins sur la vitesse, mais plus sur le soutien militaire à l'armée du général Junot ?
- Est ce qu'il veut que je fonce au sud à toute allure pour relever le siège le plus vite possible ? Quitte à perdre tous les avantages gagnés dans la région ?


Si j'avais un poste radio à mon QG. J'aurais appelé Murat et j'aurais demandé des clarifications. J'aurais aussi fait des remarques sur la pertinence de faire faire des allers retours de plusieurs semaines à mes hommes alors que ma force était enfin rassemblée et à pied d'œuvre sur le secteur.

Mais je n'ai pas de poste radio. Et il me faut quatre jours aller-retour pour échanger avec Murat...



Du coup, dans le doute, je décide de partir sur la première option tout en laissant la seconde ouverte.
- J'envoie un courrier à Burgos, au nord est, point d'arrivée supposé du Maréchal Bessières, pour détailler toutes les forces adverses et alliées du secteurs.
- J'envoie un autre courrier au Maréchal Murat, ou je pose mes questions et lui demande de clarifier.
- Je me donne une journée pour reposer les forces arrivées sur Valladolid, le temps de faire revenir l'expédition de Léon.
- Une fois regroupé, je partirais immédiatement vers Tolède, laissant seulement 2000 hommes en garnison.
- Au passage à l'ouest de Ségovie, je récupèrerais 2000 hommes sur les 4000 que j'avais laisse en garnison.

Une fois à Tolède une bonne semaine se sera déjà passée, je pourrais échanger plus facilement avec Murat, et il sera toujours temps d'ajuster la suite des opérations !

Pinkipou
25/03/2021, 00h52
J'ai regardé ça récemment et ça m'a fait penser à votre partie. Tu penses que ça serait réalisable (et efficace) en jeu ?


https://youtu.be/vCROcugYNzI

Bopnc
25/03/2021, 02h09
J'ai regardé ça récemment et ça m'a fait penser à votre partie. Tu penses que ça serait réalisable (et efficace) en jeu ?

https://youtu.be/vCROcugYNzI



C'est marrant que tu demandes ça, parce que c'est une des premières vidéos qu'on m'a montré quand on démarrait la partie. :p


Initialement, je voulais tester ça sur la défense de Madrid. Si je ressort un des premiers screens, on voit qu'il y a quatre villes fortifiées alentours qui semblent plutôt adaptées :

https://i.ibb.co/3ytBTWb/20201217134330-1.jpg

Malheureusement, j'ai réalisé un peu tardivement que ces places fortes étaient super difficiles à ravitailler à cause de l'insurrection. Impossible d'y laisser des garnisons à long terme.


Plus récemment, Je tentais un peu la même chose sur le quadrilatère/triangle Valladolid - Burgos - Ségovie (- Salamanca.)

Mais le principal soucis que j'avais ici, c'était les distances. Ce système ne marche que si tu as le temps de détecter l'ennemi et faire venir tes renforts avant que la place ciblée ne soit attaquée et prise. Là, avec plusieurs jours rien que pour avoir l'info d'une attaque ennemie, et sans même parler de faire bouger des renforts, j'avais peur que les places soient trop éloignées pour que ça marche.



Mais maintenant de toute façon je suis plutôt sur cette vidéo. :ninja:

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Seymos
25/03/2021, 15h20
En tout cas, pas de radio, des problèmes de communication, des ordres qui succèdent à des contrordres et des loses topos, c'est super réaliste comme simulation :ninja:

LeLiquid
26/03/2021, 22h25
En tout cas c'est toujours un plaisir de suivre ton AAR sur ce beau simulateur de randonnée.

:ninja:

Bopnc
27/03/2021, 01h23
En tout cas, pas de radio, des problèmes de communication, des ordres qui succèdent à des contrordres et des loses topos, c'est super réaliste comme simulation :ninja:

Ordre, contrordre, désordre. La routine. :p



En tout cas c'est toujours un plaisir de suivre ton AAR sur ce beau simulateur de randonnée.

:ninja:

Moi ce que je retiens, c'est qu'on a une tactique qui marche ! :ninja:

Bopnc
09/06/2021, 18h13
Bonjour !

Ah, tiens, vous êtes toujours là ? Y'a pas trop de poussière ? :ninja:


Rassurez vous, la partie avance, tout comme mes troupes qui se sont tapées une sacré marche.

Mais c'est loin, et c'est long. :p

Et comme la naissance de mon deuxième fils est survenue au milieu, j'ai eu parfois du mal à jouer mes ordres dans les temps, sans même parler de vous tenir au courant. :ninja:


Ceci dit, le suspens arrive à son terme et il devrait bientôt y avoir un minimum d'action. Du coup, je vais quand même tenter un résumé des derniers évènements, qui sera peut-être un peu moins complet et un peu plus brouillon que d'habitude, mais on fait ce qu'on peut !



Rappel de l'action en cours :

https://i.ibb.co/jRzJ9XS/20210324211004-1.jpg

Nous étions le 8 juin, et Murat m'avait demandé de partir toute affaire cessante pour lever le siège de Badajoz.
Il voulait pour cela que je prenne la route sécurisée et rapide, par Tolède et Truxillo.

https://i.ibb.co/b7jVM52/20210324211117-1.jpg



Du 8 au 11 Juin :

J'ai donc rappelé l'expédition partie vers Léon, et réorganise tout le monde pour partir au matin du 12.

Je rappelle aussi toutes les patrouilles et piquets qui ne sont pas directement au contact de l'ennemi, mais je laisse les autres.

L'idée, peut être un peu naïve, est de ne pas donner le signal de mon départ à l'adversaire avant d'être loin. Je me dis que s'il apprends que les piquets quittent leurs positions, il va se douter que quelque chose se prépare.
Et je dis "peut être un peu naïve" parce que si ça se trouve, la population les renseigne sur mes mouvements de toute façon. ^_^




Du 12 au 19 Juin :

https://i.ibb.co/4dXy1XD/20210324211117-1-etape-1.jpg

C'est donc le départ, et la longue marche vers Tolède.



Fait amusant, dans le courrier de Murat me demandant de partir au sud, il y a un passage que j'ai complètement sous-estimé lors de mes premiers ordres.

Dans cet extrait, Murat écrit en franc-comtois, langue que mon personnage parle. Il me demande de valider le texte, qui a été écrit par un de ses hommes de troupes à l'intention de camarades francs-comptois eux aussi.

Je vous met l'extrait traduit (en souligné) avec le contexte :

En parallèle, nous allons prendre en tenaille les forces espagnoles avec une petite force en provenance de Lisbonne et d’Elvas. Une fois sur place, veillez à aider le général à mater les espagnols et la potentielle armée portugaise.

Je me permets de vous demander votre avis sur un discours à donner aux soldats d’origine franc-comtoise, j’ai demandé à un soldat du rang, mais je ne suis pas certain de sa qualité.
"Nous avons intercepté un message de la part du chef de l’armée lusitanienne de l’ouest qui était à cent cinquante kilomètres au nord-est de la capitale lusitanienne. Le déplacement de troupes dans la capitale est un guet-apens pour les tenter de sortir reprendre leur ville. S’ils réagissent, prenez-les à revers."

A la première lecture, j'étais surtout concentré sur mes ordres et l'abandon de toutes mes affaires cessantes. Je me suis dit que c'était un message destiné aux forces alliées au portugal, et que vu les difficultés d'accès il préférait que le piège se tente sans que le message ne puisse être facilement intercepté. J'ai oublié de répondre sur ce point, et n'y ai pas plus prêté attention.


Mais quelques jours plus tard, en le relisant, j'ai réalisé que j'étais une buse : Ce message codé, il aurait tout aussi bien pu m'être destiné !!!

J'ai donc cherché à comprendre ce qu'il voulait dire, et le souci, c'est que sans contexte, bah c'est flou !

- La Lusitanie, c'est une province romaine du sud-ouest de l'espagne, qui comprend en gros la moitiée sud du Portugal et la partie d'espagne immédiatement à son est.
- La capitale Lusitanienne... bah c'est plus compliqué. La capitale romaine était Merida, mais la capitale actuelle du coin, ça serait plutôt Lisbonne. Et ce terme "capitale" dans la deuxième partie de la phrase, il concerne la même ville ? Une autre ? Merida ? Lisbonne ? Madrid ?
- Si on part du principe qu'il parle de Merida, alors 150km au nord est, c'est le secteur centre, vers lequel je me dirige. Dans ce cas, il voudrait parler de laisser Madrid se faire attaquer pour que je prenne à revers ? Ca me semble quand même osé de laisser la capitale exposée de cette façon. Et de toute façon je vais arriver par le nord, alors il faudrait une synchro fantastique pour que je puisse tomber sur une armée juste après qu'elle soit passée.
- Si on part du principe qu'il s'agit de Lisbonne, alors là j'ai du mal à voir comment je pourrais prendre qui que ce soit à revers. Je suis à 200km, et je m'en éloigne.

C'est pas clair pour vous ? Ca tombe bien, pour moi non plus. :p

https://i.ibb.co/Nmyb5g1/20210324211117-1-Copie.jpg


J'ai donc suggéré quelques améliorations (moi aussi en Franc-Comtois) dans le but de clarifier un peu la situation, et en ai profité pour demander si nos lignes de communications étaient compromises.

La réponse est arrivée quelque jours plus tard, je la résume :
- Les deux villes sont Abarantes et Lisbonne
- "Mieux vaut prévenir que guérir".


Avec les deux villes précisées, le flou est dissipé mais je suis resté dubitatif. Il s'agit de secteurs qui sont à des centaines de kilomètres de ma position, et je n'ai aucun moyen d'aller y faire un tour à court terme. N'ayant pas très bien saisi la volonté de Murat, je me suis dit que ce n'était pas bien grave, et qu'on en parlerait en direct quand on serait à proximité l'un de l'autre.




Du 20 au 21 Juin :

Arrivé à Tolède dans la journée du 20, j'ai informé Murat de la situation dans le nord et demandé à nouveau des précisions sur la situation. Mes troupes ont été mises au repos et le ravitaillement a été complété.

A partir de Tolède, je serais sans soutien et sans dépôt jusqu'à Badajoz. Si la ville est toujours assiégée, il vaudra mieux que je remporte la bataille, sans quoi je serais bon pour retraiter de 150km avec le ventre vide.

Préoccupé par cet aspect, j'ai un moment envisagé d'emporter avec moi une partie du dépôt de Tolède. Mais les chariots sont lents, vulnérables, consommer le ravitaillement prend du temps, et ils n'auraient emporté qu'une quantité limitée de ressources.Mes ordres étant de me rendre là-bas le plus vite possible, j'ai finalement abandonné l'idée.



Du 22 au 28 Juin :

C'est parti pour la marche vers Truxillo !

https://i.ibb.co/h893yLw/20210324211117-1-etape-2.jpg


A mon grand étonnement, je pars sans avoir eu la moindre nouvelle de Murat. Je ne suis pourtant qu'à quelques heures de courrier. Je lui renvoie un messager, dans le doute, et lui réclame à nouveau des informations sur la situation.

Le 24, je croise un messager de l'armée du Portugal qui arrive en sens inverse à destination de Madrid (l'armée du Portugal Française, oui moi aussi j'ai raté un battement de cœur en lisant le courrier au départ) . Il m'informe des forces rencontrées, mais je ne pourrais pas lire son message.

