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  1. #31
    Citation Envoyé par DjudjRed Voir le message
    La vache, je viens de lire vos histoires et je me dis que en comparaison, ma vie a été un long fleuve tranquille.

    Spoiler Alert!
    C'est en avril 1973 que né Julien "Djudjred", en proche banlieue parisienne. rien de particulier à dire niveau scolarité si ce n'est qu'à l'âge de 8 ans, ses parents décident de s'éloigner de Paris pour vivre une vie un peu plus rurale. Ils emménagent donc dans la Vallée de Chevreuse, coin pas tellement connu alors mais qui deviendra vite le point de RDV des cyclistes parisiens (merci Michel Drucker). Je finis donc mon primaire dans une petite école de campagne avec une douzaine d'élèves répartis sur les 4 classes CE1, CE2, CM1 et CM2.

    Ma mère s'aperçoit vite qu'un truc cloche avec cet enseignement : nous sommes en 1981 et dans mes bouquins d'histoire/géo qui datent de 1955, le bassin de Longwy est en pleine expansion (alors qu'en 1981, il est fermé ou sur le point de l'être). Bref, le maître d'école est resté bloqué 30 ans en arrière et il est temps de voir si une autre école ne serait pas plus adaptée. Après avoir passé un test de QI et autres pour estimer mon niveau, on me fait passer directement de CM2 en 6eme, après 2 mois de cours.
    Tout se passe bien jusqu'en seconde où, le prof de français ne m'estimant "pas assez mature" , met son véto à mon passage en 1ere. Sur le coup je le prends mal, mais avec le recul je dois dire qu'il avait plutôt raison.

    Au lycée je me fait une bande de copains qui s'agrandira vite (une 20 aines de potes voir plus) mais je ne lie aucune amitié avec les filles. Pas de relation amoureuse non plus, même si je suis en admiration devant plusieurs filles, je n'ose pas, je perds mes moyens. En y repensant, j'ai manqué plusieurs occasions évidentes, de filles qui m'intéressaient pourtant, mais à l'époque j'était totalement hermétique à ces signaux.
    J'obtiens finalement mon Bac C en 1991, dans la douleur et au rattrapage, grâce à la Bio et à l'Anglais (et pas aux Maths, la Physique ou la Chimie). Vu mon dossier, on oublie la prépa et la Fac s'impose.

    Ensuite ben c'est Fac, deug, licence et maîtrise EEA en 6 ans. J'ai foiré mon premier semestre à la Fac ce qui m'a valu 1 année de redoublement et j'ai foiré aussi un module de Licence, repassé l'année suivant avec un module de Maitrise. Les deux dernières années de Fac ont été les meilleures de ma scolarité. J'avais 20 à 25h de cours par semaine au maximum, ce qui me laissait le temps de m'occuper du BDE et de profiter des installations de la Fac. C'était un peu les vacances.
    Côté coeur, je rencontre 2 nanas à la fac, mais rien qui dure vraiment. La deuxième histoire s'est finie avec la distance et le temps, parce qu'on partait chacun étudier de son côté : moi à Rouen, elle à Nancy.
    Donc ensuite, 2 ans d'école d'ingé (hé oui avec la maîtrise) ou je survole un peu le programme, j'avais déjà tout vu en maîtrise. Du coup je passe plus de temps sur l'ordi. Les soirée étudiantes me fatiguent : les copains bourrés ou allumés, qui finissent systématiquement malades ou qui cassent des trucs. Comme en plus c'est une école orientée électronique et informatique, les filles se font rares et celles qui sont là, évitent les soirées.

    Je suis diplômé en 2000 et je trouve du boulot à peine 3 mois après avoir été diplômé. Je ne le sais pas encore mais je viens de mettre le doigt dans le piège des SSII. En 2000 c'est le pied, la bulle internet et il y du boulot partout et on a le choix des missions. 2 ans après, on rigole beaucoup moins. Ma boîte a été rachetée par ALTEN, l'ambiance est totalement merdique avec des gens qui font semblants d'être heureux et que "tout va bien" (sourires de façade) alors qu'on sait tous que c'est pas le cas.
    On m'envoie en mission à Tours. La ville est sympa mais je me demande ce que je fous là. La mission dure 1 an, les relations avec le client ne sont pas bonnes, la chef de projet est constamment stressée mais ils ont besoin de moi alors on me garde. Finalement la mission se termine et on me propose une mission à Marseille ... Je demande alors à négocier les conditions de mission. Aucune discussion possible, du coup de négocie un départ "amiable".

    30 ans : je me retrouve au chômage ... au début c'est la fête, je suis encore chez mes parents et je peux passer tout mon temps sur l'ordi. Après 2 mois je sens la déprime qui arrive. Je m'ennuie, plus rien ne m'intéresse, j'ai le sentiment de ne plus rien savoir faire.
    Un ami me propose un projet pour l'Education Nationale, il a besoin d'une maquette mais ne peux pas me payer, par contre si il décroche le contrat, c'est jackpot. On y passe 8 mois tous les deux mais finalement, le projet n'est pas retenu. Entre temps, mes recherches de job n'aboutissent pas, je fuis les SSII mais les industriels n'embauchent pas.
    Je m'inscris alors dans une formation MBA à l'ESC Lille. Formation d'un an, avec 1 semaine de cours toutes les 3 semaines (et des travaux de recherche à réaliser entre chaque semaine de cours). Ca se passe bien, j'apprends plein de choses sur la gestion d'entreprise, l'économie, les finances etc ... je reprend la confiance. A la fin du MBA, la responsable me propose de participer au programme d'échange avec l'UTS (université de technologie de Sydney) et je pars 6 mois en Australie en juillet 2005.

    Les débuts en Australie ne sont pas simples : déjà je me retrouve avec 5 ou 6 étudiants français de 24 ans. Au début ça passe mais je finis vite par les trouver agaçants, entre autre parce que je retrouve chez eux les travers des étudiants d'école d'ingénieur (soirées alcoolisées etc ...). Je fini par me faire des amis du côté des étudiants étrangers présents aux cours auxquels j'assiste et le moral remonte. Je rencontre même une jolie australienne d'origine vietnamienne (première relation depuis que j'ai quitté la Fac, 5 ans plus tôt).
    Décembre 2005, je quitte ma belle (fin de visa oblige) et je rentre en France où ma sœur vient d'accoucher de mon premier neveu. En Avril 2006 je retrouve du boulot, finalement je me suis résigné à reprendre un taf en SSII, ils embauchent vite et je vais avoir besoin d'argent (les Assedics se terminent en juin).

