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  1. #1
    "Dexter" me pose un problème, et cela fait plusieurs semaines que je me tortille la souris sans savoir par quel bout le prendre pour vous en causer. Alors, faute de solution satisfaisante à ce jour, je vais y aller franco. Je vous préviens, ça va être long, parce que comme chacun sait, ce qui ne se conçoit pas clairement, s'explique longuement.
    A mon avis, si "Dexter" est une série originale, dérangeante, bien épicée à l'humour noir et portée par un comédien de talent, "Dexter" est aussi une série barbare, complaisante et idéologiquement malsaine.
    Je vais m'expliquer, mais commençons par le commencement.
    Dexter Morgan, le personnage principal, est un expert de la police scientifique de Miami, spécialisé dans l'étude du sang et de ses projections sur les scènes de crime. Dexter est le meilleur dans son domaine pour la bonne raison qu'il est lui-même un tueur, et même un tueur en série : voui-voui-voui, on parle bien d'un monstre qui éprouve un besoin irrépressible de tuer des gens. Ce qui le différencie des criminels qu'il traque, c'est que lui ne tue que des méchants : en effet, lorsque son père adoptif, policier de profession, a découvert ses penchants meurtriers, il l'a littéralement "dressé" à ne s'en prendre qu'aux vilains qui échappent à la Justice ou sont libérés pour de mauvaises raisons. Dexter Morgan est donc une forme d'incarnation du dicton "It takes a thief to catch a thief" (il faut un voleur pour attraper un voleur): c'est un serial-killer spécialisé dans les tueurs récidivistes. En vous décrivant cela, je ne dévoile rien de l'intrigue puisque toutes ces informations sont données dans les dix premières minutes du premier épisode.
    Le spectateur est donc invité à partager les réflexions d'un tueur psychopathe qui vit clandestinement non seulement parmi les forces de l'ordre, mais aussi plus généralement au sein de notre société habituelle. L'acteur Michael C. Hall (le David Fisher de "Six Feet Under") se régale à incarner un inadapté totalement froid et insensible, contraint de feindre chaque petite émotion de la vie quotidienne pour paraître normal aux yeux de ses proches ou de ses collègues. Que ce soit dans le décalage soigneusement cultivé entre la voix-off intérieure de Dexter et les scènes banales qu'il vit, ou via les petites situations ou phrases toutes faites rencontrées tous les jours et qui deviennent ridicules une fois adressées sans le savoir à un tueur impitoyable, la série cultive une ironie et un humour noir qui sont rares, et donc assez plaisants.
    Ce décalage est encore renforcé par l'opposition entre le fond de la série (meurtres atroces et tueur en série) et son décor (palmier, stuc, soleil et musique cubaine). Même si ce n'est pas extrêmement subtil, il y avait là matière à réflexion à la fois sur l'inhumain qui sommeille en chacun d'entre nous malgré les apparences et sur la vacuité de 90% de nos relations sociales, qui sont tellement superficielles qu'elles pourraient aussi bien être totalement feintes. Et l'on sent dans certaines scènes que les scénaristes se sont réjouis de pouvoir régler leur compte au vitriol à certains poncifs et conformismes, en particulier dans la "communication" sentimentale entre hommes et femmes.
    Jusque-là, vous vous dites "Ça a l'air pas mal, rock'n roll et tout", si vous avez plus de trente ans, ou "Ouais gros, c'est frais" si vous en avez moins de vingt.
    Seulement voilà, "Dexter" pue un peu.
    Réfléchissons. On nous demande de nous identifier à un fou criminel, un type qui dès le premier épisode découpe vivantes, à la scie et à la perceuse, deux personnes ligotées avant de prendre un échantillon de leur sang pour sa collec' personnelle. Ah, mais ce n'est pas grave, nous suggère-t-on, puisqu'il ne choisit ses victimes que parmi les coupables de crimes affreux. Sans déconner, ça ne vous rappelle rien, un gars qui décide de tuer les criminels qui échappent à la Justice corrompue, molle ou simplement incompétente ? Ben moi, je pense automatiquement "autodéfense", "Charles Bronson" et "Un justicier dans la ville". Beurk.