Je n'ai toujours aucune nouvelle de Murat, ce qui m'inquiète de plus en plus. J'ai du mal à imaginer ce qui pourrait bloquer nos communications, alors j'imagine le pire : un piquet de cavalerie Espagnol qui nous choppe tous nos messagers à la sortie de la ville, l'insurrection qui a coupé les routes, ou même Madrid prise par l'ennemi alors que j'étais juste à coté.

Dans le doute, j'envoie une patrouille à Madrid avec ordre de me donner la situation sur place, en particulier l'état du maréchal Murat.



28 Juin :

Toujours pas de nouvelles du maréchal Murat !

La tête de ma colonne arrive à Truxillo. Je mets les hommes au repos, mais je ne pourrais pas rester jusqu'à leur récupération complète à cause de la pression sur mon ravitaillement. Il ne me reste que 12 jours de vivres, et il en faut au moins 6 jusqu'à Badajoz. Il ne faudra pas traîner, d'autant que juillet approche avec ses canicules.


La question du jour, c'est de savoir si je dois envoyer des patrouilles vers mes différents objectifs de la région.

Je m'explique : Juste là, j'ai été (je pense) relativement discret sur ce déplacement. Je suis à une semaine de marche de mes objectifs, et à moins que les renseignements espagnols soient largement supérieurs aux nôtres, personne en face ne doit savoir que j'arrive, ni par ou.

La question est donc de savoir si je romps cette discrétion en envoyant des cavaliers tout azimuts, ou si je reste compact et que je bourre dans le tas avec mes forces concentrées, en prenant les Espagnols un maximum par surprise.

Le point important ici, c'est que je pense être en supériorité par rapport à ce que j'ai en face. Après tout, j'ai un gros corps avec moi, rassemblé et motivé, composé de soldats que l'Europe nous envie !
Alors certes, ils sont fatigués et un peu dispersés, mais si en face ça tient un siège depuis deux mois je suppose que les troupes doivent aussi être bien occupées à vider leur dysenterie dans les tranchées. :rolleyes:

Du coup, vu cette supériorité, peu importe ce que je rencontre : je lui rentre dedans. Dans ce cadre, est ce qu'il est bien malin d'avertir l'ennemi et de lui laisser le temps d'alerter des renforts ?

Et bien après de longues réflexions, je décide que...oui. :ninja:

Malgré ma supériorité, je n'ai droit qu'à un seul essai pour cette campagne. Du coup, si la moindre information peut me permettre de me diriger vers le bon objectif, je ne peut pas la rater.
J'envoie donc des patrouilles vers Badajoz, Merida, et quelques carrefours importants du secteur.



29 Juin :


Ma patrouille envoyée vers Madrid me contacte : tout va bien dans la capitale, Murat est à son poste, et a même reçu quelques renforts. Ça me rassure beaucoup, même si je ne comprends pas son silence.

Sinon toutes mes troupes sont rassemblées, et j'ai prévu de repartir le 30, en faisant un compromis entre le repos et le ravitaillement.

Il est donc temps de causer tactique !

J'ai deux cibles en face de moi :
- Badajoz, que j'espère encore entre nos mains, considérée assiégée jusqu'à preuve du contraire. Ville importante.
- Merida, plus à l'est, est une forteresse de bien moindre importance à première vue.


https://i.ibb.co/zSyNQYy/20210609160559-1.jpg



Vis à vis de ces objectifs, un paramètre que j'avais sous estimé s'impose à moi : le Guardiana.

Ce fleuve est présent sur les deux objectifs, qui représentent également les deux seuls points de passage accessibles (Serena, plus à l'est, représente un détours de plus de 10 jours de marche).


Badajoz :

Badajoz est au sud du fleuve. Ce qui veut dire que si je veux lever le siège, il faudra que je traverse de force le pont avant même de livrer bataille !

Comme je soupçonne l'ennemi d'occuper Merida, et d'à minima surveiller Elvas, cela signifie qu'il faudra que je tente un franchissement frontal avec mes deux flancs exposés à l'arrivée des renforts adverses.

https://i.ibb.co/WHWCChM/20210609160559-1-Copie.jpg

Laissez moi vous dire que j'aime pas trop ça. Surtout avec un seul essai.


Merida :

A l'inverse de Badajoz, Merida est majoritairement au nord du fleuve. Par contre, le pont est dans la ville, ce qui signifie qu'il faut la prendre pour pouvoir traverser.

Mais si la ville est capturée et que j'y laisse une garnison, j'ai trois avantages :
- J'ai mes flancs et ma voie de retraite couverts pour la suite de la campagne.
- J'affronte l'adversaire en terrain dégagé, ou je peux faire jouer mes avantages estimés.
- L'adversaire devra combattre dos au pont, avec une retraite très compliquée en cas de défaite

https://i.ibb.co/hRVx2p2/20210609160559-1-Copie-2.jpg

Cette solution a aussi des défauts, en particulier le fait d'alerter l'adversaire de mon arrivée. Mais je la préfère quand même, d'autant qu'elle a l'avantage de me faire détruire les troupes sur place avant de rencontrer le gros des forces ennemies.

Les deux questions en suspens sont donc :
- Est ce que Merida est tenue par l'ennemi.
- Est ce que sa garnison sera suffisamment faible pour que je puisse franchir les murailles sans perdre trop de temps/de ravitaillement.


Après réflexion, je décide donc de marcher sur Merida, de voir la résistance sur place, et en fonction de la situation me rabattre éventuellement sur badajoz.

J'envoie un ultime courrier à Murat pour lui donner mes intentions, et je prends la route vers la gloire ! Ou la honte !

LeLiquid
09/06/2021, 18h43
Merci pour le point c'est toujours aussi cool à lire.


Un peu déçu du cliffhanger par contre. C'est salaud de faire ça.


Je veux savoir ce qu'il va y se passer à Merida moi !! :p


(et j'adore l'idée des messages codés. Impossible à piger. Même par le destinataire :XD:)

Seymos
09/06/2021, 20h02
Bah a été banni en tout cas, la désinformation marche à fond :ninja:

silence
09/06/2021, 21h22
Niveau cliffhanger il a été meilleur sur ce coup ! :ninja:

Mais j'aime bien celui-là quand même, on va enfin avoir de l'action ! :bave:

Bopnc
09/06/2021, 22h58
Bah a réussi son dernier jet de commandement, il est de retour parmi nous. :p


Pour les cliffhanger, j'y suis contraint et forcé !
Vu le système de jeu y'a une chance sur deux pour que je tombe dans le vide. Si je vous détaille mes plans et que je mobilise cinq divisions pour au final éclater 200 cavaliers affamés et les 5 vigiles de l'amicale des anciens de Trafalgar, vous allez encore vous foutre de ma gueule.

Alors que là au moins, vous avez le suspens et vous compatissez !


Hein, que vous compatissez ? :ninja:

LeLiquid
10/06/2021, 19h03
Si je vous détaille mes plans et que je mobilise cinq divisions pour au final éclater 200 cavaliers affamés et les 5 vigiles de l'amicale des anciens de Trafalgar, vous allez encore vous foutre de ma gueule.

Merci pour la rigolade. ^_^



Et oui on compatis.

Evidemment.

Que pourrait on faire d'autre ?

:ninja:

Bopnc
16/06/2021, 19h41
Bon, messieurs, je suis désolé de vous l'annoncer, mais l'heure est grave !

...et ça vous fait jubiler, hein, bande d'enflures ! :ninja:




30 Juin :

C'est le départ vers Merida ! Mes hommes sont fatigués et dispersés, mais comme il ne me reste que 10 jours de vivres, je ne peux pas attendre plus. Les premières unités de la colonne on eu une journée complète pour se reposer.
Les autres vont morfler, tant pis. Mieux vaut avoir mal au pieds que crever de faim.

La trajectoire est donc assez directe vers Merida. Je ne prends pas plus à l'ouest car je n'ai toujours pas de retours de ma cavalerie à Badajoz. Je ne veux pas risquer d'être pris en sandwich sans savoir ce qui m'entoure.

Notez bien ce choix, parce qu'il aura une importance plus tard. :p

https://i.ibb.co/r635fDb/20210609160559-1-Copie-3.jpg




2 Juillet :

Grosse journée ! On va la décomposer.

9h30 :

Les hommes marchent sous un soleil de plomb. C'est une des premières journées des canicules de Juillet. Les hommes fatiguent, et sont ralentis.

Vers 9h30, sur les hauteurs d'Alcuescar les éclaireurs signalent une colonne espagnole en marche devant moi !
Cette colonne a été repérée vers 8h00 à Aljucen, arrivant du col de montagne au nord ouest et se dirigeant vers Merida (elle est donc passée devant moi, sur la route que je vais emprunter).
Mes éclaireurs ne sont pas certain d'avoir été repérés.


https://i.ibb.co/nCt9pxd/20210609160559-1-Copie-4.jpg


Il me faudrait trois heures pour atteindre Aljucen au rythme actuel. Il m'est donc impossible de rattraper cette colonne par cette canicule.

Ca me confirme en tout cas que des troupes seront à Merida, qui sortent elles aussi d'une longue marche sous le cagnard. Ca peut faire une belle cible, si j'arrive à estimer leur nombre.

Notez que si j'étais parti quatre heures plus tôt, les espagnols seraient tombés dispersés (à cause de la petite route) au beau milieu de ma colonne et auraient certainement été bien déçus.
Vingt-quatre heures plus tôt, et ils me seraient tombés dans le dos devant Mérida, et c'est moi qui aurait été bien déçu.

Comme quoi la victoire ou la défaite, parfois, ça tiens à bien peu de choses. :p



10h00 :

Je suis toujours en marche entre Aclusescar et Mirandilla quand un courrier du maréchal Murat arrive ! Enfin !

Ce courrier date du 26 juin !!! Le messager a été mal informé de ma trajectoire et s'est perdu entre Tolède et Truxillo. Il a mis un temps fou à me retrouver, et les informations qu'il portent auraient été précieuses pour certains choix que j'ai fait.

Le maréchal a en fait assez peu d'éléments à me transmettre, qui datent tous du 8 juin. Mais ces éléments sont importants.
J'apprends ainsi que le siège de Badajoz a été levé au début du mois ! Les troupes Espagnoles ont franchies la rivière et sont parties au nord.
J'apprends aussi que le maréchal Junot a de gros problèmes avec l'insurrection Portugaise, galvanisée par une probable intervention anglaise. Il constate que l'adversaire s'est regroupé, avec des forces de 10 000 à 50 000 hommes, et il demande des renforts pour pacifier le pays.

Le maréchal Murat me demande donc de profiter de la levée du siège de Badajoz pour ravitailler là bas. Et entrer en campagne au Portugal pour aider Junot. Il attends lui même des renforts de France, et nous rejoindra lorsque le roi aura pris ses fonctions.

Notez que quelques heures plus tard, je recevrait un courrier de ma patrouille envoyée à Badajoz. Mes hommes confirment à quelques heures d'écart les informations de Murat : Les espagnols (14 000 hommes) ont assiégé la ville du 24 mai au 4 juin. L'adversaire est ensuite reparti au nord.
Ils avaient laissé un piquer de cavalerie, que mes hommes ont repoussé avec l'aide de la garnison. Ces cavaliers espagnols sont repartis en direction de Merida.

Ces deux messages arrivent deux jours trop tard : J'ai déjà bifurqué sur la route directe de Merida.

Je pourrais éventuellement tourner à l'ouest à Aljucen pour passer par le petit col de montagne d'où venait la troupe espagnole et me rabattre sur Badajoz, mais en l'état ça me semble risqué si d'autres trucs se baladent au nord, donc j'envisage toujours de voir ce qu'il y a à Merida.