    En 2010 j'achète mon appartement et je quitte (enfin) le nid familial, même si je ne m'installe qu'à 15km
    Et en 2018, je quitte ma boîte pour rejoindre un grand industriel français de la Défense.
    A 47 ans je suis toujours célibataire et sans enfant, je gagne plutôt bien ma vie et je profite de ma solitude (je peux passer autant de temps que je veux sur le PC par exemple).

    J'ai gardé quelques amis du lycée, ils sont tous mariés et ont des enfants ... des fois j'ai l'impression d'avoir raté un truc. Même s'ils me répètent souvent que j'ai de la chance.
    Pour une vie fleuve tranquille, j'ai quand même trouvé ça fourni et intéressant

  2. #32
    Bonjour, je dois dire que c'est assez touchant de lire vos histoires et que aussi cela permet de prendre un peu de recul sur sa propre situation.


    Spoiler Alert!
    Je vais aussi en profiter pour parler de mon parcours plutôt proche de celui de Znokiss. Je viens d'une famille où je suis le seul qui a le bac, autant dire que pour moi les études supérieurs était un univers inconnu, je ne connaissais même pas le système de prépa/école d'ingénieur.
    Mon bac en poche, je pars vers une première année de médecine. Seulement même si j'ai toujours eu des facilités dans les matières scientifiques, j'ai toujours été très mauvais pour apprendre du par coeur. Sans compter que je profitait de ma liberté loin du cocon familial et que ça me permettait de rencontrer de charmantes demoiselles. Forcément à la fin de cette année je loupe le concours de peu, et je me décide de retenter le coup.
    Jusqu'à septembre, au bout du premier mois, je pète un cable. Rester toute la journée à travailler seul devant un DVD (oui c'est le système à Grenoble). Complètement paumé je décide de passer en première année de chimio/bio. Le premier semestre me permet de me détendre en faisant la fête avec mes nouveaux camarades et de profiter du temps que j'ai avec ma nouvelle chérie. Mais surtout je rencontre un chercheur en physique qui me convint de passer au second semestre dans une filière physique, mécanique et mathématique avec un programme équivalent à la prèpa.
    Pour faire simple je romps ensuite avec ma copine après avoir découvert qu'elle avait passé la nuit chez un autre homme. Je me lance à fond dans mes études, la fête, les filles faciles et je commence à travailler comme tuteur à la fac. Ma licence en poche je suis accepté sur dossier dans une école d'ingé.
    A ce stade là je n'ai plus besoin de me concentrer sur les études, donc mes plus grosses préoccupations sont la fête et les femmes que je fréquente (a un point presque maladif). Je commence à me dire que je pars du mauvais pied, et je décide de faire une année de césure, histoire d'aller travailler 6 mois dans l'aéronautique sur Paris et étudier 6 mois en Norvège. Ce voyage permet de me concentrer sur moi-même.
    Je finis mon diplôme et pars dans l'industrie automobile sur de l'industrialisation puis de la gestion de crise. En 4 ans j'ai passé le plus gros de mon temps à l'international, principalement au Mexique, Texas, Roumanie et Italie. Ça m'a bien forgé la caractère d'aller gérer des situations de crise ainsi que de voir la violence qu'on peut trouver au Mexique. Je ne pensais pas voir un jour des morts par balle au bord de la route, ou me retrouver bloqué à mon hôtel pendant que l'usine est prise d'assaut par les cartels puis les militaires.
    Le boulot me plait mais entre temps je me suis mis en couple, la gestion de crise industrielle me fatigue je cherche à retourner vers de l'industrialisation dans ma boite, on m'annonce que ce sera compliqué.
    Ce qui nous amène à aujourd’hui j'ai démissionné sur un coup de tête. Finalement je retrouve un boulot très rapidement en tant que prestataire à côté de chez moi mais en Suisse, gros gap de salaire, ça fait à peine 8 mois que j'ai commencé mais le taf' m'ennuie j'ai rien à faire de mes journées. Mais la situation actuelle pousse pas à quitter une bonne position pour chercher à l'aveugle. Mais ça m'amène à envisager un passage dans l'ingé informatique
    Signature merde !

  3. #33
    Le topic de l'introspection, avec des vrais morceaux de canards dedans !

    Le parcours de certains ici force le respect, vous avez une sacré volonté les gars !

    Spoiler Alert!
    En ce qui me concerne si vous aimez les parcours hétéroclites et que la série "Le Caméléon" vous manque, vous allez être servi. En revanche je ne suis pas du genre concis et je suis persuadé que ce sont les petites anecdotes qui font les grandes histoires alors prenez des sucres lents avant d'attaquer le prochain paragraphe. Vous êtes prévenus.

    Je viens de plusieurs familles puisque nous sommes huit enfants au terme de 4 mariages et 1 enterrement avec 3 mamans et 2 papas comme figurants. Je ne vous ferai pas un Paint® de l'histoire, n'insistez pas. Notez juste que quand vous vous profitiez de votre enfance et de votre adolescence, moi je récupérais mes petits frères et sœurs à l’école et les gérais jusqu’au coucher.

    Ayant une passion pour la technologie et la bidouille depuis mon plus jeune âge, j'ai trouvé les dieux cruels de m'avoir donné une maman qui refuse tout écran à la maison. Lui déclamer ma flamme pour l'informatique et mon envie d'en faire mon métier en fin de troisième a déclenché une telle hostilité de sa part que je suis instantanément passé de "Raie-sur-le-côté-chouchou-des-profs-ira-loin" à "Métalleux-glande-rien-fais-chier-tout-le-monde-virez-moi-ça" en réaction. En un trimestre. Le temps que les cheveux et la barbe poussent, quoi.

    J'ai eu mon bac ES au rattrapage et je me suis inscris à la fac en Langues Étrangères Appliquées Anglais Espagnol parce que le guitariste et le bassiste de mon groupe y allaient, voilà voilà. Après un semestre à tout faire sauf aller en cours, et mon Anglais ne progressant bizarrement pas je suis parti 8 mois à Londres pour bosser dans une pizzeria du South Kensington.