    Mais ce n'est pas tout. A travers de nombreux flashs-back, on nous explique que le père adoptif de Dexter a découvert chez lui dès l'enfance qu'il serait un dangereux criminel. Faute de pouvoir changer ses pulsions (il n'essaye même pas, hein), il l'a entraîné à ne s'en prendre qu'à ceux qui le méritaient, après enquête soigneuse et précautions d'usage. Je vous épargnerai mon couplet sur les dégâts de l'orientation à la fois scientiste et comportementaliste de la psychologie à l'américaine, pour me concentrer sur une question : que faut-il comprendre ? Que lorsqu'un gamin haut comme trois pommes présente des troubles du comportement, des accès d'agressivité, on ne peut rien faire, il est incurable…? Là encore, ça ne vous rappelle rien ? Mais si, mais si, réfléchissez : c'est exactement l'idée selon laquelle on peut détecter les délinquants dès la maternelle.
    Allez, pour finir, une petite réflexion sur l'évolution de la télé américaine, et donc de la nôtre par contrecoup. La télé US, ce sont deux univers normalement distincts : les chaînes câblées (HBO, Showtime, etc.) et les grands networks (ABS, CBS, etc.). Sur le câble, pas de soucis : on peut voir du cul (soft quand même) et s'injurier sans problème, voire les deux en même temps. Tandis qu'en dehors du câble, les règles imposées aux diffuseurs et donc aux producteurs sont très strictes et caricaturalement puritaines: le moindre téton entrevu est un scandale national, et le nombre de jurons à la minute est strictement réglementé. Or, si le sexe et la grossièreté posent problème, la violence non. Du coup, la transgression, toute la transgression, passe par-là et les séries sont de plus en plus gores et violentes. Pensez au Japon, où les poils pubiens sont censurés mais les fantasmes de viols banalisés.
    Alors depuis quelque temps aux Etats-Unis, on assiste à une véritable escalade, une compétition dans l'horreur pour attirer l'attention du public. Et c'est une des raisons du succès initial fulgurant de CSI ("Les Experts") aux Etats-Unis il y a quelques années. C'est difficile à réaliser depuis la France, d'abord parce que la série semble gentillette aujourd'hui, ensuite parce que le diffuseur français censure certains épisodes (eh oui, chez nous, la violence à l'écran est surveillée), mais il s'agit bien de cela : balancer du meurtre et du cadavre dans tous ses états à la face de la ménagère en plein prime-time.
    "Dexter" est un exemple intéressant de cette évolution. La série est produite par Showtime, une chaîne câblée assez spécialisée dans l'outrance et en particulier le cul ("Californication", "L World", "Journal intime d'une call-girl"…). Showtime appartient à CBS, alors quand la maison mère se trouve en mal de programmes à cause de la grève des scénaristes, elle décide de piocher dans le catalogue de sa filiale une roue de secours. Que croyez-vous qu'elle a choisi, en jugeant que c'était le plus facile à diffuser, le moins choquant ? "Dexter", bien sûr. Ah, mais attention : on a pris le soin de couper quelques scènes et surtout, surtout, de censurer les affreux jurons !
    Moi, la violence sans rime ni raison, ça me barbe. Et d'ailleurs, je commence à en avoir sérieusement assez de cet archétype du serial-killer qu'on nous refourgue partout comme le grand croque-mitaine des temps modernes. Et là où un cinéaste comme Scorsese a pu utiliser la violence, et même l'ultra violence, comme une métaphore de la construction de la société américaine, aujourd'hui à la télévision elle n'est que complaisance et racolage. Et c'est bien mon problème avec "Dexter".