J'envoie quelques patrouilles vers le nord pour ne pas avoir de surprise, en particulier en provenance d'Alcantara, au nord ouest, puis je reprends ma marche.





14h30 :

Alors là, ça déconne plus!

A 7km au nord de Merida, quelques centaines de cavalier espagnols en provenance de Merida sont tombés sur l'avant garde de la division de cavalerie de Grouchy.

Un affrontement s'engage avant que les espagnols ne réalisent qu'ils sont tombés sur une division complète et qu'ils ne décrochent. Ils laissent une centaine de cavaliers sur le carreau, mais plus intéressant : je fais quelques prisonniers qui vont se montrer loquaces !

Vous vous souvenez la dernière fois quand je disais que "quoi que je rencontre je pourrais rentrer dedans parce que j'était vraisemblablement en supériorité locale ?"



Bah je me plantais. :ninja:


Les prisonniers m'apprennent qu'il y a désormais une armée de trois "corps" à Merida. Deux espagnols, et un portugais, pour un total de 20 000 à 30 000 hommes.

Une partie de ces hommes -dont les portugais- formaient la colonne qui m'est passée devant. Ils arrivent d'Alcantara, la forteresse au nord ouest ou les espagnols attendaient les portugais.

En cuisinant un peu plus les prisonniers, j'apprends que les troupes espagnoles venues d'Alcantara dépendraient du capitaine-général de la Cuesta et viendraient initialement de la province de Salamanca. Il s'agit donc à priori de troupes que j'avais en face de moi quand j'étais dans le secteur de Valladolid, bien plus au nord.
Ces troupes ont fait jonction avec les portugais à Alcantara.

Ils auraient fait jonction à Merida avec les troupes du capitaine-général Castaños qui viennent d'Andalousie.

Les prisonniers ont entendu parler de la ville de Badajoz, qu'ils doivent reprendre aux français "avant qu'une autre armée française venue du nord ne vienne en renfort". Ils comptaient ensuite prendre cette armée en tenaille grâce "aux troupes britanniques qui arriveront bientôt en renfort du Portugal".

Si je résume sommairement sur un vieux screen, ça donnerait un truc du genre :

https://i.ibb.co/GdpZWbB/20210324211117-1-Copie-2.jpg

Je suis donc tombé directement sur leur point de rassemblement, au moment ou ils viennent de se rassembler. :lol:


Au delà de ces mauvaises nouvelles, trois informations complémentaires ressortent de ces interrogatoires :
- S'ils savent qu'une armée arrivait en renfort du nord, c'est qu'ils sont bien renseigné. Il est possible qu'ils aient interceptés un courrier, mais il faut que je parte du principe que la population les renseigne sur nos déplacements généraux.
- Les Espagnols et les Portugais s'entendent très mal. Principalement à cause de l'alliance Franco-Espagnole qui a causé la perte du Portugal. Les Espagnols, eux, méprisent les soldats Portugais qui sont très mal équipés. Ils ne sont unis que par leur haine commune et supérieure des Français.
- En cherchant à identifier leur dernier point de ravitaillement, j'apprends ce que je craignais déjà depuis quelques temps : les Espagnols et Portugais n'ont pas besoin de dépôts de nourriture. Ils vivent complètement sur le terrain.


A ce stade, un état des lieux de mes forces s'impose.



Comparaison des forces :

Je dispose THEORIQUEMENT d'une force tout à fait respectable de 20 000 hommes (dans quatre divisions d'infanterie), de 1900 sabres (la division Grouchy) et de 54 canons (8 canons par division d'infanterie, 6 pour Grouchy, 24 pour mon artillerie de réserve).

Le soucis, c'est que la marche a dispersé tout ce beau monde, que j'ai de nombreux absents ou blessés.

Dans les faits, le décompte du 2 juillet me donne un total plus limité de 17 000 hommes et 1700 cavaliers présents dans les divisions.


En face, il y a donc 20 000 à 30 000 hommes, ce qui impliquerait sans doute un combat à 2 contre 3.
Mais heureusement, une partie de ces hommes sont portugais. Et il se trouve que l'armée Portugaise -ou plutôt ce qu'il en reste- est un rassemblement hâtif de tout ce qui a pu être récupéré pour combattre. La qualité est médiocre, et ils n'ont ni canon, ni cavalerie.
Quand aux espagnols, leur qualité peut être variable, mais elle reste normalement inférieure à celle de l'armée Française.
Si on ajoute à cela le fait que les deux nationalités cohabitent mal. J'ai peut être encore ma chance.



Situation stratégique

L'autre truc qui m'ennuie, c'est que je suis très mal placé !

En choisissant de rester sur l'axe direct de Merida, je n'avais pas réalisé que je laissait à une éventuelle force ennemie le contrôle des voies intérieures vers Badajoz.

En d'autres termes, si j'essaie de faire demi-tour maintenant qu'ils savent que je suis là, ils seront forcément arrivé avant moi à Badajoz. :sad:


Je vous met deux cartes, une vierge pour lire les routes vous mêmes, et une (un peu dégueulasse, j'avoue) annotée :

https://i.ibb.co/zSyNQYy/20210609160559-1.jpg[/img]

https://i.ibb.co/8D7VKzv/20210609160559-1-Copie-5.jpg


Sans l'information que Badajoz était libre, j'ai failli à la règle de base du combat napoléonien : se tenir entre son adversaire et sa ligne de ravitaillement.
ici, c'est l'adversaire qui est entre Badajoz et moi !
Idéalement, j'aurais du prendre la route ouest par Nava, puis me rabattre sur Merida à partir de son ouest.



Beaucoup plus gênant : Cette position implique que si une bataille s'engage et qu'elle se termine par une égalité, ou même une victoire mineure, je me retrouverais toujours dans l'incapacité de rejoindre Badajoz car il me faudra alors à nouveau envisager de livrer bataille là bas, sans avoir été ravitaillé en munitions.

Je risque donc de me retrouver dans une situation infâmante ou un combat non décisif me forcerait à repartir ravitailler à... Tolède, à 250 km de là. Ce qui, soyons clairs, reviendrait à une défaite pour la campagne, et certainement pour la défense de Badajoz.

Après une looooooooooooooooooooooooooooooooooonnnngue et douloureuse réflexion, j'en conclus qu'il me faut soit :
- Passer à proximité de Merida pour pouvoir continuer sur la route ouest en les intimidant suffisamment pour qu'ils me laissent passer sans attaquer.
- Les battre de façon décisive pour la même raison.


Je continue donc ma marche vers Merida, pour me regrouper juste au nord de la ville. A peu près convaincu que je fais une grosse connerie, mais n'ayant pas vraiment d'alternative. :p





3 Juillet :

Il est 3h30 du matin, les hommes profitent des derniers moments de repos et d'une fraicheur appréciée après la journée torride de la veille.
Nous sommes rassemblés cinq kilomètres au nord de Mérida. J'ai fait forcer l'allure pour que mes dernières forces atteignent la ville avant minuit, histoire de ne pas rester dispersé en face de l'ennemi.


Je réfléchis à la façon dont nous pourrions contourner la ville quand un de mes cavaliers apporte un message urgent : Une division d'un millier de cavaliers espagnols vient de quitter Merida et vient directement vers moi. Ils sont certainement suivi par le reste de l'armée.

Pas forcément satisfait, mais au moins fixé sur ce point, je déploie mes troupes.


Messieurs,
Aujourd'hui, 3 juillet, à Merida,
Pour le meilleur ou pour le pire,
Nous allons mener bataille !




https://i.ibb.co/JHwZhk2/cliffhanger.jpg


:ninja:

LeLiquid
16/06/2021, 20h45
Ca a l'air de bien puer la merde effectivement. :ninja:

La c'est soi tu passes pour un génie soit tu passes pour un con.

T'aurais du fuir non ? Tu peux vraiment esperer une victoire decisive dans ces conditions ? Puis si tu n'arrives pas à chopper de quoi te ravitailler après ton eventuelle victoire, il se passe quoi ?

silence
16/06/2021, 22h26
La c'est soi tu passes pour un génie soit tu passes pour un con.C'est dur mais tellement vrai.
Vrai et savoureux ! :bave:

Bonne chance, faudrait pas que ça soit une déroute pour toi sinon adieux les carnets de campagne ...
Allez, a la hussarde, c'est thématique, ça ne peut que passer. Les prisonniers sont susceptibles d'avoir menti ? :trollface:

Bopnc
16/06/2021, 23h05
Les prisonniers sont susceptibles d'avoir menti ? :trollface:

Les prisonniers peuvent avoir menti, ou s'être trompé/avoir mal compris certains trucs (plus probable), d'où mes déclaration au conditionnel.
Je ne pense pas qu'ils minimisent les effectifs ceci dit, et tout le reste de leurs déclarations semblent cohérentes.

Je suppose qu'il serait théoriquement possible d'envoyer des cavaliers se faire massacrer avec de fausses infos pour tromper l'adversaire. Mais très franchement je considère jouer à un wargame, pas à Age of Empire. J'ose espérer que les mecs d'en face ne vont pas envoyer 100 cavaliers se faire tuer juste en espérant qu'une fausse info passe. ^_^





La c'est soi tu passes pour un génie soit tu passes pour un con.


:emo:



T'aurais du fuir non ? Tu peux vraiment esperer une victoire decisive dans ces conditions ? Puis si tu n'arrives pas à chopper de quoi te ravitailler après ton eventuelle victoire, il se passe quoi ?



Pour la situation pourrie, très franchement j'ai rarement du autant cogiter sur une situation de wargame. Je me suis pris la tète quasiment deux jours complet sur ces décisions (en plus, j'étais dans ma famille et sur mon téléphone).
J'ai même passé une très mauvaise nuit le soir ou j'ai reçu le rapport des prisonniers. :p



Mais globalement pour moi c'est un problème sans solution claire. Mon premier réflexe a immédiatement été de fuir, mais il y a des contraintes : je suis proche de l'ennemi, une fois en marche ma colonne fait 11km de long. Ce qui veut dire que je met près de 4h pour la retourner et la mettre en branle, quand tout va bien.

Et même si le demi-tour était gérable, j'ai beau retourner le problème dans tous les sens, j'en reviens toujours aux mêmes questions : fuir ou ? Pour quoi faire ?

- Fuir vers le nord et retourner à Truxillo ? Et ensuite ? Ils me suivront avec la cavalerie, sauront ou je suis. Je me retrouverais avec quelques jours de ravitaillement restants, et toujours pas de dépôt sous la main. Et un ennemi entre Badajoz et moi.

- Fuir vers le nord et annuler la campagne, retourner à Tolède et dire à Murat "désolé, j'ai perdu deux mois, 500 gugusses d'épuisement et de blessures dans des marches de 400km mais y'avais l'ennemi sur place alors je suis revenu" ? Concevable si le dépôt était plus près, mais là c'est condamner Badajoz...et vraisemblablement ma carrière. :p

- Fuir à l'ouest, vers Badajoz ? Ca implique de passer par les petites routes du col d'Aljucen, donc de bouchonner à l'entrée (22km d'étalement) avec la possibilité de me faire chopper par derrière complètement dispersé. Et même si je passe, ils sauront ou je vais et pourront me bloquer l'accès directement par leur lignes intérieures.

- Fuir au nord, puis redescendre vers Badajoz par l'ouest ? C'est prendre le risque de se retrouver dans la situation initiale : un pont à franchir, l'ennemi de l'autre coté (ligne intérieures toujours) et un ravitaillement à zéro.