    Après un remontage de bretelles en règles par ma mère à mon retour so (alors que ça y est je parle Anglais). Je me suis réinscris en fac en LEA pour une seconde... première année ! Où je ne suis pas allé en cours et où mon Espagnol n'a re-bizarrement pas progressé. Fort de mon expérience, j'ai donc filé six mois à Barcelone pour bosser dans un bar du Barri Gòtic.

    Second remontage de bretelles en règles par ma mère à mon retour alors que j'ai un super niveau d'Espagnol. C’est à n’y rien comprendre.

    En revenant en France un de mes oncles passionné d'aviation me décrit le quotidien et les conditions de travail du personnel navigant commercial (steward, et hôtesses) et me voit bien dedans vu que j'ai deux expériences réussies dans la restauration et que je parle Anglais et Espagnol, ce qui est exactement les prérequis pour postuler à un diplôme qui est obligatoire pour être embauché et délivré par la Croix Rouge : Le Certificat de Sécurité et de Sauvetage. Je me dis que ce n’est pas plus bête qu'autre chose vu que j'aime le relationnel et les voyages. Comme le diplôme n'est délivré que pour les personnes de plus de 21 ans, j'ai encore deux ans à tuer (oui oui j'ai eu mon bac très tôt grâce à l’option saut de classe de fayot du début de l’année) et je prends n'importe quoi qui me permet de ne pas revenir chez ma mère.

    En l'occurrence un poste de plongeur dans un restaurant des Hautes Alpes où on me prévient qu'il me faut un pantalon noir et une chemise blanche pour aller donner un coup de main en salle si un bus de Chinois se pointe à l'improviste. Un bus se pointe dès le premier midi. Je leur vends la moitié de la cave en rigolant en Anglais avec eux et je suis promu serveur le lendemain.

    Le surlendemain, un Espagnol s'accroche bien fort avec la réceptionniste car il ne comprend pas sa note. Je m'improvise traducteur et le gars repart content. Le patron de l'hôtel vient m’attrape pour m'expliquer que quand on parle 3 langues et qu'on a ma grande gueule, on postule au poste de réceptionniste, pas de plongeur. J'ai été propulsé réceptionniste ce jour-là et pour pendant toute la saison d'hiver. J’ai bien aimé sa tête quand j'ai lui ai demandé une prime immédiate pour m’acheter plus de pantalons noirs et de chemises blanches.

    Logé dans une alcôve de 4 m² au-dessus de l'hôtel-restaurant et corvéable à merci, je me fais néanmoins de grosses paies : 35 H déclarées, 35 H au black, sans rien pouvoir dépenser car on est on est dans un minuscule village et que mon temps de repos sert à faire mes lessives et mon repassage, manger et dormir. Dans cet ordre d’importance.

    Je reviens en ville hors-saison et passe voir une copine à la fac. Elle révise à la bibliothèque universitaire avec une codétenue. Après avoir dû demander "C'est où est la BU ?" pour les rejoindre alors que je suis censé avoir passé deux ans sur ce campus, je les retrouve et on va boire un coup. Une des premières phrases de cette codétenue à mon encontre sera : "Et puisque tu as vécu tes 5 dernières années pour faire chier ta mère, tu pensais commencer à vivre pour toi quand ?". Ça m'a fait l'effet d'une bombe et je n'ai jamais laissé cette fille sortir de ma vie. Si vous lisez ce post en 2020 : nous sommes mariés, nous avons 3 enfants et elle m’a fait mettre un siège bébé sur mon VTT, c'est donc la femme de ma vie.

    Je m'étais engagé à faire une saison d'été dans les Hautes Alpes donc j'ai tenu parole et à la rentrée suivante, j'ai une copine et du pognon. Je m'installe avec les deux pour commencer ma formation de Steward. C'est rude et c'est cher, les sélections sont agressives (100 personnes le matin, 10 le soir) et les cours de secourisme très physique. Je suis persuadé que le grand public n'a pas idée de la difficulté des tests feux\fumée\immersion qu'endurent le personnel d'Air France pour avoir le droit de leur servir des cacahuètes en attendant le prochain plan social. Sans même parler des entraînements prise d'otages et forcenés. Mais mon côté scolaire reprend le dessus et je me prends au jeu des 200 sigles à savoir pour le lendemain, des cours de secourisme dispensé dans une carcasse d'avion en feu, des avions à reconnaître à la silhouette etc.

    J’ai le diplôme. Fierté. Bonheur. Torse bombé. Mais la première affectation de Madame est au fin fond de l’Ardèche, seul département Français où il n’y a ni aéroport, ni train de voyageurs. Et le rythme décrit par mon oncle n'est plus valable depuis la fin d'Air Inter en fait : il y a tellement de vols que plus jamais le personnel ne bénéficie d'un jour ou deux à destination, il rebosse sur le prochain vol, dans une heure au pire, dans 12 heures au mieux. Le milieu ne m’a pas plu. Que des aéroports et des collègues « jetables ». Diplômé en pleine crise du chinkungunya ou du personnel qualifié est disponible pas cher car fraîchement licencié, je suis parti sur autre chose comme beaucoup de ma promo.
    Petite parenthèse ici : pour moi, madame a toujours voulu être instit'. Elle est devenue instit'. Et restera instit'. Que je ne sache pas de quoi mes prochaines années professionnelles seront faites et que je change constamment de voie au grès des vents est une source de circonspection et d’angoisse, mais elle est sacrément patiente et compréhensive avec ça.

    Après son diplôme, pendant les 5 années à se faire ballotter par l'Éducation Nationale dans tout Rhône-Alpes et où j'ai été vendeur en téléphonie mobile dans une boutique SFR, vendeur au rayon informatique d'une grande surface et PNC diplômé, elle est nommée sur quatre quart temps à une heure d'Albertville, sa ville d'origine. On y déménage. Une copine à elle y est agent immobilier et a besoin de renfort pour les états des lieux et les visites à la rentrée, je donne un coup de main et je découvre l'immobilier de location en secteur touristique de montagne : du relationnel et des langues et plein de choses à apprendre : au poil.

    Dès l'été suivant je postule pour un remplacement de congé maternité dans une grosse agence en station de ski et je ne lâche pas le patron pour qu'il accepte un entretien en face à face malgré mon absence de diplôme et ma minuscule expérience. Pendant que je patiente dans le hall le jour de l'entretien, je prends le culot de renseigner deux clients perdus sur l'emplacement des services de la station. Le patron arrive au moment où je leur tends le fascicule de l'agence en leur disant que l'année prochaine ils seront mieux renseignés par leur agence s'ils louent chez nous. L'entretien s'est fait autour d'une bière. J'ai le job.