    "Dexter, saison 1", une série TV en DVD, édité chez Paramount, environ 40 euros.

    -

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  2. #2
    Bah d'accord sur l'existence d'un fond moral/idéologique problématique (cad un peu puant il est vrai) mais je trouve que c'est justement ce qui ce qui fait tout le sel de la série (enfin au début). De la même façon que je prends un plaisir mémorable à lire "étoiles : garde-à- vous!" (starship troopers) de R. Heinley en ce moment. Pour en revenir à dexter la première saison quoique un peu télescopée dans son intrigue principale (format série oblige ?) reste sympathique et plutôt recommandable aux gens avec un minimum d'esprit critique. Les saisons 2 & 3 ne vont malheureusement pas en s'améliorant, le personnage de dexter devenant de plus en plus édulcoré et empruntant désormais plus au vengeur un tantinet sadique à la "punisher" qu'au serial killer pervers à la "bateman".
    Last edited by palimsest; 02/02/2009 at 13h39.

  3. #3
    Je ne saurais que citer un passage du documentaire Suck My Geek :
    "En parlant de Zombie, on peut voir la destruction du mythe capitaliste, mais honnêtement, ce qui fait kiffer dans Zombie, c'est les zombies !"

  4. #4
    Ha ouais quand même...

    J'ai commencé la série il y'a de ça quelques jours et je suis/étais loin de réaliser la profondeur de ce que tu dévoiles.

    Cependant je me suis dit tout comme toi, qu'il était anormal que le père n'ai rien fait.

    Et je me suis posé la question : pourquoi ?

    A sa décharge je dirais qu'il a pu penser qu'aux US, le gamin aurait été condamné sans ménagement et par conséquent aucun espoir du côté des organismes et établissements spécialisés. Il décide donc de canaliser ses pulsions pour lui éviter un régime aux sédatifs dans une maison de fou. Après tout, pourquoi pas.

    Deuxième solution, son père est aussi dérangé que son adopté de fils et décide d'en faire une arme absolue et s'évertue à lui apprendre le camouflage.

    Mis à part cela, cela reste une série tout à fait plaisante et exutoire.

    De mon point de vue non-américain je n'ai pas, consciemment du moins, ressenti ce que tu dis.

    Mais de toutes façons, la violence aux US n'est pas due à la télévision, ça se saurait, c'est à cause de DOOM !
    "Les jeux vidéos, c'est notre passion"

  5. #5
    Je comprends pas trop ta réaction Ivan, l'originalité de Dexter se situe justement dans le fait que son personnage principal est condamnable. Ce n'est pas un "héros" ou en tout cas il n'est jamais présenté comme tel, on ne s'identifie pas à lui, et ça entraine quand même une réflexion sur les notions de bien et de mal.
    A condition évidemment de ne mettre en main la série qu'à ceux capables de prendre le recul nécessaire.

  6. #6
    Je ne saurai qu'être d'accord avec cette analyse. Cependant en dehors de toutes considérations issues de la seconde partie du texte, il manque à la série un je ne sais quoi addictif qui me ferait envie de voir la deuxieme saison. C'est pas mal, mais je n'ai pas suffisamment accroché
    Chaque fois que la science avance d'un pas, c'est qu'un imbécile la pousse... Sans le faire exprès.

  7. #7
    Quote Originally Posted by Zebb View Post
    Ce n'est pas un "héros" ou en tout cas il n'est jamais présenté comme tel, on ne s'identifie pas à lui, et ça entraine quand même une réflexion sur les notions de bien et de mal.
    Sisi, je rêve sérieusement de découper mes #@~@éà de voisins et tous ceux que je hais tout au long de ma journée.

    Dexter est mon héros

    Quote Originally Posted by Zebb View Post
    A condition évidemment de ne mettre en main la série qu'à ceux capables de prendre le recul nécessaire.
    C'est bien le problème aux US je pense, ils ne peuvent pas reculer coincés dans leurs canapés ^^

    Quote Originally Posted by Guayas View Post
    Je ne saurai qu'être d'accord avec cette analyse. Cependant en dehors de toutes considérations issues de la seconde partie du texte, il manque à la série un je ne sais quoi addictif qui me ferait envie de voir la deuxieme saison. C'est pas mal, mais je n'ai pas suffisamment accroché
    J'ai en fait eu du mal à accrocher et il a fallu le 4ème épisode pour me lancer. Dans l'ensemble je trouve cela lent, et des fois l'épisode n'est juste la que pour découper un méchant. Je crains que la série ne s'appauvrisse en devenant une succession de découpage sans fond.
    Last edited by Pimûsu; 02/02/2009 at 13h46.
    "Les jeux vidéos, c'est notre passion"

  8. #8
    Je suis à la vision de la saison 3 (vive le sat) et je peux vous dire que notre ami Dex, se "socialise" et on a sérieusement baissé dans le régime des "meurtres rituels de méchants très méchants" ...(oui, c'est vrai, ça pue un peu là, mais on est des Eu et on sait relativiser un peu quand même...non? ah zut... )
    Le scénario est en béton et on assiste à qq. très bonnes critique de la vie "sociale" américaine, arrivisme, presse, le FBI, etc...