- Fuir au nord ouest vers le Portugal et le dépôt de Lisbonne ? J'y avais pensé, mais c'est à 240km et le Portugal a une particularité géographique très intéressante (je ferais un post exprès sur le sujet) qui rends l'opération encore plus dangereuse. Surtout si les anglais débarquent sous peu.

Pour moi la solution, ça aurait été de mieux planifier ça, avec des infos plus fraiches et de ne pas venir sans ravitaillement. Mais en l'absence de réponse de Murat, et sans savoir que le siège était levé, j'étais tenu d'obéir aux ordres : allez sur place le plus vite possible. Je l'ai fait, ça c'est mal goupillé.



Ceci dit si vous avez des idées ou des avis à postériori, je suis vraiment intéressé. :)



Dans tous les cas, l'idée ici, c'est d'espérer que l'ennemi ne se sente plus pisser et rentre dans le tas en pensant que c'est gagné d'avance, sans savoir (ou sans réaliser) que mon corps est un gros morceau.
Certes il est peut être à 3 contre 2, mais mal équipé, avec potentiellement 1/3 de son armée composée de miliciens qui ne s'entendent pas avec les autres. On est sur du napoléonien, la qualité compte énormément et le nombre ne fait pas tout. J'ai espoir que l'affrontement ne soit pas si déséquilibré que ça.

Si je me tiens en défense, en profitant du terrain, encore ravitaillé et avec mes 50 canons, il est possible qu'ils s'y cassent les dents. Je serais en tout cas dans les conditions les plus avantageuses possible pour un affrontement de ce genre.
Plus tard ou ailleurs je serais potentiellement obligé d'attaquer, à court de ravitaillement, et encore plus fatigué, avec encore plus d'absents. Ca sera forcément pire.

Après, tout dépendra du résultat :
- Je ne pense pas que ça puisse se passer hyper mal, au point de mettre complètement mon armée en déroute. Si c'est le cas, c'est qu'il sera vraiment plus nombreux qu'anticipé, et dans ce cas on m'a juste envoyé dans un coupe gorge.
- Si ça se passe juste "mal", je ferais comme des centaines de généraux au cours de l'histoire : je profiterais de la nuit pour décrocher, et je rentrerais à Tolède la queue entre les jambes pour ravitailler et me ré-organiser. Mais au moins, j'aurais essayé.
- Si c'est un statut quo ou s'il n'attaque pas, idem. Je pourrais toujours reculer une nuit et décrocher. Ou choisir d'attaquer moi même après avoir mieux jaugé ce que j'ai en face.
- Si ça se passe bien, par contre, il est toujours possible que je démoralise les portugais ou que je lui colle des pertes sévères. Dans le meilleur des cas je pourrais même peut être passer à l'offensive et me dégager le passage vers Badajoz.

Comme on dit "pour des résultats qui sortent de l'ordinaire, il faut des décision qui sortent de l'ordinaire". :ninja:

Dans tous les cas, ça me permettra de jauger l'adversaire (qu'on n'a encore jamais affronté) et ses capacités. Ca permettra de mieux préparer les campagnes suivantes, et donnera peut être un peu de répit au général Junot.

Mais oui, clairement, vu les rebondissements la "campagne de Badajoz" dans son ensemble est mal engagée. :p

C'est amusant de se dire qu'a trois heures près, je tombais sur les Portugais et une petite partie des espagnols isolés et dispersés, et que là la campagne aurait pu être un foudroyant succès. ^_^

Seymos
16/06/2021, 23h10
Moi je dis : à l'assaut !!!!!

LeLiquid
16/06/2021, 23h46
Je vois que tu suggères pas de fuir vers l'Est, vers tes copains. :tired:



Après oui vu comme ça, tu pourras toujours fuir après. Ou alors tu lui laisses juste le temps de t'encercler. :ninja:

Bopnc
17/06/2021, 14h32
Fuir vers l'est ?
J'ai dû mettre un screen trop vieux à un moment, ou je me suis mal fait comprendre parce qu'il n'y a rien à mon Est. Et quand je dis "rien", c'est quasi littéralement : il n'y a même pas de route, à moins de remonter sur Truxillo. :p

Les copains les plus proches à l'Est sont les 30 cavaliers du piquet de Ciudad-Real, à 150km, et eux même sont de l'autre coté de la fameuse "verticale du vide" qui empêche tout passage de l'est à l'ouest de l'Espagne. ^_^
Après il est censé y avoir deux corps Français sur la cote est, mais aux dernière nouvelles (qui datent) ils étaient à l'autre bout du pays. C'est d'eux que tu parles ?

Pour l'encerclement, clairement c'est un risque. Pour le moment il s'est passé à peine 12h depuis notre contact donc j'ai encore le temps. Mais je ne vais pas trainer dans le coin, ça c'est sur.

Chataigne
17/06/2021, 16h03
Vivement la suite :bave::bave::bave:

LeLiquid
17/06/2021, 21h07
Après il est censé y avoir deux corps Français sur la cote est, mais aux dernière nouvelles (qui datent) ils étaient à l'autre bout du pays. C'est d'eux que tu parles ?
.

Les méchants sont à l'Ouest, les gentils à l'Est. Arrêtes de pinailler maintenant. :ninja:

silence
17/06/2021, 21h25
Les méchants sont à l'Ouest, les gentils à l'Est.Tu te trompes de guerre, ce n'est pas la Bataille de France. :ninja:

LeLiquid
17/06/2021, 22h53
Au temps pour moi. :ninja:

Bopnc
18/06/2021, 12h23
Bon bah c'était sympa comme partie, non ?

:emo:

Aleas
18/06/2021, 13h12
Bon bah c'était sympa comme partie, non ?

:emo:

Uhoh...


On veut les nouvelles ! :cell:

LeLiquid
18/06/2021, 14h36
Moi je dis i bluffe !

ElviejoDragon
18/06/2021, 15h48
:'(
On sait que c'est les vainqueurs qui écrivent l'histoire mais tu as peut-être eu le temps de tenir un petit journal de cette bataille ?
En attendant, voici une jolie pierre gravée.

https://zupimages.net/up/21/24/nxkx.jpg (https://zupimages.net/viewer.php?id=21/24/nxkx.jpg)

Chataigne
18/06/2021, 16h00
:wub:

Courage Bopnc on croit en toi ;).

silence
18/06/2021, 18h36
On veut les nouvelles ! :cell:Je parie sur un bluff aussi parce que ce serait trop triste.

Mais dans tous les cas on veut un compte rendu détaillé. Quitte à ce que tu te fasses ratiboiser autant qu'on en profite ! :ninja:

Bopnc
18/06/2021, 19h33
En attendant, voici une jolie pierre gravée.



^_^^_^^_^

J'ai peut être un peu exagéré la situation. Mais j'avais pas trop le moral ce matin. :p



Petit disclaimer avant de commencer : Certainement pour gagner du temps, l'arbitre a directement commencé à jouer la bataille sans nous donner la main avant de commencer.

Je suis donc passé sans transition de l'ambiance "De la cavalerie sort de la ville à 3h du mat, ils sont à 5km" à "Ton flanc droit vient de céder".

https://i.ibb.co/v3GZFbc/escaladed.jpg


Je comprends bien qu'il ne faille pas trop perdre de temps parce que les autres attendent, et ses choix ont de toute façon été judicieux, mais dans une situation aussi délicate que la mienne, je comptais quand même pas mal sur ma capacité à réagir -et en particulier à tourner les talons- si jamais l'opposition qui se déployait se révélait conséquente. Je le saurais pour les prochaines fois.

Il faut donc garder en tète que tout ce que je vais raconter là se joue en pilote automatique.





3 Juillet 1808 : 10H00

L'ennemi est donc venu, et visiblement, il n'est pas venu pour rien.

A 6h du matin, ce sont près de 25 000 espagnols (:sweat:) qui débarquent devant mes lignes, avec plus d'un milliers de cavaliers.

Ils ne perdent pas de temps, et attaquent dès qu'ils peuvent.

Sur mon flanc gauche, les divisions Musnier (5300h) et Gobert (3600h) tiennent la ligne face à des adversaires qui attaquent prudemment. Le terrain défensif empêche l'adversaire d'avancer correctement, et ma défense tient.

Au centre, même histoire, la division Morlot (6500h) et la réserve d'artillerie sont déployées face à un adversaire lui aussi prudent, et tiennent sans soucis la ligne.

Sur le flanc droit, par contre, l'adversaire a clairement massé ses meilleures divisions. Après avoir fixé mon flanc gauche et mon centre, il attaque sauvagement la division Frère (4500h) avec ses meilleurs hommes et un millier de cavaliers. Ma droite est enfoncée, commence à battre en retraite, et finit par dérouter, laissant 3000 hommes sur le carreau.

Devant ce désastre, Grouchy et sa cavalerie laissée en réserve décide de réagir. Mais au lieu de frapper le flanc qui semble très fort, il se lance sur le centre ennemi qui lui semble vacillant et l'enfonce, mettant en déroute environs 6000 espagnols.

Un trou béant est ouvert dans les lignes adverses, compensant ma droite démolie. :lol:




Mais le rétablissement est de courte durée, car une nouvelle force apparait au centre. Des soldats Portugais, laissés en réserve, viennent boucher le trou. Ils sont hésitants et peu aguerris, mais ils sont frais. Et surtout...

...ils sont 10 000.


Le point d'état major de 10h00 est donc très mitigé. Les pertes sont sensibles, surtout sur la droite ou la pression adverse va rapidement devenir intenable. Nos forces sont lourdement en sous effectifs, et la fatigue ainsi que le manque de ravitaillement rendent les choses compliquées depuis le début de la bataille.
Mais la situation n'est pas désespérée pour autant. L'ennemi vacille et certains estiment qu'il pourrait être au bord de la rupture sur le flanc gauche. Plusieurs de leurs autres divisions semblent également avoir souffert.
Les officiers considèrent que la situation est très délicate, mais que la victoire est toujours jouable en bousculant leur droite, ainsi que les portugais au centre qui font face à notre division la plus fraiche. C'est très risqué, mais par effet domino cela pourrait mettre en déroute une bonne partie de l'armée adverse.

L'état major considère également qu'il est possible de décrocher. Soit en utilisant la cavalerie en arrière garde, qui subirait de lourdes pertes mais garantirait notre départ. Soit en laissant une arrière garde d'infanterie, qui souffrirait également et n'assurerait pas forcément une échappée.

Voila la situation, à 10h.


Mais alors, pourquoi le ton lugubre de mon dernier message ? Me direz-vous ?

Et bien parce qu'il n'y a pas que l'annonce de la supériorité numérique beaucoup plus élevée que prévue. Ou le fait que je n'ai pas trop pu choisir quoi faire avant de me retrouver enferré dans cette situation.




Non.




Le véritable problème, ce sont les cavaliers Espagnols qui viennent d'être détecté sur mes arrières, à Aljucen.
Des cavaliers qui débarquent sans qu'aucun de mes foutu piquets de cavalerie présent sur les différentes voies d'accès n'ait réussi à m'en informer !

:pouah:

A partir de là, la situation passe de "tendue" à "dramatique", car s'il s'agit d'une force adverse conséquente, ma retraite pourrait se transformer en catastrophe.
Pris entre deux feux, je serais forcé à une débâcle à travers champs, perte des canons et mise hors service de mon corps pour facilement plusieurs semaines. Sans parler de la possibilité que je perde la vie dans l'affaire, ou pire, que je sois fait prisonnier !