    Quand mon CDD se termine, tout s'est bien déroulé et le patron me propose un CDI pour gérer un nouveau bureau qu'il créé sur un quartier périphérique. Je serais seul sur la transaction et la location mais je serais également autonome. C'est le job rêvé mais il maintient le salaire minimum alors que je fais 1h30 de route par jour donc je décline l'offre. J'ai droit à un discours paternaliste sur le melon qui me sert de crâne si je me permets de refuser un CDI dans la conjoncture actuelle bla bla bla mais je refuse quand même.

    Je me mets à mon compte comme agent commercial sur Albertville et ça me prend beaucoup de temps mais c'est agréable. Le problème étant l'irrégularité complète des revenus puisque certains mois j’enchaîne les ventes et les très nombreux mois d’après je ne touche rien de chez que dalle. Madame commence à être réceptive à mes demandes d’être père mais conditionne des revenus stables. Normal. Après quelques mois mon ancien patron de station me rappelle en me proposant un CDI mais avec un meilleur salaire. J’accepte avec joie. L’achat d’appartement arrive à l’automne, mon aînée arrive au printemps suivant.

    Au bout d’une saison je râle un peu souvent que la location saisonnière ne fait que du relationnel de courte durée et la transaction de moyenne durée. J’aimerai partir sur une activité de syndic pour suivre des bâtiments et propriétaires sur plusieurs années voire décennies. Le patron signe direct puisque sa formation initiale est syndic, je commence donc à gérer des bâtiments en plus du reste. J’attrape le virus de la copropriété et je ne veux plus faire que ça : c’est technique, précis, super valorisant et j’apprends énormément pendant ces 9 ans. Le forfait saison 3 Vallées est compris en bonus de ma rémunération et je skie tous les jours de l’hiver entre 12h et 14h.

    Arrive alors ce qui arrive parfois : le patron ne me voit pas grandir. Dans ses yeux je suis toujours le petit jeune à former alors que j’ai 10 ans d’ancienneté dans le secteur et il refuse année après année mes demandes d’augmentation. J’obtiens une prime annuelle mais ça ne va pas m’aider pour le projet d’achat de maison qui est à l’ordre du jour. Je demande le poste de responsable syndic à l’agence, le statut de cadre, un véhicule de fonction et un plus gros salaire. Refusé. Je me souviendrais toujours de sa tête quand je lui ai posé ma démission le lendemain. Il regrette et veut négocier.

    Trop tard, j’ai une promesse d’embauche chez le concurrent dans une vallée voisine : Cadre, véhicule de fonction, assistant personnel, salaire qui me convient. 6 mois aux anges dans ce job, la maison est achetée, mon deuxième enfant débarque.

    Et puis un de mes collègues démissionne car le métier se durcit, la généralisation des mails et des SMS fait que le gestionnaire ne se contente plus de bien faire son job et de le présenter au conseil syndical tous les mois et aux assemblées tous les ans : il est constamment pollué par des demandes tierces de moindre importance. J’hérite d’une partie de son secteur, comme les autres syndics. Puis une collègue part en congé maternité, puis une autre démissionne, puis un autre part en dépression. Et je me retrouve avec un parc qui a triplé de volume et où je ne fais que le pire du métier : faire le pompier. J’arrive après coup pour régler des problèmes non anticipés et je gueule sur entreprises et artisans pour que ça avance.

    Je suis devenu ce que je combattais dans l’immobilier : un mec débordé qui dit « Oui oui » mais à qui son patron ne donnera pas les moyens de bien faire le job. Alors on survole. On arrondit les angles. On se fâche. J’ai tenu 6 mois. Le boulot me plaît toujours mais je ne m’aime plus et je deviens un robot. J’arrête la musique. J’arrête le sport. J’arrête le sommeil. J’arrête l’intelligence. Je parle mal à ma femme, à mes gosses, je ne suis motivé pour rien quand je rentre chez moi. Je me relève la nuit pour faire des comptabilités, je rédige mes comptes rendus le weekend parce que je ne fais que de la route, du téléphone et des chantiers toute la semaine. Le coup de grâce m’est donné lors d’une assemblée générale sur Paris où mon responsable et moi avons fait le déplacement pendant le weekend avec armes et bagages pour faire voter un énorme projet de rénovation sur une des plus grosses stations des Alpes. Un an de travail de préparation. 836 propriétaires pour et 1 gros propriétaire qui vote non et fait capoter le projet à quelques tantièmes près. « Puis je vous demander pourquoi vous vous opposez à ce projet, Monsieur ? » « Parce j’ai envie et que je le peux. Rien de plus ». La vacuité de mon job me pète à la gueule, je rentre par le dernier TGV le dimanche et je repars au boulot le lundi à 6h30.

    Sur la route je suis usé, j’en ai marre, je me dégoûte. Je passe devant une rangée de platanes et je me dis que dans un coup de volant je serais tranquille. La maison est payée et Madame et les enfants sont à l’abri du besoin.
    Cette pensée me sort de ma torpeur et je m’arrête sur la bande d’arrêt d’urgence appeler un médecin. Le premier qui décroche me garde au téléphone tout le long du trajet jusqu’à son cabinet où je craque. Je pleure, je cogne, je hurle. Burn-out. 2 semaines d’arrêt le temps de contacter mon entreprise pour trouver une solution. Mon responsable me pourrit la gueule par téléphone et me traite de déserteur, de planqué et d’autres que j’oublie. Je contacte le chef d’agence et je demande une rupture conventionnelle qu’il refuse. Je le rappelle avec un deal : soit il me l’accorde, soit je démissionne sans rédiger ma passation donc 100 % de ce que j’ai dans la tête sur son parc immobilier est perdu. Il fait semblant de réfléchir et accepte. Au fur et à mesure que je rédige le document, bâtiment par bâtiment, mon sommeil revient, mes envies aussi. Pour la première fois de ma vie je pars par la petite porte d’un job et je m’en fous. Je suis au chômage avec une maison à payer et deux enfants et je ne me suis jamais senti aussi bien.