    Vivement ce jeudi pour la suite

  9. #9
    Quote Originally Posted by Zebb View Post
    Je comprends pas trop ta réaction Ivan,
    A mon avis, tu ne va pas être le seul...
    l'originalité de Dexter se situe justement dans le fait que son personnage principal est condamnable.
    Pas spécialement original en soi, c'est le cas de tous les films ou séries de "mafieux", par exemple.
    Ce n'est pas un "héros" ou en tout cas il n'est jamais présenté comme tel, on ne s'identifie pas à lui, et ça entraine quand même une réflexion sur les notions de bien et de mal.
    Ben justement, ça se discute. C'est le héros, et c'est sa voix off qu'on entend; il se confie et s'adresse directement au spectateur pour le prendre à témoin de ce qu'il vit. Donc si, tous les "trucs" scénaristiques pour qu'on s'identifie au personnage sont là. Et comme on prend bien soin de "justifier" ses actes par le fait que ses victimes sont des vilains...
    ________________________
    "Bien faire, et laisser braire."

  10. #10
    Je me pose les mêmes questions et interrogations depuis le début de la série et pourtant.. Je la regarde encore avec un certain plaisir.
    A chaque épisode j'essaie d'éviter ces réflexions en essayant de trouver des "échappatoires" ('le père est aussi dérangé que le fiston' revient souvent).
    Ca devient de plus en plus dur, mais je continue quand même à la regarder..
    C'est qu'elle est vraiment bien faite (casting, dialogues...)

  11. #11
    Tu es, me semble-t-il, passé à côté du principal intérêt de la série : le double sens du discours que chaque personnage tiens à son prochain. En effet, tu remarqueras que les répliques proférées par les uns et les autres peuvent être interprétées différemment selon où on place son point de vue. L'écriture est remarquable dans ce sens car elle place chaque protagoniste devant une situation dans laquelle il doit avancé masqué, comme Dexter masque ses pulsions.
    Et puis, pour le côté moral de la chose, tu devrais mater les deux saisons suivantes qui, justement, remettent en cause le "code" du père .
    Et puis, de toutes façons, si on part d'un postulat où le héros est un serial killer, difficile d'en faire un tueur d'enfants hein...

  12. #12
    Quote Originally Posted by gordontesos View Post
    Je ne saurais que citer un passage du documentaire Suck My Geek :
    "En parlant de Zombie, on peut voir la destruction du mythe capitaliste, mais honnêtement, ce qui fait kiffer dans Zombie, c'est les zombies !"
    J'ai beaucoup hésité à lancer ce genre de discussion justement pour cette raison : je déteste les prêcheurs universitaires et je crois dur comme fer que le divertissement, c'est fait avant tout pour divertir.
    Mais rien n'interdit de réfléchir à ce qu'on regarde de la même façon qu'on réfléchit à ce qu'on dit ou fait.
    ________________________
    "Bien faire, et laisser braire."

  13. #13
    Je vais peut etre passer pour un psychopathe en puissance, mais personnellement j'ai une facheuse tendance a m'identifier a Dexter. Je trouve que la serie tiens avant tout sur l'interprétation de Michael C. Hall
    Alors effectivement, le fait que les crimes soient justifiés par le coté "vilain" des victimes n'est pas de toute finesse. Mais au final je trouve qu'on se laisse gentillement prendre par la main dans une serie que je trouve agréable a regarder et quine se prends pas vraiment au serieux.

    Après on est quand meme loin d'un Wire ou d'un Six Feet Under.
    Save my ass, save the world.