Il ne me reste donc plus qu'a pleurer sur mes mauvais choix et ma mauvaise fortune, et à me sortir de ce guêpier. De préférence sans y laisser toutes mes plumes !

J'ai trois hypothèses (qui vont de "ça va" à "catastrophique") vis à vis de la présence et la force de ces cavaliers.

Mais on en discutera plus tard, dans un autre post. ;)

Seymos
18/06/2021, 20h26
Assaut !!!!!!

Tu es parfaitement placé pour une manoeuvre en position centrale !

LeLiquid
18/06/2021, 20h30
Mon centre cède, ma droite recule, situation excellente, j’attaque.



(fallait bien que quelqu'un la fasse)

silence
18/06/2021, 21h19
:beer:

Je crois qu'on a été servis là. Allez, sauve nous tout ça et deviens le stratège qui sommeille en toi !

Bon par contre je reconnais que ça part violemment en vrille a toute vitesse. Y a pas un forum où d'autres font de même que toi ? Un endroit où l'arbitre expose tous ses messages ? J'aimerais bien être une petite souris dans la machine. :bave:

LeLiquid
18/06/2021, 21h22
Un endroit où l'arbitre expose tous ses messages ? J'aimerais bien être une petite souris dans la machine. :bave:

"J'ai jeté une brouette de dès. Il a perdu."

:ninja:

Bopnc
19/06/2021, 00h32
Notez que prendre une branlée le jour de l'anniversaire de Waterloo, c'est thématique. :ninja:




Bon par contre je reconnais que ça part violemment en vrille a toute vitesse. Y a pas un forum où d'autres font de même que toi ? Un endroit où l'arbitre expose tous ses messages ? J'aimerais bien être une petite souris dans la machine. :bave:

Alors dans le genre "petite souris" (mais en anglais) il y a la fameuse série de vidéos qui a lancé toute cette affaire, que j'avais présentée sur le topic des wargame et qui a donné envie de Bah. C'est l'arbitre qui présente (sur papier la première vidéo, puis sur Tabletop) la partie au fur et à mesure qu'elle se déroule et je trouve qu'il fait un boulot assez fantastique pour raconter ça comme si c'était tiré d'un livre d'histoire. ^_^
https://www.youtube.com/playlist?list=PLnTxkmKEim-MnkHKLlHTS4cS_wh3KmBeL


Après, y'a des résumé de parties, comme celui là, sur la campagne de Salamanque (ou on reconnait quelques noms connus, du coup. :p) :
https://didier-rouy.webs.com/Compte%20rendu%201812%20VF.pdf

Si quelqu'un trouve un autre AAR détaillé (qui ne soit pas celui de Bah que je meurs déjà d'envie de lire) qu'il n'hésite pas. ^_^

LeLiquid
20/06/2021, 19h56
Alors ça donne quoi ? :p

Bopnc
21/06/2021, 00h38
Y'a eu un petit contretemps suite à un loupé de mails avec le MJ.
La situation n'a pas bougée, mais là j'ai eu quelques réponses donc j'ai pu faire mes choix et donner mes instructions. :lol:




Nous allons donc faire un petit exercice de ce que Seymos et ses collègues appellent "décider dans l'incertitude", et que mes collègues de jeu appellent "choisir un peu au pif". :ninja:

Premier rappel : La bataille est mal engagée. Les troupes Espagnoles ont un corps quasi aussi qualitatif que le mien, et ils sont plus nombreux que prévus. La situation n'est pas désespérée, mais mes chances de l'emporter de façon décisive sont faibles.

Deuxième rappel : les troupes qui m'arrivent potentiellement dans le dos, et qui pourraient sceller le sort de mon IIIeme corps. Ce sont elles qui m'inquiètent le plus car je n'ai eu aucune alerte de leur arrivée, et de leur force dépends tout le danger de la situation.


Pour réfléchir à tout ça, voici la situation la plus exacte possible à 10h le 3 juillet (les pions avec des chevaux sont des patrouilles de cavalerie) :


https://i.ibb.co/zV96sgn/20210620222938-1.jpg


Passons en revue les possibilités :


1 - La "patrouille à la con" :

Depuis le début de la partie, j'affronte régulièrement de petits détachements de 200 cavaliers espagnols qui semblent se balader sur la carte de façon aléatoire. Je ne sais pas s'il s'agit de patrouilles volontairement renforcées par un joueur (normalement les patrouilles font une trentaine de cavaliers), d'une doctrine Espagnole, ou d'une façon de récupérer des infos chez les rebelles, en tout cas j'en ai déjà rencontré trois de ce type (et détruit deux).

Il ne serait donc pas impossible qu'il s'agisse d'une simple patrouille espagnole en train de rentrer à Merida, ou de vérifier cette route.

Dans ce cas, la situation n'est pas très grave. Ces cavaliers peuvent faire un peu de dégâts s'ils viennent fouiner sur les arrières de la bataille, surtout au niveau moral, mais ils ne bloqueront pas une éventuelle retraite.



2 - Un contournement multi-armes de l'adversaire :

Je l'avais initialement négligé, mais c'était une sous-estimation de ma part, et je suis obligé de revoir ma copie : Il est possible que l'adversaire ait volontairement envoyé des troupes me contourner par l'ouest, comme le suggérait LeLiquid.


https://i.ibb.co/nPPqC3P/20210620222938-1-Copie.jpg


Du coup, quelques calculs :
- Après mesure, cette trajectoire fait grosso modo 45km, avec un franchissement de rivière avant Aljucen.
- Je pars du principe que Merida a eu l'information de ma présence à 15h00 le 2 juillet, 30mn après que j'ai enfoncé la patrouille espagnole.
- Nous sommes désormais le 3, à 10h00. Il s'est donc passé 19h00 entre ces deux actions.

Si les espagnols, terriblement surs d'eux, avaient immédiatement envoyés des forces faire ce contournement, et qu'ils avaient demandé aux troupes de faire une marche désespérée, une colonne ennemie pourrait se trouver sur mes arrières après une marche de 16h sur 19h.

45km en aussi peu de temps, c'est violent, surtout vu la canicule du 2 juillet, mais pas impossible. Ca c'est vu historiquement, par exemple à Austerlitz ou Davout fait faire 110 km à ses soldats en 48 heures (36 heures de marche !) pour rejoindre le champ de bataille à temps. Et c'est cet aspect de marche forcé que j'avais sous estimé.

Si une force avait effectivement effectué cette marche, elle pourrait frapper mon armée dans le dos avec des effets désastreux. Elle pourrait également bloquer mon armée en retrait, même fatiguée, et je devrais prendre plusieurs heures pour l'enfoncer ce qui permettrait à mes poursuivants de me rattraper.

Problème ici : mon piquet de cavalerie à Nava n'a rien signalé. Il y a toujours la possibilité que la cavalerie Espagnole l'ait neutralisé avant qu'il envoie un messager, mais ce serait quand même pas de bol. :ninja:



3 - Un contournement de cavalerie de l'adversaire :

Même réflexion que précédemment, mais avec uniquement de la cavalerie qui pourrait faire cette marche en seulement 12h.

Je pense qu'elle serait trop fatiguée pour bloquer le passage de mon armée en retraite, mais elle pourrait suffisamment me ralentir pour que mes poursuivants me rattrapent, et ça, ça ferait du dégât.



4 - Un troisième corps en route pour Merida :

Ce serait l'hypothèse la plus catastrophique.
On peut imaginer qu'un quatrième corps soit en route pour Merida et que, suivant les traces du précédent, il me débarque dans le dos sans vraiment l'avoir planifié, en ayant éventuellement forcé le pas au son du canon.

https://i.ibb.co/xDGMTvx/20210620222938-1-Copie-2.jpg

Dans ce cas, mon IIIeme corps serait tout bonnement perdu. Ma meilleure chance serait de forcer l'offensive dans la bataille, de l'emporter, puis de fuir en avant vers Merida, qu'il faudrait ensuite que je passe avant d'être rattrapé. Inutile de rêver.

Notez qu'ici aussi j'ai un piquet de cavalerie en place sur la trajectoire. Mais même problème qu'a Nava : il aurait pu être neutralisé par surprise.



Conclusion :

Je vous la fait courte, après réflexion, j'en ai conclu que :
- Les options 1 et 3 me semblent les plus probable. Fort heureusement, ce sont aussi les moins graves.
- Dans les quatre cas, l'arrivée sur l'arrière de la bataille viendrait me faire perdre un affrontement déjà compliqué.
- Donc dans dans tous les cas, il faut que je décroche immédiatement pour sauver un maximum d'hommes, et bousculer le plus efficacement ce qui se trouvera sur mon chemin.

Il me faut donc décrocher !


Le choix suivant est donc de savoir si je charge Grouchy du combat d'arrière garde, ou si je donne ce rôle à de l'infanterie. Gros dilemme là aussi, car les cavaliers de Grouchy sont inestimables et je risque d'en perdre près d'un millier dans l'affaire.
Mais si je n'engage pas Grouchy, je risque de ne pas réussir à décrocher, et donc laisser le temps à la force de renfort de me frapper dans le dos.

Ce coup-ci, je décide de prendre le risque. J'ai trop besoin de Grouchy pour l'éclairage et neutraliser les éclaireurs adverse.


Je donne donc l'ordre à 10H de rompre le combat !

La division Grouchy partira en tète, avec ordre d'enfoncer sans sommation ni délicatesse tout ce qu'elle rencontrera sur la route. Les deux divisions Musnier et Gobert, un peu amochées, utiliseront le terrain défensif dans lequel elles se trouvent pour décrocher sans que cela ne soit détecté trop facilement par l'ennemi et suivront la cavalerie. Partirons ensuite les canons et les débris de la division Frère. La division Morlot, la plus en forme, sera la dernière à quitter le terrain, et aura la lourde tâche de décourager les poursuivants.

Que le sort des armes nous soit favorable ! ^_^

Bopnc
21/06/2021, 23h20
3 juillet 1808 (toujours)

Les ordres de replis sont donnés, et ils mettent quelques temps à se mettre en place.
Au bout d'une demie heure les premiers signes se font sentir : la fumée se fait moins dense, les tirs plus épars.

Grouchy, désengagé, part rapidement vers le nord. L'infanterie se replie derrière lui à contrecœur, laissant morts et blessés aux mains de l'ennemi et subissant une dernière fois le feu ennemi sans pouvoir riposter.


L'espagnol est lent à réagir. Sa cavalerie, fatiguée suite à son lourd engagement sur le flanc droit, ne se révèle pas en état de poursuivre efficacement.
L'avantage français joue alors à plein : plus mobile, plus rapide, ne s'encombrant pas de charriots (qui de toute façon auraient été vides. :ninja:) mon corps romps le contact et entame sa marche vers le nord ! :lol:

C'est au moins ça de fait !



Deux heures plus tard, plus au nord, Grouchy arrive au niveau d'Aljucen. Les cavaliers sont toujours là.

Conformément aux ordres, Grouchy n'attends pas, et lance sa cavalerie sans ménagement. En face, l'espagnol, lui, ne s'y attends pas.

L'affrontement est bref, sanglant. Quand le bruit des sabres et des sabots se tait, cent cinquante cavaliers espagnols ont été tués ou dispersés. Il n'y en avait pas plus à cet endroit.

Grouchy lance rapidement ses hommes sur la route derrière. L'attente est interminable, mais un messager finit par revenir au galop.