    Mon ancien patron de station me rappelle, il me propose un job, il a besoin de moi, il accepte mes conditions. Je refuse. Je veux du temps pour ma femme et pour mes enfants. Et il m’en faut aussi pour moi.
    Je m’inscris dans un club de boxe pour reprendre possession de mon corps, plusieurs entraînements par semaine de 3 heures chacun. Je me fais embaucher comme apprenti plaquiste pour me vider la tête et faire du concret avec mes mains. Je veux pouvoir mesurer le soir ce que j’ai fait la journée. Les semaines sont éreintantes mais ça fonctionne à merveille. La tête est disponible pour remettre des belles choses dedans : de la musique, de l’associatif…
    Au bout de quelques temps le patron me propose un CDI mais seul ou à deux sur le chantier, le relationnel me manque. Je décline l’offre et me demande sérieusement sur quoi je pars. J’ai 35 ans et je ne sais pas quoi faire comme boulot. Ou plutôt je ne sais pas quoi ne pas faire car tout m’intéresse et je me sens à l'aise avec dans tous les milieux.
    Un ami me demande pourquoi je n’ai jamais fait de l’informatique mon métier vu que j’adore ça depuis tout petit. Je lui réponds que j’ai raté le coche étant ado, que je n’ai aucun diplôme dans le domaine et aucune envie d’en passer un. Il m’indique un site d’annonces spécialisé IT en me rappelant que je n’ai aucun diplôme tout court et que ça ne m’a jamais empêché de me faire embaucher avec la statistique de 100 % de mes CVs envoyés transformés en embauche. Ah ben oui tiens.

    Je postule donc à un job à côté de chez moi pour bosser comme technicien de maintenance dans une boutique d’informatique. Je décroche un entretien en proposant qu’il me prépare un test d’aptitudes bien velu plutôt que de me rembarrer parce que j’ai n’ai pas de diplôme. Le type accepte et me reçoit. 100 % des réponses justes mais le patron me dit qu’il doit encore voir pas mal de candidats avant de faire son choix. Je n’ai rien su répondre et je repars tout penaud et tout déçu. Ma femme éclate de rire quand elle apprend que je n’ai pas le poste. Elle me dépose un baiser et me glisse un « bienvenu dans le monde réel » avant de s’éloigner en pouffant.

    Une semaine après je candidate dans l'usine d’une entreprise américaine qui recherche un technicien de support informatique. J’obtiens un entretien au bagout et mes tests d’aptitudes donnent 100 % pour l’Anglais et 90 % pour l’informatique (0 réponse donnée sur Linux et macOS en fait). Le courant passe super bien avec le responsable et il me propose même de prendre en main les relations avec l’IT groupe au Royaume Uni et aux USA puisque je gère en relationnel et en Anglais et que c’est la partie du job qui le gonfle. Cool. J’ai eu le boulot.

    Le lendemain le patron de la boîte d’informatique qui m’a dit devoir voir plus de candidats m’a rappelé pour me donner le poste. Quand je lui ai dit que j’avais trouvé mieux, il m’a expliqué qu’il faisait toujours mariner ses futurs employés pour qu’il ne prenne pas la confiance au moment de négocier le salaire. J’ai refusé de rompre ma période d’essai pour venir chez lui, il a dit un gros mot. Quand j’ai donné la nouvelle à ma femme je n’ai pas eu de bisou. Mais on a eu un troisième enfant depuis alors ça va.

    Je travaille toujours dans cette usine. J’apprends des choses, il y a beaucoup de relationnel et énormément de langues c’est bien chouette. Les horaires sont à la cool, je suis même à mi-temps par rapport à ma période cadre dans l’immobilier (ben ouais je suis à 35h). Je suis disponible pour mes enfants et ma femme, je fais toujours de la boxe, de la musique, et plein d’autres trucs nourrissants avec des brouettes de projets. Pourvu que ça dure.


    Je vous dois combien pour la séance ?
    Dernière modification par Blind_God_W@D ; 12/10/2020 à 13h58. Motif: privacy
    On ne rit vraiment de bon cœur que dans les cimetières.

  4. #34
    Sympa ce topic !


    De mon coté, le hasard aura plus ou moins bien fait les choses :
    Spoiler Alert!

    Je sors du lycée avec un bac ES mention bien sans avoir foutu grand chose, mais niveau orientation je suis perdu. J'ai pas été aidé, mais j'ai pas vraiment cherché non plus. J'hésite entre plusieurs choses : Histoire, Eco, tenter Sciences Po. Mais devant mon incapacité à me bouger le cul, je me dis très vite que Sciences po risque d'être compliqué, et je redoute de me retrouver cerner par des fils de bourges.. Pour cette même raison j'évite l'éco (même si à posteriori, c'était pas un bon raisonnement je pense ). Histoire alors en toute logique ? Non. Ce sera Sociologie. Me demandez pas pourquoi.

    Je réussi ma première année sans trop forcer, mais je me rend bien compte que mon absence de motivation, ça risque de poser problème en avançant dans le cursus (puis je tournais autour de 10 sur les Majeurs tandis qu'en histoire contemporaine j'étais vers les 15 par exemple..). J'abandonne la socio pour me lancer en Histoire. Mais je me rends vite compte que la Fac ne me convient pas en fait. Je suis trop fainéant, j'arrive pas à bosser tout seul.. Je décide donc de lâcher au bout de quelques mois.. Mes parents sont dans l'incompréhension.. Je me retrouve sans projet, dans l'Yonne (on y était depuis 5 ans).

    C'est la mer noire. A ce moment la j'envisage d'essayer de rentrer dans l'armée. Je regarde pour l'école d'officiers et me rend compte tout aussi rapidement que ça se fait pas comme ça.. A partir de la, j'envisage de me rabattre sur l'école des sous officiers de l'armée de Terre ou bien la Marine. Mais avant ça, je commence à préparer un petit voyage. J'ai touché beaucoup de chômage d'un coup (genre 3000 4000 euros), j'avais cotisé au fil des ans, notamment sur mes boulots d'été mais je m'étais jamais inscrit à l'ANPE vu que j'en voyais pas la necessité, mais j'ai finis par me motiver à réclamer les sous sous et j'ai tout eu de manière rétroactive.

    Avec ce petit pécul, j'envisage donc de partir faire un voyage en asie. J'avais dans l'idée de me promener en Corée, puis au Japon en mode routard.