  14. #14
    Entièrement d'accord avec Ivan Le Fou. Les productions Showtime restent quand même très conventionelles dans leur traitement. Dexter chez HBO, je pense que ça aurait été autre chose. Limite dans la saison 3 c'est serial-killer pour les kids.
    "Il faudrait demander à Depardon s'il pense que Free to Play sape son travail." Pancho Villa

  15. #15
    Je comprend vraiment pas ta réaction Ivan. Toute la série ce base sur ce personnage, mais en la regardant je me suis beaucoup plus sentit dans une position de spectateur et non pas d'acteur. Je ne trouve pas qu'il y ai beaucoup de procédé stylistique et cinématographique fait pour s'identifier au personnage principale.

    De plus parler de politiquement correct et etre choqué par la violence de cette série (que je trouve vraiment légère par rapport à la violence des mots et des situations de certaine autre séries, qui sont pourtant parfois aussi terriblement bien foutu comme Oz, parmis d'autres.), alors que vous criez toujours sur "famille de france" et les autres anti-jeux vidéo et anti-violence.

    Ca vous parait normal de jouer à GTA4 ou à toute une tripoté de jeux, tous plus violents (voir malsain) les uns que les autres, mais dans une série là ca te genes... J'avoue je pige pas du tout.
    Pour moi c'est meme le coté jeux-vidéo et interactivité qui est de loin le plus dangeureux.

    Après la violence dans les jeux ne me gene pas alors celle dans les séries encore moins. Et puis j'en ai marre de vivre dans une société où tout est aseptisé !

  16. #16
    Entièrement d'accord avec Concrete. Mais je trouve que la série garde vraiment un goût .... d'artificiel.

    Fin j'sais pas .... on parle d'un serial killer archi violent et toute la série me semble ... épurée. Mais épurée artificiellement. Genre "comme ça on va pouvoir la diffuser sans être emmerdée".

    En fait, j'ai l'impression que c'est une série qui peut entamer une critique sociale sur tous les points soulevés par Ivan, mais qu'en fait non parce qu''on va bien vite enterrer ensuite tous les points qui pourraient être matière à réflexion. (A propos du père par exemple, comme le suggère pimusu).

    Puis bon, j'ai découvert Dexter juste après avoir découvert Oz donc bon ... la ccomparaison ne tient pas trop
    Quote Originally Posted by adorya View Post
    On dirait que sur la beta le medic peut virer le snare au heal, va y avoir de la gueulante des shortstop et natasha user...

  17. #17
    Quote Originally Posted by alegria unknown View Post
    Limite dans la saison 3 c'est serial-killer pour les kids.
    Je comprend pas ta phrase...
    La saison 3 est la meilleure car elle met Dexter face un type qui justement fait du crime un moyen de venger la société jusqu'à ce qu'il en face un moyen de vengeance personnelle. On touche au plus près à la réflexion sur la légitimité de la vengeance lorsqu'elle est transférée de la société à un seul homme. Dexter, lui est tordu, ça on le sait : son comportement n'est que rationnel (pas de compassion, pas de pitié etc.).

  18. #18
    Quote Originally Posted by Ivan Le Fou View Post
    J'ai beaucoup hésité à lancer ce genre de discussion justement pour cette raison : je déteste les prêcheurs universitaires et je crois dur comme fer que le divertissement, c'est fait avant tout pour divertir.
    Mais rien n'interdit de réfléchir à ce qu'on regarde de la même façon qu'on réfléchit à ce qu'on dit ou fait.
    Oui mais aujourd'hui ca devient de plus en plus difficile d'avoir du divertissement intelligent. Autant avant, le divertissement et la reflexion s'harmonisaient avec talent, en permettant d'utiliser l'un pour rebondir sur l'autre (Genre Charlie Chaplin qui utilisait le rire pour donner une reflexion sur des sujets plus graves). Maintenant le divertissement est devenu vulgaire et plat dans la plupart des cas. On veut juste "saérer" l'esprit, pas réfléchir et on se retrouve avec des cases ou presque plus personne ne pense que divertir c'est aussi réfléchir. D'un coté on a la connerie à fond pour faire loler et de l'autre coté de l'eventail, le film auteurisant chiant qui pense d'abord a la reflexion et a la thematique avant n'importe quoi alors que ca devrait venir naturellement avec l'histoire, les personnages, les dialogues, etc. etc.
    Le rire signifiait quelque chose dans la reflexion et vice verça. Reflechir n'etait pas quelque chose d'emmerdant et lourd et le rire quelque chose de bête et stupide. Tu t'elevait un minimum par les deux.
    CAFET' & GARÇONS 2: www.stemporryed.com

  19. #19
    Franchement Ivan le Fou sans aucune agressivité je te le dis, ta critiques de Dexter pue du slip.