La route est libre ! Le IIIeme corps vivra !

silence
22/06/2021, 00h43
Ça va, tu ne regrettes pas trop d'avoir fuis ? :trollface:

LeLiquid
22/06/2021, 07h57
Imagine t'on le général Napoléon fuire une bataille ?

Mouflon
22/06/2021, 11h42
C’est passionnant à lire, merci!
(Mais effectivement, on aurait préféré une bataille avec un plan génial et inattendu permettant une victoire surprise).

Chataigne
22/06/2021, 12h47
Du coup niveau bouffe ça suffira jusqu'à la prochaine ville / Dépot ?

LeLiquid
22/06/2021, 23h22
A quoi bon se poser la question quand on a aucune alternative ? :ninja:

Bopnc
23/06/2021, 00h08
(Mais effectivement, on aurait préféré une bataille avec un plan génial et inattendu permettant une victoire surprise).


Imagine t'on le général Napoléon fuire une bataille ?


Oui bah ça va hein. Je fais ce que je peux avec mes compétences ! :emo:

Et Napoléon, lui, il a fuit un pays entier sous prétexte que les mecs en cramaient les villes. Alors pouet pouet !
Qu'il vienne rétablir la situation en Espagne s'il est si fort que ça ! :ninja:




Ça va, tu ne regrettes pas trop d'avoir fuis ? :trollface:

Pas vraiment de regrets parce que je ne pouvais pas prendre le risque d'être pris à revers.
Une victoire ici aurait eu une portée assez limitée de toute façon. Je n'aurais pas eu les moyens de poursuivre au delà de Merida.

Par contre, je suis évidemment curieux de savoir si j'aurais pu l'emporter.

Et je suis aussi très curieux de savoir si ces cavaliers se sont retrouvés là volontairement (pour me faire flipper, avertir d'un éventuel renfort, ou gêner les messagers), ou si c'était un gros coup de bol de leur part. :p




Du coup niveau bouffe ça suffira jusqu'à la prochaine ville / Dépot ?

Ca va être le gros sujet des prochains jours. Mon corps est tiré d'affaire dans l'immédiat, mais ma situation est toujours un peu pourrie.

Pour rappel, le ravitaillement en nourriture marche de façon un peu particulière : Une armée à 0% en vivres ne perds pas d'hommes, ni même vraiment de moral.
A la place, le jeu considère que les hommes ne sont plus nourris par l'armée, mais qu'il se débrouillent : Ils chassent, récoltent, volent et mangent ce qu'ils trouvent sur le terrain (ce qu'ils font déjà à 50% sur le terrain Espagnol pour rappel, puisque je tiens 20 jours avec 10 jours de vivres).
Le gros soucis, c'est que ces hommes sont du coup bien moins organisés, bien moins combattif et bien moins efficaces que s'ils étaient nourris officiellement. Leur capacité de combat est donc désastreuse.

Donc pour résumer : Je peux encore me balader sans ravitaillement pour aller chercher un dépôt. Par contre il ne faut pas que je rencontre d'ennemi sur le passage.


Et c'est là que ça se corse.

Actuellement, il me reste 8 jours de vivres (en comptant le fait de fourrager). Le temps d'atteindre Plasenzuela, à l'ouest de Truxillo, puis d'y passer deux jours pour reposer et rassembler les hommes, j'en serais à 4 jours de ravitaillement. A ce stade, autant dire que je n'en ai plus, et ne plus chercher l'affrontement. Il me faut donc ensuite foncer sur un dépôt.

A - Le plus proche est celui de Badajoz. Mais l'ennemi en tient les accès sous sa menace. Et même si j'arrivais à l'atteindre, je risquerais de me faire enfermer dedans, ce qui n'arrangerait pas nos affaires.

B - Le dépôt le plus sûr est celui de Tolède. Mais il est à 7 jours de marche (donc 17 aller retour + repos). L'avantage est que je pourrais y récupérer les 4000 hommes que j'avais laissé en garnison dans le coin, ainsi que les 400 cavaliers de Grouchy que j'avais laissé à Murat.

C - Il existe une troisième possibilité, ceci dit. Plus risquée, mais plus conforme aux ordres de Murat.
C'est de foncer sur Lisbonne en passant dans les lignes ennemies (mais au large de l'adversaire), et d'y rejoindre le général Junot et son armée du Portugal. Là bas, je pourrais me ravitailler, et joindre (enfin) mes forces à un autre corps pour pénaliser l'éventuel débarquement anglais. Par contre, le voyage sera pas de tout repos.


Quelques cartes pour se faire une idée :

https://i.ibb.co/vsw5L8K/20210622225225-1-vierge.jpg


https://i.ibb.co/sR8VMv4/20210622225225-1-fleches.jpg


Pourquoi cette troisième solution ne sera pas de tout repos ? Et pourquoi c'est envisageable de passer par les lignes ennemies ?

Et bien parce que le Portugal a une particularité que j'ignorais complètement. Cette particularité, c'est ce fleuve, le Tage, qui coupe le pays en deux par son centre.

Vous savez combien il y a de ponts sur le Tage au Portugal en 1808 ?

Allez, devinez pour rire.

Et bien, il y a en a très exactement Zéro !!!!! Nada ! Peau d'balle ! Queud !
Sérieusement, qui m'a filé une nation qui laissé géographiquement son foutu pays coupé en deux ! Hein ?

Blague à part, le Portugal -nation maritime- utilisait lourdement le large fleuve comme voie fluviale. Les traversées se font donc par bac ou par bateau, et c'est d'ailleurs comme ça que le Général Junot a fait traverser ses hommes de Badajoz. Il a réquisitionné les bateaux de la ville, et les a utilisés comme pont fluvial pour traverser l'embouchure du Tage.

Le premier pont accessible est en fait en Espagne, à Alcantara. La ville dont venaient les Portugais et un des corps espagnol, qui devient du coup une cible majeure.



Du coup, même si joindre Lisbonne est inenvisageable par la rive nord, la joindre par la rive sud reste une possibilité.

Comme il n'y a pas grand chose au sud, et que ce sont des positions derrière deux de nos forteresses, il y a la possibilité qu'il n'y ait pas d'ennemi en force là bas. Ils n'ont pas grand chose à y faire.


C'est donc l'idée qui me trotte dans la tète pour le moment. Je vais y réfléchir, et voir si Murat me donne des ordres.

silence
13/10/2021, 20h25
J'imagine que tu es pris par autre chose mais, depuis que Bah a repris son AAR, je m'interroge d'autant plus sur ta situation. Tu nous as laissé après un grand moment, un petit mot pour nous donner des nouvelles serait super. ;)

Pas obligé de ressortir le grand jeu, ça devait être bien long à faire. Et puis on a Bah, ce génie de la stratégie dont l'AAR est incroyable. Je veux juste m'assurer que tu as bien fuis en bon français, sans même savoir que tu avais déjà perdu ?

(Certains mots sont inspirés par l'ennemi, sauras tu les reconnaître ? Attention, ce n'est pas facile. :ninja:)

Bopnc
14/10/2021, 01h07
Heeeeey salut tout le monde ! la pèche ? Les enfants ont grandi dis donc ! Déja à l'école ? Pfiouuu, que le temps passe vite ! :ninja:


En effet, j'ai eu quelques resserrages de temps libre qui ont malheureusement sacrifié la mise à jour de cet AAR. J'avoue que j'attendais qu'il se passe un truc cool pour m'y remettre, mais comme ça tarde à venir, j'ai tardé à reprendre. :p

Je vais découper ce que vous avez manqué en trois posts que j'enverrais au fil de l'eau. Ca sera plus simple. J'essaie de faire ça dans les jours qui viennent.

silence
14/10/2021, 13h56
Comme je disais, ne te mets pas la pression, savoir qu'on aura des nouvelles est déjà super.

Et, en attendant, le Generalissimo Bah del Desastre va bien trouver un guêpier où se fourrer pour notre plus grand bonheur. :ninja:

En vrai, même les moments d'incertitude et de flottement des prises de décision sont très sympas a suivre avec vos deux contributions.

Bopnc
14/10/2021, 22h42
Et c'est parti pour la première phase : le repli ! :lol:



Vous vous en rappelez peut être, à la base j'étais en route pour lever le siège de Badajoz.
J'ai voulu sécuriser mon flanc et éviter une traversée ardue en prenant d'abord la ville de Merida, à l'est. J'ai réalisé trop tard qu'une forte concentration Espagno-portuguaise s'y trouvait, qui m'est allègrement rentrée dedans. Je me suis replié avec un peu de casse et une grosse frayeur à cause de cavaliers dans mon dos.



https://i.ibb.co/wsdqvs6/20210622225225-1-situation.jpg (https://ibb.co/9tp0MtY)





3 juillet 1808 (et oui, encore)


Il est 22h, le soir de la bataille. J'apprends que les espagnols ont cessés la poursuite et redescendent vers Merida. Je les fait immédiatement suivre par une patrouille et ordonne de rassembler mon armée au nord, à l'ouest de Truxillo.

L'idée est désormais de reposer les hommes, réorganiser tout ce beau monde, et décider de l'action suivante.

J'ai déjà exposé mes possibilités au post précédent. Je me permet donc de m'auto-citer :


Actuellement, il me reste 8 jours de vivres (en comptant le fait de fourrager). Le temps d'atteindre Plasenzuela, à l'ouest de Truxillo, puis d'y passer deux jours pour reposer et rassembler les hommes, j'en serais à 4 jours de ravitaillement. A ce stade, autant dire que je n'en ai plus, et ne plus chercher l'affrontement. Il me faut donc ensuite foncer sur un dépôt.

A - Le plus proche est celui de Badajoz. Mais l'ennemi en tient les accès sous sa menace. Et même si j'arrivais à l'atteindre, je risquerais de me faire enfermer dedans, ce qui n'arrangerait pas nos affaires.

B - Le dépôt le plus sûr est celui de Tolède. Mais il est à 7 jours de marche (donc 17 aller retour + repos). L'avantage est que je pourrais y récupérer les 4000 hommes que j'avais laissé en garnison dans le coin, ainsi que les 400 cavaliers de Grouchy que j'avais laissé à Murat.

C - Il existe une troisième possibilité, ceci dit. Plus risquée, mais plus conforme aux ordres de Murat.
C'est de foncer sur Lisbonne en passant dans les lignes ennemies (mais au large de l'adversaire), et d'y rejoindre le général Junot et son armée du Portugal. Là bas, je pourrais me ravitailler, et joindre (enfin) mes forces à un autre corps pour pénaliser l'éventuel débarquement anglais. Par contre, le voyage sera pas de tout repos.







4 juillet 1808

On se repose et se réorganise.






5 juillet 1808

Ma patrouille m'informe que les troupes Espagnoles sont rentrées à Médira, et que la ville est en liesse. La population considère qu'une grande victoire a été remportée contre l'envahisseur français, et la population locale -déjà bien remontée par la concentration de troupes- est désormais ouvertement hostile. A plusieurs occasions, mes patrouilles de la région préfèreront rentrer plutôt que d'envoyer un messager, considérant que le risque qu'il soit lynché par les locaux est trop élevé. Certains piquets sont même obligés de quitter leurs postes, repoussés par les habitants.



https://i.ibb.co/YQB7g0K/20211014213643-1.jpg (https://ibb.co/dM40Zm3)



Je reçoit un courrier de mon piquet de Badajoz : les cavaliers espagnols qui surveillent la ville (et que mon piquet avait aidé à repousser) sont de retour. Et ce coup-ci, ils sont trop nombreux et agressifs pour être repoussés.