    Comme vous le voyez, c'était n'importe quoi. C'est la qu'intervient le hasard (enfin à nouveau puisqu'il était déjà la pour mon orientation ). Une voisine a reçu un tract de la CGT, qu'elle a refilé à ma mère, qui m'en a parlé, la CGT appelait à leur apporter des CV pour rentrer à la SNCF. Je rédige CV et lettre de motive et je vais donner ça à des délégués réunis pour l'occasion à la gare de Laroches Migennes (:fear.

    Et je suis pris. Enfin c'est étape par étape. 3 ou 4 réunions/entretiens successifs, pour finalement avoir le droit d'aller à l'école. Ce sera l'aiguillage. Et ce sera Paris. L'aiguillage ça me va très bien. Et Paris encore plus, j'ai grandis en petite couronne, je voulais y retourner. Je réussi mes examens, et dans le même temps je rencontre ma compagne actuelle (on jouait à LoL ensemble ) qui vit aussi en petite couronne.

    8 ans plus tard, je suis toujours à la SNCF, et toujours avec ma nana, et on vient de décider d'essayer d'avoir un enfant.

    En résumé, le hasard fait bien les choses.


    Après je me demande régulièrement ce qu'aurait été ma vie si j'étais rentré dans l'Armée ou la Marine. Avec une pointe de regret (regret qui serait probablement dissipé instantanément si j'y foutais les pieds ). Même si la SNCF par bien des aspects arrivent à fournir des éléments qui m'attiraient dans l'Armée :

    Un certain esprit de corps, la camaraderie, une certaine tradition, un métier relativement intéressant dans le fond et surtout, faire quelque chose d'utile : Transporter les gens et les marchandises, en sécurité.



    Je sais pas si ça intéressera quelqu'un, mais perso j'ai beaucoup aimé lire le parcours de certains canards. Derrière ces pseudos et avatars débiles, il y a des cœurs qui battent.
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  5. #35
    Citation Envoyé par LeLiquid Voir le message
    il y a des cœurs qui battent.
    Et pas que le coeur
    Signature merde !

  6. #36
    C'est qu'il me ferait des avances.
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  7. #37
    Citation Envoyé par LeLiquid Voir le message
    C'est qu'il me ferait des avances.
    Citation Envoyé par Noël Lagoia
    Tahia, je t'aime car tu es magique !

  8. #38
    Toi aussi t'en veux ?

    Ça me surprend pas vu ton avatar.
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  9. #39
    Citation Envoyé par LeLiquid Voir le message
    Toi aussi t'en veux ?

    Ça me surprend pas vu ton avatar.
    Tu m'étonnes qu'il veuille du poisson vu son avatar

    C'est comme le topic du trombi ici, faut aussi poser son pavé pour pouvoir participer ?

  10. #40
    C'est super intéressant de vous lire. Même les énormes pavés !

    Continuez à faire venir tout ça.

  11. #41
    Citation Envoyé par Ruvon Voir le message
    Tu m'étonnes qu'il veuille du poisson vu son avatar

    C'est comme le topic du trombi ici, faut aussi poser son pavé pour pouvoir participer ?
    Je pense pas .

    A mon avis la seule condition est d'être relativement bienveillant. Oui ça sera dur.
    Citation Envoyé par Bah Voir le message
    Jean-Henry LeLiquid, l'ébouillanteur de Monéteau.

  12. #42
    Citation Envoyé par Blind_God_W@D Voir le message
    Le topic de l'introspection, avec des vrais morceaux de canards dedans !

    Le parcours de certains ici force le respect, vous avez une sacré volonté les gars !

    Si vous avez lu jusqu'ici, vous avez trop de temps libre.
    Je vous dois combien pour la séance ?
    J'ai tout lu. du temps libre bien investi

  13. #43
    Citation Envoyé par MilouseVH Voir le message
    J'ai tout lu. du temps libre bien investi
    Pareil, c'était sympa à lire ... j'aime beaucoup comment tu te fais embaucher au culot

    Par contre pour la facture ...

  14. #44
    Le topic du coeur en mieux!
    Plus sérieusement, c'est très intéressant de découvrir des parcours aussi divers!
    Le seul bémol c'est la balise spoiler qui me fout mal au crâne après tout ces pavés.
    Citation Envoyé par Candace, shirlideur
    Candace est dans le business du matériel chirurgical, elle pense que le bonheur est le but le plus important dans une vie et aime les bains moussants.

  15. #45
    Citation Envoyé par Blind_God_W@D Voir le message

    Je vous dois combien pour la séance ?
    Une sacrée putain d'histoire !

    C'est typiquement le truc que je serais incapable de faire: me lancer sans les plans B à Y avec Z en cours de préparation...
    Citation Envoyé par scie_sauteuse Voir le message
    snot, tu as été héroïque.

  16. #46
    @BlindGod, on peut dire que t'as plutôt bien réussi tes jets d'initiative
    @LeLiquid, /rand/20...



    Mais ouais c'est chouette de voir et comprendre des parcours très différents. J'aurai pu approfondir la question de ce qui nous a amené sur CPC.
    Moi j'ai baigné dans la micro informatique dès le début des années 80 de par mon père qui était ouvrier dans une usine connue qui fait des sous marins nucléaires. L'informatique balbutiait alors et mon père s'est tout de suite intéressé à ça en portant des rames de listing alors qu'on lui demandait pas et puis à les installer sur les imprimantes...Les années passant il est monté en grade tout en conservant son statut et salaire d'ouvrier mais il bossait sur les bécanes jusqu'à avoir de plus en plus de responsabilités. Donc très tôt il a acheté MSX, TO7, CPC, ST puis PC. A moi mioche les joies du vrai GAMING comme dirait BB Je suis parti de chez mes parents en 95 et jusqu'en 2002 j'ai pas eu de bécane. Je jouais parfois chez mes parents quand j'y retournais puis chez ma copine (c'est là que j'ai pu faire Diablo, Warcraft...). En 2005 premier PC et première connexion internet au studio d'enregistrement où je vivais avec mes potes. Le jour même j'achète WOW Je squat JOL et à partir de 2007 je lurk canard PC. Je m'inscris en 2010 et voilà ç
    Citation Envoyé par Guilk Voir le message
    Je n'aime pas la section Hardware de CPC pas hardware.Les images sont moches.
    http://www.studiochaudelande.com/ J'ai joué entre autre dans: 2001-2002 2005 2006 2011 2012-2014

  17. #47
    Bordel Blind.


    Citation Envoyé par Blind_God_W@D Voir le message
    Spoiler Alert!