    D'abord parce qu'elle ne considère que la saison 1, qui mets méthodiquement en place tout ce que tu décris et apprécie mais aussi tout ce que tu abhorre de façon a mon humble avis parfaitement consciente, et sciemment. Justement pour mieux préparer la suite.

    Par exemple l'éducation du père, au fil des deux saisons suivantes laissent apparaitre plus une manipulation de celui-ci qu'une caricature de comportementalisme. Dexter est un outil qu'il a forgé, au détriment de l'humain qui est en lui, enfin bref tu es passé à coté à mon avis Ivan, même si sa s'explique par le fait que la saison 1 n'est qu'une mise en bouche.
    Il suffit de voir les 2 saisons suivantes pour voir comme le dis Super_Newbie plus haut a quel point l'écriture et fine, et à quel point on se fait manipuler constamment par les scénaristes, et d'après se que tu écris tu es tombé en plein dans leurs pièges.

  20. #20
    alonzobistro
    Guest
    Je me suis fait, grosso modo (haha), les mêmes réflexions que toi, Ivan mais j'ai choisi le divertissement plutôt que de rejeter Dexter pour les relents un peu rance qu'induisent son propos. Et comme dit plus haut, la deuxième saison, à mon grand plaisir, introduit de nouveaux éléments qui tendent à prendre du recul par rapport aux "vérités" du personnage, même si ça n'est pas toujours bien amené dans la forme, c'est réjouissant sur le fond ...

  21. #21
    Quote Originally Posted by Ivan Le Fou View Post
    Et comme on prend bien soin de "justifier" ses actes par le fait que ses victimes sont des vilains...
    A ce propos, et sans faire de spoil, on s'aperçoit dans les saisons suivantes que tout n'est justement pas si simple...

    La série sort de ce shéma simpliste, notament par l'introduction du personnage principale de la 3 (apres Dexter lui même), et gagne vraiment en profondeur.

  22. #22
    Quote Originally Posted by Karibou View Post
    Oui mais aujourd'hui ca devient de plus en plus difficile d'avoir du divertissement intelligent. Autant avant, le divertissement et la reflexion s'harmonisaient avec talent, en permettant d'utiliser l'un pour rebondir sur l'autre (Genre Charlie Chaplin qui utilisait le rire pour donner une reflexion sur des sujets plus graves). Maintenant le divertissement est devenu vulgaire et plat dans la plupart des cas.
    C'est vrai que le comique-troupier ou le pétomane ça faisait grave réfléchir à l'époque!

    C'était mieux avant!

  23. #23
    Dieu merci, face à l'auto-défense qu'est vilaine pas bien, nous avons une série avec de saines valeurs:

    http://www.dailymotion.com/video/x87...de-racisme_fun

    Et pour ceux qui doutent encore, point de parodie...
    Last edited by Krapatouille; 02/02/2009 at 14h24.
    Quote Originally Posted by SilverPig View Post
    des gens comme Krapatouille en ont généralement rien à branler de la bienséance, toutes les occasions lui sont bonnes pour dégueuler sa haine et faire preuve de prosélytisme.

  24. #24
    Quote Originally Posted by Super_Newbie View Post
    C'est vrai que le comique-troupier ou le pétomane ça faisait grave réfléchir à l'époque!