De mon coté, après analyse, c'est le choix B qui s'impose.
Le choix A est suicidaire : Tous mes calculs montrent qu'à moins d'être vraiment des branques, les Espagnols seront à Badajoz avant que j'y soit et que je sois ravitaillé. Je n'ai pas l'intention de relivrer bataille en infériorité et le ventre vide.
Du coté du choix C et de Lisbonne, le tentation est grande jusqu'à ce que mon génie m'informe que la traversée du détroit par bateau prendrait sept jours (!!!). Passer sept jours dans un cul de sac, dos à la mer, sans ravitaillement, avec une armée qui fait le grand écart entre deux rives ? On oublie.

On retourne donc sur les fondamentaux : on rentre à Tolède, on se renforce avec les troupes laissées sur place, et on demande de nouveaux ordres au maréchal Murat. Il faut se regrouper avec d'autres corps, et monter une opération propre.
J'envoie un courrier à Murat et au général Junot (à Lisbonne) pour les informer. Je reste volontairement vague sur le courrier de Junot, vu les chances qu'il soit intercepté.


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Du Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey, à Plasenzuela, au nord de Mérida, le 06 juillet à 00h00
Pour remise au Général Junot, commandant en chef de l’Armée Du Portugal, à Lisbonne

Général,

C'est le cœur lourd que je vous écrit cette missive, car je n'ai même pas encore eu l'occasion de recevoir votre première réponse.

La force présente à Merida se révèle être trop conséquente pour que je puisse manœuvrer dans le secteur. Je me vois dans l'obligation de le quitter pour préparer d'autres campagnes.

Sachez que la force de Mérida cible la forteresse de Badajoz, et qu'ils considèrent l'arrivée des anglais comme imminente, si tant-est qu'ils n'aient pas déja débarqué.
Ces derniers doivent les aider à prendre la ville, sans doute à l'aide d'un train de siège.

Que le sort des armes vous soit favorable.

Vive l'empereur, et vive la France.

Maréchal d'Empire Bon-Adrien Jeannot de Moncey
--------------------------






6 juillet 1808

Départ de tout mon corps en direction de Tolède.
La région est devenue invivable : Certaines patrouilles que je rappelle sont tout bonnement introuvables, d'autres ont préféré rentrer à cause de l'hostilité locale.







7 juillet 1808

Un courrier de Murat arrive. Il me félicite pour mon initiative en direction de Mérida, et m'informe qu'il m'envoie des renforts. Bien entendu il y a sept jours de décalage par rapport à ma situation, du coup ses encouragements résonnent bien tristement.
J'attends avec impatience le courrier d'insultes censé suivre, après qu'il ait reçu mon compte rendu de la bataille. :ninja:





8 au 11 juillet 1808

La marche se poursuit sans encombres. Les vivres manquent pour la division Frère qui avait été déroutée pendant la bataille de Merida et avait laissé une partie de ses bagages sur place. Mais les hommes survivent en se nourissant sur le terrain. Tant qu'on ne rencontre pas l'ennemi, tout va bien.

Le 9, je reçoit miraculeusement un courrier d'une de mes patrouilles loin au nord qui n'est pas exactement rentrée par le chemin que je pensais. Elle m'envoie un courrier espagnol capturé au nord est du Portugal. Je vous le met tel quel, histoire que vous puissiez profiter de cet extrait de littérature espagnole :

--------------------------
Freire et moi nous rendons au vers Reding pour VZ. Je vous informerai de la suite.

Bonjour Général

Général Cuesta

28.06.1909
-------------------------

Voila, ça vous avance bien hein ? Bah moi aussi. :ninja:







12 juillet 1808

Je ne suis pas loin de Tolède quand un message funeste arrive de ma patrouille de Badajoz : il m'informe que la citadelle est tombée le 9 au matin, sans même une journée de siège, par le simple poids des assaillants. La garnison de 3000 hommes n'a rien pu faire.

Dans le chaos de la chute, mes hommes ont pu glaner de précieuses informations. Je sais que la ville a été attaquée par les forces combinées de quatre divisions espagnoles : Reding, Coupigny, Cuesta I et Cuesta II, accompagnées de deux divisions portugaises : Silveira et Sepulveda. Cette force totalisait près de 30 000 hommes, accompagnés de 2000 sabres. Il n'y a pas eu de siège. Vu la faiblesse relative de la garnison, l'ennemi semble avoir réussi à forcer les murailles par le simple poids du nombre.

Cette nouvelle est désolante, car l'adversaire ne disposant pas encore de matériel de siège j'espérais vraiment que la ville puisse tenir au moins une ou deux semaine. Mais elle me rassure aussi face à mon choix : le 9, c'est exactement la date ou j'étais censé arriver en ville si j'avais choisi l'option A. L'adversaire a attaqué au nord et au sud de la rivière en même temps, certainement pour prendre au piège toute force présente sur place. Si j'avais fait ce choix, j'aurais donc enfermé mon corps complet sans ravitaillement dans une forteresse, ce qui aurait été catastrophique.

Vu ma proximité avec Madrid, j'envoie un courrier qui récapitule toutes ces informations à Murat, dont je n'ai pas encore eu de nouvelles.


https://i.ibb.co/DpH4Bc9/20211014213118-1.jpg (https://ibb.co/rsRkB8x)






13 juillet 1808

Je reçoit un courrier de Junot (Lisbonne), ici aussi avec plusieurs jours de décalage. Il est étonné de mon deuxième message lui annonçant mon retrait, car de toute évidence il n'a pas reçu mon premier courrier lui annonçant mon arrivée dans ce secteur.
Il m'annonce qu'il fera de son mieux pour tenir Badajoz. :ninja:






14 juillet 1808

Arrivée à Tolède !


Je ravitaille mes hommes et les met au repos : Ils l'ont bien mérité.

N'ayant rien à faire de plus sur place en attendant le repos complet (et n'ayant toujours pas reçu d'ordres) je décide de prendre quelques cavaliers avec moi et de galoper sur Madrid pour y discuter avec mon supérieur en tète à tète et avoir enfin une vision correcte de la situation !

Je quitte la ville à 6h du matin. Direction la capitale ! :lol:

https://i.ibb.co/JCFbNSC/20211014213135-1.jpg (https://ibb.co/rvfLgXv)

silence
14/10/2021, 23h13
Ce flou artistique dans les communications, c'est génial ! :lol:

Crayle
15/10/2021, 09h43
Merci pour la mise à jour, je trouve que c'est toujours un gros plus d'avoir les deux points de vue sur ce genre d'AAR.

Vivement la suite ! :wub:

pierrecastor
15/10/2021, 17h32
Je viens de découvrir le topic de Bah et j'enchaine par celui çi. J'adore, merci beaucoup pour ces AAR sur ce jeu de fou.

EDit : C'est peu être un peu tard pour ça, mais le nom du jeu apparait quand même dans ton premier post, dans la citation.

Bopnc
15/10/2021, 22h08
EDit : C'est peu être un peu tard pour ça, mais le nom du jeu apparait quand même dans ton premier post, dans la citation.

Bon ça va. En seulement dix mois ils ont sans doute pas eu le temps de le voir. :ninja:

Merci pour l'info, et merci à vous pour les encouragements. :)



Ce flou artistique dans les communications, c'est génial ! :lol:

Pour les communications, oui, c'est l'enfer. :p

C'est inhérent à la période, bien sur, mais c'est aussi dû au fait qu'on soit des novices en la matière et qu'on ne se connaisse pas. On n'a pas mis grand chose en place au début pour savoir comment échanger efficacement. Ca sera un des thèmes de la deuxième partie de mon rattrapage, d'ailleurs (demain, peut être).

Et pour couronner le tout, ici le contexte est vraiment hyper compliqué : Les distances sont énormes, l'hostilité de la population joue contre nous, et l'insurrections occupe le terrain entre nous et Lisbonne. Résultat, Murat ne peut pas vraiment centraliser et réagir après avoir dispersé ses corps, chacun doit rester autonome. Quand à Junot, il est quasiment inaccessible et quand il réponds c'est forcément avec deux semaines de retard. Autant dire qu'il pourrait aussi bien être sur une autre planète. ^_^

J'avoue que quand j'ai écrit à Murat au nord de Merida, avant la bataille, j'ai calculé le temps que ça mettrait à faire l'aller-retour et je me suis au final senti très seul. :XD:

Y'avait un petit coté "Warhammer 40 000" sympa. J'imaginais lancer un appel à l'aide dans les profondeur de l'espace, et me dire qu'un jour, peut être, longtemps après ma défaite, une armée de secours viendrait reprendre la ville. :ninja:

silence
15/10/2021, 23h13
J'imaginais lancer un appel à l'aide dans les profondeur de l'espace, et me dire qu'un jour, peut être, longtemps après ma défaite, une armée de secours tomberait dans le piège d'un nid de tyranides.Fixed. :trollface:

Elemorej
21/10/2021, 13h09
Coucou !
J'ai découvert le tapis par hasard et c'est un super AAR, j'adore!

En plus ça m'a permit de patienter dans les moments de creux de cette nuit (accouchement du deuxième :XD: )

Bon courage pour la suite et lâche rien!

Seymos
21/10/2021, 13h24
Coucou !
J'ai découvert le tapis par hasard et c'est un super AAR, j'adore!

En plus ça m'a permit de patienter dans les moments de creux de cette nuit (accouchement du deuxième :XD: )

Bon courage pour la suite et lâche rien!

Vas faire ton AAR toi.

Bopnc
21/10/2021, 13h25
Bon courage pour la suite et lâche rien!

Félicitations ! J'étais dans ta situation y'a quelques mois. Je te retourne les encouragements. ^_^


Concernant la suite de l'AAR, désolé du retard imprévu mais j'ai préféré passer mon samedi aprèm aux urgences finalement. :ninja:

Elemorej
21/10/2021, 14h53
Vas faire ton AAR toi.

Un AAR? Quel AAR? :ninja:


Pas sur que ma femme l'aurait bien prit si j'étais sur ppt et steam pendant son travail :XD:



Félicitations ! J'étais dans ta situation y'a quelques mois. Je te retourne les encouragements. ^_^


Concernant la suite de l'AAR, désolé du retard imprévu mais j'ai préféré passer mon samedi aprèm aux urgences finalement. :ninja:

J'ai lu ça, ça m'a bien fais rire d'ailleurs ! Merci !

Ahhh c'est revigorant les urgences, je comprend le choix :ninja:
Rien de grave?

Bopnc
30/10/2021, 00h20
Rien de grave?

Non, juste quelques côtes meurtries. Et qui piquent encore un peu. :p




Bon allez, deuxième round un peu à l'arrache, parce que si j'attends des conditions idéales vous l'aurez jamais !



Deuxième phase du rattrapage : La pas-drôle de guerre !



14 juillet 1808

Mes hommes viennent d'arriver à Tolède. Les laissant se ravitailler et se reposer sur place (ils l'ont bien mérité), je galope avec quelques cavaliers en direction de Madrid.

J'atteins la ville vers 14h, et me rends immédiatement chez le maréchal Murat !

Vous n'imaginez même pas le plaisir qu'il y a à pouvoir discuter directement, sans délai, sans faux semblant, sans crainte d'être intercepté ! C'est trop bien ! :lol:

Malheureusement, comme on va le voir plus loin, ça vient aussi avec d'autres inconvénients plus… inattendus.