    Sur la route je suis usé, j’en ai marre, je me dégoûte. Je passe devant une rangée de platanes et je me dis que dans un coup de volant je serais tranquille. La maison est payée et madame et les enfants sont à l’abri du besoin.
    Cette pensée me sort de ma torpeur et je m’arrête sur la bande d’arrêt d’urgence appeler un médecin. Le premier qui décroche me garde au téléphone tout le long du trajet jusqu’à son cabinet où je craque. Je pleure, je cogne, je hurle. Burn-out.
    Je savais qu'on avais vécu un truc similaire (on s'était appelés à l'époque..), mais j'avais pas tilté à quel point j'aurais pu écrire la même chose.. rentré le soir vers minuit après 26h de taf en 2 jours, la rangée de platane (bon, moi c'était des sapins), la pensée qu'ainsi la maison sera payée, l'électrochoc qui a suivi juste après.
    Bon, moi j'ai appelé le paternel pour lui dire que je larguais tout, il m'a dit d'aller parler à mes chefs. C'est en retournant au boulot le lendemain matin que j'ai fini aux urgences, dans le même état que toi..

    Au final, ça m'aura valu 3 mois d'arrêt et au lieu de me faire virer, on m'a proposé un changement de poste pour le boulot de mes rêves (d'ingénieur technique qui "chie du plan" à ingénieur conseil en rénovation et physique du bâtiment) que j'exerce encore aujourd'hui.



    En tout cas, si t'écris un bouquin tu me préviens, j'en prend 3, car ici comme ailleurs (genre les résumés des IRL jeux de société), je me bidonne pas mal quand je te lis.
    Dernière modification par znokiss ; 18/08/2020 à 17h58.

  18. #48
    Moi pour CPC c'est facile. Y'a bien 10/15 ans, un pote me fait découvrir Torment " tiens c'est un RPG génial, j'ai vu des gens en parler sur CPC" " CPC ?" " c'est un forum internet avec des vieux cons qui ont des avis de vieux cons" .

    J'ai lurké pendant mes nuits d'aide soignant, jusqu'à avoir cette impression de connaître un peu la communauté.

    Depuis j'ai pas cessé de traîner ici de temps en temps, et de poster quelques fois.

  19. #49
    Citation Envoyé par znokiss Voir le message
    Aha, le langage MMO, j'y arrive vraiment pas

    J'ai évité de m'étendre, mais avant de me poser un peu, y'en a eu des vertes et des pas mures (hem ).
    Par contre, je pense qu'il va falloir rester évasif sur ce sujet précis sous risque de voir les serveurs du topic se faire rapidement débrancher. Et ça ne sera pas pour cause de manque d'affluence..
    Ouais, voilà
    Y'a des histoires qui forcent le respect dites donc. GG à tous. Faites vivre ce topic, continuez les histoires, tombez pas dans le PMU (vous connaissez la chanson), et continuez à envoyer du bois. C'est vraiment chouette de vous lire.
    Citation Envoyé par Arteis Voir le message
    scie pieds sous terre

  20. #50
    Merci pour la lecture les canards. Sacrément courageux de partager tout ça (sans parler du courage qu'il a fallu pour le traverser pour certains).

    Ma vie est plus courte et moins aventureuse que la plupart des vôtres, mais je reviendrai à l'occasion vous faire un petit résumé.

  21. #51
    Citation Envoyé par Franky Mikey Voir le message
    Merci pour la lecture les canards. Sacrément courageux de partager tout ça (sans parler du courage qu'il a fallu pour le traverser pour certains).

    Ma vie est plus courte et moins aventureuse que la plupart des vôtres, mais je reviendrai à l'occasion vous faire un petit résumé.
    J'aime bien le topic aussi, si j'ai pas trop la flemme je vous parlerai de diabolo
    Citation Envoyé par Noël Lagoia
    Tahia, je t'aime car tu es magique !

  22. #52

  23. #53

  24. #54
    Je propose de renommer le topic "Père canard, raconte nous une histoire" ou "Encore une histoire de canard !"

    J'essaye de faire mon pavé incessamment sous peu, mais ça sera forcément moins bien écrit que Blind et moins intéressant...

  25. #55
    Y a des histoires qui impressionnent quand même. Moi clairement j'ai eu beaucoup de chance.

    Spoiler Alert!
    Je suis un élève normal à partir du lycée, ni brillant ni mauvais. Je finis mon bac S et je fais une prépa en physique-chimie pour rejoindre l'École Navale et devenir pilote de chasse, mon rêve d'enfance. Je suis dans une petite prépa et clairement c'est hors de portée, mais à la surprise de tout le monde j'irai quand même aux oraux de Navale et l'Air mais pas de Cyr. Bon je me fais rétamer aux oraux, j'ai pas le niveau. Du coup je fais une troisième année de licence et je postule aux EOPAN, la filière post-bac pour les pilotes de l'aéronavale. J'ai le temps de faire un semestre de Master avant d'aller dans la Marine et je suis assez rapidement décu. Il y a un manque de moyens (3 avions puis 2, des promos en retard, j'aurai volé 10h en 7 mois), l'activité physique est légère et on est pas des combattants. Après 7 mois je me fais éliminer parce que je n'ai pas un talent de pilote inné et même si je m'en rends pas compte, ça ne me plaît pas.

    Du coup je vais terminer mon Master en commençant le parachutisme parce que pourquoi pas (ça sera quasiment mes seuls sauts vu que hors France c'est moins agréable de sauter). J'étudie en Belgique et en République Tchèque, j'enchaine les relations de quelques années mais cette impression d'ennui qui me suit depuis toujours persiste.
    Ensuite je postule à la filière psot-bac pour les pilotes d'hélicoptères de l'Armée de Terre (l'Alat donc) et je ne suis pas pris à la fin des simulateurs. Décidement, je ne suis pas doué pour le pilotage. S'ensuit une année de galère, je postule partout sans succès.

    Je décide de reprendre des études, au revoir la fusion, je vais faire un master de spécialisation dans la fission nucléaire, un marché plus porteur (oui j'ai le nez creux ). Le master de spécialisation est en Belgique, et es tinfinissable en 1 an, il m'en faudra donc deux. À la fin de ces études (avec une thèse de master passée malgré une note inférieure à la moyenne donnée par mon superviseur et le tuteur qui s'occupait pas de moi ) je postule en tant que jeune diplôme luxembourgeois à l'ESA et je suis pris. Ça sera deux années merveilleuses malgré mon peu d'amour pour les Pays-Bas et j'enchaînerai pas un boulot d'ingénieur en Autriche, dans une petite entreprise. Je suis rapidement promu en chef de la production, ou je peux être le parfait Michael Scott dans cette entreprise qui ne me fait pas regretter tout mon parcours.