    C'était mieux avant!
    C'est clair que les temps modernes c'est juste un gentil rigolo qui à une clé a molette MDR! (et le dictateur lol squoi ça!)
    CAFET' & GARÇONS 2: www.stemporryed.com

  25. #25
    Quote Originally Posted by Super_Newbie View Post
    Je comprend pas ta phrase...
    La saison 3 est la meilleure car elle met Dexter face un type qui justement fait du crime un moyen de venger la société jusqu'à ce qu'il en face un moyen de vengeance personnelle. On touche au plus près à la réflexion sur la légitimité de la vengeance lorsqu'elle est transférée de la société à un seul homme. Dexter, lui est tordu, ça on le sait : son comportement n'est que rationnel (pas de compassion, pas de pitié etc.).
    Pas de spoilers please J'en suis au 4 ou 5ème épisode de la s3 et je n'aurais pas du donner un avis aussi définitif mais au vu des 2 saisons précédentes, c'est l'effet que ça me fait.

    Et ne me parlez pas de finesse de scénario dans Dexter, car à part le concept de départ (et encore), cette série n'apporte absolument rien de neuf. C'est certes un divertissement correct, mais rien de plus. Après quant à la thématique parfois traitée de manière un peu puante en effet ça se discute. Et le fait que Yvan ne parle que de la saison 1 n'enlève rien à la pertinence de sa réflexion.
    "Il faudrait demander à Depardon s'il pense que Free to Play sape son travail." Pancho Villa

  26. #26
    Quote Originally Posted by Karibou View Post
    C'est clair que les temps modernes c'est juste un gentil rigolo qui à une clé a molette MDR! (et le dictateur lol squoi ça!)
    Si tu crois que Chaplin ne faisait que des films à messages, je te conseille de mater ses films faits au temps où il était produit par Mack Senett. C'était complêtement stupide mais toujours très drôle. Et puis je parlais pas de lui mais de cette vision faussée qui tend à faire croire que tout était moins con par le passé.

  27. #27
    On dirait que ce cher Ivan a loupé les saisons suivantes (et il est pas le seul à ce qu'on peut lire chez d'autres).

    On apprends plus tard que le "gentil" papa qui a été à fond dans le comportementalisme que tu décries plus haut, n'a en fait pas fait ça du tout dans le sens que tu l'imagines... c'est plutôt un bon moyen qu'a trouvé un type aigri et finalement aussi dérangé que Dexter pour exécuter son idée de la justice.

    Puis aussi, les conditions dans laquelle il trouve Dexter... le papounet s'est peut-être dit qu'il allait de toute façon être tout cassé de partout et que plutôt qu'une (ou des) thérapies pour calmer tout ça, ça serait plus efficace de canaliser ses penchants.


    Donc pas d'accord avec ce que tu dis (pas tapper, ou bien dans L4D) mais c'est peut-être juste le fan de la série en moi qui a du mal

  28. #28
    Quote Originally Posted by Super_Newbie View Post
    Si tu crois que Chaplin ne faisait que des films à messages, je te conseille de mater ses films faits au temps où il était produit par Mack Senett. C'était complêtement stupide mais toujours très drôle. Et puis je parlais pas de lui mais de cette vision faussée qui tend à faire croire que tout était moins con par le passé.

    Voui. Je ne critique pas le rire denué de reflexion, mais la tendance à aller pour lui et pour ce qu'on croit être son antagonisme, la reflexion, chacun dans des cases les plus eloignés l'un de l'autre perdant toute saveur et definition qui leur etaient propre.
    Quand je dis en sous-texte "c'etait mieux avant", je trouve qu'il y'avait quand même moins une recherche aussi demonstrative à faire du vulgaire et de la betise crasse (mais ptête qu'il y'a un "camping" ou un "transporteur" realisé par Hawks ou Welles ).
    CAFET' & GARÇONS 2: www.stemporryed.com

  29. #29
    Pour le côté "orientation psychologique", ou "détection des délinquants", je te conseille vivement de regarder les saisons suivantes, on s'aperçoit justement que ce n'est pas vraiment l'idée que les auteurs ont voulue véhiculer .
    Nous vous invitons d'ailleurs à ne pas confondre liberté d'expression et liberté de dire tout et n'importe quoi

  30. #30
    Moi c'est vraiment le coté :

    "On voit du malsain et du puant partout, on couine comme une chochotte choqué qu'on est dans notre petit coeur et après on retourne joué à GTA..."

    Y'a un truc qui me gène.

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