Les communications :

Ma première préoccupation a été d'échanger avec Murat l'intégralité des messages que je lui avais transmis depuis le début de l'insurrection, histoire de voir s'il y avait des trous, et de recouper les emplacements de ces trous.
En effet, vous vous en souvenez peut être, mais au tout début de la campagne j'avais malencontreusement laissé passé une patrouille de 200 cavaliers venus de Valladolid en direction de Madrid, et n'avait jamais pu remettre la main dessus.
Comme j'ai croisé plusieurs autres patrouilles du genre, je soupçonnait (et soupçonne toujours) l'adversaire d'écumer les routes d'Espagne avec des cavaliers -en particuliers dans les environs de Madrid- pour intercepter un max de communications.

Et bien si c'est le cas, ils ont eu raison de le faire ! Car comme je le craignais il y avait des trous dans nos communications, et des beaux !

Un message manquant en particulier pique fort. C'est mon compte rendu complet de la situation de toute la région nord, lorsque que j'avais commencé à quitter le secteur pour basculer vers Badajoz. Ce compte rendu avait été expédié un peu avant la route de Tolède, à à peine 100km de Madrid !!! Sur un de nos axes les plus surveillé que je venais tout juste de patrouiller !
En un message totalement intercepté, l'adversaire à choppé toute la situation du nord, l'information selon laquelle j'allais au sud, et a coupé ma demande d'informations à Murat sur la situation de Badajoz ! Le Jackpot ! :sad:

L'adversaire a également intercepté intégralement le message qui suivait, parti de Tolède pour Madrid ! Au cœur de notre dispositif ! Et il s'agissait de ma deuxième demande d'information vis à vis de Badajoz ! Ce qui explique en partie le très long silence de Murat à ce moment, qui m'a envoyé dans le coupe-gorge que l'on sait à Mérida.


https://i.ibb.co/LhtCb0p/20210324211117-1-Copie-3.jpg (https://ibb.co/XkszNWJ)


Si c'était volontaire de la part de l'Espagnol, c'était un très beau coup qui nous a bien pourri la situation.

Du coup, une de mes premières préoccupation a été de mettre en place des solutions pour éviter ça. De façon générale, désormais, j'ai pris la décision :
- De numéroter tous mes messages pour que Murat sache s'il en a raté ou pas.
- De faire escorter les messagers par des cavaliers, pour que j'ai des chances accrues d'entendre parler de leur interception.
- De communiquer les informations importantes à Murat en Franc-Comtois.

L'idée du Franc Comtois vient de Murat, qui de son coté a recensé les différents patois régionaux parlés par nos différents officiers pour essayer d'organiser un chiffrage. J'y ai également suggéré d'organiser un service de messagers plus discret, à base d'Espagnols fidèles à la couronne. Mais je ne sais pas s'il a pu le faire.




La situation générale :


Coté situation, tout s'éclaire un peu avec les informations de Murat, même si au final il y a assez peu de surprises.

Pour rappel, voici mes interprétations de la situation depuis le début :

Première phase (les flèches sont des mouvements des corps) :
https://i.ibb.co/Pg7mjsW/20210201213347-1.jpg (https://ibb.co/cQGg3K8)

Deuxième phase (les flèches sont des mouvements des corps) :
https://i.ibb.co/prKN3z0/20210216172915-1.jpg (https://ibb.co/dJpXQ2W)



Le principale information, c'est la situation de Bessières et de son IIème corps que j'avais laissé prendre ma place au nord. Ce dernier a bien attaqué Salamanca, la ville fortifiée dans laquelle j'avais repéré une armée Espagnole, mais n'a a priori pas pu la prendre. Je vous met ses courriers expédiés à Murat :

2 Juillet :
Je viens d'arriver à Salamanque qui est protégé par une garnison espagnole estimée à quelques milliers de soldats. L'assaut n'est malheureusement pas encore possible avec les troupes que j'ai. Toutefois, conformément à vos ordres, le reste de mon corps est en train de se rassembler et il ne fait aucun doute que la ville tombera d'ici moins d'un mois. Peut-être moins avec l'aide du train de siège qui se déploiera dans les jours qui viennent. Les défenses de la ville ne tiendront pas longtemps.

11 Juillet :
Nous n'avons pas pu tenir Salamanque sans renfort, aussi, nous avons préféré rejoindre le Maréchal Moncey au nord de Mérida pour lui prêter main forte. Les Divisions de Verdier et Merle nous y rejoindrons également. Le Siège nous a laissé épuisé, mes hommes auront besoin d'un repos avant de reprendre le combat à Mérida.

En gros, il a tenté le siège avec une partie de ses forces, et a échoué. Et est parti au sud pour me rejoindre sur une position ou je ne suis plus (et ou trainent 30 000 Espagnols...).

Il n'est pas clair s'il a pu prendre la ville ("tenir Salamanque sans renforts") ou s'il a échoué à en faire le siège. Il semble qu'il manque un courrier intermédiaire ici aussi. Murat m'a précisé que les communications étaient difficiles avec Bessières. Ce qui n'est pas très étonnant, vu la distance.


Coté est, les informations sont floues. Les IVeme et Ier corps ont repoussés des espagnols (10 000 hommes), mais sans pouvoir les détruire à priori. Ils n'ont pas rencontré de gros problèmes. Murat les avait redirigé vers Merida pour m'aider, aux dernières nouvelles. Mais ils en sont certainement encore très loin.

Leur dernier message à ce moment est celui là :

Maréchal, nous sommes le général Frésia et moi-même, le général Duhèsme à Teruel. Nous partons au plus vite (demain sans doute) en route pour Madrid en passant par la route qui monte vers Saragosse. Nous couperons vers l'ouest au moment opportun.
Ici, aucune trace des armées espagnoles. Nos forces seront plus utiles vers la capitale.


Coté Portugal, la communication est exécrable avec Junot et son armée. Pas étonnant ici non, plus, toute l'insurrection est entre lui et nous.


En gros, ça donne (attention regardez que les flèches, la position des pièces sur le plateau est obsolète, j'ai juste réutilisé un screen précédent) :

https://i.ibb.co/DDCvxhK/20210319235916-1-Copie.jpg (https://ibb.co/kg8wRjc)


A l'issue de cette discussion notre priorité est assez claire :
- Faire revenir les Ier et IVeme corps sur Madrid le plus vite possible. Murat envoie immédiatement des ordres en ce sens.
- Se préparer à marcher sur le Portugal avec l'armée complète, cette fois.



16 juillet 1808

Le général Frésia, du Ier corps, débarque à Madrid à l'improviste avec ses hommes ! C'est une excellente surprise, qui nous fera tous bien rire vu que le courrier pour le rappeler avait été expédié la veille. :p

Il nous informe directement que le général Duhèsme et son IVème corps sont derrière lui ! :lol:

En effet, ce dernier arrive dans l'après midi.


Concernant la situation à l'est, les informations qu'ils nous donnent sont parcellaires, et hélas assez peu précises. Les 8000 hommes ont lutté avec les fameux 10 000 espagnols près de Teruel (point de départ de leur flèche), sans réussir à les détruire. Ils ont pris Valence et Teruel, mais ont abandonné ces villes pour revenir sur Madrid (tout en en récupérant les dépôts, excellente initiative).

Duhèsme pense avoir laissé 2000 cavaliers à Barcelone, ce qui n'est pas super judicieux vu qu'ils ne peuvent pas défendre les murs efficacement d'après les règles. Il n'en a plus trop de nouvelles.


Des informateurs remontent d'autres informations à Murat, et en recoupant les différents signaux, une tendance semble se dégager. Je vous en fait un diagramme sommaire :ninja: :

https://i.ibb.co/BPvsVXV/20210319235916-1-Copie.jpg (https://ibb.co/8BG8DWD)



Du coup, l'ordre de marche semble confirmé : Il faut aller là bas, et le plus vite possible avant que Junot ne cède. Nous n'attendons plus que les ordres sur qui doit faire quoi !



17 juillet 1808

Quelques discussions, nous attendons les ordres.

18 juillet 1808

Quelques discussions, nous attendons les ordres.

19 juillet 1808

Quelques discussions, nous attendons les ordres.

20 juillet 1808

Nous attendons les ordres.

21 juillet 1808

Nous attendons les ordres.

22 juillet 1808

Nous attendons les ordres...



C'est donc ici que nous devons parler des fameux "inconvénients" à la discussion directe. Je fais donc un aparté sur ce sujet un peu moins fun, histoire que vous compreniez ce qui s'est passé à ce moment là et ce qui a un peu "basculé" chez moi.

En fait, dès les premières communications avec Murat, j'ai donc appris que certains de mes messages avaient été interceptés. Mais j'ai aussi appris que certains autres de mes messages étaient passés à l'as pour cause d'IRL trop chargée.
En effet, le joueur de Murat avait des partiels assez tendus, et a tout naturellement privilégié la vie réelle au jeu.

A l'arrivée des deux autres joueurs, j'ai également senti un décalage par rapport aux discussions : Les infos étaient floues (je n'ai jamais vraiment pu avoir de véritable compte rendu de ce qu'il s'était passé de leur coté). Les discussions stratégiques très limitées (peu de vérifications sur carte, de calcul de distances pour vérifier si une hypothèse était viable ou pas, etc), certaines erreurs étonnantes (les 2000 cavaliers "perdus" à Barcelone).

Et en ce qui concerne les derniers jours, et bien nous étions en aout, et les gens étaient en vacances (le joueur de Murat, en particulier, est parti à l'étranger). Du coup, nous avions beau tous êtres au même endroit, la situation est restée au point mort une semaine complète ingame (presque un mois IRL), avec juste quelques échanges sporadiques.

C'est là que j'ai réalisé que j'étais sans doute en décalage par rapport aux autres joueurs. Non pas que je leur reproche d'avoir privilégié leur vie au jeu, hein. Pas du tout.
C'est plutôt moi qui en faisait sans doute trop. Clairement j'étais l'exception à passer parfois des soirées à réfléchir sur les situations du jeu et les ordres à donner. Ou a faire systématiquement suivre tout le matériel permettant de jouer (cartes, PC avec Tabletop, journal de marche), y compris pour la naissance de mon deuxième fils ou certains envois d'ordres ont été un peu chauds à placer. ^_^

Mais du coup, réaliser ça m'a un peu "pété le trip" quoi (chose qui ne serait pas arrivée par courrier, je pense). Et j'ai eu un peu de mal à digérer une aussi longue attente ingame "pour cause IRL" à un moment de la partie qui me semblait décisif, et j'avoue avoir un peu trépigné sur cette phase là. :p

Finalement, j'ai échangé avec l'arbitre à ce sujet. Pour savoir si lui ça lui posait problème vis à vis du déroulement de la partie. De son coté il n'avait pas d'inquiétude, et m'a dit que pour lui ça faisait partie du jeu : Après tout, en vrai aussi les officiers sont plus ou moins impliqués, plus ou moins concentrés, plus ou moins perturbés par leur vie privée.

Du coup, rassuré de ce point de vue, j'ai un peu relâché mon implication, et j'ai attendu les ordres.



Et heureusement, le 23 juillet, un rapport de contact particulièrement intéressant est arrivé !!! :trollface:

yopyop
30/10/2021, 08h59
C'est fourbe de s'arrêter là :)

Tribe
30/10/2021, 11h56
C'est vraiment chouette à suivre en tout cas :)

Elemorej
31/10/2021, 16h22
Quand soudain!
Non mais tu as pas le droit en fait! La suiteeeeer! :XD:


Effectivement c'est surprenant qu'il y ai de telles différencesd'implication.