    Ma relation à distance de 5 ans devrait bientôt arriver à son terme (soit rupture soit vivre ensemble, maintenant qu'elle finit ses études) et je peux me projeter dans l'avenir. Puis j'ai un chat tout mignon, qui éternue et fait des+ besoins très puants .

    Après si j'avais pas eu mes parents et ma nationalité, j'aurais sûrement fini dans la légion parce que j'aurai tout gâché.
    Citation Envoyé par Lt Anderson Voir le message
    Et viens pas me faire la leçon, tenshu, [...], j'ai le recul que tu n'as pas, alors que tu restes avec ton nez collé sur le mur de tes fantasmes politiques (de tes haines?).

  26. #56
    Ah je vous ai pas parlé de mes chats Quand on habitait avec les potes au studio l'un de mes potes avait 2 chattes de sa vie antérieure qui n'étaient pas stérilisées. C'était l'enfer, plusieurs portées par an jusqu'à qu'il se décide à s'en occuper. En plus elles étaient connes, l'une agressive l'autre teubée. Fun fact, un jour elles nous ont fait un truc incroyable: un soir d'hiver alors qu'on jouait à la SNES elles ont mis bas EXACTEMENT en même temps, synchronisées dans leurs paniers côte à côte! J'en ai gardé une et j'ai vécu une histoire d'amour avec. Elle était super douce et intelligente, je pouvais l'emmener partout en bagnole sur mon épaule, elle bougeait pas. Un jour où je m'étais engueuler méchamment avec ma copine, j'ai passé une semaine à pleurer sur le canapé, elle ne me quittait pas et me faisait des câlins. Elle était super, je l'ai eue à peine 2 ans, un jour elle n'est pas revenue. On a apprit qu'elle avait été empoisonnée par un bouseux (on était à la campagne), un des chiens des voisins ayant subi le même sort Connard. J'ai eu un petit mâle par la suite avec ma seconde copine, il était excellent aussi, tout mignon, cascadeur et un peu con, pas très courageux, je l'adorais. Quand on s'est séparé mon ex a décidé de le prendre alors qu'elle partait vivre chez des amis à elle, j'avais trouvé des gens pour le prendre mais non. Résultat 2 semaines après il s'était barré et il n'est plus jamais revenu re Je vous jure j'ai pas eu de bol avec les boules de poils (sans compter mon Gizmo de quand j'étais petit qui s'est fait écraser à 9 mois).
    Bon je me suis éloigné un tantinet du sujet là, désolé HS

    Au sujet du titre on peut faire un sondage si vous voulez, moi j'aime bien ce titre rapport aux JVs mais on peut changer. Et j'arrête avec ma pesante métaphore filée

    Sinon je suis curieux j'aimerai bien en savoir plus sur les parcours des canards même si plein n'osent pas. Comment Daedaal est-il devenu un grand patron méprisé par le prolétariat? Quel est le cursus scolaire de CptProut? Yves Guillemot a-t-il eu des gestes déplacés envers BB quand il était enfant, ce dernier est-il allé à l'école du Loup en Pologne?

    Moi c'est vrai que c'est un peu une thérapie de pouvoir en parler sans fard. Merci à ceux qui participent.
    Dernière modification par SilverPig ; 19/08/2020 à 09h01.
    Citation Envoyé par Guilk Voir le message
    Je n'aime pas la section Hardware de CPC pas hardware.Les images sont moches.
    http://www.studiochaudelande.com/ J'ai joué entre autre dans: 2001-2002 2005 2006 2011 2012-2014

  27. #57
    Ah, j'avais un doute sur le fait que la modération laisserait ce topic vivre alors qu'elle a tué celui du cœur (mais je ne sais donc pas pourquoi).

    Du coup, tu peux éventuellement mettre ça pour égayer l'OP :

    "Mauvaise expérience aujourd'hui : j'ai éternué pendant que j'urinais. Pas terrible sur terre, désastreux ici" - Alan Bean, astronaute

  28. #58
    Y a pas de raison de le fermer C'est pas voyeuriste ni malveillant, le topic du coeur ça parlait des problèmes, de Q, ça chambrait parfois violemment ce qui pouvait blesser et c'était plein de mythos. Là il y a le risque de partir en HS (moi le premier, j'fais gaffe ) au pire, sinon c'est un lieu d'échange pour mieux se connaître où ne se livrent que ceux qui le veulent, y a pas de conseils à donner ou de jugement à avoir, au contraire c'est enrichissant d'être confronté aux expériences des autres. On pourra faire une étude sociologique du lectorat du magasine et utilisateurs du forum Canard PC utile pour les actionnaires de la multinationale Press Non-Stop(ou pas )
    Citation Envoyé par Guilk Voir le message
    Je n'aime pas la section Hardware de CPC pas hardware.Les images sont moches.
    http://www.studiochaudelande.com/ J'ai joué entre autre dans: 2001-2002 2005 2006 2011 2012-2014

  29. #59
    Citation Envoyé par Maalak Voir le message
    Ah, j'avais un doute sur le fait que la modération laisserait ce topic vivre alors qu'elle a tué celui du cœur (mais je ne sais donc pas pourquoi).
    Vu que personne a l'air de venir donner des conseils de vie aux gens, je pense que ce topic sera moins tumultueux que les topic du coeur. Puis on est tous trop vieux pour ces conneries maintenant
    Signature merde !

  30. #60
    Citation Envoyé par Wobak Voir le message
    Je propose de renommer le topic "Père canard, raconte nous une histoire"
    +1. Car si le titre actuel est sans doute rigolo pour les initiés, j'ai peur que pas mal de monde passe à côté à cause de ça (moi, c'était par hasard..)
    Citation Envoyé par Wobak Voir le message
    J'essaye de faire mon pavé incessamment sous peu, mais ça sera forcément moins bien écrit que Blind et moins intéressant...
    Je pense qu'on va pas trop jouer à qui qu'à la plus grosse dans ce topic. En tout cas, c'est pas parti comme ça (et comme dit Félire, on est maintenant trop vieux pour ça).

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